‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 72 sur 127 · DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

DE NAPOLÉON

Le premier bruit de la Révolution française avait fait sentir aux princes italiens combien ils avaient été mal inspirés en ânanlant ce qui se rattachait aux idées anciennes et nationales. Sur quel autre moyen de résistance pouvaient-ils compter désormais que sur la force matérielle? Après avoir habitué les peuples à accepter sans examen des innovations pour lesquelles iii n'étaient pas mûrs, ils devaient s'attendre h les voir accueillir afec joie quand elles viendraient en foule, et sous un aspect fait pour les séduire >.

> Otmliment de leur AiiblesM se révèle dans l'ouvrafle que Ton fit ^lots écrire aux Hoapitaliers au sujet des DroUs de l'homvie, afin d'attfmer Teflet des livres étrangers ; ouvrage de transition entre des idées en TOf^e et d'autres que Ton combattait, car il pose en principe que la société se fonde sur un pacte social , sans que Dieu y intervienne diredement; que la nation qui l'a stipulé a le pouvoir de déclarer déchu le souverain qui le viole, c^cst-à-dire qui devient un tyran ; enfin , que b protection suprême des droits de l'homme est la religion chrétienne.

64 LES JACOBINS BN ITAUB.

L*effroi était donc égal chez tous les princes , mais non ii résolution ; et ils n^osèrent en venir au moyen qui aurait po la sauver, à une alliance défensive dans le genre de celle de Pilnitz, alliance que proposait Pie YI. Naples était brouillé avM le pape pour le tribut de la haquenée; Venise ne voulait pH compromettre son commerce ; et cet accord de volontés ne po«vait convenir à rAutriche. Ils auraient dû au moins rester tnaquilles , car le Piémont sentait que la Savoie était menaoée; tapies avait intérêt à fournir à la France l'huile et les savon dont elle manquait depuis les ravages du Midi , et les gaSm quHl lui fallait tirer du Levant. Mais, revenant à la politique i$ sentiment, ils songèrent tous à leurs liens de famille, ets'ip* mèrent contre la république. Le duc de Modène , le dernier te princes d'Esté câébrés par les poètes, conservait les goto splendides de ses aïeux, tout en mettant en réserve un trésor considérable, pour faire face àTorage qui grondait. La Tos* cane , soumise à un gouvernement très-doux, était favorable aux idées françaises : son grand-duc, bien qu'Autrichien, ÎA Fun des premiers à reconnaître la république ; et Carletti, son ministre à Paris , s'était même rendu suspect par un patrioti^e ardent.

Quant aux peuples , ils n'étaient pas sur le duvet sans doote, mais ils ne sentaient pas les mêmes abus qu'en France. Les princes avaient égalisé la condition des biens. Ici , ils avaient brisé les liens féodaux; là, diminué les services corporels. Ib restaient attachés à la religion , au moins par sentiment. Us querelles jansénistes étaient des disputes d'école; les loges maçonniques s'occupaient plus d'amusements et de bienfaisaoce que de desseins politiques ; les agitateurs expédiés du dehors ne trouvaient c^ se faire écouter que par des gens qui n'avaient rien à risquer; les novateurs, en petit nombre , n'osaient se montrer devant ceux qui, tenant pour l'ancien ordre de choses , formèrent une majorité toujours plus forte , quand ils eurent vu les conséquences affreuses qui résultaient des principes les plos saints.

Grâce au voisinage, le Piémont se trouva exposé le premier au péril. Victor- Amédée III, lors de son avènement au trooe

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