‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 62 sur 127 · UUIAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C · texte numérisé non relu

UUIAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C

IMPRIMEURS DE L'iNATTroT, RUE JACOB, 56

; L'ITALIE AU VIX-BUmEUE SIECLE.

Des ambitions de femmes , des querelles de succession et de fàtàqoB étrangère , araîeut bouleversé Tltalie jusqu'à la paix tJd&^i-Chapelle (1748). Par ce traité « Marie- Thérèse recouvca héritage de son père Charles VI : elle garda donc la Lombar* ^t moins le haut Noyarrais, le Vigevanasoo et le pays au éa Pô , qu*il lui fallut céder aux ducs de Savoie , dont itode était de gagner quelque chose en Italie à toutes les . Ces princes avaient acquis le titre de roi de Sicile a la dlltreêht , puis celui de roi de Sardaigue , quand il leur céder la première de ces îles contre Tautre (1720). Ils con* it Gènes, et aussi cette Lombardie dont un de leurs an* avait dit : Cest un artichaut que nom devons manger à feuille. Gènes, en chassant les Autrichiens eu 1746 » ^oore prouvé sa force; elle garda son indépendance, et la dominution contestée de Finale. I^ couronne dei^ nSictlesfîit donnée à don Carlos, infant d'Espagne, Le joug >ol, qu'elles subissaient depuis trois siècles, fut définiti» k brisé. De œ moment , cette partie considérable de eut ses rois particuliers. Le duelié de Parme et de Plai* (tGuastalla, que Victor-Emmanuel convoitait, fut as* «rinlant don Philippe , frère de don Carlos. François JII régnait à Modène ; et ce petit État était le seul qui n*eût <poavé de boideversement ou de changement de dynastie., *srtdu dernier des Médicis (1738) , un prince de lamaison ^trich§*Lonraine était devenu grand-duc de Toscane.

■«T. DK CEKl AII8. — T. II. 1

2 l'italte

Ainsi, dans la guerre comme dans la paix, le peuple itallM n*avait flguré dans toutes ces querelles que comme victime. Cependant, grâce à la jalousie réciproque des puissaDces^ il m resta d'autre domination étrangère que dans le Milanais.

L'Italie, qui a?ait été pendant un demi-siècle un champ à bataille , où la guerre était d'autant plus désastreuse qu'elle état faite par l'étranger, Tltalie s'arrangea pour jouir de la paix,]| plus longue dont l'histoire garde le souvenir (1748-1796) , soi neuf dynasties imposées par la force , mais qui montrèrent if| -moins le désir de réparer les maux que lui avaient légués li gouvernements antérieurs. Les Italiens , tant accusés de et plicité et de dissimulation , ces vices des opprimés, eurent (if de part à la politique suivie par leurs princes ; ils entrènnni plus dans l'administration et dans la carrière judiciaire* 4| la dépendance de l'étranger, et en appliquant ses lois. Maisii sant de craindre et d'espérer, n'a jant plusà faire œuvred^éneifl dans cette vie de repos ils s'engourdirent Une politesse frinl remplaça l'énergique francliise ; toute la vie des hommes o>i sîsta dans une fade galanterie et de ridicules amours.

Le royaume des Deux-Siciles avait un scA fertile , une popt^ lation pleine de vivacité, des frontières bien défendues, ram^ tage de dominer sur deux mers. Aussi sufBsait-il que Vopis^ sion disparût, pour que le déplorable contraste qu'y offraUf beauté du sol et la misère des habitants cessât du même Charles III n'y trouva ni routes, ni ponts, ni maniifKt les monnaies y étaient dans un désordre inextricable ; le merce des grains y était entravé; les pâturages royaux fendaient de cinquante milles en longueur, sur une large variait de trois à quinze, milles, avec défense d'y planter arbre ; les biens eommunanx étaient extrêmement considérsl des propriétés particulières même, assujetties à la servitude pacage , ne pouvaient être encloses. Des fiefe , des fidéicoi des privilèges de chasse, de fours, de moulins, eochabu le droft de propriété , et multipliaient partout les vexilîoBSv ^ procès. On comptait dans le royaume jusqu'à dix mille feu* laires, véritables oppresseurs du peuple , qui avaient ia nomins^ tion des juges et des gotiverneurs , et imposaient des pé^»j

