LE CONCORDAT
Bonaparte avait fait un acte d'abnégation héroïque en abaDdonnant le poste suprême qu*il occupait à peine, pour se mettre à la tête des armées <. Ses ennemis pouvaient mettre à proGt ^ absence pour détruire son ouvrage. Mais sitôt qu'il eut ma* porté la victoire de Marengo, il regagna Paris en toute hàtit^ pour rassurer par sa présence Finquiétude publique et dîstri* buer des récompenses*. En même temps il envoyait Laden comme ambassadeur en Espagne, et congédiait Carnot, les deio^ Beuls hommes qui osassent encore lui parler avec franchise. H se liait de plus en plus avec Talleyrand, excellent serviteur de tout pouvoir grandissant) et avec Foucbé, qui contuiissait Us
> « Mais ce qui est sortont admirable, et» à non gré, le plos trait de sa vie, c'est ce noble abandon du poste central de Paris, «à à peine il s'était placé , pour aller au delà des Alpes gagner les batailles du peuple français : mouvement de Tàme, dont la gloire est à lui «csl, et qui m'a toujours tellement ému , que je mindigne encore \d de penser que le même liomme a cm s^agrandir en se plaçant sous nn inasleM impérial. « La FAVEttK, M fis rapports avec le premier consui.
* Parmi les honneur» décei'nés par Bonaparte en 1800, il faut 1er celui dont la Tour-d'Auvergne toi Tobjet. Descendant en tnrelle des ducs de Bouillon , il avait combattu vaillanuneot en et , fait prisonnier par les Anglais, il refusa de déposer la cocarde tr»colore. De retour en France , il vivait dans la retraite en se livrant à rétude , lorsque le fils d'un de ses amis ayant été atteint par ta ooascription, il reprit les armes et partit à sa place. Bonaparte, poar le récompenser, lui donna le titre de premier grenadier de France Û fut tué à Oberhausen ; et le premier consul décida que Tappel de ta compagnie commencerait toujours par son nom , et que le plus aaHa grenadier, portant sur sa poitrine le cœur de la Tour-d*Auvergiie dans une botte d'argent , répondrait pour lui.
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honmes, et les méprisait autant qu'il convient à un bon chef de lapoiîce.
L'admisistiation se consolidait de jour en jour. Un certain nombre d'anciens chouans qui avaient fui la Vendée désarmée, 4e eoDscrits réfiractaires , de mauvais sujets qui ^ après avoir longlenips vécu une pique à la main, en criant A la guillotine ! M pouvant se résigner à la vie domestique , s'étaient jetés sur kl grands chemins , qu'ils infestaient; et ce fut une tâche la- Meuse que de les détruire. Il fallait remettre en bon état les notes et les ponts, restés depuis longtemps à l'abandon , afin él rendre les communications plus faciles. On s'appliquait à lélablir l'ordre dans les finances , et à équilibrer les dépenses ifceles revenus. Le rétablissement de la tranquillité raviva le commerce et augmenta la consommation ; les biens ruraux, affimâsôA des redevances et passés dans les mains de propriétaires bborieuz , produisaient davantage ; les forêts étaient mieux CQDserrées. La France bénissait le retour de l'ordre; mais les teioiis acharnées ne se laissent par arracher si facilement les armes de la main, ni la haine du cœur.
Le seulpteur italien Ceracchi et le peintre Topino-Lebrun , nimés d'une haine classique contre le nouveau César, organi- Mnt une conspiration que la police, non contente de la sur- HiUer, encouragea, et dont elle arrêta enfin les auteurs pour les cofojer au supplice , tandis qu'il aurait suffi de les confiner fats une maison de fous. Cette dernière parodie des souvenirs <ie Rome, et l'explosion d*une machine infernale qui faillit tener la mort au premier consul, ne servirent qu'à accroître Hatérêt qu'il inspirait, comme le seul homme sur qui repodiait, aux yeux de ses ennemis même , les destinées du pays. Bonaparte en accusa les jacobins, les métaphysiciens ; et le misistre de la justice, secondant le c-ourroux du consul, proposa (F janvier 1802) de déporter en masse cent trente républicains et terroristes qui, « sans avoir été arrêtés tous le poignard à la main , étaient tous reconnus capables de le prendre. » On MHipçonnait cependant alors, et Ton en acquit ensuite la certi- Ne , que le coup était parti , non pas des républicains , mais fo émissaires du Vendéen George Cadoudal. Ce fut en vain
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que l6 conseil â*État s'opposa à cette mesure illégale. Lepiemier acte du sénat conservateur fut d'approuver sans disensaîoa cet aete arbitraire, et d^instituer des tiilmiiaux qiéeiaaz pour les atteixtats politiques.
Ce fut à partir de ce jour que Bonaparte mardia phn Inrdiment à la dictature , en démoLiasant Tune après l'autre les libertés introduites dansTadministration depuis 1789. Il le tribunat, où s'étaient réfugiées la résistance et la di C'est dans le conseil d'État, où des hommes éclairés, mais force pour résister, recevaient de lui leurs inspirations, saient'et mettaient en lumière ses pensées, dont il ne rien dans le public, qu'il se plut à placer toute sa oonfianoe. Il rappela les émigrés, à l'exception d'un petit nombre, etlear rendit ceux de leurs biens qui n'avaient pas été vendus.
Cétait une affaire capitale pour Bonaparte que d'orgHÛn Pinstruction publique , non plus dans le sens démocratique, mais de manière à donner au gouvernement la haute main sor les intelligences, et à y faire dominer l'esprit militaire. Dès l«s premiers mouvements révolutionnaires , elle avait été séeularisée , et constituée sur des bases civiles. Cabanis avait éié chargé par Mirabeau de rédiger sur cette matière un projet qa fut publié plus tard> ; et Taileyrand, dans un magn^queiap* port à l'assemblée constituante, avait considéré l'instmclioa dans sa source, dans son but, dans son organisation, dans ses méthodes ; il avait proposé un système d'éducation pour loos les rangs et tous les âges, proportionné aux conditions, et capable de développer, outre l'intelligence, le physique et le matd
* Dans son plan dlnstruction, Caban» admire les Spartiates , la mode du temps , pour Téducation, égale en tout, qu'ils aux enfants ; mais il ne la croit pas appropriée aux temps modeiMs, ne méconnaissant pas non plus que les enfants des esclaves étaient è Sparte exclus des écoles. 11 veut que les familles restent maîtresses da choix et de la somme de connaissances à donner à leurs enfants, ssm que rÉtat y intervienne. Les diverses conditions de fortune des parents rendront réduc^tion très-diverse ; mais cela lui paraît nn bien , attaidi que le droit commun ne consiste pas dans Pégalité des lumiènss'niais dM» régale extension du biea^tre.