AU DIX-HOITIÈIIB SIECLE
Mvtésiastkfoes, abolit les a^^Hcs, les ermites, la mendielté, deux
I nHlecinq cents confréries et beaucoup de moines, entre autre9>
Jd baraabîtes , qui se vouaient à Téducation ' . 11 décida que.
In cures seraient données au concours. Il rendit les profes»
iIbds religieuses beaucoup plus difficiles; ordonna de préctiep
;«ain les titillations, les pèlerinages ^ et toutes les dévotions
loo apiirourées par le gouvernement. Les tribunaux épiscopaux
cirait foreés de se restreindre aux causes ecclésiastiques, et
^«tona dW plaider eo langue vulgaire; plus de prooessiens,
pfeseeption de celle du saint sacrement ; les images pieuses
]kRflt être continuellement décourertes ; enfin le tribunal de la
ilMdatiire fut aboli *
UapiAé avait pour conseil en ces matièm Seipion Ricd ^ M|M de Ristoie , qui déeouvritet coirigea de graves désordres Ici mouaslères de son diocèse ; mais , confondant avec la certaines pratiques au moins innocentes, il défendit ^tCkmin de la croix, le Micré CœvTy etc. ,etrépandit les livres iBQuesnel et des autres jansénistes, qui suscitèrent des ques* ignorée^ jusque-là en Italie. Poussé par ce prélat , le od-duc publia deux instructions pastorale^, où il ordonna léonir le ctei^é en synode au moins tous les deux ans', pour de cinquante-sept objets qui y étaient indiqués, tels que poser de meilleurs livres de prières, des bréviaires et des ; examiner s*il convenait dVmployer Titalien dans Padmtion des sacrements; restituer aux évéques Tautorité par la cour de Rome; donner au clergé un enseignet uniforme, pour que tous se conformassent à la doctrine de t Augustin sur la grâce; porter Texamen sur les reliques Ifti images miraculeuses, en écartant celles qui seraient les os authentiques; supprimer les chapelles particulières et les ftes superflues.
I Conformément h retordre, Seipion Ricci convoqua un con- Mie à Pistoie. Voici les décisions qui furent prises dans les sept
' H y avait en Toscane (1784) 7,9ô7 prêtres séculiers, 2,581 clercs bIMeârs, l,43a prêtres réguliers , 2,637 moines répartis en 213 coU'* *eils, 7,5/0 religieuses en 138 cloître».
99 l'itaub
séances et ce concile : « Les évéques sont les vicaixcsda Chris et non du pape ; ils tiennent immédiatement du Christ lev pouvoirs pour le gouYcrnement de leur diocèse, et ces poiiToi ne sauraient être altérés ou entravés; les prêtres eux-mêmesd( fent avoir voix délibérative dans les synodes diocésains, c comme Tévêque, décider en matière de foi. ■ L^ concile a réta en outre ce qui suit : « U n'y aura dans les églises qu*i seul autel; la liturgie sera en langue vulgaire et à voix ha«K il n'y aura point de tableaux 'représentant la sainte TrinM ni dlmages plus vénérées les unes que les autres; les limU des enfants sont une fiaible; TÉglise ne peut introduire d| dogmes nouveaux , et ses décrets ne sont infaillibles qu'astiv qu'ils sont conformes à la sainte Écriture; l'indulgenee pool ficale n'absout que des pénitences ecclésiastiques ; TexiiMl d'un trésor surérogatoire des mérites de Jésus-Clirist, pni table aux défunts, est une invention des scolastiques; la^ serve des cas de conscience, et le serment des évéques anl leur consécration, doivent être abolis. L'excommunieatioD i! qu'un effet extérieur; les princes peuvent établir des empédM ments dirimants au mariage. »
Plus de deux cents prêtres adhérèrent à cette doctrine, qà disait-on, était celle de saint Augustin sur la grâce; ils aoofl| tèrent les quatre propositions de l'Église gallicane et les doai articles du cardinal de Noaiiles; approuvèrent les réfoni introduites par le grand-duc et par l'évêque Ricci ; et l'on crivit l'adoption du catéchisme que venait de publier Ant de Montazet, archevêque de Lyon '. Les uns s'effrayaient
* Voy. VHisloire de rassemblée des archevêques et évéques Toscane, tenue à Florence en 1787; Florence, 1788. — Questitmi^ clésiastiques transmises par Son Altesse Royale à tous tes archi et évéques de ta Toscane, suivies de leurs réponses respectives; reace, I7S8. ^ Sur le frontispice on voit une gravure arec fignrfs boliques, et au-dessous se trouve un petit génie qui tient oun livre sur lequel est écrit Encyclopédie, Ricci y souUent la prii jansénistes, et présente comme modèle le synode janséniste d'Utrecbl i7ft3,exbor(ant les évéques toscans à limiter, et prémuDissuit ' curés contre les intrigues de Rome.
AV DIX^HUITliUE SIÈCLE. 33
loir rilaiie envahie par Calvin ; les autres se réJoirissaieDt de ce f» roDtrecuidaDoe papale se trouvait enfin réprimée.
