‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 71 sur 127 · DE LA BBTOLUT10N FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DE LA BBTOLUT10N FRANÇAISE

in offiders intelligents pour s'instruire; établit deux acadéwks poar les corps facultatifs, avec de bons professeurs ; apfàk de France et de Suisse des officiers instructeurs pour le |tte, la marine, les arsenaux, et forma à Capoue un corps dUns- Netion. Mais tous ces étrangers voulaient &ire des réformes béteiises et inutiles; ils amenaient avec eux des protégés, pour |é placer. Aeton fit aussi construire , avec des dépenses énor- ^, des galères et des vaisseaux de ligue, lorsqu'il aurait été t'd^avoir des bâtiments légers pour les communicaavec la Sicile, et pour empêcher les chebecs barbaresques fester les côtes : tout au contraire , il ne fut pas même peraux navires marchands d'avoir des canons , comme cela chez les Anglais.

^ La Lombardie, qui avait deux grandes forteresses, Mantooe pi lilan, ne comptait pas plus de quatre mille hommes , re« dans les prisons ou au moyen d'engagements : c'était delà population. Les Français y avaient tenté , en 1705, ent forcé, mais en vain. Quand Marie-Thérèse l'essaya en 1759, tous les jeunes gens prirent la fuite. II en exempta cette province.. Lorsque la guerre de la éclata , François II ayant demandé treize cents repoor compléter les régiments italiens de Belgioioso et de , l*État offiit, pour en être exempté , cent mille sequins an , jusqu'à la paix. Cependant en 1801 la république cisaU BDCttait sur pied vingt-deux mille soldats; la république disposa une réserve de soixante mille hon^mes. Les accompagnèrent les Français dans toutes leurs gloet meurtrières campagnes ; en 1812 il y en avait soixantemille sons les armes , et quarante mille allaient périr hs les neiges de la Russie en invoquant leurs saints , dit un Ikanger, mais en héros.

Da reste, les Italiens profitèrent moins de ces quarantetaît années de paix que certains peuples moins favorisés li^eiix. Les beaux-arts se ranimèrent , mais ne jetèrent pas Pédat; car les riches employaient de préférence leur or aux tataisîes d'un luxe frivole ; le public laissait les dépenses au yMivcniement ; et la religion, qui avait déchu, ne leur don-

6S L*ITALIB AU COMMSNCEIIBIIT

nâit plus rimpuUlon nécessaire. Le goûtfraoçais, eniûùm tout , prouvait le dépérissement du caraetère national, d qu'en effet ce soin des intérêts de la patrie, qui éveille Vea§ et Fencourage, était abandonné aux gouvernements dits| temels ; les idées libérales n'étaient proclamées que sous bon plaisir de l'autorité; en outre, le peuple ne comprei point, ne luttait point, et voyait de mauvais oeil la plupart ces nouveautés étrangàrps. Au lieu des encydopédistes, Tlti avait les jansénistes ; on y faisait plus de bruit pour un jési qui attaquait Dante, que pour un philosophe qui attaquait Dii et Ton disputait sur le droit du pape à la baquenée, alors % rÉvangile était en péril.

Sur les territoires de Naples et de Rome , des troupes ; bandits attaquaient partout les voyageurs. On trouvait di toutes les villes le sigisbéisme , le goût de la bonne chère et* bien être. La censure entravait la presse, qui produisait bi peu. L'agriculture attirait l'attention des gouvememeniseti savants , mais elle était enchaînée par les fidéioommis et I mainmortes. Les nombreux couvents secouraient la roeoÉÉ et peut-être l'augmentaient. Les taxes étaient légères; nll faut moins regarder à la somme des contributions qu'à k emploi dans l'intérêt de la natiou«

Si un petit nombre de gens lisaient les livrée des encydof (listes, si d'autres fréquentaient les loges maçoniqoes, la pi part se contentaient d'une existence tranquille et agréaU désirant d^ améliorations, mais ne les voulant pas fortemei et les innovations de Léopold, comme celles de Joseph! étaient mal accueillies, même en ce qu'elles avaient de meiUci

A la mort de ce dernier prince (1790), les Lombards fin entendre des plaintes. L'empereur Léopold, qui avait de bon Intentions et qui ne redoutait pas la vérité , invita chaque ifl à lui envoyer deux députés. Ce ne fut alors que demandes ^ tendaient a abolir les innovations; et elles réclamèrent dl commun accord le rétablissement de la congrégation généil de l'État. L'empereur y consentit, en leur accordant le éâ d'avoir un député à Vienne et de surveiller les dépenses.! beau système communal bouleversé par Joseph II fdt témi

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dn rendit aux munidpes le droit d'inspection sur Fimp^t, les sobsistanees, sur les routes, sur la salubrité, et sur la urbaine.