AU DIX-HUlTlilIB SièCLB. "S

Imikkes , des corvées , des prémices de tout genre. Trente et ■ nulle moines, vingt-trois mille religieuses, cinquante mille prflics, possédaient de riches propriétés, exemptes de toutes teges. n n*y avait pas un seul tribunal de justice dans qua» fene provinces , pendant que les brigands s'élevaient à trente ■îlle, et les assassinats à plusieurs milliers par an. Les enii- ■ÎMMinements étaient si nombreux dans la capitale, qu'il lAoty instîtoer une funfe des poisons : en même Jtemps les lisons regorgeaient de contrebandiers et de braconniers. i Charles III s'efforça de remédier à ce triste état de choses ; et b forteresses, les finances, la procédure, les monnaies, les iMes, attirèrent son attention. Une magistrature iV économe, largée d'aviser aux moyens de faire refleurir le commerce et mtoltre les revenus, augmenta de trois millions la recette du Mnr, seulement en portant son examen sur la légitimité des innptîons du clergé. Elisabeth Famèse envoya un million et iendepiastresili son fils Charles III, pour qu'il pût recouvrer bgnnd nombre de fiefs et de domaines royaux vendus on ^Fotliéqués. La marine le releva : les chebecs napolitains, Nnandés par Joseph Martinez , combattirent les saîques ^rtveaques avec une valeur qui ne le cédait en rien à celle des {knlierBde Malte. Charles obligea diaque province à former Mir^gpnientt dont les officiers durent appartenir aux premières knillsi : il les détacha ainsi de leurs châteaux pour les ralh'er à ■dynastie nouvelle ; et il reconnut lors de la compagne de VeU qu'ils Q*avaient pas dégénéré de leur ancienne valeur. iBt eombien Tactivité des juifs avait été profitable à Livoume, ^attira, et leur accorda des privilèges dans ses Rtats. Il stii^ec la Porte , en faveur de ses sujets , les privilèges dxmt N^Baôent d'autres puissances , en exigeant que son pavillon et "> ctos fussent respectés par lesBarbaresques. Il nomma des ^'^Is sur tous les points où le commerce florissait» fonda des ■irets et un collège nautique ; mais il crut, selon les idées du l^i&iroriser riudustrie indigène en frappant les marchan- "Ks étrangères de droits fort lourds.

^USidie avait été malheureuse sous PhUippe IV, plus mal- **(vnseeneore sous Victor- Amédée, et n'avait pas eu un meiU

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kar 80ft SM18 l'empereur Charles VI. Infestée sur scseM par des pirates , au dedans par des bandes de brigands « et inii «n combustion par les excommunications pontificales , elleâi en outre courbée sous les chaînes féodales ; et, sur donieea mille âmes à peine de population , elle n'ayait pas moins i soixante-trois mille religieux des deux sexes.

Après y avoir rétabli la tranquillité, Charles ill lafitgn vemer par une junte composée presque entièrement de Sie liens. Il voulut que les bénéfices fussent conférés exclusiveoNl à des nationaux , ne se réservant que la nomination de ft «hevéque de Palerme ; et , lors de la terrible peste de Uesà en 1743 , il fit passer dans Ttle des secours , des vivres et i médecins^ Un concordat qu'il fit avec le pape lui permit i restreindre les privilèges cléricaux , ainsi que le nombre I prêtres, des causes ecclésiastiques, et des asiles. La justîeet^ matière de fioi, était restée aux prélats; mais rarclievéque S| nelli ayant poursuivi quatre citoyens pour crime d'hérésie, \ peuple vil là une tentative pour introduire rinquisitioa csyi gnoïe, et se souleva (1746). Charles cassa les actes dnsÉ office , et ordonna que la cour ecclésiastique procéderait |i les voies ordinaires, et ne pourrait statuer sans oommuniqa ses actes à Tautorité laïque.

