‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 52 sur 127 · ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE

Il ne resta plus au roi, conduit prisonnier au Temple, ^1 soaflfnravec courage. La Fayette, dernier défenseur de la cou» titution eX du roi, vilipendé par les Jacobins > , se réfugia mr k territoire autrichien, après avoir tenté une dernière dénardM pour sauver ce qui périssait. Pétion, doué de cette médiocrité» lennelle qui platt à la multitude et de cette faiblesse qui eonTknt aux anarchistes, d*une vertu d*apparat et toujours prêt à amnis tier les violences , et à trouver un air de légalité aux atteatali qu*il n*osait punir, fot mis à la tête delà municipalité de Pan La commune alors domina rassemblée , et pr^ndit exécola elle-même ce qui lui paraissait conduit avec mollesse par lesaa torités. Pétion, en équilibre entre les girondins et les jaoolûu devint le roi du peuple , à la condition d'être son esdm.

Cependant les forces de la coalition s*avançaient contre I . France. L'Angleterre ne s*était point prononeée encore : ou prétendu, avec assez de vraisemblance, qu'elle avait eu laoai dans la Révohition. Il n'en existe point de preuves positifci on s'aperçut néanmoins , dès le début , que ee grand moovi ment serait encouragé par l'Angleterre.

La démence du roi George rendait l'aristocratie toute-fM» santé , attendu que le parlement et Pitt , qui en était TânN n'avaient point à combattre de volonté suprême. Beaaeoa de clubs, formés principalement dans les villes mannfai

' Camille Desmouiins écrivait de la Fayette : « Libérateur des da mondes, fleur de^iaoîssaires-agas , phénix des algaazUs mijon, à Quichotte des Capets et des deux chambres, constellation da Chn blanc» je profite du premier moment où f ai touché one terre de liiMri pour vous envoyer ma démission de journaliste et de censeur natioai que vous me demandez depuis si longtemps , et que je naets anx fâe de M. Bailly et de son drapeau rouge. Je sens que ma voix est tn faible pour s'élever an-dessas des clamenrs de vos trente mille no cbards et d'autant de vos satellites; au-dessus da brait de vosqoal

cents tambours et de vos canons chargés à raisin On l'a dU, 1

Parisiens ressemblent à ces Athéniens à qui Démosthène disait : « San « vous toujours comme ces athlètes qui, frappés dans un endroit, y p< « tent la main; frappés dans un antre, l'y portent encore; et, toujM » occu|>és des coups qu^ils viennent de recevoir,' ne savent ni ù^î « ni prévenir?.,.. »

LA CORYENTION. SG9

iBrièm, avaiaot une tendance démocratique, et réclamaient des diangeaients radicaux. L'un d'eux , qui s'intitulait Société TéBoiMtkmnaire , vota des félicitations à rassemblée nationale, doDt les actes éveillaient les sympathies populaires, pour avoir brisé on joug dont on s'exagérait la pesanteur. La Révolution française devint dodc le texte ordinaire des discussions dans la chambres et dans les journaux. Le haut clergé et l'Église Tavaioit en horreur, tandis qu'elle était vue d'un œil £aivorable par les sectes dissidentes. On demanda pour le pays ce que la Fmiee avait obtenu; mais les moyens pacifiques ne sembléloKpas suffisants;, il s'établit des sociétés en correspondance publique avec les sociétés françaises, et les discussions des clubs ibootireot à des émeutes.

Les réformes avaient pour partisans, dans le parlement, Fox, MÛM, qudques lords, comme Holland, Bedford et Grey. Le piàeShéridan, directeur de théâtre, extravagant dans ses. dépeoscs, et toujours en pénurie d'argent, aimant les femmes et le Tin, garda le silence à la chambre ; mais il publia une foule 'éerils d'une opposition très-vive. Charles Fox y d'un caractère Mrie mais fougueux , et d'un talent plein de force, allié par sa hnSk à l'aristocratie , et professant des doctrines populaires, «ùobit, au milieu de ses vices, fidre parade d'un beau caractêre,et décider les grandes affoires entre le jeu et la débuche : Sêâmhre la constitution de France ^ s'écriait-il , comme le flÊS giorieuT monument de liberté que , dans quelque lieu et fM^ae temps que ce sait, ait élevé Iq raison humaine.

Si Fox alors eût triomphé et obtenu la réforme parlementire au milieu de ces orages , il est présùmable que c'eût été b perte de l'Angleterre.

