L*OPINION PUBLIQUE
par sa présenee, assis au milieu d^one sorte de eonseil composé d» philosophes, des écrivains les plus hardis et les plus célèbres et ce sièele , ses courtisans étaient les hommes les plus marqaants de toatesles classes , les étrangers les plus distingués de tof» les pays...
■ SoD couronnement eut lieu au palais des Tuileries, dans la salle du Théâtre-Français. On ne peut peindre Tivresse avec laq«eBe cet illustre vieillard fut accueilli par un public qui rempbaait à flots pressés tous les bancs , toutes les loges, tous les nnidors, toutes les issues de cette enceinte. En aucun temps la mmmaissaiice d'une nation n*éclata avec de plus vifs transports.
■ Dès que Voltaire parut , l'acteur Brizard vint poser sur sa Même couronne de lauriers, qu'il voulut promptement ôter, ci qae les cris du peuple Tinvitaient à garder. Au milieu des pios Tires acclamations on répétait de toutes parts les titres, les aeos de tous ses ouvrages.
• Longtemps après qu'on eut levé la toile , il fut impossible de commencer la représentation : tout le monde, dans la salle, ctait trop occupé h voir, à contempler Voltaire, à lui adresser de hrarante hommages '. »
Le philosophe ne put résister à ces transports de joie, et peu de jours après il rendit le dernier soupir. Mais les idées qB*!! avait propagées ne moururent pas avec lui : elles acquirent, au contraire, la sanction que donne le temps et l'autorité de h tombe.
Ce triste spectacle d'un gouvernement faible , contraint d*obar à une opinion publique dominante , se renouvela quand LiMis XVI fut poussé contre son gré à soutenir Tindépendance américaine. Franklin , qui ne fut pas reçu à la cour, se vit entavé de plus d'éclat que les rois ; et la pensée, qui se détournait d'eux, salua le physicien aux mceurs patriarcales. Le cabioet de Versailles, toujours réduit à se laisser traînera la ■Boorque, n'osa se résoudre à ralliance américaine; mais déjà il Fayette proclamait la croisade au nom de la liberté, et allait tcpndre pour elle ce noble sang tant prisé.