‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 66 sur 127 · L*1TAI.IB · texte numérisé non relu

L*1TAI.IB

Léopold abolit les fermes pour Fimpùt, qui pesaient kw ment sur le peuple et rapportaieut peu au trésor; il reDoii| certains monopoles onéreux , et à Tobligation impoaéeà du famille d'acheter une quantité déterminée de sel. Il laissa I la culture du tabac , ainsi que le débit des eaux-de-vie d fonderies de fer. Non-seulement il combla les Tides causéi ces réformes au moyen d'une perception plus économique , i il accrut les revenus de 1,238,000 livres par an; et, dans i paoe de trente-sept ans, il réduisit la dette publique de 87 1 lions et demi à 24 , en y employant sa fortune propre et la de sa femme. Il dépensa 30 millions en aroélioratioos, ê. laissa 5 dans le trésor à son successeur, après avoir eok la capitale et les villas impériales.

Voulant que la Toscane offrit Timage d'une paix paiâiH durable , il supprima sa marine de guerre , et en conséfMi les chevaliers de Saint-Étienne. EnGn Léopold projetait i constitution assez large pour l'époque : il en fit l'essai i quelques communes en 1772, dans le territoire de Floreoei 1774, puis dans tout le duché en 1777, malgré le mMf vouloir de la noblesse toscane.

« Persuadé que la meilleure manière de gagner aa gooi nement la confiance du peuple est de faire oontiaStre aiQ toyens les motifs des mesures qu'il est nécessaire de pra4 et de les informer sans détour de l'emploi des revenas puU) attendu que le mystère inspire la défiance, et fût raécoooil les intentions du prince et de ses agents , » Léopold fit pokl l'état des finances, et les principales dispositions relatif < diverses sources de prospérité publique. Lui-même rendit coi^ de ce qu'il avait fait dans un livre intitulé Gouvernetned la Toscane sous le règne de Léopold II. Mais son tort fut tout faire lui-même; le peuple était étranger a ces réM auxquelles il ne comprenait rien , et les citoyens s*einbainl rent peu d'étudier la chose publique, qui semblait réservée { gouvernement. Il put donc faire et défaire à son gré, b^ les opinions, léser les intérêts, et être tout h son aiseoT^ pote philosophe. Il fit tort à tant de belles qualités pv ! espionnage frivole et tracassier, de même que par son dcfairt

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iiodérab'on dans les matières religieuses. Cest que fe siècle por* lait les gooTemements comme les individus à Fiudépendance; croire qu*ils devaient s'afhranchir de cette tutelle sous lae ils avaient grandi pendant le moyeu âge ; à écarter ce voir moral que les sujets pouvaient opposer à la yolonté 'un seul; à étendre la puissance temporelle même sur les choses ésiastiques ; à séparer l'Église de la nation , et à faire que ifoulâtaux pieds Tautorité sacrée, pour se laisser opprimer sûrement par le pouvoir politique. Aux décisions des papes substituaient celles des diplomates. Lors de la paix d'Utrecht, avait disposé des ûth du saint-siége sans même le consulter; tAutricbe acquit, deTautre c6té des Alpes , la prépondérance ^Ittt jouissait auparavant la papauté. Les pontifes eurent à

t, dans tout le cours du dix-huitième siècle, contre ce désir lochissement des princes.

[ fioa avons plus haut parlé de Tesprit de résistance dont la d'entre eux étaient travaillés. On connaît les concessions lenoftXIV et de Clément XIV : la suppression des jésuites à ce dernier la restitution des villes occupées par les puis- , qui continuèrent néanmoins à se détacher de Rome , à ire les corporations religieuses, à enlever aux ecdésiastila censure des livres ; et , tandis que les jansénistes de montraient leur mauvais vouloir contre l'autorité pu^ , ceux dntalie tendaient à élever la couronne au-dessus tiare, et à rendre le^ souverains indépendants.

avons vu Pie VI , appelé au pontificat après un long ve , se rendre en personne à Vienne , par la crainte que inspn'aient des innovations continuelles ; démarche dange* qui , en restant sans résultat , compromit l'autorité du l-siége. Lorsque le pape fut retourné h Rome , Joseph II au gouverneur de la Lombardie que ses décisions, en ce concernait les monastères et la tolérance religieuse , det être maintenues : il défendit toute discussion sur la bulle nitus; il ordonna que'les livres fussent soumis à la cen« royale, et les bulles à Vexeqvatur; que l'inspection des 'maires fût faite au nom du roi, ainsi que la nomination des b^iues. 11 fut défendu en outre à tout sujet de recourir direc-

temeot à Rone pour des dispenses. Nous avons déjà dit les tem* péraments apportés à ces mesures.

