LI G0N8DLA.T
et déôgnait les deux consuls, ud poor la paix, Tanfcre pow li gnerre ; le sénat pouvait Fappder dans son sein » ee qui éqûitlait à une destitution.
Tel était le plan de oonstitution imnpDé par Sieyes, Uûê, dans oe système , Téleotion du peuple , appdé à désigner doq mille candidats , était illusoire. Ce sénat qui n^avait qu'un dnit de veto, ce corps législatif muet, ce grand électeur înaetif 4 nominal, compliquaient la machine de contre-poids iniitil«; et si elle eût pu se mouvoir librement, il en serait résulté OM aristocratie fainéante. Soumise à une impulsion puissante, ék devait conduire au despotisme. Quant à la liberté de la presse» à la liberté individuelle , il n'en était point dit un seul mot O pendant on approuvait généralement des dispositifs qà tendaient à assurer la stabilité après un mouvement désordosné, et à rendre les délibérations paisibles après tant de bavarfa^s bruyants. Bonaparte seul crut voir compromises cette force el cette stabilité qu'il jugeait essentielles ; le grand éleetenr W apparut sous l'aspect d'un des anciens rois fainéants, ou, pov employer s(m expression, « d'un pourceau engraissé à VeisaQIa avec quelques millions. » Sieyes n'osa défendre un peste fi*il avait rêvé pour lui, et qui lui eût fait à peu près la pocitioi d'un roi d'Angleterre.
Il était encore trop tôt pour songer à un chef unique. On eot» serva donc les trois consuls, dont un devait être le véritaUe chef, et les autres, ses conseillers nécessaires. On ménageait aàtfî la forme monarchique, que Bonaparte sentait être inévitable, et avec elle l'existence d'une aristocratie. L'aristocratie se troo* vait en germe dans le sénat ; la démocratie ne conservait que II trlbunat, dénomination tout à fait illusoire.
Sieyes s'effaça pour entrer, avec une dotation brillante, àm le sénat. C'était un e^rit profond, un logicien qui allait an £»' des questions politiques ; mais il était chimérique et pédaDtes(|iie dans la forme : après avoir donné la parole à la Révolution, il avait espéré la réduire au silence par ses rêveries constitution* nelles. Bonaparte premier consul choisit pour colites Cav* bacérès et Lebrun : l'un, jurisconsulte éminent, avait voté la mort du roi, et avait toujours favorisé le pouvoir, quel qu'il (^
CONSTITUTION DS LUN Vlll. 137
netlaiit, par peur, à son service tout ce que pouvait lui fournir a profonde conoaissance des lois ; Tautre, écrivain distingué, avait été un bon administrateur sous Tancienne monarchie.
La constitution fut acceptée , et l'adresse qui raccompagnait se toniDa par ces mots : La Révolution est fixée aux principes pdr<nU commencée; elle est finie. En effet, le passé était détait; ToD avait établi des principes clairs , et qui étaient nou* ; un édifice durable allait s'élever sur les bases de Tunité , de régaiité devant la loi , et la génération actuelle Mtoigagée à le maintenir. Maïs, bien loin que la Révolution ilt tHralnéey ce fut à partir de ce mom^t que ses fruits com- ■encmit à mûrir et à se propager.
ht» ionetionnaires forent nommés par Bonaparte ou par son îaftMDce, et ils se trouvèrent ainsi sous sa main. Il choisit pour Koétilre d'État Ifaret, journaliste à la rédaction prompte, ■Bàoerité souple, propre à seconder un homme de génie; son Mre Loden obtint le ministère de l'intérieur, et Talleyrand ' ce* hideiafiEBires étrangères; Fouché resta chargé de la police.
