‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 74 sur 127 · PBEMIÀBES CAMPAGNES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

PBEMIÀBES CAMPAGNES DE NAPOLÉON

neutre; ils insultaient Gènes, comme s'ils n'eussent dbcrdié qu'à fournir de bonnes raisons à une guerre européenne. Tcaise aceaeillit à Vérone Louis XVIII , qui de là dirigea les ■ouvements des royalistes ; mais, sur l'injonction de la France, ék$t hâta de congédier cet hôte royal. L'Autriche, qui avait «ommencé la guerre, viola le territoire des Grisons, pour y mxébtT Sémonville et les autres ambassadeurs que la France Mfovait à Venise et en Turquie '.

Eome, cette capitale du monde catholique, qui voyait re- ■Ibe avec Pie VI la splendeur des Médicis, s'effrayait d'une iM«tioo« fille des idées irrâigieuses : elle interrompit ses travaux <> accueillit généreusement les victimes; mais ne vouinl {kas, par des mesures violentes, provoquer les fudes révolutionnaires. Cependant, lorsque la cour romaine ik h religion détruite, les prêtres égorgés , les évéques renver* A, le roi condamné ; lorsqu'elle se vit menacée elle-même dans |i chants patriotiques , où Ton annonçait de nouveaux Gaulois lli Rome des prêtres *, elle s'irrita, et lança une exeommuni-

' * M. Cantn raconte eet événement en grand détail dans le livre XI HiM Htâtoire du diocèse de Câme^ Des déciaraliona de M. de Sé- ^Tilie lui même, et de son éloge prononcé par le baron Monnier à

tchMDbre des pairs, le 7 février 1840, il résulte qu'il était mal vn irévolutionoaires à Tépoqiie où il fut rappelé de la Corse. Afin de le ^cr, on feignit de le charger d'une mission pour Constantlnople ; mais, réalité , Il devait se diriger vers la Toscane dans le plus grand secret, j traiter avec le grand-duc et avec Naples des moyens de sauver le de la famille royale. Danton lui môme, voyant la ruine de son parti ;her, voulait se ménager un refuge. Il envoyait donc Sémonville ■Toscane, Maret à Naples, et avec eux M. de Montliolon, fils adopttf ih premier, qui avait combattu en Corse sous Napoléon , et devait re< iMilUr tes dernières paroles à Sainte-Hélène. Cette arrestation ruina

' bans l^ynme de Cliénier, on chantait :

Disparaissez , prêtres impurs ; Fuyez , impal«antM ooliorles !

Camille n'est plus dans vos murs, Et les Gaulois sont à vos portes.

cation contre la république. La populace exdtée assassina I ministre français Hugues Bassevilie (1793), qu'elle accusa d% voir été envoyé pour attiser sur les rives du Tibre Tincendie té volutionnaire. Ce meurtre causa, comme on peut le penser, ai vive rumeur en France, où Ton jura de ne pas le laisser iropwri

Naples subissait Tinfluence toute-puissante de la reine Cut line d'Autriche , soeur de Marie*Antoinette , qui , à ce titra avait les Français en exécration. Elle était excitée en outre pi le ministre Acton et par les Anglais , qui espéraient réduire a pays à subir leur patronage. La peur rend cruel : la joiN d'État déploya dans ses jugements une rigueur farouche; d imagina des preuves contre vingt mille prévenus , et dressa dl listes de cinquante mille suspects. Caroline voulait déini| ce vieux préjugé qui tient pour infâme le diiateur : ellefllll vrit en conséquence le pays d'espions , remplit les prisoos é plutôt les fosses du château Saint-Elme, et celles de Hessiai de condamnés et de suspects. En même temps elle se proemll de l'argent par tous les moyens , dépouillant les églises de leil ornements , les banques publiques de leurs fonds. Elle rasseai bla des forces considérables , et réunit bientôt trente-six mil hommes de troupes , cent deux bâtiments de différente «K deur, portant huit mille six cents hommes d'équipage; cari faim poussait beaucoup de gens à s'enrôler. Malgré la neotratt promise, elle s'allia avec l'Angleterre (aoât 1793), et les bM ments napolitains s'avancèrent pour piller Toulon; mais ils é réussirent pas. '

