‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 54 sur 127 · LA CONVENTION · texte numérisé non relu

LA CONVENTION

joméo, ?arie de six à douze mille. Danton assura qu'il n\ixàl péri aucun innocent, attendu que tous étaient des aristooateB. La commune se fit gloire d'avoir déjoué une horrible Inae ourdie par la cour^ et en donna avis aux départements , CD djnnt : • Fière de la confiance de la nation , qu'elle cher-

• (bera à mériter de plus en plus ; placée au centre de toutes les

■ conjurations, résolue à périr pour le salut public, elle ne se

• fforiiiera d'avoir fait son devoir qu'après avoir obtenu votre

• iffvobation. Sans dout« que la nation , amenée par de lon-

• gics trahisons sur le bord de Tablme, se hâtera d'adopter ce

• BoyeD a utile et si nécessaire, et que tous les Français se

• àroot, comme les Parisiens : En marchant contre P ennemi,

• se Ittittons pat derrière nous des assassins qui égorgent

■ iM efrfantt et nos femmes, • Ces conseils ne furent que tra^cetadus. Des bandes d'assassins se répandirent dans les fMBees, et le soupçon d'incivisme suffit pour attirer la mort. bjpoic nationale tantôt permettait, tantôt aidait elle-même fli eipéditioDS , et la municipalité les encourageait.

Usai, accusé d'aspirer à la dictature, osa se plaindre h la Mmdc qu'on n'eût pas, dès le principe, fait tomber cinq cents Ito; et, dans son journal, il traita les Français de gens propres' i bifaider , et non à agir. Il excita le peuple à un nouveau Mlèrement , et demanda la proscription de soixante-dix mille Uiridus. Puis , lorsque l'exécration générale eut réclamé sa en accusation , il se défendit, non en niant ses principes, en les justifiant, et il laissa ses auditeurs stupéfaits de cette (ffioaterie épouvantable.

LA OONVBNTION.

Ccst sous de tels auspices que fot décrétée la réunion d'une fff^^tnfion nationale, composée de députés élus par tous les i^ens majeurs , sans distinction de qualité. Les triumvirs ^gèrent les élections , qui se portèrent également sur les i^Uns et les girondins. La conv§ption nomma d'abord pour piCttdcDt Pétion , puis Gondorcet , Barbaroux et Vergniaud : Befut pour les grondins un triomphe, qui permit d'adopter

374 LA. CONVEWTION.

des mesures énergi(iaes pour réprimer les assassinats et protégé la sûreté des prisonniers. La haine des jaeobinis pour eux s'en augmenta. Marat, qui traitait madame Roland de Circé , profitait du moindre mouvement populaire pour les aocmer de vouloir décentraliser la France, et d'y introduire le fédéralisme.

Théoricien de Tassassinat , Marat prétendait prouva* sa probité en montrant à la tribune ses vêtements déchirés; il tirait parfois un pistolet de sa poche, le dirigeait contre sa tête, prêt à se tuer, si on ne lui donnait raison : du fond de son repaire, il écrivait les rugissements du peuple , et demandait toujours le sang des traîtres. Ce que Danton aimait surtout de la Révolution, c'était le mouvement : peu lui importaient les principes ; il avait besoin de Tagitation tumultueuse et de Touragan , de quelque côté qu'il vtnt , pourvu qu'il renversât hommes , fortunes et choses. Il trahissait sans scrupule : ayant reçu cent mille francs du roi, il dit : Je le sauverai, ou je le tuerai. » 11 se vendait^ et,i ne rougissait pas devant ceux à qui il faisait payer ses services. Il employa la menace pour se faire acheter par Louis XVI, par le duc d'Orléans, par la Fayette '. Esclave séditieux et domî-

■ Nous citerons Id plusieurs témoignages qui eonflrment ce sur Danton : « Quand le procès du roi fut mis en délibératioa , dit B»trand de Molleville , Danton, rinâme DanUm , dont la liste civiJe avaft acheté si clièreroent les services, Danton fut un de ceux qui montrèrent le plus de violence Je lui écrivis , le 1 1 décembre, aiasi qnH

soit:

« Vous ne devez pas ignorer plus longtemps, monsieur, que M. de Moiit- « morin m*a confié, au mois de juin, plusieurs papiers très-importanli ; « fy ai trouvé la preuve des sommes que vous avez reçues sur le d«-

«t parlement des affaires étrangères Vos liaisons avec cette perssoiuie

« y sont constatées par une lettre de voire main, jointe à cette aole « que M. de Montmorin a écrite lui-même. Sfgné Bcbtrajio. ».

« Danton ne me répondit pas; mais je vis que , deux jours après

celui où il devait avoir reçu ma lettre» il se fit donner une mission poar

les départements du nord » Mém, de Bertrand de Mollevitie^

t. III, p. 183et suiv.

« .... Quant à Danton, il était prêt à se vendre à tous lesperlfe. qu'il faisait des motions incendiaires aux Jacobins, il était leur

LA CONYEIITION. 375

Batew, îl ne voulait abattre la tyrannie que pour en élever une bien pins dore ; il prenait la cruauté pour du génie» et méprisait enx qui s'arrêtaient en chemin. Les modérés étaient contraints 4e ménager ces deux hommes , ainsi que Robespierre , devenu k chef de la Montagne , eVst-à-dire du parti exagéré.

Le duc d*Orléans, qui était revenu, se faisait appeler PhilippetffMné ; Tabbé Grégoire nommait les dynasties des races décotÊnteg y repuês du sang des peuples; et Thistoire des rois , ie martyroioge des nations.

Lan des premiers actes de la convention fut de proclamer h lépubliqoe une et indinsible (23 septembre); et une ère nooTelle commença. Tous les citoyens furent électeurs et éligUes, à quelque magistrature que ce fût. On créa de nouveaux hjfiqtbéquéssur les biens des émigrés, et Ton prépara nouvelle constitution. JBeaucoup de députés flottants se nUièRnt aux jacobins , qui avaient donné Timpulsion à ces ■oavemeots. Les personnes lésées leur portaient leurs plaintes ; c*ëlait d*eox que venaient les motions, les mesures diverses. Ili donnèrent même le ton à la mode : ils firent adopter une Mette plus que négligée , et introduisirent Fusage de se tuloyer.

Do cAté des coalisés on voyait apparaître plus de présomption, fhB de calculs d'intérêt privé, que de sentiments chevaleresques. DuflMNiriez, à la tête des volontaires, qui accouraient par roiien chantant la Marseillaise y retoula quatre-vingt mille qui s*avançaient entre Sedan et Metz sur Châlons; il I, par une manœuvre hardie, la forêt de TArgonne, et

de k coor, à laquelle 11 rendait compte régulièremeot de ce qui iTv pant. Pkntard, il reçut beaucoup d^argent; le Yendredi avant le 10 a«at, ou lut donna &0,000 écus... Madame Elisabeth disait : « Nous mmmsn tianqnilles, nous pouvons compter sur Danton. » Ham, de la ra^eite. (a«. R. )

* aiarst est un des héros de Lamartine, comme Danton et Robespierre, ht cœur national de la France, dit-il, semblait battre dams ia poi/Hnede Danton. Après un éloge de Robespierre, il i^oute : 0m admirait mah on n*honùmit pas ainsi Danton. LBist. des Gi- ,111, M.)

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