Les lois du pays étaient un amas bizarre de droit nvnaii barbare , arabe et normand ; c'étaient des décrets angcrii 4es constitutions aragonaises , des pragmatiques de viee-roi des coutumes locales. Souvent, dans tout ce fotras, cerbii cas n'étaient pas prévus; et le juge restait alors l'arbitre del vie et de l'honneur des citoyens. Il n'y avait ni règles de pri cédure, ni publicité de jugements. Charles remédia à cet éttti choses en publiant le Code CaroUn , œuvre de Pascal Cirill* tentative plus louable par l'intention que par le résultat.

Charles énuméra les bienfaits dont le pays lui était reA vaUe, dans le décret par lequel il instituait Tordre de SaintJ* vier, comme pour en. reporter le méiite au saint protectci du royaume.

Ce prince avait pour conseiller son ministre Tanucci , ^ conformément aux tendances du temps, voulait afi&iiblirI*ansM

AU J>IX-RI)ITlèllB SIÈCLE. &

et ]a papauté, mais sans ixrniprendre encore la puissance fMâante da tiers état. Ik se préoccupa trop peu de l'armée, du «■meree, de la division des propriétés , de la modération qu'il tibit apporter dans l'exercice de la prérogative royale, et du Isahi de léprimer les fraudes des gens de loi.

Loraque, pendant la guerre de 1741 , Charles III eut envoyé M armée contre le Milanais avec celle des Espagnols , ime Mlie anglaise se présenta tout a coup devant !Naples. Le Mathews , qui la commandait , déclara , montre en ,qae si le roi n'avait pas , dans un délai de deux heures , l^pédié à ses troupes l'ordre de revenir sur leurs pas, il détruirait |i apitale. Charles obéit, mais en frémissant. Il fut tellement JMrirté de cette humiliation» qu^il conçut la pensée de trans- ^Ktcr la résidence royale dans l'intérieur du pays , h l'abri de Ifnk dangers. II commença alors à Caserte la construction i^ édifice admirable ; on s'étonne surtout du peu de temps |p'teanployéàTélever. L'architecte Vanvitelli, profitant des iU de rancienne Capoue , située dans le voisinage , et de bn de PoQzzoles , qui n'en est pas loin , ainsi que des mai- M dont aàiondeatia Poiûlle et la Sicile, construisit des appariocols et des jardins qui , rivaux de ceux de Versailles pour h magnifioenee , l'emportent pour le site et pour le goût. Un Nritable fleuve, amené à travers des monts et des vallées par m aqueduc fort admiré , vient tomber en masse , puis en mille , dans ce délicieux séjour.

Us villes ensevelies d'Uerculanum et de Pompéi ayant été ertes à cette époque (1738-1 750), Charles fonda un musée en recevoir les antiquités , et une académie pour les étu«

^Wionné à l'excès pour la diasse , il bâtit, pour se livrer à ^ plaisir, un palais à Capo-di-Monte , et un autre à Portici. A '*Q qui l'avertissaient que ce lieu était exposé aux éruptions ^ Vàove , il répondait : < La Vierge et saint Janvier y pour- '^"^t. » H voulut avoir dans sa capitale le théâtre le plus vaste amende (1787), édifice qui fait honneur à l'architecte Me- ^^« On admire encore davantage l'Hospice, des pauvres Uibergo), d'après les dessins de Fuga, où les indigents sont

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Don-saïkment logés et nourris, maïs instruits encore à rents métiers ; il voulait arriver à la suppiressim des lazzarai opprobre de cet admirable pays. Charles fonda un autre ha pice à Palerme.

Cest un grand témoignage delà richesse de l'Italie, que toi cette magnificence déployée par Charles lit au moment où sortait de deux guerres désastreuses^ et où il venait à penie i prendre possession de ce pays, épuisé par une longue oppresniN

(1769) Mais Ferdinand VI d'Espagne vint à mourir; Chada son frère, fîit appelé à lui succéder; et Naples perdit le pri« dont le régne de vingt-cinq ans avait réalisé de sérieuses W formes et fait nattre les plus belles espérances.