Venise avait aussi ses démêlés avec le pontife. Cette répo Uique s*était réservé une grande liberté dans les matières re ligieuses , d'où il résulta que le clergé y resta toujours assujett àTÉtat. L'inquisition y eut peu de pouvoir; et ses fonctioa étaient eieroées par le magistrat public. Tiéanmoins cette rép» bliqHe n*en perdit pas la bienveillance du pape, qui fit toussa efforts pour provoquer une croisade, afin de la soutenir dam sa guerre contre le-s Turcs, où elle perdit entièrement la Moréei Ce fut la question relative au patriarche d*Aquilée qui kj brouilla. Gomme la juridiction de ce prélat s'étendait sur M deux Friouls, vWtien et autrichien , on était convenu qu'il seni eboisi une fois par la république , une autre fois par rarcUtfve; mais ensuite, soit adresse, soit connivence , le droit de noot »ation ae trouva exercé tout entier par Venise. Marie-Tliérèâi extrêmement jalouse de ses droits, revendiqua celui-là; et il s résulta un débat dans lequel le pape fut eboisi pour arbitn Benoît XIV décida (1751) que ce siège serait divisé en deux. Taj àUdiue, l'autre à Aquilée. Venise se trouva losëe par cette sM tence: elle congédia les nonces et menaça Anôîne; lesra s'interposèrent en vain ; mais le Vénitien Kezzonlco ayant él élu pape, l'affaire fut apaisée silencieusement.

Il en était toutefois resté quelque ressentiment qui poussa lai publique à se lancer aussi dans les mesures à la mode. Ainsi soumit tous les religieux à l'ordinaire , ce qui atteignait eialement les jésuites, que l'on accusait d'indépendance; dj fixa le maximum du nombre des moines pour chaque couveil abolit tous ceux qui se trouvaient insuffisants pour en loger doua végla leur discipline; défendit les relations avec des chefis étrn gers , et l'envoi de sommes d'argent à Romç. Venise futensuJ la première puissance catholique qui soumit à l'impôt lesbiai eocléstastiques sans licence de Rome; elle repoussa la bulle 1 cœna Domini, et enleva au pape la collation des canonicatsi des bénéfices ayant charge d'âmes , excepté celle des éfèàé Elle défendit que personne prit l'habit ecclésiastique avant vint et un ans, et prononçât des vœux avant vingt-cinq; qu'a"

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boite fAt obfigatxnrd sans l'approbation de la aeigneuriet et aiMune «fepense Talable si elle n'étail donnée par le pa-

Ifaples, dont la dépendance enTers le saint^siége était plus feunédlate , se trouvait à portéeM'en étudier les droits avec plus le détail ; c'est pourquoi le droit canonique y fut rédulten corps le doctrine régulier. Nicolas Capasso et Gaétan Argent! s'é- Mert jadis prononcés hautement en faveur de la prérogative Nvile. Pierre Giannone avait écrit, au milieu des occupations h barreau , une Histoire civile du royaume de Naples (1 724). IPcùât déjà un progrès, non pas seulement de s'apercevoir^ Nb de professer que l'histoire ne consiste pas seulement dans kl faits. Il vit en outre la relation qui existe entre les fiiits et kjmpradence, et il flt marcher et se développer de fronts tMHse éléments de la civilisation nouvelle , le droit impérial « teMt canonique , le droit féodal et le droit municipal. Mais hi connaissances complètes lui manquaient, et Tart plus eur Me; il fit donc de tout cela un ouvrage pesant, indigeste, avec bneoupd^erreors chronologlquesetdes omissions importantes. lae compulsa pas des monuments inédits , tandis qu'il mettait iifnnent à contribution les pensées et même les expressions hilnii. Asservi à la lettre comme un.légîste, aussi d^aigoeuiL ^ peuple qu'humble vassal des rois, il craignait que la presse ne li^^a^iAt « au génie par l'érudition, à l'éducation par la multi- Nté des livres, au règne des idées fécondes par la propagaticm Ifi mauvaises publications *• » Toujours attentif à la querelle ksdet» puissances, p6ur élever celle du prince au détriment hpeavohrecetésiastique, non-seulement il pécha par excède fiitialHé, mais même il se permit d'inconvenantes facéties intie l'Église et sa dltslpline.

Charles III de îlaples , voulant faire tourner à l'éclat et à la JKlMsae du royaume les revenus exorbitants des ecclésiastiques, (^adressa au pape pour être autorisé à diminuer le nombre des prtoes, à conférer les évécbés et les bénéfices, à prohiber les l^ aux établissements de mainmorte. 11 demandait en outre le

' HUfoire civile , VIII , p. 272.