' Ce penounage» déjà nommé plus haut , issu de Tune de ces grandes telles iéodaks qui avaient précédé en France Tère monarcliiqiie , *nit été destiné d^abord an service militaire; mais un accident qui le (Mtboitenx lui ferma Pentrée de cette carrière. On le fit entrer dans l^ise, non par vocation, mais pour en faire un évoque ou un car- *"•!. n devint, en effet , évèque d'Aufnn ; évéqne mondain , libertin , Arepeaseor, ami des encyclopédistes, reclierclié et redouté tout à la ^de la toaote société. Il en était la terreur par ses éptgrammes, il *v«i la captiver perses flatteries; mais au fond il se moquait du roi, foplâlosopbea, des grandes dames, de la vertu, de tout. Quand la ^«tioa éclata » il ea adopta les principes , en tant que favorables à *»âéfaUon; il jeta de côté la mitre, qui n'était plus pour lui qu'un *"*liVTas, Mais U n'était point armé de cette puissante parole qui avait "^<le Mirabeau, son ami , le dominateur de la tribune; aussi ce fut du ^àn aégaciations et des intrigues de la diplomatie qu'il tourna son ^ ■eeptiqoe et pénétrant. Dans rassemblée , il sut perfectionner Part *><ileace, laissant penser qu'il couvait de grandes choses ^ ne se rêvé- ■■* V€ par ce» saillies, ces traiU qui font effet sur la multitude. Rentré 2^riace au sortir de la terreur, à peine eut-il mis la main aux aU '^^ diplomatiques, quMI y déploya cette habileté instinctive et pratique
138 LE COnsULAT.
BOtlapârte avait donc pour but de fondre toutes les faetùms : Gouverner ccec un parti, disait-il, c'est se mettre tôtw tard sous àa dépendance. Jiè ne m*y prendront pas. Je suis national; fe me sers de quiconque a de la capacité et le désir de nutrcher ùvec moi. Le goutemement doit se placer au centrée» partis. De ce moment, il fut Vraiment dictateur, avec une autorité sanë limites. Mais telle était la lassitude généFale^ qu^oa m 8*en aperçut mémepas^ etqu*il ne rencontra aucune opposition. On Voyait en lui la nation, et sa gloire parnissait cdleëek Fran<ie. Il semblait que la liberté fût affermie par la i^pnssieB des factieux^ Tégëlité par lies bonnes lois^ Tordre par là sàâ^ tution des faits aux théories des utopistes. On se figurait qQ'n état de choses qui, pour Bonaparte, n*était que transitoôt, devait se perpétuer i ^ l\ accoutumait à Tunité , et c'était m p* mier pas. La sagessi^ consistait à marcher au Jour It jouh s'écorter d*un point fixe, étoile polaire de Napoléon pov duire la Révolution au port qu'il lui avait marqué <. »
Il nV «ut de journaux qtie les treize qui furent déslioiésptf le gouvernement. L'administration municipale, morcelée entrt une multitude de communes^ fut organisée par districts, de manière à là concentrer aux mains des préfets, afin que Pactioa de tous ces magistrats, placée sous la main du t>remier consola fit disparaître le désordre produit par ce manque d'upîté. On vit aloi^ un système puissant d*adininistratiOa étAJUi, non stf
qu'il apporta sttrc6ss1vtsnir>i]t aU serTÎce de la république, de l^«iBpT«i du régitiie constitnlionnel, de toutes les phases de la monarelMeetdi la Révolutloa. toujours prompt à tendre la main ao puisasat du ]««i il avait l^autre déjà tournée vers le pouvoir d<l lendemain. CMsUfO^ le succès comme la première des vertus, iS'tihablleCé et le nnlkcar comme les torts les plils impardonnables^ sans foi ; sans eosvidiaBl rien, il n'adorait et ne courtisait que la forlUne. Habitué à voir le dessous de toutes les affaires , il ne rapportait jamais qu'à de ^^ causes les plus grands étiéncmenls de ce monde. Trop pea sérieoi» trop peu sincère pour être sensible au bien de Hiumaalté, il GOiap^ naît pourtant que la paix était devenue le premier besoladeta Rér?^ hitlon , et tout l'efTort de son esiwit s^était tourné vers Cc but. » Mémorial de Sainte- Hélène.
