‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 70 sur 127 · DE LA RBVOLUTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DE LA RBVOLUTION FRANÇAISE

amhaiiadeors, des ministrts venaient y chercher les terribles

ànotioDS du jeu. En 1774 , les correcteurs de la promission

ducale obtinrent que le Ridotto fût fermé ; mais le décret ne

ki pas exécuté, car ces jeux attiraient beaucoup d'étrangers >.

Bien ne prouve mieux la dépravation vénitienne que la vogue

doat jouit alors Baffo : écrivant dans le dialecte vénitien , il se

^Kotra à plaisir dans la fange du libertinage; et il ne rtcula

idbant aucun des termes les plus techniques des mauvais

PI pour flageller l'honneur, la vertu , la religion , repré* ter ce que Timagination peut créer ou Thistoire païenne apippeler de plus lubrique. Cet infâme criait ^ive le vice! niait jSeo, et voulait substituer à son culte « la sainte simplicité de fige d*or. » Labia s'indigna de ce dévei^ondage ; et, plein d'anoar pour sa patrie, de zèle pour la religion , il repoussa avec )k Blêmes armes l'invasion des- idées étrangères, le désordre .4b mœurs , le goût passionné du théâtre , le sigisbéisme, et la faite aux couvents , lorsqu'on tolérait les mauvais lieux les maisons de jeu.

Une loi extrêmement sévère interdisait aux nobles et à ceux i dépendaient d'eux, toutes relations avec les ministres étranrésidant à Venise et avec les gens de leur maison ; au iat que si quelqu'un donnait une fête où il ne voulait adjpettre que les invités, il plaçait à la porte de son palais un do- 'Aestique avec la livrée d'un ambassadeur étranger. Le doge vi- 'Mit isolé, à cause des grands ménagements que son rang lui (kiposait. II n'était permis qu'à très-peu de personnes de ^«ojager; ce qui conserva l'originalité des mœurs. Les Bama- .lites, dont le nombre était considérable, formaient une classe jktt-dangereuse, comme est toujours celle des nobles pauvres jiuis un État libre. Us comptaient entre autres privilèges

' Vérone avait aussi un casino célèbre. En 1 773 , quelques dames s'y ' Aaat montrées avec des paniers moins volumineux que d^isage, ce fui n scandale , et toute la ville prit parti pour ou contre. Les esprits s'édiuiflèrent tellement , que , pour leur donner le temps de se calmer, on fcnn le casino. Mais cela ne suffit pas ; TafTaire fut portée devant la ■iSMratare suprême de la république, et Joseph Torelli, célèbre littérateur, écrivit à ce sujet de graves apologies.

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ce]ui qui permettait à leurs femmes de mendier, mais en robe de taffetas. De cette classe sortaient des escrocs, des brigandi des joueurs, des soUtciteurs de procès, desl)rocanteaTS de volt dans les élections. Obligés, pour vivre, de se remuer beaucosf ils trooblèrent plusieurs fois la république. En 1763, ils on dirent une trame dans le but de la bouleverser et d'abattre hi inquisiteurs d*État. Ils l'essayèrent de nouveau en 1775; d d*une manière plus dangereuse, en 1782 ; mais ces mouveneri furent réprima par une organisation judiciaire si foite. là peuple, respectueux jusqu'à la bassesse, évitait autant que pÉ stble ces patriciens fastueux, et menait à l'écart avec ses fpâ une existence gaie, sans gloire et sans besoins. |

L'État était donc concentré dans la cité, la dté dansai^ tit nombre de familles ; et toute la force reposait sur la MM de ceux qui obéissaient. La politique extérieure ne s'oecopi plus de Venise que comme une proie convoitée. Les Turesl laissaient en paix, sauf qu'ils couraient parfois sur ses navires, fi prudence vantée de ses sénateurs se bornait à rester neutn entre les puissances qui se faisaient la guerre en Italie. La pM de voir les provinces sujettes se soulever leur faisait craiodrel guerre. Venise ne voulut pas adopter, comme toute TEuroiil les armées permanentes et nationales ; et, d'un autre côté, é détruisait Tunité du commandement, en mettant unproTédl teur à coté des généraux.

