TROISIÈME COALITION. — PATI DB PRESBOUBG
différentes paix qu*il conclut ne furent que des moments (k repos , et comme des étapes pour son année.
L'Autriche céda donc au royaume d'Italie Venise, avec la Dalmatie et TAlkianie; à la Bavière, le Tyrol, la prindpaalé d'Eicfastadt, i'évécbé de Passau et la ville d'Augsbourg; m Wurtemberg, à Baden, à la Bavière, ses possessions béraditaires en Souid)e , dans le Brisgau et dans FOrtenau ; en tout , enl trente-trois milles géographiques carrés, avec on million scft cent mille habitants et quatorze millions de revenu. Elle reem* nut en outre la constitution suisse, ainsi que Icftélectenrsde Bavière et de Wurtemberg en qualité de rois. Enfin François II fut obligé de payer cent quarante millions pour les frais de la guerre, c'est-à-dire autant qu'il avait reçu de Pitt en sobndes.
Ce n'était qu'une demi-paix, puisque la Russie n'y prenait aucune part; on ne pouvait d'ailleurs espérer que l'Autriche, qui perdait ses barrières du Tyrol et de Venise , ainsi que les Etals méridionaux de l'Allemagne les plus voisins de la Ftaiee, dût se résigner à cet abaissement. Ces changements de domina» tion relâchaient en outre les liens réciproques entre les peuples et les rois , et irritaient les premiers , en blessant lear nalio* nalité '.
' « Ud6 de mes plos grandes pensées avait été ragglomératfoa » la concentration des mêmes penpies géograpliiqnes, qu'ont dissons, mor* celés les révolutions et la politique. Ainsi, l'on compte ca Eorope» bien qu'épars, plus de trente miHk>ns de Français; quinze mil lions d^Kspagnols, quinze d'Italiens, trente millions d'Allemands. J*eusse voiila faire de chacun de ces peuples un seul et même corps do nation. Cest avec un tel cortège qu'il eût éié beau de s'avancer dans la postérité d la bénédiction des siècles! Je me sentais digne de cette gloire. * Mém. de Sainte- Hélène.
CORFEDBBATION DU BHIN. 213
GOIIFÉDÈRATION DU RHIN. — QUATRIÈME COALITIOII. — BATAILLE D*I£NA. — ROYAUME DE MAPLES.
La paix de Presbourg avait affranchi la péninsule italique de la domination étrangère. Le royaume dltaiie, accru dW ter* ritoire considérable et des c^es de TAdriatique, avec augmentation de viugt-cînq millions de revenu , embrassait vingt-huit mille iieues carrées , peuplées de six millions sept cent mille habitants. On avait applaudi à Naples au retour du roi Ferdinand comme à un symbole de paix ; mais il ne sut point pardonner. Conservant la peur quand les périls avaient cessé, il continua de poursuivre les opinions; les exécutions , les bannissements ne s'arrêtèrent pas. Les soldats de la Sainte Foi n'avaient pas dé^ poséles armes; ils parcouraient par grosses bandes les Abruzzes, combattant et pillant. Les guerres précédentes avaient épuisé le trésor, et le roi avait recours à des expédients déplorables. Cependant Fimplacable Caroline ne se dounait point de repos; et à peine TAngleterre eut-elle rompu de nouveau avec la France, qu'elle renoua ses trames avec Londres, en dépit de la neutrafité promise à Napoléon. Bientôt les Russes et les Mon« téo^rins débarquèrent, et le Russe Lacy prit le commandement de rarmée napolitaine (2 septembre 1805), pour se porter dans ritalie supérieure, et donner la main aux Autrichiens , prêts à descendre des Alpes.
Hais les destinées de Tltalie se déddaient en Allemagne. La bataille d'AusterUtz terrifia la cour de Naples; elle se vit abandonnée par les Anglais et les Russes. Napoléon déclara que les Bourbons de Naples avaient cessé de régner* et il exhala tout son courroux contre la reine Caroline, qu*il traita de moderne Athalie. Celle-ci recruta de nouvelles bandes, et Fra Diavolo , Nonziante , Rodio , Sciarpa , reprirent leurs armes, aussi redoutables aux amis qu'aux ennemis de leur maître. Mais à peine eut-on appris que Masséna s'avançait sur le roj'aume