GOfISTITlITION DB L*AN Vllt. tM
des abstrsieiioiis , mais sur des iDstîtotkms positivies^ et dans kqoel le télégraphe fusait tout mouvoir. C'était une réaction contre le système de 1789 ; c'était une égalité réelle , une iûénrehie dont n^approeba Jamais celle de la monarchie ancieiiiie,et que n'entravait pas l'obstacle des privilèges. C'était oadapoUsme démocratique^ formé des réminisc^ces de Tan* deo ngime, jointes à la ptaissance d'action du comité de salut lablie. Cest ainsi que Btauiparte préludait à son système, conceatiaot toutes les inteUigiinces comme tous les faits autour de Tiotorité souveraine, non à l'aide de petites lois dictées par la pBRion, mais par la force, et en détruisant les idées pour se sers vir des hommes.
Bonaparte^ après avoir fait célébrer solennellement les obsè«> (|Ks de Washington (19 février }, qui sut fonder unerépubllfveet la respecter^ fit, à Tége de trente et un aas, son entrée dns le palais des rois, entouré d'une pompe militaire et royales ^urrierute, dît-il à son secrétaire, maintenant que mnt»' sommes aux Tuileries, il faut nous y maintenir. U songea à sa fonner une cour au milieu de sa propre famille, qui désormais Hipartient à l'histoire, puisqu'elle deviendra une pépinière de >Hs. H respectait son frère Joseph comme le chef de la fa^ ^lie, et il le destinait à négocier la paix qu*il espérait donner ^ la république. Il haïssait dans Lucien l'attitude républicaine, VDefrabehise parfois mal venue, et certains droits qu'il avait à sa reconnaissance^ poids insupportable pour celui qui s'est ^é. Tous deux néanmoins avaient foi dans la grandeur ^vre de leur frère , et ia préparaient en laissant entendre déjà ee que lui-même n'aurait osé révéler encore. Il se pro* P^t de confier plus tard l'armée à Louis, et la marine à Jé« ^me. Sa sœur Marianne, gracieuse et amie des gens de lettres, tvait épousé Pascal Bacciochi, simple officier : Bonaparte leur lît prendre les noms plus poétiques d*Élisa et de Félix. La main <^la belle Pauline , dont la réputation était alors sans tache , ^'t promise au général Lecîerc; Caroline, élégante et jolie, ûutaut que vive et ambitieuse, fut mariée, avec trente mille fraiics de dot, à Murat^ soldat aventureux , tout dévoué au premier consul.
140 LE GONStlLÂT.
JoséphîDe, femme de Bonaparte, prodigue, frivole, généreuse, intrigante, liée avec l'ancienne noblesse, ennemie des jacobins, contribua immensément à ia grandeur de son mari par ses relations; mais rédat de la gloire ne paraît pas avoir suffi pour fixer ses affections. Des deux enfants ^'elle avait eus de son premier mari, Eugène, vaillant soldat, était cher à Bonaparte, qui Favait emmené avec lui en Egypte; Hortense , élevée par madame Campan , la confidente de Marie- Antoinette " , ^lousa^ plus tard, Louis Bonaparte. Autour de ces personnages, qvi seront bientôt des princes, se déployait une cour d*aides de canim eréatttvesde Bonaparte et passionnés pour sa personne. Bioildl s'ouvrirent aux Tuileries des réunions de fonctionnaires, d'officiers , de savants, au milieu desquels brillait le premier eonsaf. Les femmes de ces courtisans nouveaux, sorties de la petite boorgeoisie et du peuple, manquaient pour la plupart d^éducatioa; il en résiidtait un mélange bizarre et des disparates singidièrct entre les manières, le langage et les parures éclatantes, tout ce riche butin « que leur mari ou leur amant avaient enlevé aux femmes des vaincus. »
La société tout entière soupirait après le retour de Tordre. Le temps de combattre et de mourir une fois passé, on recommença à jouir de la vie. Les hommes, génération nouvelle qui succédait à Tancienne génération immolée , se trouvaient af^ franchis de l'autorité paternelle , du droit d'aînesse, des liens de famille. Les divorces étaient d'une extrême facilité; le mariage même ne consistait qu'en une simple déclaration. Le désordre des mœurs allait au rebours de Tordre politique renaissant Dans les danses, dans les promenades, on vît des femmes à la nnode se montrer dans la nudité antique. On protestait, par ce voluptueux cynisme, contre le cynisme puritain de la convention. Le jeu s'afticbait hardiment, et des dépenses exor-
' Madame Campan, l'une des femmes de chambre de Marie- Antoinellie, a laissé des Mémoires dont rexactilnde a été bien compromise par d'importants écrits qui ont paru depuis. Beaiiconp de ces prétendue!» confidences de la reîne ressemblent ToK àdes commérages d'antidiambrc que madame Campan se trouvait à (lortéc de recueillir. ( A». R.
