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classes, même a un petit nombre de favoris. C'était aui Dolta que revenaient les grâces , qui se convertissaient ensuite eo patrimoine , par voie de survivance. Les privilèges entraTaieot Tindustrie, rendaient Tirnpôt onéreux et inégal; les deux tien des terres appartenaient à la noblesse et au clergé, avec exemptions et immunités; toutes les charges pesaient sur Tautie tiers , en outre des différents droits féodaux : servitude àm chasses, dtmes du clergé et corvées. Si le seigneur se trouTiit en retard pour Fimpôt ou pour les dons gratuits , il était protégé par ses privilèges ; de là la nécessité de déployer plusd'eiif gence et de rigueur avec les plébéiens, livrés au bon plaisir dei exacteurs et des gens de Gnances. Cétait la classe ouvrière par ses sueurs, c'étaient les commerçants par leur industrie etks gens de lettres par leurs lumières, qui faisaient la prospérité do pays ; et cependant de quelle considération jouissaient-ils?
Ces idées circulaient ouvertement dans les livres. Le oonte dTntraigues prêcha la république dans un écrit : le Sinon, «m, et déclara que les rois et la noblesse héréditaire étaient le pire fléau de Dieu. Sieyes , révolutionnaire à froid , publia sa célèbre brochure : Qu'est-ce que le tiers état? Il y signalait Time d» causes principales de la Révolution , en disant : « Les empioii lucratifs et honoriGques sont occupés par des membres de Tordre privilégié. Lui en ferons-nous un mérite? Oui, si le tiers état avait refusé ou n'était pas en état d'exercer ces fonctions ; maU il en est tout autrement Cependant cet ordre a été frappé d'io» terdit ; on lui a dit : Quels que soient tes services , quels già soient tes talents, tu iras jusque-là et pas au delà : il nestf^é bon que tu sois honoré. Les rares exceptions ne sont qu'une laiK lerie , et le langage usité en de telles occasions est une insuiml de plus. » Voici la conclusion de cet écrit : « Qu'a été le tiers étij jusqu'à ce jour.' rien. Que veut-il être? quelque chose. Qui doit-il être? tout. » Sieyes, dans l'application, se laissait en* traîner à des utopies. Mais Blirabeau , Talleyrand et hd sefth taient qu'il n'était possible de réaliser ce que Sieyes avait inA^i que que par une révolution ■ . La Fayette , entendant dire que kj
' • Si Pon soutient d*iin c6\é que la nation n^est pas faite pour sai(
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lKfH»fO!irt,goavenieur du Dauphin, lui enseignait l'hiAlÉedeFteee: H ferait 6ie», reprit-il, de la commencer
kvm.
I4 râmion des trois ordres à Vizille en Dauphîné (33 juillet ms) fut le Tèitable prologue de la Révolution; car le se- ■Éûv Moimier y fit adopter les trois grands principes de la lèuntion politique, savoir : que les députés du tiers état seniatai nombre é^l à celui des deux autres ordres réunis; 91M les trois ordres délibéreraient en commun , et que Ton votoait par tête.
Nfder, enorgueilli de son triomphe et enivré par les applaufaonenti de sa coterie , gâtait par un faste de vertu des vertus iMIei, et croyait pouvoir guérir la gangrène avec du miel. U fl M trouva pas 100,000 livres dans le trésor, quand il falbrl pifBîeurs millions chaque semaine pour les dépenses ur- 9atis; puis, une gfunde disette étant survenue, on eut besoin il 70 millions pour y faire face. Il lutta une année contre toutes kl difBeoltés. Financier seulement, il ne songeait pas à des ré« hnes pditiques >. llconsidéraitledéficitcommeun mal, et non
Arf, ^le folie, de l'aatre côté» de vouloir qa^elle soit faite pour P^% UM de ses membres!... Toutes ces ramilles qui conservent la Ble préteotioD de sortir de la race des conquérants et d^avoir hérité flairs dratts , pourquoi le peuple ne les renverrait-il pas dans les forêts BisFraBcontef... N^est-ee pas une véritable aristocratie, là od les UiféDénoi ne sont quhine assemblée clérico-nobUiiire-judiciaire? » ^titce que U tiers état P
'!lecker était sans nul doute plus financier quliororoe d'État; mais >t abaisser outre mesure son intelligence, que d'avancer qQ*tl ne ^pait point à des réformes politiques. Ses nombreux édits sont là, ridépofiêntdu fxNitraire. L'aoteur n'a*t«il pas dit phis liaut que Mecker sti d'établir des assemblées provinciales ? Nous avons essayé d'apprécier ■I le morceau suivant les qualités et les défiiuts de Necker : ( An. R. ) > Ce grand financier n^avait dans la tète , en politique, que des idées >|l*isc8 on peu vagues.... Il avait le pressentiment des institutions «fcrues, et U sentait d'avance un certain malaise à se trouver en face e ces Tirai étaU généraux dont il pressentait la confusion et les orales, avait an fond peu de goût, peu d'estime pour ces restes d'administra- « Ae Vancienne France ; il venait de l'étranger , et il n'éprouvait pas
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comme un symptôme , et il ne voulait que combler le vide du trésor. Il est certain que la France entière eût pu faire face à tous ces besoins Gnanciers; mais le peuple seul, déjà ehar|;é au delà de ses moyens, ne le pouvait pas : toute augmentation d'impôts répartis comme ils Tétaient Taurait accablé. Les remèdes tentés jusque-là ne sufiQsaient donc plus; il Êdlaît un changement total du système financier, qui fît partager aui riches le fiirdeau des impôts. Or cela ne pouvait être opéré que par l'autorité extraordinaire des états généraux.
