‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 56 sur 127 · GUERRE EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

GUERRE EXTÉRIEURE

Les thermidoriens, comme on appela le parti qui l'emporta dans cette journée, furent contraints d'abandonner le système de la terreur : des journaux, des livres osèrent parler d'ordre, de religion. La lutte ne cessa pas toutefois entre les modérés elles exagérés, mais ceux-ci furent réprimés; un frein fut mis aox sociétés populaires , qui formaient un gouvernement contre le gouvernement; on apporta des restrictions aux lois économiques, dont les résultats avaient été si funestes. La pauvreté , la malpropreté affectée firent bientôt place au luxe, à l'élégance, aux fêtes, aux spectacles, aux sciences. On se permit

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d'écrire contre la « canaille révolutionnaire. » Ces qb^|Uits qu'on appela IsLjeimesse dorée, se Grent les antagonistes des jacobins. On se mit à chercher quelque système d'éducation quipûtreadre les hommes aux arts et aux professions libérales : des encouragements furent accordés dans ce sens. Marat, le saint de la terreur, fut arraché du Panthéon; ses bustes furent rejeiés des lieux publics. Sieyes sortit de son long silence. L'assemblée rappela dans son sein ce qui restait des girondins proscrits. Madame Tallien hérita de Tinfluence qu'avait naguère exercée madame Roland ; et Pichegru , le conquérant de la Hollande , si plaça à la tête des jeunes thermidoriens.

Les biens des proscrits furent rendus a leurs faimilles ; oo osa parler de tolérance des cultes , d'amnistie pour la Vendée. La proscription de cités entières, comme Lyon et Marseille, fiit levée, le tribunal révolutionnaire aboli, et cette épithète disparut des institutions. La garde nationale fut choisie parmi les citoyens aisés. Les églises furent restituées aux catholiques. Des lois horribles survécurent pourtant à la terreur, et les décrets sur les finances ne s'exécutèrent qu'à l'aide de mesures rigoureuses. La disette était telle dans Parts , que Ton y mesurait le pain comme dans une ville assiégée , et qu'on le paya jusqu'à vingt-deux francs la livre. Un hiver terrible ajouta à cette famine d'autres souffrances , dans ce temps où les moyens de chauffage manquaient. Il fallait émettre huit cents millions d'assignats par mois ; mais eette prodigalité les dépréciait à oe point qu'un louis en numéraire valait deux cents livres en assignats.

Le peuple, poussé à bout, se souleva ( 28 mars 179â)aa cri de Vivent les jacobins l Du pain, et la constitution de 93 i l^lais l'émeute avorta, faute de chefs. La salle des Jacobins, arène des républicains, fut fermée, et beaucoup d'entre eux furent mis en jugement. Barrère, Collot d'Herbois et Billaud< Varennes furent déportés ; Fouquier*Tinville , Carrier, Lebon, a valait été condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire; d'autres , assassinés par des particuliers. Plus les villes avaient souffert, plus la réaction se montrait terrible; il fallut proclamer la loi martiale , et recourir »i de nouvelles rigueurs pour ré-

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