GOnSTITUTION DB L'AN VIII. Ui
MtaDtes aimmitaient des gens qui s^earlchissaient sans peioe. Ijb théâtre reprit ses allures romaines; l'opéra-^omiqae et les dianfloos joyeuses attestèrent qu'on était las de souffrir ; et les peintures champêtres charmèrent ce peuple, qui la veille se déleetait aux scènes sanglantes de la guillotine. £n un mot, les idéei et les mœurs des premiers républicains avaient péri.
Les jacobins leâ plus résolus étaient morts; quelques-uns, ftÊttà les survivants» rêvaient soulèvements et poignards ; mais It plus grand nombre mettait son habileté «nu service d'un dicdont rénergieétait en rapport avec leurs idées. Les royavoyaient la monarchie trevenir, et se flattaient d'un retour des Bourbons par Tintermédiaire de Bonaparte; d'autres, sentant quil avait frappé la Révolution, espéraient qu'il tomberait eomme tous ceux qui avaient voulu s'élever contre elle. I..es gentilshommes des provinces se tenaient prêts. La basse Nornadie, l'Anjou, la Vendée, reprirent courage, et la chouan- Bcrie s'y réveilla; les rojralistes y nouèrent des intelligences ifee ceux du Languedoc et de la Provence pour désorganiser fe pays. Mais Fouché veillait à tout; il était informé, et laissait tare. Bonaparte exhortait tous les partis à se réunir dans un mi sentiment, l'amour de la patrie. II voulait que les prêtres frédiassentla récondfiation et la concorde dans les temples qui se rouvraient pour eux. Il chargea le général Brune de réprimer les mouvements séditieux ; mais, se Gant surtout dans la corfsption et dans la clémence , il cherchait à diviser les chefs, à CKiter des jalousies entre eux ; il offrait des grades dans l'armée ttx ehefs royâliates convertis. Ces chefs, en effet, déposèrent kl armes l'un après l'autre, ou se les virent arracher. George CMloudal lui-même, le redoutable chouan, vint aux Tuileries ; IHBS il ne se laissa pas séduire, comme tant d'autres , par le CPerrier pacificateur. Il abandonna sa patrie rendue à la tran* qoillilé, et partit pour TAngleterre. Afin de rassurer toutefois lei républicains , qui craignaient que Bonaparte ne songeât à jouer le rêle de Monk , on fusilla quelques royalistes.
U était difficile, en effet, de rétablir l'ancienne monarchie. Les Bourbons auraient eu des vengeances h satisfaire; les d'Orléans pouvaient convenir à la noblesse par leur écusson , et au
142 SfeCONlSX COALltTÔlf. ^ CiHPACIfB D'hIYEB.
peuple pour la part qu'ils avaient prise à la RévoHstioB;iait Louis-Philippe avait abanddnné lés républicaitls après avoli combattu avec eux, et^ riche d'intelligence , il n'avait pasasn d'audace pour saisir la couronne, qui ne devait loiédiM qu'après un long circuit. Un prétendant doit se taire , oooioiiia à cheval ; et il n'y avait plus de supériorité pffilîUe qnsli victoire : tous les partis avaient recouru à la force et à Tiaiurrection , il n'y avait que les baïonnettes qui pussent fém k royauté. Bonaparte l'avait compris, et il s'achemina aa tié« en passant par de nouveaux champs de bataille.