Tillot gouTemait à Parme avec prudence et habileté au

de rinânt Ferdinand, et il contentait à la fois TEspagne

France. Économe avec magnificence , ferme avec douceur,

fait s*arranger pour que les faibles revenus dont il avait à

remploi pussent suffire non -seulement aux besoins,

encore à la splendeur du duché. Son projet était de faire

à rinfant rhéritière de Modène, Marie-Béatrice, ce qui

constitué un grand État dans Tltalie centrale. Mais c'en

assez pour lui attirer la haine de l'Autriche , qui maria Béa-

à Tarchiduc Ferdinand , et donna à Tinfant Marie*Amélie,

fille de Marie-Thérèse ( 1769). A l'exemple de ses sœurs,

gouverna son époux plus jeune qu'elle, et sut se soustraire

entraves que l'étiquette espagnole mettait h ses plaisirs.

, jusqu'alors très- dévot , lâcha la bride à ses passions,

entoura de débauchés ; aussi du Tillot se permit quelques

tions , et perdit dès lors de son crédit. La cour s'y rem-

ntrigues ; ministres , magistrats étaiHit choisis ou ren-

au gré de l'Autriche.

mand IV , qui monta sur le trône des Deux-Siciles après père Charles 111 (1749), méprisait tout savoir, n'aimait que et la lutte ; ses goûts et ses manières étaient vulgaires. e-Tbérèse , qui considérait toujours le royaume de Naples me usurpé sur sa maison , voulut au moins s'y ménager Influence en mariant sa fille Caroline a Ferdinand , avec la expresse qu'elle aurait entrée au conseil d'État. Elle it dans ce royaume la politique autrichienne , qui envahit toute ritalie, à l'exception du Piémont, roline, impérieuse par caractère et obéissant aux insinualoDs de sa mère , voulait détacher le roi de la cour de Madrid t du pacte de famille. Afin d'y réussir, elle fit congédier Tanieei , et lui donna pour successeur le chevalier Acton. Cet iranger avait de l'aptitude pour la marine, mais non pour le {ooTemement. Souple et docile , flatteur, et se souciant peu rim pays qui n'était pas le sien , il reconnut que la reine était

60 L'ITALIE AU COMMENGBMENT

tout, et s*appliqua à se concilier ses bonnes grâces \ et, aniqi ment occupé de sa fortune , il excita autant de mécootentem qu'il avait d'abord fait naître d'espérances. On fit pourtant cette époque de bonnes et de mauvaises lois. Michel Joriopi para un code de commerce et de marine qui resta en pr(ji On ne sut pas rendre l'administration communale unifoiV ni la soustraire aux feudataires. Les arts et métiers étaient e core dans les liens des corporations ; l'industrie des vers à m se trouvait entravée par le monopole royal.

Les habitants de Torre del Greco, toujours menacés par j Vésuve , s'étaient adonnés avec intrépidité à la pèche du coaj qui leur avait procuré de grandes richesses; mais cette î dustrie languit aussitôt que le gouvernement voulut s*en méli et lui donner les règles dans le code Coraliin, On iaTon| cependant le défrichement des terres, on peupla des îles ^ sertes; on institua les archives royales pour la conservation 4| hypotlièques ; les gens de loi , fléau de ce pays , devinrent l'obîf de quelques mesures de répression ; les jugements furent sat^ traits à l'arbitraire; mais on conserva la procédure inquisitt riale, ainsi que la torture et les peines barbares contre l| Clous. Ceux qui lisaient Voltaire étaient condamnés à trois ^ de galères ; les lecteurs de la Gazette de Florence, h six moisi prison. Les routes étaient infestées de voleurs, au point que | gouvernement se vit réduit à recommander aux voyageurs à*A 1er en caravanes. Les Barbaresques ne cessaient d'insulter la côtes. La noblesse , sans armes ni puissance, et hors d'état é tenir tête au roi, était encore le fléau du peuple. La propriété fl trouvait concentrée dans un petit nombre de mains; eo niéM temps les non-propriétaires étaient grevés de taxes aussi diveis^ qu'arbitraires; de forts droits d'entrée et de sortie pesaieatsai les mareliandises ; l'impôt frappait sur tout, jusque sur Teafl pluviale. Indépendamment des obligations personnelles , telles que les corvées, David Winspeare a supputé trois cent quatrevingt-quinze droits sur les personnes et les choses, qui subsistaient encore lors de l'avènement de la famille de Napoléon. La justice et la jurisprudence étaient tombées au plus bas ; tout demeurait Incertain et arbitraire entre les douze législations ^ui

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i^étâent soeoédé , et la fraude avait beau jeu dans ce dédale. I Pour le jugement du trtigiio, le procureur fiscal et le défenseur I royal des accusés pouvaient transiger, en convertissant la peine I et la détention en celle de Texil ou des galères, sans mener le I ineés à fin , et seulement pour vider les prisons. Les procès Ltaioit perpétués par des appels sans fin, des recours en nullité, [û souvent par des interventions du roi. Le tribunal des sub- IfÉlauin examinait arlntrairement les marchandises sur la [frontière de TÉtat pontifical, empêchant la sortie de tous grains, m bétail, du numéraire, et punissant les délinquants à son gré. "n^y avait pas moins de vexations pour les terres de rAbruzze fmàtàme^ qui étaient assujetties à la servitude du pâturage {reggii stucchi) : c^était au point qu'on ne pouvait ni CDclore, ni les cultiver en grains, ni les planter d'arbres, et ^ftt c'était pitié de les voir. Ces abus furent supprimés, sur les ÉdamatîoDS de Melchior Delflco >.