Comme leur convocation ne dépendait plus de Necker, U au* rait dû prendre ses mesures pour que les doutés arrÎTasseot à rassemblée, non la tête échauffée ou remplie de oonnaissanecs incertaines , mais disposés à réaliser les réformes réclamées par le plus grand nombre. Si un ministre fort , après avoir oommunique au roi son énergie et s'être concilié la reine» avait mis à profit les circonstances , dompté les priiîlégiés; et si, allant au-devant des demandes de la nation , il eût donné un large statut , et satisfait au besoin que cette nation manifestait d*intervenir dans le gouvernement, en l'appelant à discuter ses intérêts dans un régime bien constitué, la France se serait arrêtée peut-être sur cette pente glissante. Mais il aurait &llu pour cda des connaissances profondes, sinrtout une volonté mftie;n^avoir
|)oar le passé le faible dea premières habitodes. Il semble que Neeker eût plas vécu à l'aise devant deax chambres législatives, et qui! eût été mieux servi par son génie, s'il avait pa travailler d'après ce type anglais qu'il avait dans Tesprit 11 hésita devant les difficultés auxquelles il avait dû s'attendre, et ne maîtrisa pas les situations. Neeker n'était pas, si on l'ose dire , un homme d'État d'avant-garde ; il n'était ni aases convaincu , ni assez dominateur, pour tracer la route et se Cure suirre. Il n*était pas fait pour de si grandes luttes. U était de ceux qui con* viennent non à Torigine, mais vers la fin des révolutions, pour les modérer, pour les asseoir, et pour faire transiger dignement les partis &-
tigués Les qualités de Neeker, par leur contraste, font de loi an
homme à part : esprit pratique, rompu anx affaires, avec un caractère dont la pureté touchait à la grandeur ; capacité de détail, génie d'administration et de finance , avec un tour de pensée contemplatif et générale saleur. . ( An. Renée, Hi$t. de Louis XVI. }
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peur ni de la cour, ni de la noblesse, ni des gens de lettres. Ce l'est paa ce qu'on pouvait attendre de ce demi-philosophe, finan- CMr pratique , étranger à la politique , qui portait ombrage à la floar el qui s'attirait les applaudissements du peuple , non parce qu'il iiii fiiisait des concessions, mais parce que des sentiments tat toit peu populaires dans un agent du pouvoir lui semblaient OM merveille.
A la suggestion de Necker, le roi convoqua de nouveau les Babbies (6 novembre 178S). On n'y entendit que des dis<!ours ngocs , où se trahissait le manque réciproque de confiance. On iasanda que les anciennes formes aristocratiques fussent con* ;; mais les novateurs remportèrent. Il fût décidé que les du tiers état seraient en nombre ^1 à ceux des deux ordres réunis ; on s^uta cependant qu'on voterait par ffdre : décisions qui se contrariaient, et indiquaient une tran* wtioo qui devait être suivie du triomphe du tiers état.
Alofs la France entière se remua pour l'élection de ces manéataim qui devaient renouveler la face du pays. Quoique l'hotiion fdt chargé de nuages, une confiance générale s'empara éeg esprits. Tous voyaient les vices du passé, et tous croyaient facile de les corriger. Le clergé se plaignait de l'incrédulité : il faisait droit pourtant à plusieurs griefs des philosophes , proebnait la tolérance, et se disposait à supporter sa part des dargn publiques, lien était de même des nobles, qui espé* nient compenser la perte de leurs privilèges par le partage du pouvoir politique, comme en Angleterre. Le tiers état osait beaucoup, parce qu'il se sentait soutenu par le vœu public ; mais enfin il se réduisait à demander l'égalité devant la loi.
Tous confessaient les vices de l'arbitraire. Un jour qu'on discitait en conseil sur le mode de conférer les grades militaires , le comte d'Artoiç avait dit : C*est au roi de distribuer les grades; lennaistredeSaint-Priest lui avait répondu : « Des grades, mousngBciir, ne sont pas des grâces. » Malesherbes avait dit : Nous ^tmamdoHt un roi législateur; Dupont de Nemours : La cause dmmal^ sire, est que votre nation n^a pas de constitution <. Or
' Ces paroles viennent d'une aiUorilé plus élevée d'un boinine qui
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ce roi n'était-il pas te meilleur homme de France? son vota n*é* tait*il pas de réformer FÉtat et de rendre ses sujets heureux ?