SECOIVDE CDALmOyi • CÀliE^ÀGNB D*âiyËB.. - PAIX DE LUNÉVUXE»
Quoi qu'en aient dit ses flatteurs, les armes fi^çaisesnlr valent pas attendu le retour de Bonaparte pour se ideim L'Autriche, Jalouse des Russes , tâchait de les renvoyer de 11 Lombardie qu'ils venaient de lui rendre, et perdait du temps a lieu de frapper des coups décisifs. Le conseil âulique resolil (août 1799) de faire passer TarChiduc Charles de la Suiai sur le Rhin , et les Russes , de la Lombardie en âuisse, \M qu'ils fussent peu propres à la guerre de montagne, et (ffk n'eussent point l'habitude du terrain ^ Masséna profita de <»()ét placement téméraire : au moment où âouvarow s'avaDÇait afil difficulté par le Saint-Gothard vers la vallée de la Aeusst pour faire sa jonction avec la division russe de Korsakow, il attaqua ce dernier (25 septembre)» et> par une marche savante, leRO* ferma dans Zurich.
Souvarow, harcelé par LecOurbe dans les gorges de la Reiia et au pont du Diable, arriva à Altorf : là , ne trouraot pai d'embarcations sur le lac, il fut obligé de défiler le long d*uoe vallée étroite, perdant beaucoup de monde; et à peine s'éieodait-il dans les plaines de Zurich, que Masséna tomba sur loii et le refoula avec vigtieur. La neutralité suisse fut ainsi violée
PAIX DE LONÉVILLE. |43
dctoos cAtés, et les tranquilles yallées reteutirent du bruit des aima. Plus de vingt mille Russes et cinq mille Autrichiens ataient péri dans une lutte de quinze jours. Les tristes débris de Tannée conquérante arrivèrent sur le Rhin dans un état d»idotalRe. Souvarow, qui se prétendait sacrifié par ses alliés» fifiisa de combattre davantage « et s'en alla porter ses plaintes à Pétersbourg. Paul , qui, h la nouvelle des victoires de Souva* low, avait ordooné qu'on lui rendit les mêmes honneurs qu'à tt propre personne, en l'appelant le plus grand capitaine des temps passés et modernes, le déclara alors infâme, dégrada ses ettdars, et ne s'inquiéta en rien de ceux qui étaient rest^ prisoBBÎers. En même temps il se brouilla avec l'Autriche, qu'il aoona de trahison , lui reprochant de n'avoir eu en vue que la coB^uéle de l'Italie , et de l'accaparer pour elle.
Vaaséna avait sauvé la France d'une invasion , et enseigné à rEoBope que les Russes pouvaient aussi être battus. Le prince Otaries, entrave dans ses projets par les instructions qu'il re* eatait de Vienne , abandonna le commandement. Ga Hollande , iai Anglo-Russes, resserrés par Brune, avaient été obligés de capituler; mais ils n'avaient pas rendu la flotte.
La seeonde coalition avait été plus étendue que la première, ft en cela beaucoup plus faible. Ses triomphes ne lui valurent fpe de la honte et des regrets t l'Angleterre et la Russie, pour hv malheureuse eipédilion de Hollande; l'Autriche et la Rusée, pour Ancône'et le Piémont : ear l'Autriche , considérant le fipeet le roi de terdaigne comme déchus , voulait s'attribuer faHES États, à titr^ide conquête sur la république française '.
