‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 83 sur 127 · PAIX DB LU^B VILLE · texte numérisé non relu

PAIX DB LU^B VILLE

aenfom poétiques. L'Autriche ayant eu Timprudaice de laisser la Suisse dégarnie de troupes. Tannée française traversa la mantagne sans tirer un coup de feu, et Bonaparte la franchit tm jours après. Une fois descendue dans les plaines d'Italie par Aoste et Ivrée, Farmée eut bientôt occupé, de l'autre coté 4es AJpes, une )igne qui s'étendait de Sose à Bellinzona.

Abusée par la puhlicité que Bonaparte avait donnée à son pbn de campagne, et par l'emphase avec laquelle il l'annonçait, fAutriefae crut que c'était de sa part un artifice : elle n'avait dose pris aucune précaution contre une entreprise qui , dans toute autre circonstance, aurait passé pour téméraire. Bona* parte entra à Milan (3 juin) au moment où Mêlas l'attendait h Vintimille; il se hâta d'y rétablir, sans persécuter personne, le gouvernement populaire. Il s'empara des magasins et de l'artllerie, que les Autrichiens surpris avaient abandonnés.

De son coté. Murât s'emparait de Plaisance. L'armée autri* chiane se trouvant ainsi coupée en deux, les Français n^hésilèrent pas a laisser la Lombardie dégarnie de troupes, pour aller FattMiuer dans les plaines du Piémont. A peine le corps qui , RBfamé dans Gènes , devait être la victime de cette grande iipéditîon , avait-il rendu la place à des conditions honorables (14 juin), quand il n'y restait plus une once de pain, que Mêlas aeeoonit à la rencontre de l'ennemi dans la plaine de Marengo, ours la Scrivia et la Bormida (14 juin). L'armée de Bonaparte pliait devant les vétéxans autrichiens , lorsque la colonne de Besaix, glorieux débris de l'Egypte, survint tout à coup ; et, se formant en carré, comme elle avait appris à le faire pour repousser les mameluks , elle décida la victoire en faveur des français; mais Desaix la paya de sa vie '.

méconnaître le grand service rendu à Tarmée IVançaise par fffwfétâu coqis du général Desaii, il est bon de rappeler ici que ce qui 4éeida surtout de la victoire, ce fut la charge enectuée par les cavafan de KeUermann. M. César Caatu, en citant, à la page 508 de son » pnaûer volume, les Mémoires publiés par le duc de Bellune, accuse K. Tldcrs d^avoir manqué d'exactitude et de bonne foi dans le récit 4e la campagne d^JtaJie ( Thier» mentisce eontinuamente). On peut B pareille occasion sur les détails militaires, opposer des

148 SECONDE COALITION. — CAMPAONE D'ttlTSS.

La bataille de Marengo était loin d^avoir anéanti les Autrichiens; mais telle fut leur consternation, qu'ils abandonnèrent tout, à la seule condition de se retirer librement sur Mantoue; ce qui causa Tétonnement général , et accrut le prestige qui s'attachait à If apoléon. Cette armée de cent vingt mille hoDunes, que TAutriche avait réunie pour remettre ritalle sous le joug et envahir ensuite la France méridionale, était vaincue et obl^ de battre en retraite. Alexandrie capitula , les Français rentrèrent dans Gènes , qui passa déplorablement d%m vainqueur à un autre; et Bonaparte devint encore une fois le mafbe de l'Italie. Mais, sans se laisser enivrer par un tel triomphe, fl offrît la paix aux conditions du traité de Campo-Formio, c^està-dire en exigeant que les Autrichiens évacuassent Tltalie jusqu'au Mincio.

Moreau avait continué en Allemagne ses opérations : re» serrant Kray du côté d*Ulm , il entra en Bavière , passa le Danube, fut vainqueur à Hochstedt, et exécuta des manœuvres qui firent l'admiration de tous les hommes de guerre ; mab dans l'attente où II était des événementsd'ltalie, où il avait détaché une partie de ses troupes, il n'agit pas avec assac de résolution. Informé que Bonaparte avait conclu un armistice , il en fit un aussi en Allemagne ; et l'Europe tressaillit à l'espoir de la pnx.

Mais, dans le moment où elle se négociait, Finançcns Ilae» cepta soixante-deux millions de subsides et l'alliance de l'Aogleterrci en promettant de faire traîner les conférences en

pièces aothentiqtfes à d*aiitres, et attaquer, dans des vues persoBOdles on récit dont otl est mécontent ; mais le r6le de l^liîstonen est de pesa tout scrupiilensement, et de ne point accueillir aveuglément des tfsertions dont les hommes spéciaux sont les seuls jnge|. Le récit de M. ThiefB s^appuie sur des documents non moins importants qoe cesi qui sont cités par son contradicteur; et il est généralement d'accord avec la relation du général Jomini , le premier écrivain militaife de notre temps. Do reste , si le corps do duc de Bellune exécuta sa retraite à Marengo en meilleur ordre que ne le disent ces historieasi on ne peut pas leur faire un crime d^avoir suivi la version des reblioaf officielles du maréchal Bertliter, et ce ne serait pas on motif sulflssflt pour justifier des fittaques personnelles aussi déplacées. (AH R. )

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