On espérait donc une constitution; et c'éimt à qui en tracerait Tesquisse, avec les idées de toutes sortes que le siècle avait fait germer. Les uns adoptaient les limites et les contre*pokls indiqués par Montesquieu; d'autres rêvaient, avec Rousseav , régalité primitive ; ceut-ci voulaient , avec Mably , rev^r au temps de Sparte ; ceux-là ne voyaient , avec la Fayette, rieo de bien qu'aux États-Unis d'Amérique. Mais la pensée commoBe était d'abolir les privilèges, d'alléger les charges du peuple , de réaliser les vagues idées de justice et de bonlieur. Une douzaÎDe d'axiomes sur ces divers points , plus puissants que la ss^esK des siècles, circulaient dans toutes les bouches; et le ton résolu dont ils étaient prononcés couvrait ce que les connaissaiiois avaient de superOciel. Rœderer disait, dans son écrit sur la dépHtation aux états généraux : « Depuis quarante ans, oenl mille personnes en France sont nourries des idées de Locke, de Rousseau ; chaque jour on y puise de grandes leçons sur les droits et les devoirs des hommes d'État : le moment de les mettre en pratique est arrivé. »
Mais qui pouvait redouter une catastrophe ? Le roi était bmi etconciliant ;les ministres s'inclinaient devant l'opinion ; le par» lement avait convoqué lui-même les états. Si les vieillards de la noblesse et du clergé se cramponnaient aux honneurs, ata titres, aux privilèges ; la jeunesse. Gère de porter sur sa poitrine la décoration de Cincinnatus, se riait de leur entêtement. 0*ub autre côté , les grands chocs naissent de convictions profondes , tandis qu'on se laissait généralement aller à un sceptidsnae tolérant. En d'autres temps le sang coula, il est vrai; mais d*où cela provint*il ? D« ce que les définitions n'étaîMit pas justes»
avait mandat pour parler à Louis XYI pins que Dupont de ffemoars ; elles sont tirées d*un projet de constitution qui flit remis an roi |iar Torgot. « La cause du mal, sire, disait-il, vient de ce que votre oalioB n^
point de oonsUtution Tous pourriez , sire, gooTemer, comme Diea «
par des lois générales, si les parties intégrantes de votre empire avaient mie organisation régolière et des rapports connus. » ( Aa. R. )
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tandis qoe dormais la logique de Gondillac suffirait pour Tenir à bout de toutes les passions. Il est vrai que les écrivoiDS hiraieat la gœm à rautorité; mais les grands bouleversements D6 neonent que des basses classes : or il n'y avait pas un philosopbe qui eât songé à elles. Elles ne lisaient pas, et les théories [ffodamées n'étaient pas à leur usa^. Toutes ces théories d'aillears s'accordaient âne pas vouloir une révolution violente, nais UD progrès pacifique. Ceux qui déclamaient le faisaient par enroee de style, satisfaits s'ils s'entendaient applaudir, ou ilb pouvaient si'attirer Thonneur d*une persécution.
Ainsi la plus heureuse et la plus tranquille des révolutions aDiUéekire des méditations des philosophes eX des vœux des ^lilantbropee. Lesdoctrines répandues dans les hautes classes ieseendralent dans les rangs inférieurs ; on ferait un catéchisme aranl, populaire ,-et cela en quelques pages. Le gothique castel de la f^alilé serait remplacé par un élégant édifice dans le ttvlegrec. On aurait une religion dégagée de superstitions, et k bonheur public aurait pour base la connaissance générale des èeils de Thomme.
Les élwtiOBS ae firent, et le parti populaire l'emporta, soit parce que la noblesse bretonne refusa d'envoyer ses députés, iafignée qu'on n'eût pas respecté les privilèges et qu'on eût déciélé le doublement du tiers état; soit parce que les nobles ren< direm un hommage désintéressé aux vertus et au savoir de piosSeon membres de la bourgeoisie. Les curés eux-mêmes fu- RBt Domnés en plus grand nombre que les évéques et les gros bénéMerv. En Provence, le comte de Mirabeau se présenta candidat; Uy fût repoussé par les nobles, comme déshonoré f9 sa conduite^; mais il ftit élu d'acclamation par le tiers état, dont il devint l'idole : homme étonnant pour tenir les masses ea mouvemeot et les arrêter dans leurs excès, pour obtenir par •m autortté l'obéissance qui était refusée aux magistrats.
Maïs, en regardant au fond des dioses, on^ reconnaissait com« lâcn les maux étaient enracinés et les remèdes difficiles au milieu de tant de dissentiments entre l'autorité royale, les maximes pariementaires, et cette opinion publique si mobile ; et il fallait bien reoonnaitre que ce n'est pas une tâche sans danger, ni