C'était l'époque de la terreur , et beaucoup de provinces I Midi étaient en insurrection. Si le Piémont alors eût donné 1 main aux Lyonnais, aux Provençaux, aux autres partis, g) rondins ou fédéralistes , il aurait joué un rôle important , l peut«étre changé le sort de la France; mais il répugnait au n Victor-Amédée de se joindre à des républicains. Kellermatt chassa les Piémontais de la Savoie; une autre armée et vahit, parla rivière, Vintimilleet Oneille, se préparant parK les moyens d'attaquer le Piémont , que d'autres troupes vicM rieuses menaçaient par le mont Cénis. Les Français, arréll quelque temps dans la Ligurie par la forteresse de Saorgifl

PSBM1ÈBS8 CAMPAGRIS DE NAPOLÉON. 09

iureot pourtant par l'emporter^ et par occuper le col de fcade. Maples, où l'on venait de découvrir une conspiration, m trouva dans riropossîbilité d'envoyer des secours ; rAutriche ft Direber quelques régiments , que les Fran<^is attaquèrent UaaAi dans le camp de Dégo (septembre 1795), et forcèrent Il battre en retraite.

La France, aussitôt qu'eUe échappa à la terreur, sembla pnloir se réconcilier avec l'Europe ; mais le Piémont et l'Au- Ifidhe deoiearaient opiniâtres; car ils croyaient soutenir une ptnt de principes. On continua donc de combattre dans les 11^ et dans la rivière de Gènes. La république française |Bt fût la paix avec la Prusse et l'Espagne, Schérer fut Éioyé avec des forces considérables en Italie, où, secondé ff Masséna et Serrurier , il battit à liOano le général ^u- Pém GoUi , qui perdit toute son artillerie et ses bagages. fbiht alors que l'Autriche envoya pour commander ses troupes I général Beaulieu, à qui la France opposa Napoléon Bona-

r Bonaparte était né en Corse ■, d'une famille noble qui , avec bSaiieetti, favorisait la France, et qui fut proscrite lorsque pi Paoli et les Pozzo di Borgo remportèrent. Les Bonaparte t alors à Marseille, où madame Lœlitia, restée veuve

trois jeunes enfants, menait une vie précaire et difficile.

de ses fils cherchaient à se frayer une carrière, et à profiter

t chances du moment. Napoléon , le second , qui avait été i par son oncle Tarchi-diacre Lucien , puis admis h Técole iNMenne, était officier d'artillerie. 11 s'était jeté dans le parti |M)in, et signait Bruius Bonaparte, La prise de Toulon avait bnnnicé sa réputation militaire; le combat du 13 vendéitire, livré aux sections de Paris qui s'étaient levées en armes Intrela convention, l'avait mis tout à fait en évidence. Lorsque iDirectoire, manquant d'argent, songea à envahir l'Autriche faire vivre ses armées sur le territoire ennemi , quelques

'Ob a remarqité que, dans la même année 1769, naquirent Napohi» Weifiagloo, Walter Scott, Canning, Cliateaubriand , Soult, Métaet-Ali.

70 LES JAGOBIlfS BN ITALIB.

gédéraux proposaient d'attaquer Vienne directement « et i terminer la guejrre d'un coup : mais ce plan semblait chimli que. Bonaparte méditait de son côté d'y arriver par ritil Déjà les barrières avaient été franchies, lorsqu'il fut ooiiii pour remplacer Schérer comme général en chef. Il crutdÉ qu'il était temps de frapper l'Autriche , âme de tous les gsi vernements italiens, en s'armant contre elle du patriotae national > : cette puissance serait expulsée, car la France reM sans ennemis sérieux au delà des Alpes, il promit donc ^ partant que , sous trois mois , il serait au de retour à ^tfis, i vainqueur à Milan. I