Léopoid avait hâte que son encyclique fût approuvée par tous hiéréques; et comme plusieurs prélats s'y refusaient isolé» il songea à réunir un synode ; mais il le fit précéder d'une Qee,dans le palais Fini, entre trois archevêques et quinze Mqoes, afln de préparer un coneile national. La plupart des Hlûtaots adhérèrent au synode de Plstoie ; mais quelques-uns Bootrèrent opposants, soutenus par le méoooteatenieot du peuple et de tous ceux qu'on traitait alors de iana- ; en sorte que Léopoid ne tarda pas à s'apercevoir qu'un lai ferait perdre sa cause.
j^Cepeadant Riod continuait à marcher dans la même voie : il itdire les psaumes en italien ; changeait quelques mots dans Maria; enlevait des églises les ornements précieux, les d les souvenirs d'indulgences. Mais lorsqu'il voulut faire l'autel où les habitants de Prato vénèrent la ceinture h Vierge, le peuple se souleva en tumulte, et envahit l'église armée , en chantant et en sonnant de la nianière dé* se par Ricci. Il brûla le trône et les armoiries épiscopales, i que les livres qui contenaient les innovations ; ensevelit ieCtres pastoralea dans la terre d'où il exhumait les reliques, mit à faire des processions, à chanter des litanies, à vêles images , pour narguer les ordres de Ricci. Bientôt , de nombreux écrits révélèrent des erreurs grossières de it; la résistance se répandit même dans les chapitres des cathédrales; de telle sorte que les réformes furent sup* , et que lui-même, réduit à s'enfuir, se démit de son
Vl fit examiner les actes du synode de Pistoie ; puis il ma, par la bulle Auctoremfidei, cinq de ses propositions hérétiques, et soixaote-dix autres comme schismaerronées, scandaleuses, calomniatrices. Ricci dénonça gmivemenient cette condamnation comme injuste; mais se trouva bouleversée par l'invasion. Ricci, comme *tisan des Français, fut en butte à toutes sortes de haines, lii finit enfin par reconnaître ses erreurs.
84 L*ITA11E AU DIX-ffUinËME 8IGCLB.
' Frairçoîs Beccatini, qiri a écrit une f^ie de Pie f'I avec ! |)!ume d*un panégyriste, dit pourtant (o. m) que TÉtatpoil lificat était le plus mal administré qu'il y tùl alors, à TexcepâÉ de la Turquie. Toute exportation de grains y était défendMJ et tout commerce y était entravé; l'administration des su! lances avait le droit d'acheter ce dont elle avait besoin, et de pay^tr au prix quelle fixait elle-même-, elle enricliissaitea <fui lui plaidait , en accordant des permissions de sortie pour denrées. Plus d'un cinquième des terres sur les plages fi de rAdriatique restaient improductives, à tel point que propriétaires voisins étaient autorisés à les cultiver pour propre compte. Le tribunal de police était une autre source É vexations : il taxait les bestiaux à son gré, et accaparait tetfi l'huile du pays, qu'il revendait ensuite au prix le plus ëm\% n'y avait pdint de manufactures; Tîntroduction des objtlslk fabrique étrangère était très- coûteuse, et, par suite, la coi bande très-aclive; les revenus fonciers étaient affermés 400,000 écus , tandis qu'ils auraient pu facilement rendre' double. Dans les onze années que régna Clément Xllf , on registra douze mille meurtres, dont quatre mille eurent dans la capitale seule.
Pie VI songea à apporter quelques remèdes , mais ils inefficaces. Ce pontife, beau de sa personne, éloquent, ti tueux, se complaisait dans ces dons naturels, et se confiait nmpression qu*ils devaient produire. Déjà son préd avait élevé un monument aux beaux-arts dans le mosée mentin; Pie VI l'augmenta considérablement; il lui don outre son nom , qu'une vanité pardonnable lui faisait seul partout ; et il chargea le célèbre antiquaire Visconti d'en d les richesses. Il ajouta à Saint- Pierre la sacristie, où la ri supplée à la beauté; étendit le palais Quirinal, et aroélî port d'Ancâne et rdbba3'e de Subiaco. Il dépensa des soi énormes pour dessécher les marais Pontius , en cncai l'Amaseno et l'Ofanto, et en creusant le long canal, dit Sixte, par lequel les eaux s'écoulèrent à la mer , et laisser» sec des terrains qui se couvrirent d'une nouvelle culture.
Il est à regretter que ces travaux, dignes des anciens Roi
pour but que de créer uoe priacipauté pour ses ne* fen; il les £ivorisa à un degré dont on n'avait pas vu d*exeinple iipai& la papes du quiezième siècle. Il s^eutendait peu à la poilique des cabinets. Nous ne devons pas toutefois passer sous qu'au milieu de Vorage qui menaçait alors, quelques ioam lui suggérèrent un prrjjet digue des temps de la granpontificale : il s*agissait de réunir l'Italie en une confélioQ,soQs la suprématie de Rome; mais la ligue italique Gt de peur à rAotriche que l'invasion ennemie.
UTTERATUBE ITALIENNE.
•.Ufeuvreté vaniteuse de la littérature, dans le cours du dixsiècle, se releva , grâce à l'ennui où Ton était du genre 1; elle n*eut pourtant pas l'inspiration de recourir à la , et a la source inépuisable des sentiments : elle se reavee l'aide des trecentuti et des cinquecentisti , de Péprincipalement. Les écrivains ne lui empruntèrent pas Qt Vart , mais ses pensées , et sa pureté sans vigueur ; ta la rime, à la phrase, sans rien dire naturellement. résulta des compositions minaudières, une petite élé« maniérée, une science de parade. I^ littérature itaJienni^ «iTabiepar Teoiphase et le bouffon, deux genres détestables. finent que chants burlesques, poésies pour noces, récep* de doelcufs^ prises d*habit, des amours, des dépits, qui aaicBt jamais du cœur, mais de la tête. On débutait alors des sonnets pour les recueils, comme aujourd'hui par des dans les journaux :1ieureuxcciix à qui leurs produclioos t un diplôme académique! Quelques-uns ont l'expressioii % le tour harmonieux : leur prose a de la noblesse et de la ce, leurs vers de Iliarmonie; mais jamais on n'f de passion ni d'éloquence véritable. D'autres opposaient breebcrcbe Oastidieuse des seiceniUii une abondance facile, ^ n'était pourtant pas du naturel. Nous nous bornerons à citer y
:(« LITICBATUBE ITÀUEUNK.
parmi un nombre infini d*écrîvains , quelques-uns de een qà s*en tirêtent le moins mal.
