‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 73 sur 127 · PBEMIÈBES CAMPAGNES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

PBEMIÈBES CAMPAGNES DE NAPOLÉON

(1773) à l'âge de quarante-sept ans, étant très-prévenu contre les ministres de son père, surtout contre Bogino , les congédia tous. Il n'était pas ennemi des innovations; mais il faisait en ficiiie paix, pour entretenir ses troupes , des dépenses qui rui- Bèrent les finances. Il donna de nouvelles forces à raristocratie a n'admettant que les nobles aux grades d'oCGciers. Il contaeta une nouvelle alliance de famille avec les Bourbons en ^saot une fille de Philippe V, et en donnant à son fils une de Louis XVI, comme aussi deux de ses filles aux deux de ce prince, les comtes de Provence et d'Artois. 11 crut fi*il devait, comme chrétien, comme roi, comme parent, prendre Ik armes. 11 donna asile aux émigrés, qui établirent à Turin un fcfer de contre-révolution , et se concerta avec les autres poiHtats sur les moyens d'étouffer ce qu'on croyait un incendie lentanéy et ôter tout espoir aux novateurs qui se révélaient la Péninsule par des discours et par quelques mouvements ImI réprimés.

Sollicité par les émigrés et par l'empereur, Victor- Amédée prit Toffensive ; il disposa tout pour la guerre en Savoie et à Mice. I^a Aanceloi envoya Sémon vil le pour lui proposer une alliance: 9 ne voulut pas même l'entendre , et il se prépara à envahir le territoire français , de Tlsère au Var ( I5septembre 1792 ). Mais b Savoie se vit bientôt assaillie et occupée par Montesquiou , Lazari ayant abandonné ses positions. Nice fut prise aussi par la flotte; mais sa population haïssait les Français; et elle se jeta dmsdes excès et des vengeances. L'armée sarde se vit accusée de lâebeté dans toute l'Europe , avant qu'on en eût vu bien d'autres se comporter comme elle devant ces héros improvisés. Le port d'Oncille , centre de piraterie contre la France, canonna un navire envoyé avec des propositions , et fut bombardé par l'amiral Tmguet. Toute la population s'enfuit, sauf les moipes, qui, se croyant encore un caractère sacré, restèrent, et furent passés au fil de répée : la ville fut livrée aux flammes. Les émigrés qui avaient trouvé refuge en Savoie s'enfuirent misérablement vers Tarin. Les Barbets f t les montagnards seuls se défendirent ; Montesquiou fut destitué, pour avoir réprimé des brigan- . Alors la coalition songea à envahir la France, dans la

pensée que les populations se soulèveraient contre la tyranaii de la terreur. Le Prussien Rellermann, à la tête de cinquanla raille Français, se fortiQa dans les montagnes de la Savoie ahui que dans les Alpes maritimes, et les nouvelles méthodes di guerre déconcertèrent Fancienne tactique des alliés, que promettait leur lenteur.

Les gros capitaux que les négociants de Gènes avûent France obligeaient cette république à la circonspection. n*08ait d*ailleurs s*unir ni au Piémont , dont elle connawiiil les longues convoitises à son égard, ni à rAutridie , dînât eMtf avait rejeté les fers; elle louvoyait entre les prétentions opH posées de Paris et de Londres. Les Anglais abusaient émâtj gement de leur supériorité ; car, ayant attaqué par trakisoB Hi frégate française la Modeste, qui se trouvait dans le port, 11-; enjoignirent aux Génois de cesser toute communication avi» la France , et de recevoir aucun de ses bâtiments : acte à"^^ arrogance inouïe. De leur côté , les Corses , qui avaient arbefij le drapeau anglais , donnaient carrière à leurs vieilles haintfj en infestant de pirates les côtes voisines.

L'assemblée constituante avait rappelé Paoli dans cette fle; mais les révolutionnaires la bouleversèrent d*un bout à TautreJ et les coalisés en prirent occasion d'exciter Paoli contre if France. Craignant que celle-ci ne rendit la Corse à Gènes on ni réchangeât avec'Plaisance, Paoli promit de les seconder dM que les vaisseaux anglais, réunis h ceux de FEspagne, traient, comme on l'espérait , dans la Méditerranée. (1793) ce moment les Français y étaient en force, et Tamiral Tm était envoyé pour occuper la Sardaigne, position excellente );v»^ dominer dans cette mer, et tenir la Corse en respect. Mais Ij fut repoussé par les Sardes , qui se défendirent héroïquement; et Paoli ea pnt courage. 11 opéra le soulèvement de Tile, r^ poussa les commissaires de la convention , et , pour se oonsoli- ' der, il offrit aux Anglais de se mettre sous leur protection. Ib vinrent , et donnèrent une constitution à Ttle.

Cependant les alliés , commandés par CoUi et Déliera , atla* quaient Nice ; les Anglais , sur qui ils comptaient , obligeaienl le roi de Naples à se déclarer ; ils menaçaient la Toscane , de»^

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