« L'aUiaaoe entre rAi||triehe et la Russie, dit le prince Charles, fut rompue, comme la plupart des coalitions basées
'Le comte de Cobeotzel répondait, eo novembre 1799 , au comte Nh : K Comment poarrait<OD exiger la cession des trois légations qui, pt le traité de Tolentino , ont été annexées à la république cisalpine, ^ aoiis avons conquise ? C'est une jaste compensation des frais de la IMnt. Je M doate pas que ma cour ne rende le Piémont ao roi de ivdaipie; mais Alexandrie et Tortone ayant été détachées du llilaaais Ivkr armes, doivent de ménse revenir par les armes sous la domina* haantriciiiemie. »
144 SECONDE COALITION. — CAMPAaNB D*HI?BB.
sur les calculs de puissances dont les forces s^équîlibrent. VM d*UD avantage commun , le prestige d*une confiance fondée sa les mêmes opinions, préparèrent les premiers rapprochemeatK l.es divergences d^opinion quant aux moyens d*atteindr^M commun fit naître la mésintelligence, qui s'accrut à mesnreqa les événements, en changeant le point de vue, bouIevenaieDtki objets et trompaient les espérances. Elle éclata enfin, quand ta armées indépendantes devaient opérer de concert. Le désiitti torel de jouer le premier rôle dans lo succès et dans lagkÉÉ excita les passions rivales des chefs et des nations. L'orgoeflll la jalousie , la ténacité et la présomption , naquirent du eonS des ambitions et des avis opposés. Les contradiciioDS coni nuelles aigrirent de plus en plus les esprits ; et c'est un heM hasard quand une pareille union se dissout sans que ks dA partis tournent leuis armes l'un contre l'autre ^ »
La révolution du ISbrumaire avait été vue <te bon œQ,eofflitl un retour à l'ordre et à l'unité , par les puissances étrangènii qui ne voulaient plus traiter avec un gouvememoit donttt chefs changeaient tous les trois mois. Déjà plusieurs avaiestd! viné dans Bonaparte le génie organisateur. Lorsqu'il adressa di propositions de paix à l'Angleterre, les wbigs soutinrent^ convenait de les accepter ; mais Pitt répondit, dans on M rable discours , qu'on ne pouvait pas se fier à une révolatîll qui, en dix ans, avait commis plus de crimes que la FraMi n'en avait peut- être accumulé depuis qu'elle existait; pas pM qu'à un homme qui , n'ayant jamais respecté une promeai avait violé les traités faits avec les rois étMigers , et ses ai inents envers son propre gouvememqul. Malgré les répliqiKsd Sheridan et une lettre très<modérée de Bonaparte, l'opimond Pitt triompha. Il obtint un crédit de trente-neuf miIli<Kns« demi de livres sterling pour faire la guerre contre ce eonad qui trouvait à peine dans les caisses publiques cent soiiaBl mille livres d'argent comptant ; et la guerre générale fut di darée. La Russie et l'Autriche s'apprêtèrent à y prendiepvl et un vaste plan de campagne se prépara.
' Campagnes de 1799 , tome II . p. 276.
PAIX DE LUNBVILLB. 146
Eb Italie, les Autrichiens et les Anglais devaient prendre Gênes, marefaer sur Nice , et entrer de là en Provence , où ils secondés par Tinsurrection des royalistes; un second était destiné à soulever le Piémont. Mêlas , soldat de la gyene de sept ans , qui , rompu aux anciennes manoeuvres , eo bon parti tant qu*il ne fut pas déconcerté par les grands de la strat^e moderne, pénétrerait dans le DaupUiné, Eh même temps FAngleterre se chargeait d'attiser Tincendie Yendée , en Bretagne et en Normandie, Les Autrichiens sur pied une armée plus forte que jamais , et Femperemr U-mtoe parut à sa tête avec les archiducs. Cent trente mille s'avancèrent, commandés par Ferdinand; Bellegarde atait quatre-vingt miUesous ses ordres en Italie, Tarcbiduc , œnt vingt mille ; et 1* Angleterre solda le corps de CoDdé , eomposé de dix mille hommes. Dumounez pressait la Russie Renvoyer sur le Rhin un corps indépendant , qui de Mayence avcheraît sur Paris.