I/e Génois Frugoni (1692-1786) vécut dans Tindigenee et id passions jusqu'au jour où il devint poëte de cour à Parme, <j secrétaire de l'Académie des beaux -arts. Il chanta tons événements de cette cour, en dirigea tous les spectacles, termina ses jours dans une agréable position. Bon cok mais sans plan, il tourne dans un cercle étroit; il manqwi correction. Poète de la bonne compagnie , il bourre de ehevil de lieux communs et d'allusions mythologiques, ses chants circonstance, pour mariages, baptêmes de cloches, docteurs qui Tennuieiit , ou en Tbonneur des riches qui Fil tenta leurs festins. Cest ainsi qu'il fut le versificateur le, fécond de ce temps où les vers pleuvaient, et le chef de i école de prétendu poètes, fabricants de sonnets et cules à la louange non seulement des princes, mais de conque possédait une maison de campagne ou donnait dîners.
Les ^ers libres des trois excellents auteurs, Frugoni J nelli et Lorenzi, méritent, à raison du bruit qu'ils firent, mention particulière ; mais on n'y trouve qu'une prose < un retour continuel d'images faciles et maniérées : ils fof des mots inutiles, en altérant les termes anciens; ils l'emphase pour de la chaleur , le boursouflé et le mîgnard la noblesse et la grâce; jamais rien de profond, d'afTc et ils gâtent par des détails puérils les sujets les plus Filigoni arrive, en contemplant le matin son plafond , à sur les causes du beau; ce dont il est ensuite distrait ptf| valet qui entre avec son chocolat. Bettînelli ■ s'occupe,
> 1! décrit platfiammeDt, dans ses Lettrés sur répigramme, une qu'il fit à Voltaire. Le philosophe de Femey , invité ensuite par nelU à venir le voir à Vérone » lui répondait : « Vous voyez bien Qe dois pas me soucier d*al 1er dans un pays où Ton séquestre aux de la ville les livres qu'un pauvre voyageur a dans son sac. Je ne rais avoir envie de demander à un dominicain la permission de do penser, de lire ; et je vous dirai francltement que ce lâche esdai de l'Italie me fait horreur. Je crois la basilique de Saiot-Pierre
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réroplion du Vésuve , des rats qui sont chassés de leur trou, f^k étrange idée l'oo avait de la poésie, quand on donnait à izi dessujets de physique pour improviser ! Fnigoni faisait caDte sonnets à la file contre Tavare Ciacco , et Casti en it cent à quelqu'un à qui il devait trois jules ; toute lémie milanaise des Trasformati déplorait en vers la mort chat de Balestreri ; une autre, celle du chien Pippo. Il y eu qui s'entendaient pour traduire en octaveg chacun un duBerthold ! On allait cependant chercher dans un rang bas encore , c'est-à-dire parmi les improvisateurs , ceux 'on couronnait au Capitole; ainsi la Corilla, surnommée mpique; ainsi Ferfetti, à qui on donna pour sujet d'épreuve tbémes sur les sciences, fécondité inépuisable excita la verve mordante de Jo» tBaretti ', de Turin (17 16* 1789), que ses éditeurs mettent au fa bons critiques et des écrivains distingués, et qui rédigea jfxmhl intitulé le Fouet littéraire y dans lequel il se mit à • ces malheureux qui s'en allaient griffonnant chaque des comédies impures, des tragédies stupides, des critiques 1, des romans biscornus, des dissertations frivoles, de la et des vers de toute famille, sans substance ni qualité. » effet, on ne voyait plus dans la littérature que Frugoniens, 9cioltai. Ceux qui écrivaient sur les sciences étaient vuU , impropres, sans couleur. L'école jésuitique sacriûait au la concision, la force, le mot propre. Personne ne pour* •Djourd'boi supporter l'harmonieuse et vaine élégance dn
;iBiis j*aime mieux on bon livre anglais, écrit librement, que cent colonnes de marbre, i»
cite parmi les plus célèbres Thérèse BandeitiDÎ ( Amaryllis étrns* iLivie Accarigi, Fortunée Fantastid, le mordant Matthieu Be- I le Napolitain Gaspard Mollo , qui improvisait en latin comme ~,ete.
Iti, poète burlesque par-dessus tout, a traduit en vers libres M) les tia«édies de Corneille et YAri d'aimer d'Ovide. 11 se fit des pliilosopbes français, disant qu'ils n^ea pouvaient îm« qu'aux femmes de chambrai a. laissé des pamphlets, des di:w N«UoD8» et un dictionnaire Italiensinglais.
■iSt. I>E CERT ANS. — T. II. f
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père Roberti , de Bassano. Rezzonico , lié avec les hommeS'k plus distingués de son temps dans sa patrie et au dehors, n'a riva lui-même qu^à une poésie imitatrice des plus mauraii incitations, et à une prose flasque et incorrecte , tout à lati phraseuse et arrogante. {
La vie du comte Àlgarotti (1712-1764) fut une suite ^ triomphes. 11 est fêté à Paris par les savants; Auguste lU^i Saxe, le charge de recueillir des tableaux pour sa galerie; déric, de Prusse, le prend pour compagnon de ses voyages et ses soupers; il est applaudi par les philosophes , mais il comme ses contemporains : ii est fardé et vide ; ses vers contournés; tout emprunt, pour lui, est de bonne pourvu qu^il vise à Teffet : du reste , rien qui vienne de jamais de vigueur ni de concision. Son Newtonianisme dames y traduit dans toutes les langues « est ridicule savants , inutile aux ignorants. Il n'est pas jusqu'aux voi qui pourtant intéressent toujours, à raison des impressions sonnelles du narrateur, où il ne trouve moyen de vous par des réflexions niaises et par un étalage de citations, an de chercher à faire connaître à ses compatriotes les intérêts, idées v les mœurs , les progrès des peuples , afln de les d'émulation. Partout, en un mot, on mettait du rouge et mouches \ la phrase; partout l'apprêt, au lieu de Tinspii
11 en étût ainsi de l'éloquence de la chaire, ampli laborieuse qui laisse le cœur froid , l'esprit sans conviction volonté indifférente. On ne trouve chez ces orateurs que des mots , des discx)urs, des déclamïilioDS. Ils n'ont cette tristesse évangélique qui est le fond de cette éloqnei ni ce style nourri des saintes Écritures , qui mettent la divine à la portée du peuple avec une dignité paisible etfuri Uère.