En Lombardie, pendant la domination espagnole, les femM séquestrées par la jalousie, vivaient à Técart de la société él hommes. Un gouverneur, le duc d'Ossnna , réunit nttjoori une fête la noblesse des deux sexes ; il eu résulta tant de propi médisants, qu'il se garda bien de recommencer Texpériaitt Mais le prince de Vaudemont, dernier gouverneur de la LasI hardie pour TEspagne, élevé aux manières françaises, toaqî tout à foit avec les vieux usages : il admit, en honunede Ya sailles , les femmes dans son palais et dans ses maisons de ptal sance, où la galanterie alla jusqu*à la licence. Ce fut l'époqae d*a grand changement dans les moeurs; c*est alors que le sigisbéisfl s'introduisit. Le sigisbée était reconnu publiquement, et paHiii même stipulé dans le contrat de mariage. L'énergie do di manquait même , as6ure*^<on , à beaucoup de ces unions, M jours corruptrices, en ce qu'elles portaient la femme à ànatM rintimité ailleurs que dans la femille , ^ lesbommeaà coosaedi leur vie entière au service d'une femme par mode , par frivoM plus que par affection; à Tentourer de soins efféminés etridi cules.|L'âme s'habitua ainsi à toutes sortes de chaînes « tanéi que la mode emprisonnait le corps dans des habits géttaots,d soumettait toutes les têtes, deux heures par jour, à la tyivosS du perruquier.

En Lombardie, les biens-fonds étaient immobilisés psr<)d ildéicommis, ou accumulés dans la main d'un afné, quiiM laissait à ses frères d'autre parti que de se &ire prtees, oi

AD DIX'HUITIÊMB SlBCLE. f

ètfitnerdè table en table, de villa en villa, leur pauvreté

ént et amhitirase. Il n'y avaitpas de troupes, sauf quelques

Rgisieits reciutés au moyen de Tignoble reooienient ; un petit

iMNnbre de gentilshommes achetaient un grade dans tes. êot*

■é» étraagères. Le clergé n^avait poidt à discuter dans ces

; paides questions qui produisent les grands talents : c'étail

(iMtauphis s'il se mêlait de ces querelles frivoles, bien quV

|énées, d'un jansénisme abâtardi.

[. la littérature se ressentait de cet affaiblissement général, ré*

AHe qu'elle était à déployer une loquacité élégante ou une plate

, à rassembler de vaines images, pour se fiaiire applaudir

médiocres. La poésie de commande intervenait daaa

tlOMHiidrss événements de la vie publique ou privée. Les arts

Ikiest parqués cd corporations, qui entravaient par leuiu pré-»

Mflhs, et repoussaient par esprit de corps toute innovation*

Iv i«|lements administratif se jetaient a la traversede toutes

ôAistries, pour prescrire ou défendre certains procédés,

Ibis par ignorance, toujours au détriment de leur libre

ment.

les Irancfaises des nobles enrayaient le cours de la justice ,

ttcoorageaient les abus. Les juridictions féodales jugeaient

pvocès, sous l'influence du seigneiur qui les salariait. Les

pesaient inégalement de pays à pays , de personne h

>inie; il y avait peu de routes , encore y était-on assujetti

péages; un grand nombre de droits royaux avaient été

à des particuliers , et les communes, grevées démesuré-*

pour subvenir aux besoins de la guerre, étaient écrasées de

Les finances se trouvaient livrées à bail à des fermiers

ues , qui voulaient avoir les sbires h leur disposition

ée pouvoir remplir leurs obligations envers le trésor, et qui

aient que la contrebande fût punie des peines que le

^ savait esquiver.