(1796) Le Piémont barrait alors les passages avec vingt'dÉ milie soldats sous les ordres du général Colti , et l'Autridiell trente mille sous Beaulieu,qui à l'expérience d'un vieillard joipi la verdeur d'un jeune homme : mais la jalousie qui régnait aV eux les empêchait d'opérer d'accord. Bonaparte trouva à H ( 26 mars ) trente-^x mille Français dans une conditioB dé[^ rable , n'ayant ni habillement, ni argent, ni vivres, ni cfaeiai mais du courage , de la constance , l'enthousiasme répuUieil et de vaillants généraux tels que Masséna et Augereaa,^ savaient communiquer aux sol(kts leur propre bravoure; l| Harpe, aussi courageux qu'instruit; le brave et méthodifl Serrurier; Berthier, que distinguait son habileté dans les 4 tails et la justesse de son coup d'oeil. '

Bonaparte , plus jeune qu'eux tous , prit le ton d'au é

' « En propageant les priacipes de la liberté en PiëmoatetàiSii en y allumant la guerre cîTile, c'est le peuple qu'on soulève ^nutl nobles et les prêtres; on devient responsable des excès qui acoonl gnent toujours une pareille lutte. Arrivés, au contraire, sur I'Adf| nous serons.... en position de proclamer les principes de la liberté, | d*e\citer le patriotisme italien contre la domination étrangère; < n*aura pas besoin d'exciter la division des diverses classes de citoyii nobles, bourgeois, paysans, tout sera appelé pour marcher d'acn pour le rétablissement de In patrie italienne. Le mot Italiat It^^ proclanaé de Milan à Bologne, produira un elTet magnifique; predtf sur le Xéain , les Italiens diraient : Pourquoi n*avances^wm JN"' MAPOLÉon, Campagne d'Italie,

PBBMTiBX3 CAMPAGNES DE NAPOLÉON. 71

ianÎTint : Soldats ^ dit-il , vous êtes mal vêtus, mal nourris, i le gouvernement , qui vous doit tout , ne peut rien pour m. /e vous conduirai dans un paradis terrestre , où vous )»mere% des plaines fécondes, de grandes cités, de ferfts provinces , où vous attendent F honneur, la gloire, les

l'I distribua quatre louis à chaque général, tant la misère |wt grande! Bientôt vainqueur àMontenotteCavril], il débouliàllillesimo sur le centre de l'ennemi. Ayant séparé ainsi

tPiéaHmtais des Autrichiens, il s*élanç9 vers ces derniers, et I de Cherusco une proclamation ainsi conçue : Peuples UisUe, Varmée française vient rompre vos chaînes ! Le mple français est. ami de tous les peuples; venez au-devant ^ki, y os propriétés , vos usages , votre religion, seront Impedér. Nous ferons la guerre en ennends généreux , et HÉbuNl aux tyrans qui vous tiennent asservis. ** aeeoida un armistice au roi de Sardatgne , qui , tardiveébranlé dans ses résolutions , vit qu'entre le joug autriet celui de la France, le dernier valait mieux, parce qu'il moins détesté : en retour, Bonaparte exigea les forte* de Cuneo , d'Alexandrie et de Tortone , qui assuraient communications avec la France. Alors Bonaparte, à la d'une armée dont il venait de réparer les détresses , où ft volontaires accouraient en foule, traînant à sa suite l'arprie enlevée à l'ennemi , leur adressa ces mots : yous avez ^fmporté six victoires en quinze jours, pris vingt-six vais- , dnquante'Cinq canons , plusieurs places fortes , fait mille prisonniers, gagné des batailles sans arfil' , passé des fleuves sans ponts , marché sans souliers , aqtd sans eau-de-vie , et parfois même sans pain. • Le ■m général descendit dans les plaines de la Lombardie à train de fertiles vallées, sur un sol partout ouvert à l'ardeur de il soldais. La France retentit de ces merveilles, et l'Italie Uta entre l'admuration et l'inquiétude : en effet , c'était litf tfllant épisode des guerres révolutionnaires ; c'était un spectacle iân dlntérél pour TEurope entière, et pour l'Italie en partiilier, que ces campagnes qui allaient déshabituer les esprits

73 LES JACOBINS Blf ITAUB.

français de Tanarchie , et substituer le prestige de la ^ire « orages de la liberté.