Quel champ Baretti avait devant lui, s'il n'eût trop songi i la forme ; s'ileût compris le mérite ^e la hardiesse et de la âa cérité dans Tart; si à l'intention sage il eût associé des senti ments élevés , des vues larges , et les inspirations du patriotisaiè Mais combien il sait peu ! comme il dédaigne ce qu'il ne cooi prend pas ! comme il s'arrête toujours à la forme, lui qui »
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fDît lies, dans le livre Des délits et des peines, « qu*uae mauefaoïe écrite daos un style bâtard ! » comme il abuse sans t de la raillerie! comme U 8*aSandonne à des pashaineuses contre tout ce qui lui est supérieur ! C'est là ce Peatralna à des grossièretés ignobles, à exalter ce qu'il y lit de plus médiocre , et à faire une guerre si acharnée à !oni. PSQ d'hommes furent doués plus richement par la nature eetavocat vénitien ; mais Goldoni (1 707-1 793) ne cultiva pas qualités précieuses , et sa patrie flt tort à son talent. 11 n*y Ipas permis de se mêler de politique; il eût suffi, pour on auteur, d'un noble qui se crût offensé. D'autre côté, Ibéitre était livré à des entrepreneurs, qui ne visaient qu'à atla fonle en flattant son goût ; il n'y avait aucune relation , sympathie entre les gens de lettres et le peuple. Les gens lettres faisaient des comédies d'après les règles d'un art eonventionnet , que personne ne lisait , et qui endorà la représentation. Le peuple avait pour pourvoyeurs gens du métier, qui ébauchaient des canevas de comédies (jet, dont les acteurs improvisaient eux-mêmes le dialogue, mettant en scène des masques , sortes de types génériques revenaient dans toutes les intrigues, acteurs étaient des tailleurs , des cordonniers , des tisse- , qui, le soir, se changeaient en Ninus et en Arbacès. arlequins devinrent célèbres. Un ouvrier en soie , le Napo- D Garlone , inventeur des masques de Polichinelle et du Fastidio , composa une multitude de canevas pour ces improvisées, pleines de facéties, de verve, de traits iqaes, de 'bouffonneries et d'allusions transparentes, et Amt les actes se prolongeaient indéfiniment, avec changement i nie et carnage général. Il fil longtemps la passion des Na- Nitains, qui voyaient dans ces représentations leur propre ^. Mais ce fut an grand détriment de l'auteur^ qui aurait pu, ^H eût compris sa vocation, s'élever à quelque chose de mieux. Goldoni s'abandonna à ces nécessités locales avec Tinsou- Eiaoce qui était dans sa naturç. H ne possède pas une grande nriété ; il n'a pas Part de tracer fortement les caractères ; il
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peint moins la vie que la société , qui adoucit tout ce qu*i] a dans l'homme de rude et de caractéristique. Celui qui borne à représenter Tindividu social en est réduit à la hVa des hommes , à la coquetterie des femmes, à la lutte de vanil frivoles. En effet, Goldoni retrace des mœurs toujours banal( des passions superficielles , des hommes, misérables fanfara d'honnêteté , des femmes sans délicatesse , des physionomi dépourvues de relief , et en même temps de ce caractère a versel qui donne seul aux œuvres de Part une valeur réelle durable.
Mais personne ne manie mieux que lui la scène et le dialogv personne n'Indique mieux dans les caractères, quoique lessia soient toujours prosaïques , ce mélange qui se rencontre da» i société, sans recourir à des exagérations romanesques. Ois trouve nulle part cette abondance familière de style. Si Bourru bienfaisant fait juger ce qu'il eût été s'il fût né Fin çais. Si le hasard l'eût placé parmi ces Siennois et ces Flora tins qu'il appelait des texte$ vivants • quels progrès n'eAtpas fait faire à la langue italienne, cette langue qui duttai sous ce rapport à Fagiuoli , lequel n'a pourtant d'autre aM que la diction ?
Abreuvé de persécutions et de dégoûts dans sa patrie, ooma il arrive toujours , Goldoni la quitta pour la France. Biais , < racontant les succès qui le consolaient sur la terre étraogèrt il s'écriait : // me semblait me trouver dans ma patrie.
Les autres parties de l'art dramatique n'étaient pas pin brillantes; ce qui faisait dire à Voltaire : « En Italie, les beau théâtres; en France, les bonnes pièces. » Pierre Trapassi(l<* 1783) s'en allait improvisant de coté et d'autfe dans Room où il était né, lorsque le juriconsulte Gravina, qui l'enteadit s'éprit de son talent , lui fit prendre le nom de Métastase, et Ji légua en mourant une partie de sa fortune. Le jeune poète 0 eut bientôt vu la fin; et quand il fallut travailler, il se mit i composer des drames. Marianna Bulgarelli ( la Romanim)) cantatrice d'une grande réputation , attribuant ses succès à II beauté des vers de Métastase , entreprit , en se l'attachaot P* les liens du cœur, de diriger son génie poétique.