Us principes d'une pbilantliropie qui, sans être toujours rail^DMe et pratique, était dirigée néanmoins par des intentions kici, s'étaient répandus en Italie comme dans toute TEurope, * 1 avaient trouvé des esprits disposés à ea tenter TappUcai»* Des hommes généreux ne s'effrayèrent pas en voyant que

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l6 peuple De les eomprcnait pas ; mais cette i&dlfffireiioe{Ki|N iaîre ks porta à se tourner de préférence du côté des souvem tandis qu'ailienn oo poursuivait les réformes ea attaquant! gouvcmemeots.

Les uns dirigèrent leurs vues vers des amélioratioiis ion diates; les autres s*attaelièrent à des idées plus générales. M k juriqirudenee, on tendit à substituer les procédés ii*« analyse à Térudition pesante » et l'autorité d'une doctrine 11 gîque aui arguties seolastiques des gens de loi ; dans réconosi on rechercha les applications plus que les systèmes, etPl poursuivit Tidéal , moins dans le vague des spécuiatioos 9 dans l'amélioration patiente du monde réel. 1

Gabriel Pascalii de Pérouse> dans son TutoMnaU poiHî^i expose ses idées sur le commerce des États de TÉglise et sîrt navigation du P4. Les plans du Siennois Bandini, bon écsM miste, concernant le dessèchement de la maremme de Sieoil furent adoptés par Ximénès. Larépublique de Venise créa, pM te botaniste Pierre Arduino, de Vérone, la première chaiieH eonomie rurale qu*il y ait eue en Italie, dans runiversitédeB doue ( 1765). Ce savant y réunît dans un jardin toutes les pM utiles, dont il enseigna la culture, indiquant celles qu'il sd convenable d'introduire, éclairant de ses conseils les aoàél agricoles, dont le nombre s'accroissait alors sur leteniMl vénitien. Antoine Zanoni^ d'Udine, améliora, dans le Friol la culture des vignes et des mûriers, fit un commerce Ml avec l'Amérique espagnole, institua dans sa patrie une sodl géorgique, ainsi qu'une école de dessin pour les étoffes^ soie, et écrivit diaprés de bonnes idées pratiques. Dioi^ même contrée, le comte Fabio Asquini raviva ragrieulnv institua une académie, remit en honneur les vignes du Pieesl introduisit le marier, la pomme de terre, la garance. 11 emefg les usages auxquels la tourbe était propre, et proposa de roi dter au déboisement que Ton déplorait dès ce temps. Le an quis Jérôme Manfrini planta du tabac à Kona, en Dahnatie. 1 comte Carburi naturalisa l'indigo , le sucre , le café à Cépbi| nie, où le gouvernement vénitien ouvrit, en 1700, une ^ demie agricole économique. \

AU DlX-HUlTliME SIÈCLE. 9

te yénitieii Jacob Nani , indépeDdamment de son plan pour

Il défense des lagunes, et d'autres écrits sur la guerre, coin«

•açarextractiOD des comliustibles fossiles , et donna d'utiles

•■diotioiis pour les mines. Il traita de toutes les parties de l'é-

MMttîe, et en sollicita les meilleures applicatioûs. Le comte

€Mi,deristrie, soutint qu'on ne pouvait faire une question

Mée de la liberté du commerce, mais qu'il fallait la rattacher

[ tb forme du gouvernement , et que c'est une folie de ne vouloir

ifk des agriculteurs ou des manufacturiers. Le moine Marie

nÎMès, économiste vénitien, écrivain obscur, fut peu compris,

[%idB que le Florentin Ferdinand Paoletti sut se faire tout à

lit pratique dans ses Pensées sur l'agriculture. Il publia les

l[MB qu'il donnait à ses paroissiens dans les yérilables moyens

^mdre la société heureuse, livre lu et goûté même hors

^ftelie. Le Piémontais Maurice Soléra , voyant qu'il n'y avait

h» son pays ni routes , ni ponts, ni manufactures , que l'argent

S ^M rare et le gouvernement n^ligent, songea à y remédier ^ ngiaentant le numéraire au moyen d'un papier-monnaie par une banque, qui fournirait ainsi tout ensemble au t les moyens de faire de grandes entreprises, et partieuliers la facilité de se livrer à des améliorations. YasoOy Moodovi , proclama des vérités nouvelles alors, surtout dans Mnont : qu'il ne faut point parquer les arts et métiers en lions, ni réglementer administrativement les manu* ; qu'on ne doit point fixer le prix du pain ni l'intérêt de it; et, afin d'empêcher l'accumulation des biens, il alla l'à proposer d'abolir le droit de tester. Le jésuite Gemeili, nr à Sassari, fut employé par le ministre Bogino pour l'agriculture en Sardaigne.

