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CTeft ainsi qoe les doetrina préparaîeni la mÎDe à laquelle la guerre devait bientôt mettre le feu , pour démolir cet édifiée dont Voltaire disait qu'il n*était plus ni saint « ni romain , ai efii|nre«
Frédérie<<iulllaune étant monté sur le trtoe de Prusae (1 786). Les sodétés seerètes et mystiques s'étendirent dans le pays, par réaction contre rincrédulité introduite par son prédéwaseur. Riles avaient pour chefs le général saxon Disëbo£&Terder , lionnéte homme qui avait promis au roi de le mettre en cmmumunication avec le ciel, et Christian de Holmar, nuuistre d'État, membre de plusieurs sociétés secrètes, et notammettt des Roeeeroix. 11 fut Fauteur de VÈdit dereilffio», qui voulait que les trois confessions fussent maintenues dans ranoienne forme, y compris les Hemutes, les Memnonistes, lee Frères-Bohémea; que nul ne pttt toutefois faire de prosélytes, sur^t les prétits catholiques. Udësapprouvaitles illuminés qui niaient les dogmes, et se faisaieut sodniens, déistes, naturalistes, méconnaiasant que la Bibie est la parole de Dieu. Les ministres quiu'étaicnl pas convaincus devaient renoncer à leurs fonctions. Les rationalistes se plalgnfarentaurtout, lorsqu'on eut posé quelques limites a la liberté de la presse.
L'attaque avait donc rencontré de la résistance, et dans TA* cadémie même de Frédéric la science avait été employée à dé* montrer la vérité de la religion. Euler combattit pour la Diriaîté et pour le christianisme dans ses Lettres françaises adressées à la nièce da roi. Le naturaliste Lambert! devint poète dans ses . Lettres easmotogiques^ où, en calculant Timmeuaité des deux et « des espaces, il y reconnaît l'existence de Dieu. George Ham.ttMi «j «e fit l'adversaire déclaré de l'école encyclopédiste.
Le clergé était indisposé contre les princes, qui partout rea-.i teeignaient sa puissance et envahissaient ses immunités ; il avait I peur des gens de lettres, qui lui déclaraient la guerre; il se fiait s peu aux peuples, chex qui la foi périssait ; il se renfermait donc dans llnaction, comme le naufragé qui n'ose se mouvoir, ééi peur de renverser Tunique planche sur laquelle il se roidit. On ne vif, en effet, aucune réplique puissante à VEncydopédie.
L'Fglise, déiivufe de la luxure, de la simonie, et enfin du dé* i
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moQ 4e h dnpote, se roonlra obsédée par un autre, celui de Ja pmr. Les ordres monastiques avaient une existeoce privilégiée, cariwme à ces temps où le étfnt commun était inconnu. Des Mgia opportunes pour des temps de foi avaient cessé d*étre liBMs; la valeur des terres s^était démesurément accrue; on josiaât de la sécurité sans qu'il fût besoin de se réftigier dans des eedésiastîques; une gestion économique continuée penpfaisieurs générations avait produit de grandes richesses, et n aÂne temps les vocations diminuaient ainsi que leur cause, c*at*à-dnne le partage inégal des successions : aussi disait-on fse les abbayes étaient une proie pour les hommes, et un tom« bai pour les femmes.
L*édueatiQo fut ébranlée dans sa base par la suppression des «écs religieus. On proclama la supériorité de la matière sur hiprit, des mathématiques et de la physique sur les enseigne* ■Mb du bien et du beau. 11 sembla qu'à l'aide de ces sciences il ppospérité du monde serait assurée, attendu que Thomme est CDifi, et que les besoins du corps satisÊiits, le reste est inutile ; is Irauva que les instituteurs ecclésiastiques avaient trop pensé i riae, cette chimère à laquelle on voulait substituer là réalité. L'Angletem, tout entière à l'école de Locke et de Hume, était Mipîrique et sceptique. La Fhince appartenait à Voltaireet à Gon« tibe, c'eB^4dire au doute et au sensualisme. Le culte de Newton f mit tué le cartésianisme; on y vit surgir ces philosophes ^ prétendaient détruire le christianisme, c'est-à-dire faire re- «ferle monde de dix*huit siècles, le ramener à Épicure, fût-ce ■teeà Platon. Ces publicistes avaient rompu avec le moyen âge. & leurs devanciers , au dix-huitième siècle , transigeaient entre ndéal et le réel, les nouveaux venus s'étaient mis à construire éatbéories inapplicables , comme Filangieri, Wattel, Delolme ; Si fls remontaient, comme Mably , vers une antiquité morte, dMt cependant ils rejetèrent les conditions fondamentales , Mesqueresdavage. Des tribuns, plutôt que des législateurs, intdes élèves pour démolir, mais non pour édiOer. Rous- 9 traduisant des cas particuliers en civilisation absolue et générale et nécessaire de l'état social, porte l'esprit des- ^Mcw jusqu'au sein de la famille, et fait trancher net par les
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passions ces difficultés où la patience de la raison est le pin nécessaire.