Les crimes qui accompagnèrent la Révolution, et plus encore fcA4in le triomphe de la démocratie, modifièrent les sentiments ^ ttsplns^zélés partisans. Les vhigs modérés en conçurent de li déCôi^* <m cÂt que la Russie cherchait à troubler le pays, s'étendre tfirec sécurité vers l'Orient. Les émigrés franqn'on y accueillait y excitèrent la sympathie,, si bien que b aatioD anglaise devint très*hostile à la France. Edmond ^vdie, fort zélé pour les anciennes libertés défendues par les

▲SSBMBLBB LBGIBLATIYB.

vhigs, mais homme graTe et religieux, ému desvioleBcesdoi la reine et la religion étaient l'objet, publia, dès 1790, une e pèce de manifeste de guerre qui fit impression sur les Anglaî Lorsque ensuite Fox applaudit dans le parlement aux actes n Tolutionnaires , et à la résistance opposée par les soldats au ordres du roi, Burke lui reprocha, avec tous les égards dos une vieille amitié, de se faire Tapôtre du despotisme popolain Gomment comparer, disait-il, cette chose extraordinaire qv*c France on appelle révolution avec les faits glorieux de la ri volution anglaise , et assimiler la conduite de nos soldai ' aux mutineries de quelques régiments français ? Alors i prince d'Orange , issu du sang royal d'Angleterre, était i| pelé par l'élite de la noblesse anglaise à défendre l'andeni constitution, et non à niveler toutes les conditions. Les cM de l'aristocratie s'adressèrent à lui , avec les troupes qal commandaient, comme au libérateur du pays ; l'obéisuM militaire changea d'objet, mais la discipline ne cessa pas; < je rencontre une différence semblable dans tous les actes 4 la nation. La révolution anglaise et celle de France sont fl opposition complète, soit dans les circonstances particulièni soit dans leur caractère général. Parmi nous, la nacmarcfai voulait exercer l'arbitraire ; en France , un monarque absol commence à rendre légale la puissance dont il jouit : l'un à vait donc rencontrer de la résistance, l'autre trouver de l'il pui. ?}ous n'avons point aboli la monarchie, qui> au contralto s'est consolidée; la dation a conservé la même hiérarchie, M privilèges, les franchises, tous les modes de propriété, k mêmes règles financières , les magistratures , les lords , h con)munes , les corporations^ et les mêmes électeurs. L'Égiii ne fut pas afËûblie , dépouillée de ses richesses , de sa spliJI deur hiérarchique. » ^

Fox répondit : « J'admire les vues générales et la oooduiiel « l'assemblée nationale, et je ne comprend^ pas comment l| « l'accuse d'avoir subverti les lois, la justice, la fortune poM « du pays. Quelles étaient donc ces lois ? Les ordres a « du despotisme. Qu'était la justice.' Les décisions « d'une magistrature vénale. Qu'était le revenu public? La

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t fMfOute autorisée. Mon honorable ami se trompe, en accusant i Fasenbléé nationale d*avoir créé les maux qui esdstaient déjà i ëa» toute leur difTonnité, lorsqu'elle fut réunie. Or quel re- ( WÊtkj apporter, dnoD une r^rme radicale de toute la oons- I llbrtiQD? Ce n*était pas seulement le vœu de rassemblée nat ûauk^ mais cekn de toute la France, unie comme un seul I faoame et dans un seul et. même but. » ÏMÛBix cfaefjs des whigs restèrent dès ce^moment séparés haila politique, et il en résulta un grand affaiblissement pour krfvti libéral. Ce fut un sujet de satisfoction pour Pitt, qui |M déjà compris que Fintérét de la Grande-Bretagne exigeait |fdie se tonmât contre la France. Persuadé que les efforts di-

P\ eootre PAmérique avaient échoué parce qu'ils n'étaient apposés par Popinion, Pitt attendit qu'elle se manifestât Ctt déclarer Pennenii de la France. C'est pourquoi Mira* rappelait le ministre des préparatifs, et il ajoutait : Si je tutit vhre , Je bd donnerais bien à faire!

fStt, à l'ouverture du parlement de 1793, en exposant aux Iknbm Fétat florissant du pays , assurait que , « soit qu'on pûageât la situation intérieure du royaume, soit qu'on ob* IMses relations avec les puissances étrangères, jamais ta l^ipective d'une guerre n'avait été plus éloignée. » Triste pré-* lyinee humaine ! Le lendemain , commençait le terrible duel ^ la maison d'Autriche et la France. L'Angleterre garda Mord h neutralité, eonune la Hollande et le Danemark. A près t meartre de Gustave , la Suède fut charmée de renoncer à l>*»Nm qu*il avait préparée. Les princes italiens étaient mal ^osés, mais ils étaient dans llmpuissance d'agir; l'Espagne Mait au milieu des intrigues ; la Russie poussait à l'agression , ^ tioiquement afin d'avoir plus beau jeu pour envahir la

^ Pmsse et l'Autriche , avec les électeurs ecclésiastiques et * Mies petits princes, avaient cent trente-huit mille hommes ^à pénétrer par les Ardennes et à se diriger sur Paris. Le l>^ de Condé commandait six mille émigrés ; d'autres étaient *^inés dans les troupes étrangères, attendu que les alliés i^vmciaient peu de les voir réunis. Les Français comptaient à

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