LITTÉBATUBB irALIENlIB. 41
Appdé â Vienne comme poëte impérial , avec son amie , il le protégé de Marie-Thérèse. Tous les souverains le I traitèrent en favori , et lui firent à Fenvi des présents. C'était ï i qai obtiendrait de lui cet encens , ces louanges banales aux- L foelles la vanité donne la valeur de jugements. Les femmes, qui ' Favaient protégé vivant , ont longtemps soutenu sa réputation; et le suffrage de la moitié du genre humain compte assurément pour quelque chose. La douceur de son style, qui est son l grand mérite , lui fit pardonner Jusqu'à ses incorrections gram-
tnaticales, sa molle afféterie, et le tort qu'il eut d'aborder toujsns des sujets élevés , qui se prêtent mal à la phraséologie galante de l'opéra. 11 ne fbut pas voir un auteur tragique dans ce poète h la mode, dont les fades douceurs ont charmé et É ritalie. Il doubla et tripla l'intrigue, multiplia les repar toutes sortes de petits moyens; il abusa des a pÊTte et des monologues qui servent au développement des .• fÊÊÛans. Mais ces passions , au lieu de les peindre , il les ébau- . cbe, se bornant à des traits vagues , sans caractère d'époque ni ( et paya.
$ Alfieri pèebe par des défauts tout contraires : avant lui ,
> UafTei «rait montré l'intelligence de l'antiquité dans sa pièce de Mérapcy dont le plan est simple et l'intérêt toujours croissant, «t qui fut la première tragédie italienne de quelque mérite ; Mdsranlcar, livré à la fois à toutes sortes d'études, n'y apporta pas oette perfection de formes qui perpétue les ouvrages.
Alfieri , d'Asti (1749-1803), aristocrate épris de la liberté \ Irlle qa*on la prêchait alors , c'est-à-dire la liberté abstraite ,
> É'aTait lu que les écrivains français. Il les traite cependant de
fort haot; il fait fi de Rousseau , bien qu'il l'imite et le copie.
H méprise ses prédécesseurs; il méprise l'Italie ; il méprise les
phUosophes et les incrédule» , non moins que les dévots et les
isDorants; il méprise la noblesse, dont il sort, et la plèbe,
qu'il déteste ; enfin , il méprise le monde entier. Chez lui toute
jassion se convertit en rage, rage d'étude, rage de Uberté , rage
d'amour. Mais il mit dans ses dédains et ses colères une énergie
qui contrastait tant avec la mollesse louangeuse de son temps ,
qu'elle parut de l'originalité. Il voyait le public se pâmer à la
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douceur de Métastase : il se fît rude et mordant ; il reeounit i toutes sortes d'ellipses, supprima Tartide, dépouilla la langue de tout charme, le vers de toute harmonie.
il se piqua cependant bien plus de se renfermer dans la règles les plus strictes du genre, qu'à faire de la tragédie II re|>résentation d'une époque ou l'analyse d'une passion ; aufli la critique de ses contemporains et la sienne touchant ses propres ouvrages ne va-t-elle pas au delà de l'art Une fois le bol fixé, il y marche tout droit , sans cueillir une fleur sur sa route '; il rejette tous les développements, tous les accessoires de la tu* gédie française^ mais sans rien y substituer, ni la sublime ia* génuité de la tragédie grecque, ni l'éclat lyrique qui est l'on de ses caractères.
Mais que le monde qu'il peint est horrible! toujours des» tastrophes effrayantes , des tyrans qui n'ont pas leurs parafe dans les enfers, des scélérats qui se donnent pour ce qu'ils sobL
Pourtant sachons gré à AlÛeri de s'être perpétuellemeot oe*^ cupé de l'Italie , d'avoir maintenu du moins son nom vifaat, quand tout le reste avait péri , et fait servir la tragédie à réveilicc des sentiments magnanimes. Mais , contempteur de son sièele, il emprunta tout au passé, et attira les haines, qui jamais va sont fécondes, sans comprendre les progrès, les besoins delas(K dété moderne. Il fait détester la servitude sans faire aimer It liberté ; il détruit tout sentiment, à part l'horreur pour les tf^ rans. C'est ainsi qu'il donna à l'Italie un théâtre nouveau, roaii non pas national.
Il essaya plusieurs comédies politiques, qu'il intitula : riln,les Peu, tes Trop y l Antidate, et où le comique consistée montrer les héros sous leur côté prosaïque. Dans la Tyrannie, exagération des exagérations de Rousseau , il soutient la liberté primitive, fait la guerre aux arts et à l'industrie; les peoplei
* « Ma manière dans cet art (et souvent ma nature l'exige Impérieosement malgré moi) consiste à marcher toujours à grands pas , antait que je le puis , vers le dénoûment. Aussi tout ce qui n'est pas très-néceisaire, lors même qn^il en pourrait résulter on très-grand effet , Je a» saurais absolument l'admettre. » ( Vie, )
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évélieDS sont , sdon lui , plus esdaves que les Orientaux ; et , |08r noir raison du despote , il eonseille à tout le monde de l'entendre pour ne pas obéir : comme si, lorsque tout le monde ot d'aeeord , la tyrannie restait possible *. Dans ie Priiite et les pUres, il vent montrer que la protection est funeste à celles-ci, iliieqiiela&Tear royale Casse éclore des talents autour d'elle, ps nomlMeoses poésies abondent en traits mordants contre bcom. Dans VÈtrurie, il glorifie Lorenzino de Médicis; il l^ttebe dans ses satires son orgueil misanthropique ; et il attire hqouiib, parce qu'il a ce qui manque à ses contemporains, la flMion. Quand vint la Révoiution, il ne la comprit pas : comte, Ifai bientdt dégoûté de la domination des avocats ; il injuria ■iFia&cais; et il crut si bien qu'il s'agissait d'un orage passa* liTi qu'il dédia à la postérité plusieurs de ses tragédies , et Imh, an débat de cet immense mouvement, une édition de Miamages sons une date plus éloignée; tant il était loin de Hdomer qu'il pût en résulter pour lui aucune leçon ! ! L'abbé Melcfaior Cesarotti (1730-1808) introduisit le goût
Eais dans les cercles vénitiens, qui, de même que ceux de \, s'arrangeaient fort d'une instruction facile ; il se fit chef ^ fc en imitant. Esprit cultivé , possédant plusieurs langues , t d'agréables rapports d'académie , et jugea avec goât ses porains ; mais , insensible aux beautés naïves et à la vi* de la littérature grecque, il traduisit Démosthène en lant ao goût du siècle , en le gûtant même par cette
fcJtion pédantesqne, qu*il faisait pourtant profession de dé- . n traduisit Homère dans le même goût ; il voulut même lire, dans sa Mort cTHeetor, où il réduit le grand poète te proportions que voudraient lui Imposer les écoles , le tout PBnmpagné de critiques aussi frivoles que celles de la Motiie , f* qai proviennent de l'esprit le moins philosophique ; c'est à« !bv que , ne concevant dans la civilisation que le raffinement, pcn sopprima les hardiesses : il fait les dieux plus dignes , les
I ' AMeri avait déjà prèle cette idée an boniron de Philippe H , quand MlMioi : Quêferaii Ta Mafesiép si quand iu dis (M Umi h
^nde disait ^'on ?
