‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 76 sur 127 · PBBHIÀBES CAMPAGNES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

PBBHIÀBES CAMPAGNES DE NAPOLÉON

Il alla offrir aox magistrats, au nom de Bonaparte, de prendre ha part des dépooilles; mais il fut forcé de répondre au géaénl français : « J'ai trouvé chez les municipaux dès cœurs trop « âerés pour consentir à ce que vous avez proposé. Nous cher-

• chertms une terre libre, m'ont-ils répondu , mais en préfé^

• tant la liberté à finfamie. » Bonaparte répliqua par des in- Rdtes, disant que la république française ne voulait pas ré- {■Mire son sang pour les autres peuples; que les Vénitiens Paient des discoureurs insensés, des lâches, qui ne savaient faefiiir. Mais lorsqu'en réponse à leurs plaintes il leur dit : Eh tkn, dtfendeZ'Vous ! une voix libre et lîère s'écria : Traitre, iiÊdez-nous ces armes que vous nous avez ravies ■ /

Le 19 janvier 1798, Venise vit entrer les Autrichiens, qui du loÎBs, dans leur marché, n'avaient point parlé des droits des fMptes, ni promis la liberté à ses habitants.

' H ttt diffidle à on Français de ne point protester contre le aentipamoimé et honorableraent partial avec lequel riiistorien italien te ici la chate de Venise. On peut condamner la destruction de ancienne république et la manière dont Napoléon Ta sacrifiée de cette traduction l'a fait hii-mémc, en termes sévères, dans arCieie Napol^r de VEncyclopédié des gens du monde et aiU ); mais M. Canta, trop dominé par ses sentiments nationaux, adé* les limites de la justice historique, en ne mettant en lumière quu ronslancce les plus dores de l'événement; en citant divers détails eertitade dooteose ; en passant tout à Cait sous silence des faits tels que le massacre des Français à Vérone, dans le- |k1 le gouvernement vénitien avait trempé , au moment même où il InaJt an général français de perfides assurances d'amitié. Bonaparte bait maintenu , dans les préliminaires de Léoben , l'existence indépenlaie de Venise : après le massacre de Vérone, il se décida à la frapper kiNtoyablement Cette observation n'a point pour but de justifier, mais kaothnar pliia exactement la oondoHe de Napoléon. (Av. R.)

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ITALIE. - REPUBLIQUE CISA.LPIHK.

Le retour de Bonaparte en France fut un continuel triompbe; le Directoire fit présent à Tarmée d'un drapeau su\ lequel ai lisait ces mots : « L'armée d'Italie a fait 150,000 prisooaiefSi « pris 170 drapeaux, 555 pièces de siège, 600 pièces de ca» « pagne, 5 équipages de pont , 0 vaisseaux , 12 frégates. 11» « vettes, 18 galères. •— Armistice avec les rois de Sardaigpe^ « de Naples, avec le pape, les ducs de Parme et de Modàe. « — Préliminaires de Léoben. — Convention de MontebcOo « avec la république de Gênes. — Traités de paix de Tolentiao « et de Campo-Formio. — La liberté donnée aux peuples k « Bologne, Ferrare, Modène, Massa, Garrara, de laRomagnCi « de la Lombardie, de Brescia, Bergame, Mantoue, Crémooei^ « partie du Véronais, Chiavenna, Bormio^ la Vatteline; ait' a peuples de Gènes, aux fiefs impériaux, aux départements d^ « Corcyre, de la mer Egée et d'Ithaque. — Envoyé à ?m^ « chefs-d'œuvre de Michel-Angç, de Raphaël, du Gijerdiil|| « du Titien , de Paul Véronèse , du Gorrège , de Léonard M « Vinci, etc. — Triomphé en dix-huit batailles rangées : MonlK « notte, Millesimo,Mondovi,Lodi, Borghetto, Lonato, OsA^ « glione, Roveredo, Bassano, San-Giorgio, Fontana-Ifiva, C* « diero, Arcole, Rivoli, la Favorite, le Tagliamento, Tarmt « Pïeumacket. — Livré soixante-sept combats. »

Le monde longtemps encore aimera les victorieux. L'faeuitoi succès des armes de Bonaparte en Italie donna au Directoire dtf amis et des partisans nouveaux. La France se voyait couroofl^ de cette gloire dont elle fut toujours avide : elle dominait akM des Pyrénées au Rhin , de l'Océan au Pô. Glorifiée par Id peuples, redoutée par les rois, en paix avec la Prusse elrrAtttriche, elle renouvela avec l'Espagne l'antique pacte de toiUs* Elle avait, pour se défendre, de vaillants généraux encore irréprochables; quinze mois de durée avaient consolidé son ooQ*

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gooTernemeot; elle espérait réparer promptemenl les maux qa*elie avait eu à souffrir.