Elle ne prit point part à la guerre de la succession d'Âutriehi et l'Italie fut partagée sans sa participation. Les paisaDd violèrent son territoire chaque fois que cela leur convint. Di bâtiments anglais et autrichiens sillonnaient en toute sécuritél golfe qui portait son nom , et l'empereur ouvrit à Trieste fl port franc. Les fonds réservés pour les grands besoins fîiR^ consommés; la dette s'accrut jusqu'à 200 millions, et Fonfii forcé d'emprunter mêjiie à des étrangers, malgré la loi (js s'y opposait. Le commerce conservait à peine l'ombre de soi ancienne Splendeur ; il entraînait même une espèce de déslio» neur , car il était interdit aux nobles; à quoi Ton voulut remé* dier en 1780, en poussant les patriciens à se livrer aux spce» lations. La manne marchande n'employait pas plus de q^

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ïtâoq omis navires; la marine militaire ne comptait plus p'ane domaine de bâtiments à la mer, et une vingtaine éter- HBoneot en chantier. La haine des innovations Gt que les vais-

gardèrent leur ancienne forme ; les procédés de la chimie secietS) comme les procédés des constructions navales. Koos sommes bien loin de vouloir insulter à Venise pour abeeax qui la trahirent; mais nous croyons que toute puis-

nui repousse des réformes eixigées par le temps marche à IR ruine prochaine. Hâtons-nous de dire que la ville fut dékiée port Innc en 1 785, à l'exemple de ce que Tempereur avait Ut poorTrieste, et le pape pour Ancône. Goldoni se réjouissait, M retour de ses voyages, de voir Venise si bien éclairée, tandis p les mes des villes qu*ll avait visitées restaient dans robs« Mîté. En 1786, on promulgua un code pour la marine mar* Éuiiik Une bonne législation fut faite sur les fiefs, ainsi que te premières lois organiques sur IVxploitation des mines; enfin Inivre gigantesque des Mwrazzi, digue de marbre opposée à la lfer,de 1744 à 1782, cnisuromano, «re veneto, prouve qu*il y biît encore de la vie dans Venise.

Hjes antres républiques étaient réduites à n*étre plus que des Nttûcipes sans importance politique. Le cardinal Alberoni at- Msta un jour à l'indépendance de Saint-Marin ( 1739) ; mais les fhîBtes qui 8*é]evèrent déterminèrent le pape à rendre à cette burgade son ancienne indépendance.

! A Lueques, la censure romaine et Tostracisme athénien Ment IcAir pendant : ou appliquait à qui faisait ombrage hnpatation de débauché. En effet, si quelque citoyen , noble li boargeoîs, se distinguait par sa richesse ou par son mérite, te sénateurs inscrivaient son nom sur le bulletin ; et quand il fan trouvait vingt-cinq d'accord, il était tenu pour débauché, t envoyé en exil. Cette inquisition , qui se répétait tous les hn mois, faisait disparaître, par la défiance, toute franchise IMis les entretiens, et portait les citoyens a se cacher dans la ■édiocriié. Les juges étaient tir^ du dehors; et, le temps de ^ fonctions expiré, ils étaient soumis à une enquête. Du ittte, Tindostrie était protégée, et les citoyens acquéraient dans l'adm'mistration publique de Taptitude aux affaires.

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Le Piémont , situé de façon à avoir souvent recoura aux i mes , était le seul État où l'esprit militaire se fût conseil il avait sur pied trente-cinq mille hommes, et possédait qm places fortes. Sous Charles- Emmanuel , une éeole militaii dirigée par Alexandre Papacino , devint extrêmement flon santé ■. Bertola enseignait en même temps Tart de défendre d'attaquer les places ; ce fut lui qui présida à la coiistroctioiv la Brunetta , admirable forteresse qui fermait aux Fraqçiii val de Suse.

Gênes, qui était bien fortiflée, n'avait pas plus de quinzeeei hommes sous les armes ; il en était de même de Modèl Parme n'en avait que la moitié ; la paisible Lucques, da cents-, la Toscane, quatre mille; le pape, de cinq à sixol avec les forteresses du Pô, d'Ancône et de Givita-VecchiLVi nise avait des troupes à Peschiera, Porlo-Legnago et Fala Nova, en Italie; à Zara et à Cattaro, dans la Dalmatie; àû fou, dans la mer Ionienne. Son arsenal était encore riebe, comptait un certain nombre de bâtiments; mais ses deux ni soldats étaient étrangers. i

A Napies, Tanucci , occupé à faire la guerre aux prm donna peu d'attention aux forces militaires. Cependant J(M| Palmieri , auteur de VArt de la guerre ; le prince de Sas-S vero, qui inventa un nouveau système de tactique; Alpboa de Luna, qui écrivit V Esprit de la guerre^ acquirent de la i putation dans ce pays. Ferdinand IV, lorsqu'il n'était encoreqi prince, montra aussi du goût pour les troupes, les cadets, I marins, les exercices ; et il appela Acton pour réorganiser FH mée. En effet, cet Irlandais abolit les privilèges; confia al grenadiers le service des gardes du corps, comme cela avi lieu en Autriche; licencia les troupes suisses; forma deuxi< giments d'Espagnols, d'Irlandais et dé Flamands; conservai régiment Royal-Macédoine, composé de Grecs, auxquels éla adjoint un bataillon de chasseurs albanais; envoya audeiM

* Prosper Balbo, qui a donné son éloge dans les Mémoires aeûdé miquet de Turin (1805, p. 283), rend compte de ce que le PiéiM a fait pour les progrès de la science des fortifications et de rartillerie.

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