Quand Napoléon succombait à Sainte-Hélène sous le poî de souvenirs importuns, il s'arrêtait avec complaisance sur eel première campagne d'Italie, et voyait, avec un remords i vain dissimulé , le bien qu'il aurait pu faire alors à cette pab de ses aïeux , lui issu de race italienne , exécuteur des volori d'un grand peuple libre.

lous ceux qui , dans la Péninsule, nourrissaient le désir < voir l'Italie entière réunie en une puissante nation, espérèn /oe résultat de la conquête; ils l'espéraient bien plus d'unpM| libre et libérateur, que de rois ambitieux. La multitude, ii jours éblouie par l'aspect de la force, s'émerveillait dari toires si rapides de Bonaparte , et ainuJt en lui un héros ilA| Mais les prêtres, les moines, les nobles, que leuriiiiH|| rendait encore puissants , avaient en horreur les inoofilii dont on les menaçait; «t ils répandaient dans le peuple 4 sombre effroi contre les régicides, les terroristes , les deM teurs des trônes et de la foi.

Le Directoire avait conçu la pensée de conquérir la Lonbii die, dans le but de la donner à l'Autriche en édianged Pays-Bas, et par là assurer la paix. Mais Bonaparte se gtf de laisser percer cette pensée. Il caressait^ au contraire, I idées de liberté et d'indépendance ; et, se conformant aux 4 dres qu'il avait reçus, il substituait partout l'adminiitml municipale aux anciens gouvernements. Entré sur le tenitei de Parme et de Plaisance, qui avaient réparé sous les Bel bons les maux des guerres précédentes, et où florisenestl arts, Tagriculture et le commerce, il accorda au doc uni mistice. Les Autrichiens l'attendaient dans la directioo de f lence ; il ût^lors une marclie oblique , passa le Pô à Plaisane et battit Beaulieu , qui était accouru trop tard. Il livra use b taille sanglante à Lodi (9 mai), où il traversa l'Adda etafrivt Milan*. '

* « Vendémiairo et même MonteD^f te ae me portèrent pes e^^ me croire un bomrae supérieur : oe n'eet qu'après Lodi qall f»^

PBEM1EBES CAMPAGNES DE NAPOLEOff. 73

Ce beau pays, pour lequel on s*était battu pendant des siècles, l'avait entendu retentir le canon, depuis plus de quarante ans, j^ dans les fêtes des archiducs. lofais les impôts que les néliés de la guerre avaient fait augmenter Tavaient indisposé itre ces souverains étrangers, et il accueillait avec joie Tesde se placer à la tête de Tunion italienne. Après avoir rasles esprits en respectant les propriétés et les personnes, iparte institua à Milan une administration municipale et gardes nationales. Il laissa faire de grandes démonstrations 'allégresse, former des réunions politiques, et publier des Jour- . 11 imposa au pays vingt millions pour taxe de guerre , aux églises leur argenterie, aux monts-de- piété les objets igés. Ses soldats furent rhabillés, et se remirent de leurs L Ils surent se faire aimer par la vivacité et Fentraîn leus manières , bien que leurs chansons révolutionnaires it ridée d*une liberté plus soldatesque que solide. Cel Pavie , qui osa tenter un mouvement , fut mise sans à feu et à sac.

Bonaparte accorda, moyennant dix millions, des vivres et tableaux, un armistfce au duc de Modène, qui s'était réà Venise ; et , après avoir pourvu aux besoins de son ar- , il put envoyer au Directoire trente millions , sans compter it qu'il fit passer à l'armée du Rhin. Son intention était de gagner le Tyrol , et de joindre, parla du Danube , les années du Rhin , commandées par Moet Jourdan. Mais Carnot considéra ce projet comme témjéet périlleux : il lui fit donc parvenir Tordre de laisser la îtié de son armée en Lombardie, sous le commandement de llermann , et de marclier avec le reste sur Rome et Naples. iparte aperçut le danger qu'il y avait à partager le comman- !Dt, et à s'avancer en Italie à la manière de Charles VIII. le décida en conséquence à désobéir, et se disposa à assiéger le, le dernier refuge des Autrichiens, pour remonter

ridée qoe Je pourrais bien devenir an acteur décisif sur notre politique. Alors naquit la première étincelle de la haute ambition. » Uémorial de Sainie- Hélène.

