‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 35 sur 127 · LE TIERS ÉTAT · texte numérisé non relu

LE TIERS ÉTAT

L'autorité royale se trouvait dooc attaquée a la fois par les intérêts et par les idées. L*opioion, manquant d'organes légaux, s'exprimait tantôt par les insurrections, tantôt par les parlements, tautôt par les municipalités, tantôt par le clei^gé.

Déjà Laur^guais prétendait, dans le Manifeste aux Normands, que la nation avait dit : rous serez roi,à telles conditions^ et je vous serai fidèle; sinon, je deviendrai votre fuge. Le clergé disait dans ses remontrances : « D'où natt cet exaaien « curieux et inquiet que chacun se permet concernant les ac- « tions, les droits, les limites du gouvernement? » Et Malcsherbes s'exprimait ainsi, lors de sa réception à TAcadémie : « 11 s'est élevé un tribunal ne relevant d'aucune autorité et res- « pecté de toute autorité , qui apprécie les qualités et dédde du « mérite de chacun ; et dans un siècle où chaque citoyen peut, « par la presse, parler à la nation, ceux qui ont reçu de la na* .« ture le don d'instruire et de toucher les hommes sont, au mi- « lieu de la société actuelle , ce que les orateurs de Rome et « d'Athènes étaient au milieu du peuple réuni. •

La spéculation ne saurait rester oisive dans les têtes françaises. Le mouvement révolutionnaire, qui avait été pratique en Angleterre et qui était resté philosophique en Allemagne, fut abandonné en France aux gens de lettres.

La Fontaine , la Bruyère , Pascal , Molière ' , Boileau luimême >, avaient combattu les deux aristocraties, et jeté dans le pays de nouvelles idées. Les leçons d'égalité que FénelcAi avait tracées pour l'héritier du trône circulèrent bientôt dans le peuple.

attiré Tattenlion : Je sors , dll-il , par ordre du gouverneur, AoesîMC toute la bourgeoisie sort aassi du théâtre. On se réunit en foule dam b •maison Barnave , où Ton organise un bal et un souper improvisés, quels prend part tout ce qu'il y a de mieux dans la ville. Les •de Grenoble ne reparurent ensuite au théâtre que lorsqu'il eut élé fait réparation complète. ( Voy. Bébencer, A'olice hUtorique sur Somme; Paris, tS43. ) De pareilles démonstrations, inofiènsifes et unavimes, effrayent bien davantage ceux qui abusent du pouvoir que toutes la imprécations les plus vinilenles.

. ' Voffcz la scène du pauvre, dans le Festin de Pierre, * Voyez son cpltre Sur la noblesse.

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