‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 87 sur 127 · LE CODE. — LE CONSULAT · texte numérisé non relu

LE CODE. — LE CONSULAT

de rbomme. Les écoles primaires devaient enseigner les principes de ce qoMI importe à tous de connaître , et les écoles Kcondaires, préparer la jeunesse aux divers états; venaient eosaite les écoles spéciales pour les sciences, et un Institut national, comme centre de Tesprit public.

Mais la Révolution s'était jetée dans d*autres voies. Lorsqu'en 1793 tout se trouva nivelé au milieu d'un peuple sans frein , dont les liens sociaui étaient brisés, l'Académie française, celle des Mîenees et celle des belles-lettres, furent abolies, sur la propo- Aioo de Grégoire ; avec elles tombèrent les académies de provftice, les universités et les collèges. L'année suivante, on ouvrit des eoncours publics pour les beaux-arts, et une commission fet instituée pour les juger ; on «en établit une autre pour re* Mllir les tableaux et les archives des églises et des monas* l^ abolis ; on fonda un conservatoire des arts et métiers, des Mes primaires, des écoles de médecine , de navigation, d'artillerie maritime, et un lycée républicain ; puis on institua en 1795 un bureau des longitudes, un conservatoire de musique, et l^tnt pour les aveugles. Bonaparte remania ces divers élé* o^ts, et créa un nouvel Institut national , dont il exclut les Kienees morales et politiques. De ce point culminant dérivait Me l'instruction publique. Elle se composait de trente-deux Ifcées organisés militairement , où les langues mortes conser- ^ôentle premier rang; puis venaient les sciences mathémal>9^ et physiques , qui recevaient les développements néces- *^ dans les écoles spéciales. L'École polytechnique , ouverte i trois cents élèves de seize h vingt ans, fut destinée particuliè- ^^om à répandre l'instruction des sciences physiques et ma- ^l^tiques, ainsi que des arts graphiques.

Bonaparte se préparait à recueillir dans un code d'autres S^dsthiitsde la Révolution. Déjà les rois de France avaient ^çu plusieurs fois l'idée de ramener à l'unité les innombrables tînmes entre lesquelles était divisée la législation de la ^Qce. Charles Vil ordonna ce travail en 1453 ; le jurisconsulte l^nmonlin en parlait hautement au seizième siècle; les ordon- "aces de Louis XHI , de Louis XIV et de Louis XV en furent des essais partiels. Mais cette œuvre rencontrait un obstacle

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dans les querelles des parlements et du dergé, dans les privi' léges, dans la philosophie optimiste : cependant le tra?ail était bien avancé quand survint la Révolution. Elle se servit desloii civiles pour faire triompher Tégalité, qui, entendue à sa n» nière, rendait tout gouvernement impossible. Alors fiit abolie h puissance paternelle ; le concubinage trouva un encouragieaieDt dans la faveur accordée aux enfants adultérins , en mime temps que le mariage fut avili par les facilités données au divorce. La faculté de tester se trouva très-restreinte , la représtoitatioo admise , et , avec elle, la division des patrimoines à Tinfini. Ûb abolit tout d*un coup les substitutions, sans égard pour hs droits existants ; les emphytéoses et les fidéicommis deviore&l propriétés libres ; la contrainte .par corps fut supprimée; lamife en circulation d'un papier-monnaie illusoire équivalut à Tai»lition des dettes; celles de TÉtat furent réduites à un tieis; les lois civiles et politiques devinrent indépendantes de tonte loi religieuse , ou plutôt tout ce qui existait en £ait de religioa fut abattu et détruit.

Ce fut sur ces ruines qu'on tenta de bâtir un code dont Can* bacérès fut chargé, mais dont le projet périt avec les passions politiques qui Tinspiraient. Quand le calme eut commencé à Rnaître, le premier consul sentit la nécessité de soumettre toute la France à un pouvoir central , en faisant disparaître les coutumes qui ta subdivisaient. La difficulté, c'était de faire mareber de concert la science, la justice et la société , dont le désaccord avait entraîné une révolution, laquelle, en dépassant le but, avait tout bouleversé en sens contraire, et en était arrivée à cherte son salut dans les passions brutales et la force matérielle. U difficulté consistait , en un mot, à rétablir Tharmonie saassé> parer la société de son passé ; car la Révolution ne devait ÀR accomplie que le jour où l'esprit rétrograde et l'esprit novateur seraient contraints à respecter ses légitimes conquêtes. Ce projet n'était point de façonner le peuple d'après un type nouveau, ni de l'arrêter dans sa marche ; mais de prendre acte du mieuXi en profitant du passé , en conservant le caractère , les traditions, les origines nationales. On voulait se rapprocher du droit romaiiti en le séparant de tout le fatras canonique et féodal.

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