LE CODE. — LE CONCOBDAT
Voici ce que dit Portalis , dans le préambule de ce grand ouvrage : « Une révolution est une conquête, et, dans le passage de Fancien ordre au nouveau , les lois se font par la seule force des choses; lois nécessairement hostiles, partiales, subversives, à cause du besoin qu'on a de rompre toutes les habitudes , de briser tous les liens , d*écarter tous les obstacles. Personne ne s^oceope plus des relations privées des hommes entre eux , et ron n*a &ï vue que Tobjet politique et général ; on cherche plu- Idt des alliés que des concitoyens ; chaque chose semble tenir au droit public... On subvertit le pouvoir des pères, parce que les fils s'éprennent plus facilement des innovations ; Tautorité maritale n'est plus respectée , parce que de nouvelles formes et one nouvelle méthode s'introduisent dans le commerce de la vie. Il faut décomposer le système , parce qu'il est utile de préparer on nouvel ordre de citoyens par un nouvel ordre de pro* pdétaires. A chaque instant les changements naissent des chan- , et les événements des événements; les institutions se îot avec rapidité , sans qu'on puisse s'arrêter à aucune ; et Fesprit de révolution se mêle à toutes, c'est-à-dire le désir exalté de sacrifier violemment tous les droits à une fin politique, et de n'admettre d'autre considération que celle d'un intérêt d'État mystérieux et changeant. »
Il exposait ensuite comment s'était formée l'ancienne législation , et combien il aurait été convenable d'en changer une bonne partie : « l'innovation la plus défectueuse aurait été de ne pas innover, car tout ce qui est ancien a été nouveau ; » comment, au contraire, on conserva tout ce qu'il n'était pas nécessaire de détruire, les lois devant ménager les habitudes lorMio'elles ne constituent pas des vices. « Trop souvent on ral- Kmne , dit-il , comme si le genre humain finissait et commençât à chaque instant , sans communication entre une génération et la suivante. Mais le législateur isolerait ses institutions , s'il a'observait soigneusement les corrélations entre le présent , le passé et l'avenir; car c'est par elles qu'un peuple, s'il n'est csterroiné, ou ne tombe dans une dégradation pire que Tanéantiasement, ne cesse pas, jusqu'à un certain point, de ressembler à lui-même. Nous avons trop aimé les changements; et si