‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 41 sur 127 · LA FIN DU XYIII^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA FIN DU XYIII^ SIÈCLE

Dans le besoin d'organiser les finances et de garantir la tran*

qufllité,les gouvernements se persuadèrent qu'onne pouvait faire

nieiix qoe de réduire une grande administration à la régularité

4*iiiie maebine. De là ridée que la prospérité d*un État se fondait

pineipaleraent sur les formes administratives : tous se jetèrent

toc dans des réformes opportunes ou non , pourvu qu'elles

fWssoA du retentissement. La rédaction des codes fut aban-

toaée à des légistes qui n'avaient de philosoplies que le nom,

BUS doctrines générales, encore moins sans le sentiment des

coorenanoes historiques. L'organisation barbare du moyen âge

arait obligé les papes à devenir souverains temporels , et à avoir

4cs intérêts différents des intérêts ecclésiastiques. 11 en résulta

deseooflilsdéplorables, quand les princes excitèrent les défiances

BaUcmales eontre la catholicité pontificale ; ils signalèrent les

CM dont elle avait abusé, et, après avoir fait proclamer par les

jèilosopbes que les prêtres étaient les tyrans des peuples, les rois

K mirent à les abattre. Frédéric II, Joseph II, Pombal, Aranda,

Choisenl, prétendaient au titre de libéraux, parce qu'ils étalent

boitiks au clei^é.

Peodaot que les princes concentraient en eux les éléments cpars de la puissance publique , ils ne s'apercevaient pas que le pouvoir allait leur échappant. Les controverses religieuses, les févolutions, les guerres, la concurrence illimitée dans l'économie

litîque, les débats des chambres et des parlements, les persepolitiques et religieuses, qui en dispersant les individu^ les idées en contact, et font que les mêmes convictions recrutent partout des partisans, accrurent dans toute l'Europe la iwwsance de l'opinion publique, et lui donnèrent de fait cet afaaolutisine que les rois s'arrogeaient de droit.

Les éléments sociaux , si séparés d'abord , travaillaient à se upproeber ou à se fondre, et à tourner vers la pratique toutes Wt découvertes de l'Inlelligenoe humaine. De là , les améliorationa effectuées ou projetées relativement aux prisons, aux bâpdaux, aux sourds-muets, aux classes laborieuses; la guerre a la torture, à l'inquisition; la tolérance religieuse, que le avait rendue nécessaire. Ce qu'il y avait de séduisant cette bienveillance et cet amour universel empêchait

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4*apercevoir rinoohérence des principes , rincertitade des opi* nions, Timpossibilité des réalisations; et dans cet épicuréisroe perfectionné on ne considérait de Thomme que les sens, en prenant la raison et l'ûme pour instruments, et non pour fin : Tâme s^abandounait aux sens, et la société à la force. Kn Allemagne, Wieland, qui avait passé d'une piété excessive à une incrédulité moqueuse et au plus insouciant épicurisme, devint récrivain le plus en vogue : c*est toujours Voltaire , avec un surcroît d'érih ditiou et de métaphysique. licssing, dans VÉducalîun du genre humain, ne considère les différentes religions que comme des progrès de Tesprit humain. Penchant vers Spiuosa , il s*âève contre les incrédules, mais uniquement parce qu'il pensait qu'une mauvaise religion vaut mieux que Tabsence de toute religion; il prêche une philosophie facile, le culte de Tinsoucianee et du plaisir. Schlôzer, dans son Staatsanzeige, railla les riificules mesquins des petits États et les vices de la constitution germanique ; mais le rire chez lui n*avait rien de sérieux.

Nicolaï et beaucoup d'autres s'étaient engoués du goât français; et, les préceptes de Le Batteux à la main, ils comba^ taient toute hardiesse littéraire. N'osant s'attaquer de prime abord au penchant religieux des Allemands, ilsgli^rent lesidées nouvelles sous l'apparence de nouvelles interprétations de b liible, en les publiant dans la Bibliothèque germanique; mais bientôt la tourbe s'enhardit, et la tolérance du protestantisme laissa se propager ce qu'on appelait le libre-penser ; on vit alors la théologie succomber devant l'incrédulité , et la frivolité dogmatique remplacer l'examen.

Il se forma , par réaction contre l'incrédulité, des sociétés de théosophes, qui admirent dans le christianisme des doctrines exotériques et des communications avec la Divinité; les sectateurs d'Emmanuel Swedenborg s'étaient répandus beaucoup en Suède et au dehors. Ce visionnaire croyait avoir trouvé Fexplicatiott de F Apocalypse, et il a écrit les Merveilles du ciel et dû fen/er, ainsi que des terres planétaires terrestres. A^n croire les adeptes zélés qu'il a laissés ici-bas , il aurait été transporté vivant dans d'autres régions.

Adam Weisshaupt , professeur d'ingolstadt , croyant qu'il

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talait mieux rceonrir à un mode d*aeti6n Merci que dea'attaqoer à ropinion par la poblieité, établit une société qui avait pour oèjcC d'anéantir toute supériorité eedésiasttque et politique, et de rendre Thomme à T^iité primitive, à laquelle il avait été crievé pnr la religion et par les gouvernements; son intention éttit de diriger ces derniers dans la voie du bien. Les sujets les pins capables de tous les pays devaient appartenir à la seete, pour se préparer par due obéissance aveugle à devenir dignes de

Les mitiés ne devaient voir dans rafBliation qu'une société finéraire. En avançant, il leur était permis d^observer quelles petumues noéritaient d*étre agrégées, et examiner leur vie, leurs ' oavns, leurs penchants. Les plue distingués passaient d'un pads à un autre ; et à la tête de tous étaient Weisshaupt, , Zvraks et Mène Cbacun des adeptes ne conque la dasse dont il faisait partie, et celle qui lui était «bordonoée. Tous étaient connus des supérieurs sous des noms de convention. On dit qua Weisshaupt, en> voyant tant de pro» sâftes de toutes conditions, s'écria : O fwmmes^ qm ne peut^on mm faire accroire f Le baron de Knigge, Hanovrien, Tun dea* fias ardents sectaires, chercha à faire servir la frano-mm^mierie à ces aflUiationa de novateurs qui , dans leur orgueH , compa* nient leChrist au Dalai-huna, et se donnaient le-nom d'Uiuminée (i/a/tlarer). Leur quartier'général était è Uayenee, d*où ils se . répandireBt; ils étaient connus sous le nom de martinistes à Pan, où Bohmer, un des leuis^ guérissait les maladies de Tâme Mesmer celles du corps. Ils représentaient dans leurs ;, calques sur ceux d'Eleusis, le passage de la prétendue cgidité naturelle aux misères sociales., qu'Us avaient la prétentien de réformer.

Le Napolitain Constance de Costanzo (i786), envoyé à Berlin pour le service de l'association, insfnra des soupçons àFrédéric^ ^ en fit part à 1» Bavière. Cbartes*Théodore y réprimait les ■Movations que l'on caressait ailleurs, et il avait prohibé les sociétés secrètes. Les francs- maçons avaient obéi, mais non les îUuniinés , qui pourtant se retirèrent sur de nouveaux ordres. ' Lee autres princes ne s'en effrayèrent pas.

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