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hommes plus raisonnables ; substitue la politesse à réloqueoc l'étiquette à Timagination, et revêt le colosse do justaocoifs de la perruque de son temps.
CesatDtti réussit mieux avec Ossian : là il put se donner a rière tout à son aise, et embellir à sa manière les nuageuses di criptions du poète que les contemporains abusés mettaient a dessus d'Homère et d'Isaîe. Cesarotti se complatt à oompH le barde calédonien et le chantre d'Achille ; il donne presf toujours la palme au premier. Les étrangers eux-mêmes anNM qu'Ossian vaut beaucoup mieux dans la version italienne f dans le texte apocryphe de Macpherson. L'Italie en raffoit;^ ses muses, tournant le dos à l'Olympe, à l'Hymen et aux Grka ne chantèrent plus que le brouillard, les ombres, les sapinSri les harpes agitées par le vent * •
La langue était peu et mal étudiée : la Grosca s'endoiBaif quelques pédants continuaient le frivole et facile travail de W leter les auteurs classiques pour s'enrichir. Alberti de Viilaaoi conçut la pensée d'un nouveau dictionnaire, et réassit ma mal que l'Académie, parce qu'il fut seul à s'en occuper. L'esp de système , qui prétendait d'un côté que la pureté consiste éi les termes académiques, et qui de l'autre refusait au dialeenl plus riche le titre de langue nationale , conduisit à classer i écrivains en pédants, comme Corticelli, Vanetti , Branda, ni diera ; et en libertinî, tels que la plupart des Lombards, I traducteurs et les écrivains scientifiques, qui s'en allaient^ pétant : Des choses, des choses ! comme si les choses pouvait se dire sans les mots, ou les pensées s'exprimer sans le langag
Napione, homme érudit s'il en fut, détourna, dansT^M) et les qualités de la langue italienne, ses compatriotes les Fi montais d'écrire en latin et en français ; et il traça des règk qui parurent relâchées à Gesari, rigoureuses à Cesarotti. Ce <ta nier voulut réduire en théorie sa pratique particulière, dans sa Essai sur la philosophie des langues, II applique à l'italien If
' Le chef-d'œuvre de roMianisme fat la Naissance du Christ, f« Merin Gaudenzi , qoi fut portée aux nues , et donnée oomoie voM aux jeunes écrivains.
LITTÉRATDBB ITAUBTVHB. 46
kManén président de Brosses; il s'élère aa-dessos de la ^ledes grammairiens, p<mr considérer le langage dans ses npports avec la science générale. En réponse à eeui qui croient ntafien mort, fl veut qu'on le rajeunisse, en admettant des exfftnoDs et des formes étrangères; puis, afin d'éviter Fabus |deriDDoration, il veut qu'elle soit réglée par une assemblée lAmimes instruits ; conseil assez scabreux et remède peu ef- *
[ Les éerivaîns italiens restaient sans contact avec le peuple :
lia meilleure des démonstrations manquait-elle à leurs sys-
à savoir, Fapplication et la pratique ; ils agitaient des
i« os ou touchaient à des sentiments que le peuple ne res^
M pas, qui même ne sont point les siens; de telle sorte fK, n'ayant plus le peuple pour guide , ils extravaguaient, ou fc<aicot se traîner sur les traces des étrangers. De là cette Moence française si générale dans la seconde moitié du siècle ,et qui se révélait, soit chez Métastase', qui empruntait idées et des plans à Racine, soit chez les oontroversistes , de Kaples surtout, qui empruntaient leurs arguments aux des libertés gallicanes ; soit chez les économistes , qui ient et appliquaient les théories étrangères. Édifices , ta- , drames, satires, romans, tout atteste en Italie une fascontrefaçon française. C'était de la France que ve« les modes, quelque peu appropriées qu'elles fussent aux ! on jouait à Venise la comédie française; un journal paraissait à Bologne en 1761 . Parini se raillait des not qui ne trouvaient de mérite qu'à ce qui venait de la , soit qu'il s'agit du tailleur, ou d'une thèse philosopha- • Maffei mit en comédie , dans son Raguet, ceux qui larit de français l'idiome national ; Chiari ne cessait de se (l^dre de ceux qui, nés à Milan, pensaient en français, qui ^blaient croire quHl ne s'imprimait rien de mauvais en ^ffonce; de ce que les dames ignoraient la langue toscane f^ bégayer le français; et il ajoutait : « Nous avons pris les "^ts, le langage, les vices des étrangers, sans pour cela défiQiller DOS innombrables préjugés. »
Parmi ceux qui échappèrent à cette manie, il faut citer
46 LITTBSATURE ITALIENNE.
Passeroni y de r^iee (J718-f803), qui rima àescapiioU et da tables en profusion. H fit une ^ie de Cicéron ea cent et u ohante, où il profite des moindres circonstances pour se jeta dans des digressions. Son langage est correct ■, et il a un air à bonhomie qui le fait aimer, quoique son abondance dégôÀ en une flasque verbosité.