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droit de proposer «n cardinal , et de doimer Texclittioa daail conclave. Enfin on transigea, et il fut convenu que le roi li veraitun impôt sur les biens ecclésiastiques s pour former II comnianderies des ordres de Saint-Cbarles et de SainManvia et qu'il y aurait à I<îaples uiAribunal mixte pour les litigt entre ecclésiastiques et laïques.

Le marquis Tanucci , ministre du roi Charles III et de sa successeur, était l'ami de la monarchie plutôt que celait pays : plein de zèle pour la toute-puissance royale, inébraiM dans ses projets, quels qu'ils fussent, despotique au pointa ne tenir aucun compte de l'histoire ni du caractère natiooaltl chercha cependant à opérer des améliorations. Les noblesJi rent attirés à la cour, et en réalité se trouvèrent privés du poi voir. Il fut ordonné aux juges de ne statuer que sur un fflli de loi précis, et de £ûre imprimer les motifs de leurs déciâM Oalanti, qui reçut la mission de visiter le royaume, ae dii mula pas les maux du pays dans la belle Descriptioh qu'il é donna *.

Plusieurs francs-maçons ayant été arrêtés ( 1751 ), TanuMÎ au lieu de les trouver coupables , fit mettre en aocusatioD dd Janvier Pallanti , président du tribunal qui les avait &it saiai Il abolit les dknes ecdésiaatiques, défendit les aequisitions iioa velles aux établissements de mainmorte, ainsi que le reoousj Rome, et restreignit la juridiction ecclésiastique et le Domba des prêtres à dix, puis à cinq, par mille habitants. Il dédanq* les bulles , tant anciennes que nouvelles , n'auraient de valrt qu'avec l'assentiment royal ; définit le mariage un contrat doiii éleva les évêques au détriment de Rome, et les soumit ea toil au roi. Il déclara la guerre aux jésuites , qu'il fit tnmqiorMf tout à coup sur le territoire de l'Égliia^ au nombre de qoattf

Quatre pour cent. On calcula qu'il devait rapporter un milioil ducats.

' Il trouva dans le flefde Saint-Janvier de Palma, à qoînxe Naples, que les serviteurs du baron liabitalent seuls dans les tandis que deux mitle bourgeois n'avaient pour abris que des el des buttes.

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dit-oii. Il fit assigner une pension « au flls de rhomme b^ grand, le plus utile que le royaume eût produit dans m Béeket le plus injustement persécuté, » c'est-à<dire Gian-

Lonqoe k nonciature venait à vaquer, les princes catholiques fnraleat présenter trois candidats , sur lesquels le pape cboi- Qéinent XIII voulut (1759) restreindre oettefaculté aux. de premier ordre; mais riaples, ne se trouvant pas INiprisedans le nombre, déclara qu*elle n'admettrait plus l^ooiioes que des prélats qui lui agréeraient. Le gouvemeiMnapoKtain, s^étant ainsi brouillé avec la cour de Aome« finit à chicaner sur les bulles et sur les brefs, et à en entra- Mrk poblication. Il enleva au sain^siége la dépouille des évé* tÉet le revenu des sièges vacants, dont il fit des aumônes. Les ihnet rétributions perçues par la cbanoellerie romaine furent mnsées, de même que le patronage exercé par le pape, ^i^fois qu'un fief ou un fonds quelconque était annexé à un ^Mee. La nomination aux cent évéchés de Sicile fut attribuée ^trôie, le tribunal de l'inquisition aboli dans Hle; et un Nqoe pour les Grecs unis y fut installé , sans en donner avis ^yootife. Les moines mendiants furent réduits de seize mille |te mille huit cents; en fit accorder par les évéques lesdispMKpoor les mariages ; enfin on supprima le tribunal de la iMiatore.

fil Sicile était considérée comme un ancien fief de l'Église. N pour eda que chaque année, la veille de Saint- Pierre, en pis d'usé convention de 1479, entre Sixte YI et Ferdinand pRigaa, on offrait en présent, au pontife, une haquenée et iM dœats. Une difficulté bizarre s'était même élevée , lors ^h guerre de la succeHlon d'Espagne, au commencement du

* GianooM, écrivain napolitain , auteur de V Histoire civile du Hfvme deNaples. Très liostile à rÉgltse, et en butte à ses poursuites, ^^ plusfeors fois par le peuple de Naples , il alla chercher un asile ^Icwe, où il fut protégé par le prince Eiigèae ; puis à Venise» d^où H ^apalié. Il Técut errant de ville en ville, et fut renfermé dans la ci- ''die de Furai » où II mourut après une captivité de douze ans,

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