UIST. UE CEUT ilSS. — T. fl. 7

ensuite TAdige. Après avoir énuméré pompeusement à Vhrnié ses récents triomphes , il lui disait : « Il nous reste d'autre « marches forcées à faire , des ennemis à soumettre , des 1m « fiers à cueillir, des injures à venger. Que ceux qui ontaigim « les poignards de la guerre civile en France aient à trembler!.. « Mais que les peuples soient sans inqurétude : nous sommes le « amis de tous les peuples... Rétablir le Capitole, réveillera « peuple romain après des siècles de servitude , tel sera le M « de nos victoires... Le peuple français, libre, respectée « monde entier, donnera à FEurope une paix glorieuse , qui I « récompensera de six ans de sacrifices. Vous raitrerez aloi « dans vos foyers, et tos concitoyens, en vous montrant, diroil: « // éfaU de rarmée dT Italie! »

Venise justifiait mal son ancienne réputation de pnideM en affectant la sécurité , alors que les tribunes de Paris reiatissaient d'imprécations contre sa noblesse , contre son eofisél des Dix, contre ses inquisiteurs. Placée entre ces menaces et 11 défiance que lui inspirait Tavidité autrichienne , elle crut d^ tourner le péril en ne Tavouant pas, et continua de se livrera ses fêtes licencieuses , sur les bords du précipice. Un ordre ami insensé qu* inconstitutionnel des inquisiteurs d*État défendit If donner communication au sénat et au grand conseil des rappatf envoyés sur le véritable état des choses, ôtant ainsi à cesH* semblées le moyen de faire des propositions opportunes. iM était-il possible de garder davantage sa dangereuse neutralitéi quand Tarmée française entrait sur son territoire? LesjeoMS oligarques étaient d*avis de défendre les frontières contre q» conque oserait les violer le premier .^es vieillards auraient vouli se jeter dans les bras de T Autriche , (fui depuis longtemps c«voitait une pareille acquisition. D'autres, plus hardis, penebaicfll pour la France victorieuse et républicaine , n*ayant poiot à térét h détruire cette république , mais seulement à loi rajeunir, conformément à ses propres idées, sa constito décrépite.

On s'arrêta au plus mauvais parti , à la neutralité non Qu'en résulta-MI ? Bonaparte entra sur le territoire d« Bi en protestant qu'il ne voulait offenser en rien la sérénissiaierf

PBBMiiBSS CAJ1PA6MIS BB HAPOLÉON. 76

fibliqne. Beaulieu viola à son tour le territoire , et occupa par surprise Peediiera; maisquaDd Bonaparte, vainqueur a BorgliMo, eut passé le Miocio , Beaulieu fut obligé d^abandonner cette forteresse pour se retirer par le Tyrol : les Français s*établireat dans la place; puis, s'étant emparés de Vérone et de loote la ligne de TAdige, ils mirent le siège devaut Mantoue.

La contagion républicaine gagnait Tltalie entière. La no* blase et le elergé, les Autrichiens, les Anglais , s'efforçaienC d'en étooffer les germes; le pape fît des préparatifs militaires , le roi Ferdinand emprisonna à Naples les patriotes , et mit sa cooionne sous la protection du ciel; les Anglais soufflèrent partout le feu et prodiguèrent Tor.

L* Autriche ne pouvait plus songer à envahir la France. Voyant éoot que la perte de Mantoue la laisserait découverte de ce ctté , elle envoya , par le Tyrol , le maréchal Wurmser, à la télé de soixante mille combattants. Ces forces , secondées par lesdii mille hommes qui se trouvaient enfermés dans Mantoue, cl par les Tyroliens dévoués à T Autriche, pouvaient mettre Bonaparte dans la plus diflkile position. Les patriotes s*en alarmèrent « et leurs adversaires reprirent de Taudace. Déjà ks Autricliiens se disposaient à passer TAdige sur tous les points, et Ton ne songeait plus qu*à la retraite, quand Bonaparte osa abandonner le siège de Mantoue, où il laissa ses batteries enclouées, et concentra ses forces à la pointe du lac de la Garde. Bientôt la bataille de Lonato releva les chances de laTrance (30 août 1796), et la campagne se termina par la vidoire de Gastiglione, où trente mille hommes en défirent soixante mille. >

L'admiration n*eut plus de bornes, et Bonaparte prit un ton pbs haut avec les puissances italiennes. Il flatta les peuples de Tcspérance de devenir libres, s'ils savaient rester d'accord, et ienr promit qu'ils ne seraient ni Français, ni Allemands, mais Italiens*.