Gaspard Gozzi (1713-1786), d'une grande Emilie Tév tienne*, fit un grand nombre de traductions d'un mérite trèt inégal. Ses Discours vont de pair avec ce que l'éloquence ili< lienne a de mieux. Son Observateur est une série d'articles rt et légers qui chatouillent l'oreille, mais qui laissent un videpéi^ nible dans l'esprit. On lui a reproché d'être trop Vénitien; ^ chercherait pourtant en vain dans ses anecdotes la peinture àl derniers temps de la république; on n'y trouve que dfihi»^ toriettes, des friponneries traditionnelles et sans couleur. TA est le caractère de ses autres ouvrages, en très-grand moeùm, L'Académie des Granelleschi , instituée par Gozzi el par SH frère sous les auspices d'un prêtre imbédle, avec des nonis^ des symboles en rapport avec l'obscurité de son titre, se propH sait d'épurer le goût à l'aide de railleries grossières , en iùsa^ une guerre acharnée à Chiari, à Goldoni, aux vers inartéiieiis,l l'afféterie française ; elle contribua, tant bien que mal, à ravii^ l'amour de l'idiome toscan et l'esprit national. |
D'autres écrivains se démenaient aussi pour se tirer de r<ii| nière ; mais ils ne croyaient y parvenir qu'en suivant les traoi d'autrui. Jean Fantoni (1741-1817 ), dont le nom arcadiqueéi^ Labindo,sefit horatien jusque dans le mètre et dans les j^raseil il y mêla force eoneeiti, avec des couleurs ossianiques. U Ml pour Auguste et pour Mécène d'abord le marquis de Blalaspiaij race de héros f terreur des bêles féroces, pois tons les gM
■ Parini se déclarait redevable à Passeponi , pour Tavoir détoaroéA marqueter ses vers de phrases vieillies , et l'avoir amené à laûser 0 vulgaire les expressions proverbiales employées par les anciens éeri< vains toscans.
* (Test ce qui lui faisait dire : « Enfants, ne faites jamais de vent Vous perdriez la santé avec le jugement , vous fàtigueriei le jour; jamais vous ne seriei tranqoiUes. »
LITTfiRÀTCRK ITALIENNE. 47
mix, les amiraux de son temps. Horace ayant proféré des iâipncatioDs contre les premiers navigateurs , il maudit aussi ;<RB qui tentaient Vinvioiable royaume de la foudre. Cependant, da fond de la Lunîgiane, il porta ses regards sur ce maume, et adressa ses vers aux amiraux anglais Rodney, .Tcroon , Eiliot , lequel « brave la mort sur la borne hercune; • puis encore à Washington, « protégeant la liberté nie de r Amérique contre la colère de la mère patrie, » sentit que les malheurs de Tltalie venaient du relâchement ses mœurs et de son insouciance, et s'engagea, si « touragan guerres transalpines descendait menaçant des frontières Il Savoie, à défendre, nouvel Alcée, la tremblante liberté Mre les tyrans. » 11 adressa ses dernières odes à ceux « dont kwm et les mains sont restés purs dans les dix dernières années èiilix-buitième siècle. »
Le Parmesan Angelo Mazza (1741-1817), au contraire, s'insdes écrivains anglais : comme Fantoni , il vise à se rapprodes poètes modernes. Il fuit la négligence de Frugoni et le isme affecté; mais, faisant étalage de savoir, se créant difficultés et se drapant dans de pompeuses périphrases, il t à une certaine élévation voisine de Tobscurité. Une méiiie fut frappée en son honneur avec le titre à^Hotnére vivant , Ton n*a pas craint tout récemment de le comparer à Dante. Joseph Parmi, de Milan (1729-1799), dégoOtéde l'élégance odiere, de Fabondance insipide, de la facilité prodigue tes contemporains, se fit plus digne, plus sobre et plus fier : ca quoi il dépassa la mesure, car il prend parfois le contourné le gracieux , le singulier pour le sublime, et habille de latines et de périphrases des sentiments de Tordre le plus com- [lua. l\ voulait arracher la poésie aux futilités, pour la mettre fii service de la civilisation , pour en faire l'expression de la |Méié et des besoins du temps. 11 se proposa , dans chacune ' A ses odes , un but élevé et social >. Ce but esf clairement in-
' Dans on écrit de M. Cantu sur le dix-huitième siècle , imprimé en ' l<23et réimprimé plusieurs fols, Psrini est considéré comme un poète «n^ (t dvflisateor.
48 L*ITALIÏ AU COMMBIfCBHKNT
diqué dans son poëme du Jour, où il peint satiriquemoi surtout la vie des jeunes seigneurs italiens , et prêche Tégalil naturelle des hommes, le respect dû aux inférieurs, aux arti sans. Il le composa en vers libres ; mais il n^étaît pas de ces ov vriers médiocres qui laissent Fart au point où ils font troutf Quand Baretti les lut , il dit que son antipathie pour ce mètn était vaincue ; et Frugoni 8*éeria : Je croyais être passé maUn en fait de vers libres^ et je nC aperçois que je ne suis /w même un écolier. (Test qu'ils ne s'apercevaient pas que Ton n'éi lève pas un sujet médiocre avec des mots pompeux , et que forme n'agrandit qu'un sujet déjà grand par lui-même. La poésie est celle qui consacre et embellit les traditions natioi ( telle est la poésie de Parini ) ; celle qui offre le tableau vrai la vie réelle, de la vie morale surtout
LITÀUE ▲U COMMErfCEMENT DE LA EÊVOLUTION FRAUÇAISE.
