‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 84 sur 127 · AIX DE LUN^VILLS · texte numérisé non relu

AIX DE LUN^VILLS

Iwigtietir; puis, rejetant les préiiminaires proposés, il fit arrêter Fambassadeur français. Bonaparte , irrité de cette déloyauté, reprit ses mouvements offensifs, et commença la campagne dthiner. Angereau était sur le Mein, Moreau sur Tlnn; sur le Mîndo, Brune, général médiocre, qui remplaçait Masséna dis* ciédiié dans Fiirmée d'Italie malgré sa bravoure. Murât condoîsit en Italie dix mille grenadiers, qu'il emmena d'Amiens ; Macdonald s'achemina péniblement, avec quinze mille hommes détaeliés de l'armée de Moreau , à travers les gorges couvertes de neige du Splughen, pour venir former l'aile droite de l'armée d'Italie : c'était en tout trois cent mille combattants bien équipés. Une grande affaire s'engagea bientôt entre l'archiduc Jean et Voreao à HohenlindeU) où l'on combattit sous la neige et sur la glace (3 décembre) ; les Autrichiens , défaits , y perdirent vingt mille soldats, presque toute leur artillerie et leurs bagages, cl virent Moreau s'avancer jusqu'à Lintz, en vue de Vienne. Les ardndoGS réclamèrent alors l'armistice qu'ils avaient refusé; et Moreau eut lirmodération d'y consentir, à la condition que l'on tmilerait des conditions de la paix à Lunéville , sans Tintervenlimi de l'Angteterre.

Yietorieuse de même sur tous les points, l'armée d'Italie, ne hiisant à l'Autriche que Mantoue, s'apprêtait à déboucher sur VicDiie par les Alpes Noriqties , lorsque le maréclial de Belle» gnde , qui commandait les Autrichiens, à la nouvelle de l'armistiee conclu en Allemagne , en signa un autre avec Brune. Ainsi se termina en vingt jours la campagne d'hiver, l'une des plus mémorables de ce temps héroïque pour les combinaisons de stratégie et les grands résultats obtenus.

Les Autrichiens et les Napolitains s'étaient installés à Rome, dont le si^g^ était vacant , et laissaient voir ouvertement l'in» tentîon de rester maîtres des Ëtats qui en dépendaient , quand les victoiresMles Français vinrent modérer leur ambition. Le roi de Naples, toujours excité par l'ardente et implacable Caroline, avait le projet de marcher à la défense de la Romagne et de recouvrer la Toscane ; maisMiolliset Pinos'avancèrent contre lui, ^pénétrèrent de force dans Sienne, que les Napolitains avaient occupée ; en même temps Murât se dirigeait droit sur Naples.

150 8BG0RDB €OAUTIOII. -* CAMPAeilB d'HIYBE.

La politique ne soarîait pas moios à Bonaparte que la des combats. Paul V^ s'était brouillé avec rAutrIehe » paitis qu'elle avait sacriGé Tannée de Souvarow à ses intérêts ambitieux» et refusé ensuite d'échanger ceux de ses soldats qui étaient restés prisonniers en France. Il était irrité contre rAngleton, qui, se montrant violente envers les neutres, préludait dominv aussi sur la Baltique, et exercer avec hauteur le droit de viâte. Passionné dans ses résolutions comme il était , le czar se rapprocha de Bonaparte, qui avait su le caresser, lui avait rendu les prisonniers russes , et remis llle de Malte en dépôt dans ses mains. Il envoya un ambassadeur en France. Cepel^ dant rAllemagne entière demandait la paix, et se récriait eoatie la politique imprudente de rAutriche : force fut donc à l'eaipereur de sacrifier son ministre Thugut, qu*il remplaça pir le comte de Cobentzel. Ce fut ce dernier qui , après de kKfvs discussions avec Joseph Bonaparte, conclut le traité de psixds Lunéville (9 février 1801 ), qui eut pour base le traité de Campo- Formio et les propositions faites à Rastadt. La ceasioa de la Belgique à la France y fut ratifiée, la possession des Étals v^* nitiens assurée à rAutriche, celle du Brisgau an duc de M<KiàM> Bonaparte, voulant recouvrer Saint-Domingue qui s'était révolté , s'était fait céder par l'Espagne la Louisiane , andcMi colonie de la France (octobre 1800 ), moyennant la promoM d'augmenter les États de l'infant de Parme jusqu^à ooncDiroice d'un million ou de douze cent mille habitants , avec le titre de roi. La Toscane iiit destinée à procurer à l'infant cet agrsadissement, les Autrichiens ne devant conserver rien en Italie sa delà de l'Adige. Ces conventions furent ratifiées : l'empereori sans y être autorisé par la diète, céda la rive gauche du BiiiD, en promettant une compensation aux princes héré<y^ires dépossédés; il reconnut les républiques batave, helvétique, cisalpine, ligurienne, et rendit la liberté aux prisoniiers d'ÉUi italiens.

L'Autriche avait disposé de pays et de souverainetés qui m lui appartenaient pas, pour accroître ses pays héréditaires : elle ne parla ni du pape, dont elle convoitait les Légations, ni dt roi de Sardaigne , qu'elle n'avait pas rétabli à Turin à Yéçw^

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