Bonaparte affectait aux yeux de l'Europe un vif désir de la prix et le regret de ne pouvoir Tobtenir, en même temps qu'il •pr^jiarait à s'affermir au pouvoir par de nouveaux succè3 en Mie. Le IS brumaireavait été un triomphe obtenu par l'armée ; fallait désormais des coups décisifs pour démontrer la solidité di nouveau gouvernement , et pour attacher au dictateur les IhfranT qui se tenaient encore à l'écart. Bonaparte institua des ifeorapensea , qui consistaient en armes d'honneur, pour être dirtribuées aux plus braves ; il se plut à rapprocher dans l'armée ém oflieien nobles avec les fils de la Révolution. Moreav , qui trait été mis à la tête de l'armée du Rhin tandis que celle d'Itte était confiée à^lasséna, pouvait, avec cent trente mille homes bien approvisionnés , contenir sur le Rhin le général 1^, successeur du prince Charles , à qui le commandement avait été retiré parce qu'il conseillait une paix que la situation ittait rendue alors honorable.
La reine Caroline de Naples était allée en Russie solliciter les MropjB du czar. Les Autrichiens occupaient derrière l'Inn une position avantageuse; mais Moreau, après avoir passé hardie Beat le Rhin, en Alsace, sous les yeux de i'enuemi (25 avril )^
Btsr. DE CeRT ANS. — T. II. t3
146 SECONDE COALITION. —CAMPAGlIS D*HITBft.
se mit en communication avec Angereau qui opérai Tyrol, et battit Kray à Engen, Mosskireh et Biberach.
En Italie cependant les Français, réduits à quarante onlli hommes mourant de misère , étaient refoulés vers les Alpes; et Masséna, sans argent, sans munitions, se repliait vers li rivière de Ponent. Après avoir accompli, sans argent ni minitions, avec un petit nombre de soldats, des exploits héroiqMSyi entra dans Gènes ( février ), et y réorganisa l'armée, où tout n*é» tait plus que confusion depuis la mort de Champîomiet ; onîs 1 s*y vit bientôt assiégé par les Anglais et les Autrichiens. L*A» triche , pour qui Gènes n'était d'aucune importance, %\ néanmoins à une entreprise qui affaiblissait Rlélas, en ël par trop son front. LUndomptable Masséna se soutint dtaos Ife place au milieu de souffrances dont son courage seul pomail triompher, et sa résistance laissa à Bonaparte la liberté ée ses opérations.
Les -conjonctures lui commandaient de frappor un de set grands coups. Ayant réuni a Dijon une réserve de scNxame hommes, tant conscrits que volontaires, entraînés par le de la patrie et la confiance qu'inspirait le général, il eoncwt la projet de descendre en Italie par les vallées du Saint-Gothaid, du grand et du petit Saint-Bernard, et par le mont Génis, m coupant la ligne de Tennemi, qui s'étendait de la Lonbaondia jusqu'au Var. Moncey, détaché de l'armée du Rhin (mai), sntvii la première route, et commença les opérations; Thureaa s*a» van<^a par la dernière, Chabran par le petit Saint-Beniard; M corps de troupes disséminés dans les départements enreirteiJia de rejoindre de Taiitre côté des Alpes,
La constitution de Tan VIII, qui avait établi la respoDsriâlilé des agents da pouvoir, s'opposait h ee que le premier eonsnl eât le commandement de Tarmée; mais il n'en tint mil compte; et ayant fait nommer, pour la forme, Bertltier gé&érai en dbef, il dirigea trente-cinq mille hommes par le grand Saiat-Beniai^. Les glaciers des Alpes , non moins périlleux que les sables d'Egypte, ne pouvaient inanquier d'être un sJtirauiaat pour les jeunes imaginations; et en effet ce passage, qu'une résistaBse héroïque pourrait seule rendre redoutable, est resté entouré de