Nous avons donné une idée de la littérature appliquée Italie aux besoins sociaux. Mais pendant que Ton y po les systèmes jusqu'aux plus téméraires utopies , on ne vo; rien encore de l'orage qui s'amassait sur la France ; pas un nos penseurs les plus fameux n'avait le pressentiment de violente secousse ; car en fait de réformes , ils espéraient du temps et des rois.
L'abbé Bertola écrivait une Philosophie de rhisioire, qv1|| termine en proclamant la perfection des systèmes politiques M son temps, qui devait garantir les peuples contre tout bos-J leversement : « Peu de réformes restent à faire, disait-il, et; elles s'opéreront paisiblement. Quant à une révolution , YEu' rope n'a plus à la redouter, » C'était en l'année 1787 que Bertola s'exprimait ainsi.
En regardant, en effet, la marche des choses, la sages» humaine aurait pu dire : « Rome a uni son temps, Rome s'en
DE LA BBYQLUTIÛll PAANÇAISE. 40
«. > Les princes, ne comprenant plasquMls devaient avoir dans Il religion non une ennemie ni une esclave , mais une alliée ibre, voulaient attirer dans leurs mains toute Tautorité publiqae; mais ce n'était pas pourtant pour opprimer les peuples : :jk réalisaient même certaines améliorations précliées par les |hilo9oplies. Les uns et les autres étaient d'accord pour ûiire le Km des peuples, très-satisûdts de leur côté qu'on s'occupât peu. — Pauvre sagesse humaine!
. Déjà pour les Italiens il y avait matière à réfléchir, en voyant ier si vite ce qui avait été l'œuvre d'un instant. Il en lit été ainsi moins en Toscane qu'ailleurs, parce qu'efi les réformes n'y avaient pas été radicales, et que le y était mieux préparé à les recevoir. Cependant , lors* Léopold quitta le grand-duché pour s'asseoir sur le trône (m y vit s'élever de vives réclamations : il y eut des femUes h Pistoie.pour renverser les innovations de Ricci; à €« les portcûiix se soulevèrent, et en vinrent à des voies foit, surtout contre les juifs; d'autres villes suivirent cet pie. Ferdinand III, qui succéda à son frère (1790) , se hâta réiriilîr une partie des abus qu'il avait supprimés, afin de se ilier le peuple. Il rendit aux châtiments leur ancienne ri* , attendu que le pays était devenu le refuge de tous les ais sujets des environs; il fît revivre les règlements qui ient le commerce. Du reste, il suivit les traces de son ; et , devenu Toscan , il sépara les intérêts du pays de ceux b maison d'Autriche.
Tenise avait perdu la Morée par la paix de Passarowitz, et se it réduite au territoire qu'elle conserva jusqu'au moment de dMite : elle possédait le duché (dogado\ c'est-à*dire les ties lagunes environnantes; les provinces de Padoue, Yicence, , Bresda , Bergame, Crema, la Polésine de Rovigo, et |b Marche de Trévise, qui comprenait Feltre> Bellune et Gaine ; au nord du golfe , le Frioul et Tlstrie ; au levant , la Dal- Mie vénitienne , avec les tIes qui en dépendent ; une partie de ' ^Albanie, e'est-à-dnre le territoire de Cattaro, Butrinto, Parga, Fkevesa , Yonitza ; dans la mer Ionienne , les îles de Corfou et de Paxos, Sainte-Maure, Cépbalonie,Théaki, ZaAte, Axos,
60 L*ITALIB AU-COMlIBNCBlIBlft
les Strophades et Cérigo. En 1733 , les aaagraphes 4,600,000 âmes dé population. Le revenu public s'élevait 6 millions de ducats, et la dette à 38 millions (à raison 4 4 fr. 96 cent, le ducat).
Dans le gouvernement, la souveraineté appartenait a grand conseil, composé de tous les patriciens qui avaient ai compli {eut vingt-cinquième année, et qui compta parfois jai qu'a douze cents membres ; il en fallait deux cents dans les ci ordinaires, buit centa dans les circonstances graves. Le gai vernement était conflé au sénat, élu annuellement par legraÉ ^^nseil , et composé de cent vingt membres , indépendammai des magistrats patriciens pendant la durée de leur charge. L pouvoir exécutif appartenait à la seigneurie, ou collège fom du doge , de six conseillers , des trois chefs de la quarantie , s des seize sages. La justice était rendue par quatre tribonaa électifs: trois d'entre eux composaient la quarantie civile, i l'autre la quarantie criminelle , dont le président siégeait du la seigneurie , et les membres dans le sénat. Les avoçaéaà remplissaient près de ces tribunaux les fonctions du ministèl public. Le conseil annuel des Dix avait Tadministration de i police ; il choisissait dans son sein deux inquisiteurs noirs pol un an , et dans la seigneurie un inquisiteur rouge pour bll mois , ce qui constituait l'inquisition d'État. A TexceptioB i doge et du procurateur de Saint*Marc , les autres magistratoil étaient temporaires; aussi le grand conseil fiisait-il josfl neuf élections par semaine, indépendamment de celles appartenaient au sénat. Les fonctions étaient peu elles étaient honorifiques et dispendieuses dans les provii près des cours étrangères, où les patriciens soutenaient, sans i épargner, la dignité de leur patrie et celle de leur propre i
11 n'y avait entre les familles nobles aucune distinctioB, même de primogéniture, aucuns titres, aucune différeacs costume. Quelques-unes cependant s'étaient assuré les cmj les plus importants et une clientèle parmi les patridena pam qu'on appelait Bamabites <. Ces familles dépouillèrent peu
' I>e TégMae de Saint*Barnabé , autour de laquelle ils btbiliiest.