Tandis que ces publicîstes allaient aux abstractions, les ées nomistes visaient à la pratique, perfectioimant radB)hiistn;tiaii créant une science en rapport avec les besoins des sociétés et de gouvernements , mais en contradiction avec les procédés « vigueur, avec la législation commerciale, civile etcrîmineUf Devenus plus hardis, ils se hasardèrent à examiner rétatdel société, et, non contents de réclamer un bénéfice matériel, fl posèrent leurs opinions comme des droits irrécusables; aa liei de se borner à oonseilTer, ils voulurent aussi régenter les gov vemements.
Ainsi toutes les idées fondamentales furent renversées : l souveraineté du peuple, l'égalité passèrent à Tétat dedogoM noblesse signifia injustice; religion, superstition; attadieoM aux traditions, préjugé. On admira la république ; le dévouemei au roi, aux dames, à la patrie, fut bafoué. On ne se modela pli sur la cour : dâ>iter quelques phrases à effet, douter de tom trancher sur tout, voilà ce qu'on appela philosophie. Qoekpi hardis qu'ils fussent en théories, les philosophes pourtant o croyaient pas que les innovations pussent venir d'ailleurs que d trône. En conséquence, ils se figuraient que leur avénema serait pacifique : illusion qui se reproduisait hier encore!
Dans cette croisade contre « tout ce qui avait, en bien oo a mal, quelque autorité sur les hommes, » selon le mot deBoriu les libres penseurs ne virent rien de ce qui allait arriver. Auca des philosophes ne voulait , en effet , la révolution telle qu'ell s'accomplit; aucun n'en prévit les phases inévitables, aucu n'indiqua de quel côté viendrait le salut. Sûrs de leur force comme d'autres pourraient l'être de leur probité , ils crojaici que le monde serait mieux réglé par la logique deCondiilac que la morale pourrait s'enseigner comme l'arithmétique; qn les faciles vertus des cosmopolites prendraient le pas sur If vertus difficiles du citoyen et du chrétien; que les amélioration arriveraient par l'infaillibilité de l'intelligence, et s'acconi^ raient par la bonté du cœur.
La tribune anglaise retentissait aussi de hardiesses politique
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Ibis dïbord la langue de ee pays éfait peu répandue ; puis ïl s'agisttt (faïuéliorations à introduire dam quelques lois ftité» mis; tadis que, dans les dîseussîons abstraites et spécu^ Mm da éeriratns français, il élait question d'une grande et IBéaie râbmie , qui devait passer à travers tous les obataeles è biéailé et de la nécessité. *
La peuples, séduits par ces doctrines, et pliant sous leurs Moax, sentent chaque jour davantage llnjustice de laisser a ààm des ehaiiges publiques tant de personnes et tant âe Kbb; ils voudraient détruire ces castes privilégiées sur lesi^uelles ranea édiiloe est appuyé ; ils envient les institutions qui mettent ■ frni à Taugmentatton arbitraire des impto ; ils éprouvent le knîB de ees formes administratives qui provoquent la maniteiioB de tous les besoins réels; ils Invoquent la liberté, OBw élément on garantie de bonheur. Les gouvernements, do hreSté, voulant se réserver seuls tous les aelesde Tauiorité pu- KfK , c'était sur eux que retombaient tous les torts ; on croyait ^seôbils retenaient rhumanité) prôteàselaneerdans les voies* ^h perfection. 1| fiallait donc ou les renverser ou les réformer.
