LE CODE. ^ LE COUCOBDAT
rainatioii étraogère le fisiisait vivement désirer. D'un caractère tièa-donx Itii-méme, il choisit pour ministre Consalvi , homme I habile que modéré.
Ce système unique et fort de l'Église catholique convenait génie de Bonaparte. Il comprenait qu'en dominant TÉglise comme il se le promettait , il obtiendrait aussi l'empire sur les eonseienees, et qu'en rattachant l'ancienne France à la nouvelle, il ravivrail l'un des éléments les plus puissants de l'unité na- Ikmale.
Tant de sang répandu avait dissipé les illusions, et lassé les esprits un moment exaltés. Les ennemis de la religion se trouvaient rainés par leur victoire même; sans Dieu , la nature panit hideuse, la raison ironique, la société impossible. On était omoyé de cet état de crise, où nulle croyance stable n'amenait les hommes à un accord d'actes et d'opinions ; le besoin de foi , de consolations religieuses , renaissait avec énergie. Tant d'en- Cmts dormais orphelins, tant de femmes restées veuves, sen* taient le besoin de se réfugier près de Celui qui est le père et répoDi immortel ; les âmes affligées invoquaient des rites où elles pussent se*réooncilier avec le Dieu qui console. lies amants imploraient le Christ, pour qu'il sanctifiât leurs affections eu les bénissant; ceui qui souffraient invoquaient la Croix, pour qu'elle leur enseignât la patience , et leur donnât l'espoir eneourageant d'un jugement où seront révisées les sentences ini« qws des puissants. L'homme politique, désabusé lui-même, voyait qu'il allait chercher une égalité plus vraie , une liberté pluB solide et plus infaillible. Le penseur réfléchissait sur ces trois siècles de démolition, durant lesquels les sectes religieuses et philosophiques avaient sapé le christianisme sans lui substituer une loi générale de 41iomme et du monde , sans trouver an être intermédiaire entre le grand tout qu'elles enlevaient à rbnmanité , et le néant où elles la plongeaient.
D'un autre cAté, le temps des persécutions était passé : si beaucoup d'émigrés étaient rayés de la liste fatale, beaucoup de prêtres aussi étaient admis à rentrer dans leur patrie, moyennant une simple promesse substituée au serment qui d'abord avait été exigé c|'eux *, et peu à peu il parut possible
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de rapprocher la république de TÉglise. Trois jours a|vès1a bataille deMarengo, Bonaparte s'entretint à oe sujet aveek cardinal Martiniana ) puis Consalvi et Joseph Booaparte jota* mèrent des négociations à Paris. Toutefois le aaint-siége ne pouvait espérer recDurrer sans de grands sacrifices ce royaume, le premier- né du christianisme. On voulait obtenir le mariage des prêtres I mais Pie VII) tout rempli qu*ii était d*affectiQa pour la France et d'admiration pour Fhomme qui la dirigeait, répondit que sMl était possible d'absoudre ceux qui s'étaient mariés, il ne l'était pas d'autoriser le principe comme naiime générale. Il ne se montra pas difficile sur les propriétés de mainmorte enlevées au clergé) les richesses n'étant pas aécei' saires à sa mission; et l'aliénation de 400 millions de bien nationaux fut reconnue.
Quanta la suprématie pontificale, déjà dans le concordai de 1SI6 entre François l^^ et Léon X^ il avait été ccmvaiaqie le roi nommerait les évéques, et que le pape leur donnerait ries* titution, afin qu'au milieu de la corruption générale, lesdwix oa restassent pas abandonnés aux chapitres, ni réservés à la cour de Rome. Pie VII reconnut la nouvelle circonscription des dkn cèses, conformément à celle des provinces «a départements, aini que les évéques nommés aux différents sièges par le premiff consul. 11 sollicita lui-même, des prélats émigrés qui avaient re* fusé le serment, qu'ils donnassent leur démission, afin qtb leurs sièges ne restassent pas vacants; et tous s'empressèrent de la donner avec cette générosité dont, au début de la RévolntioB, la noblesse avait fourni l'exemple en renonçant à ses titres ■•
' Voici le texte du concordat :
Art. P*". La relisioii catholique» apostolique et romaine, aéra Bbrenat exercée en France. Son culte sera public, en se conformant aux règlctneflis de police que le gouYemement Jugera nécessaires pour la tranqniUitipa* bUque.
II. Il «ra fait par le saint-siége, de concert avec le goaTemaBCBt, vtf nouvelle circonscription des diocèses français.
m. Sa Sainteté déclarera aux titulaires des évècbés français qu'elle attend d'eux avec une ferme confiance , pour le bien de la paix et de Tunité , Wtt espèce de sacrifices, même celui de leurs sièges.
D'après cette exhortation , s'ils se refusaient à ce sacrifice commandé p«