IHHBpée Néri , de Florence, publia des observations sur le prix M des monnaies, où il expose les règles à suivre dans cette ^Mière difficile. U voudrait qœ les dépenses de &bricaiion fus* ^ ^ la diaige de l'État. Or chacun sait combien cet usage a k niineax pour l'Angleterre. François Pagnini , de Volterra , krivit sur la même matière ; il fit ensuite un traité Du Juste ^ des choses, et prêcha la liberté du commerce pour la hione. Le marquis Charles Ginori, de Florence, introduisit

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dans le pays la faMcation des porcelaines « des machiset Iq drauliqaes pour travailler les pierres dores, des plantei eii tiques ; et, sous sa direetiou , le preiàier bâtiment sous pavilli toscan mit à la voile de Livoiime pour TAmérique. Targia Tozzetti, qui montra que les sciences naturelles peuvent parii un langage élégant et correct, indiqua, dans le DitemtrsvA Pagriculture toscane, les défauts et les remèdes. Ludovic RiflS de Modène, appelé par Hercule IH à fiiire partie d'une coa mission pour la réforme des établissements pieux de cette vill traita de la pauvreté et des moyens d*y obvier. Il désapproM les aumdnes , les donations, les maisons de travail, lesadt pour les enfants trouvés et les femmes en couche, aiDàfl les grands hôpitaax et les dots pour les filles, attendu, dit-ili |i la population se met toujours au niveau des moyens de saM tance : il fut, comme on le voit, Tua des précurseurs de NahhM Sa conclusion est que le gouvernement doit laisser la ehaiit privée se charger de tout; qu'il doit tout au plus eccaperh mendiants à des travaux d^utilité publique , stimuler ie coa merce, et qu'il n'en faut pas davantage.

Dans un autre ordre d'idées, le pieux Jean Borgi, ce buçI connu dans Rome sous le nom de Tata Giovanni, preoait 4 grande compassion les gamins abandonnés Jour et nuit par 1^ rues; il les réunissait, les nourrissait, les corrigeait areea^ rigueur rustique, mais bienveillante. S'inquiétant peu destti de ceux qui proclament des principes sans s'inquiéter delà p^ tique^ il parvint à entretenir plus de cent jeunes garçons, à l( former à divers métiers : tout cela sans théories , mais par ie N sens pratique , et par ce qui complète la science en. la suppM souvent, c*est*à-dire parle cœur.

Le comte Philippe Re, de Reggio, introduisit des pluM inconnues, publia des éléments d'agriculture appropriés àl Lombardie, en y appliquant les théories physiques et cblmiifM Il enseigna aussi à élever les moutons, à cultiver les flean;! étudia les maladies des plantes, et voulut montrer que les IH liens n*avaient pas besoin d*apprendre Tagriculture des émt gers. Vincent Dandolo , pharmacien de Venise , substitoaav pratiques routinières les nouvelles découvertes dé la chimie, Il