' HapoléoB dliait tu doeleur Antomarclii : « Quand j'eotrat pour ta pruuièie kis es Italie , fêlais jeune oonuie vous; j'avais la vivaelté , le ^ ^ la jeunesse , la connajasapce de mes forces et le désir de Im

Pendant ce temps, le Directoire ordonnait à Jourdanets Moreau de s'avancer séparément en Allemagne. Malgré ce plai vicieux, ils furent vainqueurs à Essling, et s'avancèrent ji» qu*au Danube. Mais les belles manœuvres stratégiques du jeoae archiduc Charles obligèrent Moreau à effectuer cette retnîk célèbre, dans laquelle il parvint h ramener son armée saJH et sauve. Aussi tous ceux à qui plaisent surtout les talents di second ordre mirent cette retraite aussi haut que les vidoifa de Bonaparte.

Le général de l'armée d'Italie aurait voulu seconder cesmofvements militaires en se dirigeant vers l'Allemagne, et d^l avait pénétré jusqu'à Trente ; mais Wurmser, qui s'était enfooeé dans leTyrol, redescendit dans l'Italie en suivant le cours éeli Brenta, et contraignit Bonaparte à revenir sur ses pas. Il oeféM* Bit toutefois qu'à se jeter dans Mantoue, où une famine horrilik ne tarda pas à se déclarer.

Bonaparte pressait le Directoire de faire la paix avec la fitats italiens les plus forts, et de déclarer l'indépendance dci autres. (10 octobre) Enfin, un armistice fut accorde au roidi Naples , à la condition de rappeler les contingents envoyés à l'Angleterre et à l'Autriche , d'ouvrir les ports napolitaiof aux bâtiments français , et de payer six millions à la répabli* que. Quant aux nombreux prisonniers d'État, il ne s'en oecupi point.

Victor^Amédée IIl vint h mourir, et Charles-Emmanuel IH

mettre à l'épreuve. Les vieilles moustaches méprisaient ce coiiHiiaadant imberbe; mais ils étaient réduits au 4lence par mes actions d*édrf* Une conduite sévère > des priuctpes austères , paraissaient étrange du* un jeune homme né de la Révolution. Je marchais, et Fair reCentissiil d'appiaadissemento. Tout dépendait de moi : savants, ignorants, riches, pauvres, magistrats, clergé, tous étaient à mes pieds; mon non était cher aux Italiens. Je vous avoue , docteur, que ce concert dlioi»mages m^exalta, m^occupa tellement, que je devins inaen^ible à tout ce qui n'était pas la gloire : Je ne voyais que la postérité et l'Iiisloi'^ Les tidles Italiennes taisaient étalage de leurs charmes, mais j'y éCiii insenailrie : il est vrai quVIIes se dédommageaient ^voc ma suite. Qvd temps! que de bonheur ! que de gloire ! »

PBEMIERES CAUPAGNES DE NAPOLEON. 77

hii saeoéda. D^une sunté faiMe et d'une imagination inquiète-, il accepta Pamitié des Français en leur cédant la Savoie et Kin, et en leur assurant les passages des Alpes. N'oubliant pas toutefois, au milieu de ees désastres, les espérances nourms par ses pères , il insistait pour avoir la Lombardie ; mais k Directoire la tenait en réserve pour on marché plus avan-

On Dégodait toujours avec Gènes au sujet de l'indemnité due pov la frégate ia Modeste ; et Bonaparte exigeait qu'elle châiit les Barbets, brigands qui assassinaient les Français; il ^lait en outre qu'elle chassât plusieurs familles dévouées à TAttriche et à ISaples. Les Anglais arrivèrent tout à coup, sous âti ordres de Nelson , attaquèrent dans la rade un bâtiment teiçiis, et le capturèrent. Tant d'arrogance finit par indigner kl Génois, et ils acceptèrent l'amitié de la France^ en excluant à leurs ports le pavillon britannique.