lnooreraineté du peuple n*était plusime affaire seulemen^' iilifrei;rindépendance américaine lui avait donné la sanction^ ^ traoblei avaient éclaté dans quelques pays ; ailleurs c^étaient faiéfohitioDs. En Portugal , à*la mort du roi Joseph , Topinion finale se souleva contre la réforme de Pombal ; la reine' M cana le tribunal é^inconfidenza, et renvoya le ministre. Atoata les accusations il pouvait répondre : « Le roi Ta voulu ^- » Pombal mourut peu de temps après, en butte aux fnéÊu de huit cents personnes qui venaient de sortir des PMad'Ëtat. Tous les pays placés soas le sceptre de Joseph 11 ^'^«B lévuMe'Contre ses réformes, on mécontents h ce point Pesoa frire Léopold, en lui succédant, n*eut rien de plus ^^ que de les abolir, et de consulter les peuples sur leurs ^t>BiBi.En Suisse, les campagnes étaient «n insurrection contre ' ^vilhs, les sujets contre les suzerains. Frédéne-Guillaume , *e«Mir de Frédéric II , mit un frein à Tirréligion, s*appliqutt" inuateairla paix; mais il se laissa engager imprudemment ^ 1» troubles de la Hollande.
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Cette ré|Nibli4«6eoo86rvait l'ainour de la patrie et de ses aicieoB us^es. Les lotnrcb impôts établis sur les terres, sur la cwitrat9 , sur le luxe , sur les objets de eoDsommatkm, eo BiésM teiqpe qu'ils portaienl ka baUitaDts à une vie éooniMne et réglée, f stimidaieot Tefforl 4e l'iodustrie* chaque WUe dierchaat i exceller dans quelque spécialité. Maîtres des smes de la Pem et des drogues de TAsie • les Hollandais s^habillent d*étofiies de laine « vivent de poisaoa et de fruits ; leurs maisons n'oot poat ornement que des fleurs et une extrême propreté ; mais ib o« connaissent pas Téconomie lorsqu'il s'agit de bienfaisaoee pa« blique ou d'instruction, La presse y était entièrement libre. L'avènement de l'un de ses princes au trdne de la Grande^Bn^ tegne engagea de gré ou de force la Holfonde dans tons ici mouvements de l'Europe » lors même qu'elle n'y avait aiteai intérêt. L'acquisition des places fortes ne lui apporta en résidtil que de lourdes dépenaesel de nouvellea boetilités ( 1747 ) , etlH (Pierres contre la France, mal conduites qu'elles furent, y pra» duisirent une révolution intérieure.
Bien que la maisoe d'Orange ne dirîge&t plus le gouvenis ment depuis le commencement du siède, elle ne éessait d'intriguer, et d'influer beaucoup dans ka affaires publiques. Enfii (1748) Guillaume IV, soutenu par des troupes autrichiennes é anglaises, fut proclamé ^(aMoii^er générai, cbarge héréditalA même pour les femmes , et à laquelle fut réunie celle de goaver neurd^ Indes orientales. Prince vertueux, Guillaume favorisa a (fui était l'âme de son pays , les manufactures et le commerce, sans négliger les sôeoces et les arts ; car il était fort instmii lui-même* Généreux et tolérant , il jouit d*un grand pouvoir, parce qu'il était aimé ;: mais il en jouit peu*
( 1761 ) Guillaume Y, son fils, lui succéda à l'tp do Mis aai sous la tutelle d'Anne sa mère , fille de George II d'Anglstcne Il eut après pour tuteur le duc Louis de Brunswi<A, avec qui sd> vint la décadence de la république. La plupart des villes élsicBi r^^ arlsloeratîqnement ; diacune des sept provinces était sui un pied différent d'administralion et d'élection. Leurs députéf réunis formaient l'assemblée des états généraux et le conseil d'État. Mais la souveraineté appartenait moins aux prenien
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^jBi aswDbléesprovindalM. Ijd c<mséil d'État a^ait le poufMT «téeutiX Lestatbouder demi éfre protesUiDl ; il s*appuyaii mt lo Aa^\ le» états géaawn iudmaient ve» Ja France; 1 M réiahlit deux âwticms qui 8e eontrariaient Lorsqoe la pai v «I été mirife par le traité dea Rarrièrès, on éimkiua rantiée ; •I «mne on trouva q«e F Angleterre étant désarmais ralliée de fcHotafe, ii^ii ioutfle d'entretenir la flotte, elle temba dai OBébit déplorable. Attasi dîsaH^n , d*ordiiiaîre , qye la Mn^poovait payer tolrtea lesaritaéeâde l'Énrope , ^ qu*eHe wpoaintiésisler à aoenne.