* Le roi, qui avait visité les laiteries de la Lombardie, voulut oiayer dans son pays. Il fonda donc à San*Leuccio une , à laquelle il donna la forme d'un État indépendant , lois , sa milice propre , et un gouvernement en commun les ehe& de fomille. Cétait un amusement de roi. Mais tien des vers à soie prospéra dans cette petite république, pà forent introduits les métiers pour la fabrication du gros de

' La Sîâle était administrée comme une province dont on Iflade les franchises, où on laisse dominer la féodalité, dépérir Agricultore , et qu'on accable d'impôts. Des bandes de voleurs Meotuent les malheureuses campagnes, et un certain Testalonga, A Ketnpercia , en avait trois nombreuses sous ses ordres; les étaient exposées aux attaques des Barbaresques. Tanuoci

Les Mémoires sur le royaume de Naples, par Orlof, ont beaudHmportance, quoiqu'ils soient écrits avec passion. Voyez aussi : » Deicri^ne geoçrajiea e polUica délie Sicilie ; Arrigii , ScLgfto slorieo per servire di studio aile rivoluzioni di NapoU ; et sorf Vieano Coeo, Sagyio sulla riooluzione dia Napoli, rempli politiques et éoonomiqaeB de la plus liante valeur.

63 L'ITALIE AU COVMSNGBlf . DE LA BÉTOL. FBAKÇ.

Gt peupler Ustica , Ile qui servait de refuge à ces pintes; oim ils n'y Tinrent pas moins, et enlevèrent les eoloos. Les disena étaient fréquentes dans ce grenier de l'Italie. Aussi, comme ei n'était pas assez de défendre l'exportation des grains, on tenail en rés^e de grands magasins de blé , et un capital ( coIomm frumeniaria ) destiné spécialement à en acheter en cas de besoia. Le marquis Fogliano, vice-roi, ayant accordé au Génois Gaiâii l'autorisation d'exporter des grains , le peuple attribua à ortU concession le rencliérissement qui était survenu dans le prix da céréales (1773 ) : il mit le feu à la maison de Gazzini , s'empnl des canons qui étaient sur les bétnnents mouillés^ans le poiti délivra les criminels; et il aurait massacré le pusillanime viea roi, si l'archevêque Filangieri n'eût favorisé sa fuite à lii| sine. George CarafEa, général sexagénaire, étouffa l'émeotepa la rigueur ; mais Filangieri contribua plus encore à l'apaiser pfl les voies de douceur. Fogliano fut destitué, et le gouvemencri réformé, mais fort peu amélioré. Il n'y eut de sang téfutk que dans les supplices.

Dominique Caracciolo, marquis de Villamarina, fut envoftf dans nie en 1781, avec le titre de vice-roi. U s'était lié d'amitié^ dans ses voyages, avec Diderot, d'Alembert, Garât, et autres: imbu des idées nouvelles, il se mit à les introduire sans trop A discernement. U assoupit les divisions que par politique on ani entretenues de pays à pays ; il fit abolir l'inquisition , et réar ganisa le parlement de telle sorte que les barons n'y fussent pu seuls élus, et qu'ils eussent à contribuer aussi aux charges. U roi et U peuple I telle était sa devise. 11 écrivit Sur VexportaUm des biés de Sicile ; il voulait queradministratlo^eât le droite Tempécher. Élève des philosophes, il avait grande opinion A lui-même, se moquait des critiques, bravait l'opinion paUiqM et tournait en ridicule la dévotion à la Vierge et à sainte R tout en fréquentant les danseuses et les cantatrices. Deveoa nistre à Naples , il eut une telle émotion en apprenant la de la Bastille, lui novateur, qu'il en mourut.

11 y avait donc en Italie des hommes animés de bonnes i tentions, mais qui , faisant et défaisant à la hâte, sans expli^i leurs motifs, ébranlaient la foi publique. L'éducation y âait

pandue, mais seulement dans certaines classes. La littérature fiiisait consister la réforme à changer de modèles , et s'arrangeait de rimitation ; elle n'éprouvait pas le besoin de cette originalité qoi natt de vérités vivement senties, et exprimées dans le langage de tous ; aussi ne produisit-elle aucun de ces ouvrages où raoteur laisse qudques lambeaux de sa vie aux ronces de son l^eox chemin. La société prenait pour un présage de bonbeor la langueur des âmes et l'abaissement des caractères. La lilnation politique n'offrSit rien de ces grandes choses qui, lorsqu'on les vent fortement, développent les grandes facultés. 11 f avait un besoin d'améliorations dont on était efîfrayé, sitôt fi'dles touchaient à des points essentiels. C'est dans de pa- Killes circonstances, où un rhéteur seul peut voir un siècle d'or, que l'Italie fut surprise par la Révolution française.

LES JAGOBU9S EN ITÀLlB. — PREHIERBS CAUPAONES

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