214 CONrÉDËBATIdS DtJ BfitN.
(janvier 1806), que Ferdinand s*enfuit à Palerme, en laissant l'ordre à la régence de ne rendre les forteresses à aucune condition , c*est-à-diro qu^il commandait rhéroîsme en prenant la fuite. A peine le drapeau français eut- il paru , que Ton s^einpressa de capituler. Mais les Anglais occupèrent Capri; Ga^e résista ; et les bandes^ excitées par Caroline , continuèrent leur guerre de montagne. Joseph Bonaparte « qui avait bien administré le royaume et maintenu la discipline, fut créé roi de Naples (31 mars 1806). Napoléon déclara que cette oouronae serait toujours séparée de celles de France et d*Itaile ; et il disait en Tinstituant : Les pevples de Napies et de Sicile stmt tombés €H noire pouvoir par droit de conquête , et comna formant partie du grand empire. Ainsi donc il éloignait le moment longtemps espéré de Tunité italienne, et il élevait une prétention qui n'avait de base que son assertion.
Bientôt le roi Josepli organisa le royaume à la francise : il y institua des ministères et un conseil d'État. Le tavoUere fut affermé; les vingt-trois taies indirectes furent abolies, cl remplacées sans exemption, mais sans cadastre, par rinupel foncier } les juridictions féodales et les privilèges des nobles furent supprimés , mais non leurs titres; les fidéicommis annulés ^ et beaucoup de couvents fermés. On organisa Tinstruction publique ; les jeux et les prostituées furent soumis à des règlements, dans l'intérêt du Gsc; une route s'ouvrit, conduisant de la rue de Tolède à Capo di Monte , et toutes les rues de Naples fureut éclairées. Le code Napoléon devint la loi du pays; et^ bien qu'il y fût introduit sans le jury, avec des connnissions spéciales et des tribunaux d'exception, il en résulta une amélioration notable dans la jurisprudence et dans la distribution de fa justice, de même que Tadministration y gagna en force et en simplicité.
Mais la couronne de Naples était une couronne d'épines : la guerre se déchaînait sur tous les points. Gaëte se rendit ; mais partout où setrouvait une montagne ou un buisson, surgissaieiit des bandits. Les prisons étaient pleines; à chaque instant od fusillait , on pendait^ et les exécutions arbitraires n'étaient pas seuleuicnt le lait des militaires. Des conjurations fréquentes se
QUATRlàMB COALITION. — BOYAU MB DE NAPLES. 215
icfkia vêlaient contre te gouTemement; et Caroline envoyait MX assassios des diplômes et des mitres, tandis que Tancien JKobin Saliceti , ministre de la police , les réprimait avec une e(frsyante rigueur. Une fois le palais qu*il habitait fut miné ; mais il échappa au danger. Quoi qu'il en soit, la tuasse des NapoHtaiiis se façonnait aux nouvelles institutions; Joseph était aimé , ou plutôt plaint ; car on savait qu'il ne pouvait qn'cxécater les irrésistibles volontés de Vempereur, substituer «ne féodalité à une autre, imposer des taxes, lever des oons* crits , et déployer des rigueurs au gré du maître. En quittant ee trône poar celui d*Espagne, il donna, de Bayonne, une eons* titatîon aux Napolitains {UO juin 1808), mais seulement par ostentation , sans aucune espèce de garantie.
Le traité de Lonéville (1801) avait bouleversé dans ses ra-cines la constitution germanique. L*Empire y avait perdu un aeoTième de son territoire; Texistenoe politique, t autonomie ^ fe enlevée à plus de la moitié de ses membres ; la plupart de eem qui la conservaient virent leurs domaines agrandis par fcffet des indemnités qui furent réglées à Ratisbonne entre la France et la Russie. Pour cela, les puissances séculières se pntagèreni les États ecclésiastiques ; acte de violence par lequel ftnnt distribiiés, selon le gré de la France, des provinces et des électorats qui (chacun le comprenait) ne devaient plus avoir bientôt aucune signification. Quatre électeurs nouveaux fuNDt ajoutés aux électeurs séculiers, savoir : le duc désormais roi de l^orteinberg , le landgrave de Hesse-Cassel, le margrave de Baden et le grand-duc de Toscane , pour Tévéché de Sabcboarg. Parmi les électeurs ecclésiastiques , c^lui de Mayence conserva seul son sîégo dans la diète; trente et unévéques et abbés furent rayés de la liste des princes, et les villes libres, réduites de cinquante et une à su. Sur les dix votes électoraux , aîx appartenaient à des protestauls, ce qui rompait Téquilibre entre les deux croyances ; de même, les protestants se trouvèrent les plus nombreux dians le collège des princes et dans celui des villes.