Obéissant surtout aux instances de Bonaparte , qui avait au le mérite de nous montrer les malheurs et les fautes

BM divisions, des députés cisalpins parcoururent le pays pour fraterniser les peuples. L'Italie centrale était remplie ITeipnts ardents qui caressaient l'idée de l'indépendance ita- ■Bme ; mais ce fut Reggio qui la première envoya des manda* • B6es pour s'entendre à Milan avec les Cisalpins, et fêter l'au- Im de l'unité italique. Modène opposa de la résistance aux fMriotcs ; mais Bonaparte , alléguant la violation de l'armistice, IMama la déchéance du duc et la liberté du pays. Bologne iFenrare se constituèrent en républiques, et s'unirent à la Loinindie. La Toscane s'était en vain montrée amie de la France : bnaparte ne tarda pas n' se plaindre d'elle, et, la traversant Bseignrs déployées , il poussa une division sur Livoume, où 'était établie une escadre anglaise : il l'en chassa , confisqua les iDpriétés des sujets anglais et napolitains, occupa les forts, \ exigea des indemnités. Son intention était de déposséder le land-doc, uniquement parce qu'il était Autrichien. En même Bipe il souleva la Lunigiane, ainsi que Massa et Carrara , iH appela à la liberté , et d'oà il tira de l'argent De tels actes «uent de nature à ouvrir les yeux des gouvernements oeutres,

78 LES JAGOBINS EN ITIUB.

qui espéraient n*étre point atteinte en s^abatenant d^agir, ils auraient dû s'armer.

Les Anglais, de leur c6té, oecupèrentPorto-Ferrajo; maitili Tabandonnèrent quand ils eurent perdu la Corse. Cette Oeed été pour eux d'une grande importance ; mais ils prirent o» brage de Paoli, le seul homme peut-être qui eût pu teoir têto h la France. Il se rendit à Londres (1795), et y condut m traité d'union entre la Corse et rAngleterre, lai oonservnitH nationalité , ses lois et sa religion ; mais les Corses n'y aoqui» cèrent pas ; aidés par Bonaparte, ils secouèrent le joug w»^^

( 1797) François II, ne se résignant point encore à la poli de la Lombardie, convoqua une diète à Presbourg. Uy loiitt les Hongrois à concourir « à la défense de la monarcbiei de k religion, de la noblesse, très-gravement menacées parb** tion française, plus cruelle, plus féroce, plus impie que Ml autre peuple barbare. » II recruta une nouvelle armée, et canyii Alvinzy tenter un dernier effort '.

Avec des forces réduites par tant de batailles, demandantàl|j république des renforts qu'il n'obtenait pas, Bonaparte eut i^ faire face à ce nouvel ennemi. Il livra de nouveaux combatif Caldiero et à Arcole ; et les Autrichiens se virent encore foidl de battre en retraite. Bonaparte organisa à Milan une lé^ lombarde, dans laquelle les Italiens de tous les pays fratersiAi^ rent, oubliant leurs anciennes divisions; puis une légion poii^ naise, composée des compagnons de Kosciuskoetdes exilés alll|| mands, qui venaient répandre leur sang pour cette liberté aw

* Lorsque, ver» la mi-janvier 1797, AlvioEy menaçait la ligne de Pi*-, dige, tous les officiers de Napoléon le pressaient de couper la oMedl; Castagnaro, ce qui, en faisant sortir ce fleuve de son lit poor oBff ses eaux à celles du Tartaro et de la fosse d^OsUglia, aurait iaM toute la contrée entre TAdige, la mer et le Pé, au-dessous de ItpH^ L'aile droite aurait été ainsi assurée , et la ligne iiitlttaîre raeroarclh Bonaparte s'y refusa, à cause du dommage Immense que le ptysa»*^ éprouvé; tandis que les Anglais, sous les ordres de Sidney«6aiifr« H^ se firent pas scrupule en Egypte de oonper la digne du lac Malisdiéh# i qui porta le ravage dans tout le pays, et menaça Alexandrie, ftesiap' ; chin h'hésiti pas davantage à brOier Moscou,

Page 1