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ttoridhit en même temps qu*î) éclairait le payg; puis il s'apà introduire les mérinos d*£spagiie, ainsi que les meilmétbodes pour les vignes , les vers à soie et les abeilles. Dans le royaume de Naples, Antoine Genovesi. mérita bien éa la jeunesse en &isant pour elle un cours de logique , et en iCBdani ses écrits intelligibies pour le peuple. Barthélémy Interi ayant fondé une chaire de commerce , y fut appelé. II proie principe de la libre circulation des grahis, la justice de les propriétés ecclésiastiques aux charges communes. SVis-préoecupé des sciences morales, il répudia les dogmes ikiérialistes de Técole anglaise, et constata l'influence des ha- Bbdcs morales et intellectuelles sur Téconomie politique. : "WlippeBriganti, de Gallipoli, se fit Tadversaire de Mably , él Rousseau et autres écrivains du même genre, qui voulaient le genre humain à la pauvreté : il soutint que Tindividu i que la société tendent à se perfectionner, et que les él^ [■âttiCs du perfectionnement social sont Tactivité et rinstruction. k loseph Palmieri , de Lecce, fit supprimer, comme magis* iai, les péages , certains monopoles ; il suggéra Tidee de taire cadastre des terres, d'enlever à la noblesse les prérogatives , le droit de juridiction ; il combattit le préjugé que le faisait déroger. H soutint que la capitation et la taxe kI étaient désastreuses ; qu'il fallait faire une guerre à mort bandits , cette peste du royaume ; et en toutes choses il s'at- Don pas à des utopies, mats 5 une pratique immédiate. r Delfico , de Téramo, réclama Tuniformitéde la justice; voqua de même celle des poids et mesures; et enfin il prol'affranchissement des propriétés féodales. Le peu de contact qui existait encore entre les écrivains et les populaires empêchait les premiers de comprendre le le; et ils le regardaient uniquement comme un objet de é ou de sollicitude pour les hautes classes. U7Î8-I797) Le comte Verri , de Milan, dont toute la vie fut ^OBUéeà publier et à encourager des vérités utiles, réunit une soci^de gens de lettres d'où sortit un recueil intitulé le Cqfé, fan le genre du Spectateur d' Addison , destiné à répandre , te beaucoup de liaison, mais avec cette hardiesse qui parfois

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oonvaioc plus que la vérité eUe-méme, des maximes de bon Dans cet écrit et dans certains almanachs facétieux, Yerri cribta de traits mordants i*arrogance des uobles et rignoranoe pares* seuse de la plupart d'entre eux ; il s'y proposait « de fustiger la faiseurs de phrases, les fanfarons de la basse littérature, ceUi préoccupation continuelle et inquiète de petites choses, qui i tant influé sur le caractère , sur la littérature, sur la politiqai italienne. » Il discuta ensuite d'uu ton sérieux des questloa| économiques ; et, dans ses Considérations sur le commerce l'État de Milan f il traite de Tancienne prospérité delà bardie, de sa décadence présente , et des moyens de la renaître. Il combattit les lois qui gênaient le commerce grains et la ferme des impots royaux. Si dans ses MédMï sur réconomie politique il est trop souvent en défaut sur questions aujourd'hui fondamentales et qui étaient à peiDeporitf alors, il s'appuie volontiers sur l'expérience. Il s'inspira M pourtant des pbysiocrates. Néanmoins il comprit l'utilité fj résulte, dans le commerce, du transport et du travail d'écba qui met les produits à portée du consommateur. 11 reconut l'argent n'a de valeur qu'autant qu'il représente les choses (pi*| peut obtenir par son moyen. Toutefois ces idées chez lui quaient encore de liaison , et il n'en tira pas toutes les coi quences.

Yerri montra combien il attribuait d'importance à la priété , quand il exhorta chaleureusement les orateurs des \inoes milanaises, convoqués par Léopold II, à demander constitution comme garantie de I2 propriété, en faisant, beaucoup de talent, dériver de là toutes les garanties p ques. Il écrivit contre la torture, et publia une histoire Milan. Sa patrie s'en inquiéta si peu, qu'il n'en fut vendu qu exemplaire du vivant de l'auteur. Aussi se plaignait-il de voir si peu apprécié '. Les nations qui ont beaucoup souffei

* ' « Après avoir travaillé bien des aaoées et dépensé beaucoup M meUre dans les mains des Milanais une histoire de leur patrie, «i^ livre qu'ils pnsaent indiquer sans rougir aux étrangers qui seraient^ rieux de la connaître Je n'ai pas môme obtenu de la vjHe de Mîlani

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