tadntles dix premières années , Golllaiime V marcha â*ae» twdaiwfes états générant ; mais on vit repalAttre le parti des ^Mei, qal tettdait à rentener la maisott d*Orange« A eè prti tiifartenaieit les prlncipanx négociants et les metma* *Mci,(ipèee d'anabaptistes d^nne exaltation excessive, d\Hlie ^Mftéafiedée^ ei les makontenis , dont la foule s'était gros^ ^tiwieeBx qui avaient en vain espéré obtenir dn prinèe des ^^^ et des récompenses. La mnllitude les secondait ^ patte ¥^ criaient fort.
I^obgMqaes qui commandaient dans les ^lesf, et d<mt la ré- ^■Mm de 1748 avait restreint les pOÉvdirs , la voyaient de mati- ^«1. Les ofatigistes n'étaient pas satisfaitanon pitis de voir Whasie&voriser de préférence ses anciens advenaires, dans ^^oirdeie in eondlier. Les princes d'Orange héritaient « "inne parents de la femille royale d'Angleterre, des haines ^di h imm aoM elle était Vt^t Lorsque la gnerred*Amé- %tédala, le pays se divisa en deux partis : les patriotes de* *"xhiait rangmentation des forces maritimes, pour protéger '^eoBiBietee contre les Anglais; les èrangistes voulaient des **te detere, pour lenr fournir les secours qu'on était obligé ^tav donner. Les choses aRèrmt au point que l'Angleterre %Ddit à la demande de neutralité par une déclaration de (•tie.
^ eoop fut terrible pour les orangistes. Vassembléê des réf^ patriotiques rédigea un projet de réforme qui conservait ^^li généraux et le stathouder, mais en donnant aux prct ^ la pleine souveraineté, une indépendance absolue , la di-
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recUon de Tarmée; tandis que le stathouder, exclu de leun séances 9 c*e8trà-dire du gouvernement, n*eui à nommer ni fonctionnaires publics ni officiers supérieurs. Conformément à ce projet, U.fift institué des compagnies franches de citoyens; tout catlioiique fut écarté du gouTemement; et des calomnies, .des libelles se répandirent à profusion contre eux. Llrritatioi des Hollandais n'eut plus de bornes lorsqu'ils virent leur marine désorganisée au moment où la guerre éclatait avec T Angleterre. JJs renouvelèrent alors leucs anciens prodiges « et armèreni quatorze vaisseaux de ligne, dix-huit frégates, portant doua cent quatre-vingts bouches à feu et huit mille hommes. Ils déployèrent encore à la bataille de Dogger-bank un courage hé* roïque. £n même temps ils se livraient à un oomiperee trèsactif, à tel point qu'en 17S0 deux mille cinq cents navires hollandais franchirent le Sund, dont les puissances du Nord repoos saienttoutbâtimentde guerreou de course. Alapaix, lesAnglaii leur restituèrent toutes leurs possessions, mais afM-èa avoii causé au négoce^ un dommage immense , et obligé la républiqw à laisser le commerce libre avec ses colonies.
Les esprits aigris^ déchaînaient contre le gouvernement Jusqu'alors Topposition avait été composée d'aristocrales ; le démocrates aussi l'attaquèrent, et voulurent un gouvememcn plus populaire : la France les soutint, pour ruiner rinfluenc anglaise. Le peuple criait à la trahison , et xeprocliait au ata thouder d*avoir négligé la marine par connivence avec FAn gleterre. On voulut donc le renverser, et tous les coups se di rigèrent sur le duc de Brunswick, son bras droit ELn vii Guillaume, indigné, provoqua-t-il des enquêtes qui déniai trèrent son innocence : il fut forcé de quitter le pays , sai que les journaux cessassent pour cda de le harceler.
JLe prince d'Orange présenta aux états généraux un premiH mémoire, dans lequel il exposait avec force et simplicité ré|| du pays, ce qu'il avait fait pour relever la marine ainsi que pqi éviter la gu^e, 11 demandait des lois qui le missent à couva des attaques calomnieuses et des scandales incessants qui enH] vaicnt toute bonne mesure , et que le stathouder ne fût pas sd dans le pays obligé de recevoir impunément des injures.