L'armée de la Vendée arait terminé sa campagne Tictoriense. Boefae, fllostré par la pacification de ce pays, proposa de porter h guerre en Angleterre^ en soulevant Vlrtande. En effet, T Angletore se trouvait sans alliés , depuis quel* Autriche était vaineue. Us ports de Vltaiie et de TEspagne lui étaient fermés, ses insDces étaient appauvries; les élections approchaient alors, et OB prévoyait que le nouveau parlement n'adopterait pas la politiqne de Pitt. Elle voyait surtout avec une profonde jalousie que b France eût acquis les Pays-Bas, qui, indépendamment de tontrées fertiles et industrieuses, la rendaient maîtresse de fembonchure des fleuves les plus importants pour le commerce èi Nord, de ports et de cites situés en face de l'Angleterre , et fi lui permettaient de dominer sur la Hollande. Pitt feignit dBK d'accéder à des propositions de paix , mais en posant pour ka» du traité la restitution des Pays-Bas, bien certain qu'il ne febtieDdrait pas. En effet , les négociations ouvertes forent faitét rompues. Les Françds tentèrent un débarquement en > Aaglelene; mais la tempête dispersa leuls armem^ts, au ' fiad détriment de ^eurs finances et de leur réputation. De son Mté, rAng^eterre s'était jetée dans de telles dépenses, qu'il en iMta pour sa banque une crise très- périlleuse : elle s'en tira |ar une émission de Inllets de petite valeur. Le cabinet britan* iiqiie fit de nouvelles ouvertures de paûc ; car il était à craindre fie la France , l'Espagne et la Hollande ne débarquassent en Htade, où les catholiques opprimés épiaient toutes les occatos de secouer un joug détesté.

En France, cependant, les élections pour la rénovation des deoz conseils avaient tourné contre le Directoire * ; on dénigrait hphqiart de ses actes, on blâmait surtout la trahison dmit Venise avait été victime. Les émigrés rentrés se donnaient beaucoup de mouvement, et la contre-révolution gagnait du terrain :

' Le coup d*État do 18 fhididor an VI , qni en (îit la conséquence, Mt précédé de trois mois le retour de Bonaparte à Paris, qui eut lieu leUfffiaiaireanV1(& décembre 1797). (An. R.)

mais les années demeuraient républicaines , et Bams di»|K

Hoche de tenir les conseils en respect. Les clubs, qui s^éliiat

rouverts, en jetèrent les hauts cris; les royalistes préparerait

un coup de main. En vain les constitutionnels, parmi lesqidk

se distinguaient madame de Staël et Talleyrand , s*employaiait

à prévenir une collision; des deux côtés on tremblait de foir

renaître les tempêtes. La discorde était parmi les direeteun

eux-mêmes, à Toccaslbn des traités de paix. Alors Bams, Il

plus résolu d'entre eux , se décida h un coup d'État : 18 irae-

tidor (4 septembre 1797). Il surprit les Tuileries, arrêta Piebcsn»

le directeur Barthélémy et un certain nombre de députés, m

milieu des cris A bas les aristocrates! Garoot 8*enfuit; be»

coup de gens furent déportés , et parmi eux les rédacteurs 4$

quarante-deux journaux. Les élections des membres opposnH

fiirent annulées, et le Directoire renouvelé s'attribua des poir

voirs plus étendus. L'énergie déployée dans cette cirooostaui

êta à beaucoup de gens l'envie de se mêler de politique; Ici

royalistes en restèrent déconcertés , et le Directoire remit en ft

gueur diverses lois révolutionnaires.

Le gouvernement, redevenu fort, remit les patriotes en k»t tiens. Merlin et François de Neufchâteau iîirent appelés au ïAt rectoire. Hoche étant mort à vingt-neuf ans, au milieu d'mi gloire sans tache , Tannée d'Allemagne dont il avait le cook mandement fut conflée à Augereau, qui s'était montré aiM patriote en Italie, et avait fait la journée du 18 fructidor, le gouvernement éleva dès lors ses prétentions vis^-vis de t'As* gietore; et le congrès qui s'ouvrit à Lille, pour traiter delà paix avec elle, n'amena aucun résultat. Un autre se réunit pour la pacification de l'Europe à Rastadt, où la liberté se trouva ea présence de la féodalité. Les États d'Allemagne s'y plaignirert amèrement de l'Autriche, qui les avait laissé dépouiller, si 3vait livré Mayence pour s'agrandir elle-même.

La France avait à accomplir la tâdie difficile d'organiser ^ républiques qu'elle avait créées. Bonaparte aimait comme soi ouvrage la république cisalpine, qui , comptant 3,500,000 babitanu, avait, avec Mantoue, l'Adige et Pizzighettoae pooc; défense , de grands éléments de prospérité. La Valteline, (wtifil

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