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Frédéric II s'interposa plusieurs fois pour réconcilier les fec- ;; il fit entendre quMl était disposé à défendre le stathouder
ijotnCement avec l'Angleterre : mais les novateurs comptaient sv la F^rance , qui promettait d'empêcher toute intervention. Les journaux se déchaînaient avec une fureur toujours croissaate; les sociétés seirètes se multipliaient; les corps francs 4e dloyeiis armés, qui devaient soutenir les prétentions«des ;ki> hioin , étaient en grande partie composés d'ennemis du prince d'Orange ; ils s'exerçaient sans cesse au maniement des armes : c'étaient chaque jour des demandes nouvelles et des rixes avec les gamiaoas. Les soixante-seize régents formèrent une confedératiOD qui devait pourvoir aux dangers de la patrie, restaurer le protestantisme et le véritable gouvernement républicain. Quelques désordres, survenus dans la province d'Utrecht à Toceasion des élections municipales, furent imités ailleurs , et donnèrent le branle à la guerre civile. Guillaume ayant voulu rétablir Tordre par la force , les états de Hollande le suspendirent des fonctions de capitaine général de leur province, bien qu'aux termes de la constitution il fât inamovible et souverain.
Son autorité était tellement restreinte, qu'il ne pouvait aug- BMnier la garnison d'une forteresse sans le consentement des états. Et pourtant il était entouré d'une pompe royale; ses armoiries flottaient sur les drapeaux avec celles de la république; on ne rendait qu'à lui les honneurs militaires dans le palais des états, qui était sa résidence, et dont une porte ne s'ouvrait qne pour lui. Il était donc difQcile qu'il n'ambitionnât pas one autorité plus réelle , d'autant qu'il avait pour lui la multitude. Enfin les partis en vinrent aux mains dans Amsterdam C1786). Le cabinet de Versailles encourageait les espérances des répuUscains, et Guillaume fut déclaré déchu des fonctions de stâlhouder et d'amiral général.
La princesse sa femme, qui Favait encouragé à la résistance , résohi de se rendre en personne à la Haye, dans l'espoir d'obtenir un accommodement. Mais, arrivée à* la frontière , elle fut renvoyée sous escorte. Cétait un affront inouï : elle en demanda vengeance au roi de Prusse , qui , n'ayant pas obtétau satisùction, déclara la guerre à la république. Les Prussiens ,
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s'avançant par Niroègue, se jetèrent hardiment sur te terri* toire de l'Union , et terminèrent en trois semaines la oenquéle d*un pays que les Espagnols n'avaient pu soumettre en quatrevingts ans , ni Louis te Grand en plusieurs campagnes. EoGo Amsterdam ayant été réduite à capituler, les états géoéniix s^y réunirent, et cassèrent les actes dirigés contre le prince d'Orange jiqui fut rétabli ( 1787 ) ; mais il n'obtint pas ces accroissements d'autorité qui suivent les révolutions manquées. Guillattaie lui-même se montra modéré. Quant au roi de Prusse, il n'exiges rien pour lui, pas même les frais de la campagne. Mais une alliance fut signée entre lui , la Hollande et rAngleterre; d'où il résulta que la France, après avoir vainement intrigué et vainement menacé, perdit honteusement le fruit des sacrifices qu'elle avait fiiiis.
Tous les mouvements de la Belgique, de la Hollande, de Genève , tournaient les esprits vers la démocratie. L^humanité entière semblait aspirer à un changement social qui mit la puissance politique dans la main des nations , et réalisât ce qu'il y avait de Juste et de vrai dans la philosophie du temps.
Ainsi toute l'histoire du siècle était un acheminement à une révolution. La secousse devait être d'autant plus forte que les constitutions avaient été dénaturées ; que, sans garanties, elles dépendaient du bon plaisir des princes ; qu'il n*y avait pas de peuple, sauf en Angleterre; que partout manquaient et la liberté et l'ordre ; que la monarchie était un mensonge, de même que la hiérarchie ecclésiastique et la féodalité; et qu'il y avait un abtme au-dessous.
PRÉLUDE DE LA RÉVOLliTlOiN FRAiNÇAlSE.
La France manifestait ouvertement ce qui dans les autres pays n'était encore qu'un besoin vague. Les penseurs les plus renommés avaient cessé de vivre; mais la littérature devenait un aliment général et populaire. Les connaissances se répandent rapidement ; on lit tout, comme font les écoliers; on adopte tout sans discuter ; tontes les notions se popularisent au moyen des