On avait espéfé que la Révolution amènerait le renverse^ ment des petits seigneurs héréditaires et la domination de la
31j6 CONFÉDBBATION DU BHIN.
bourgeoisie : elle aboutissait , au contraire, à la desinieikn àa républiques et à rafferniissemeut des princes; Tunité et riodépendance germaniques furent si peu sauvegardées, que ceux qii B*en étaient séparés les premiers y avaient le plus gagné. Ij suppression des évéchés fermait au peuple la voie par laqseUe il montait au rang des dominateurs. La destruction des souverainetés ecclésiastiques était une iniquité , car elle n'était ps réclamée par les peuples, que personne ne songea à interroger; la justice aurait voulu que les pertes imposées par la victoire fittâent répartieségalement sur.tous, tandisque c*était un nouran partage de la Pologne opéré par les membres d*un même corpi.
Piapoléon ne s'arrêta pas dans ses réformes : il supprims k nom d'Empire, qui rappelait Fancienne hiérarchie féodale, et substitua le protectorat de la France à la suprématie de FAntriche. A la diète de Ratisbonue , le diargé d'affaires de la France déclara que son maître ne reconnaissait plus rEmpiie germanique ; les princes annoncèrent qu'ils se séparaient de l'Empire, avec lequel tout lien était déjà rompu de fait Talkyrand faisait trafic des peuples ; et ce nouveau Mazarin âabora avec son maître (12 juillet 1806} un plan de confédératiM du Bhin, sous le protectorat de l'empereur des Français. Napoléon domina ainsi de l'autre côté de ce Rhùi qu'il vaà déclaré prendre pour limite '.
L'acte constitutif portait que les princes allemands se déclaraient séparés de l'Empire, unis en confédératîoQ * sous la protection de Fempereur dies Français^ et indépendants de toute puii'
' « Ce célèbre traité, dit M. Thierg, mit fin à l'ancien enfiire fer maniqae , après plus de mille ans d^exislence. 11 loumissait le Boatesa modèle sur lequel devait être constitaée rAllemagne moderne; I <b était, à ce titre, la réforme sociale. » On pourrait faire remarqver qneetf acte encore était conforme à Tesprlt du traité de WeatpbaKe, q«i éHi de balancer la prépondérance ^e TAutriche en Allemagne» en dunaiaf la France pour appui auK p^iUts Êtattf. • ( Ah. R. )
' La France devait fournir 200,000 hommes, et la oonlédératloBS3/Me; la Bavière, S0,000; h» Wurtemberg, Bade, 8,000; Beigr HtaÊt-Dt/mtadt, 4,000; et le reste des petiU États, 4,000. An. B. )
QUATBiàllE COALITION. — BOYADllB DB NAPLES. 2sl7
étrangère. Ib déteriiiinèr«ntun oontingent pour la défense eoiiiBiiiii« , et contractèrent alliance avec l*empire français^ Cétaît cinquante-trois mille combattants de plus que Napoléon se ménageait ainsi. François II confessa son impuissance en ces termes : Convaincu que nous ne pouvons plus accompUr les obHgatUms qui nous sont imposées par les foncions impé» riales , nous renonçons à une couronne à laqueUe nous n*at^ fâchions de prix qu'autant que nous pouvions répondre à la confiance des électeurs et des États, et satisfaire à nos de^ voirs; pnis il les releva tous du serment qu'ils avaient prêté (6 août 1806).
Beaucoup de principautés et de seigneuries avaient €té sécu» larisées ' par la paix de Lunéville ; beaucoup de petits princes aussi forent médiatisés' par l'acte constitutif de la conlédération , bien moins pour l'avantage des peuples que pour celui dcssooverains. Bientôt ces princes le sollicitèrent de changer les
■ Sécularisées, c'est-à-dire rendues à l^ordre séculier. Les principautés ecclésitifiqms, évêcbés, abbayes, furent dislribuées, à titre dlndemnttés , ci panèrent dans les mains des princes luques; les petits souveraias de Tordre ecclésiastique se trouvèrent de la sorte dépouillés par l'acte de iéenlarisation. Cependant le principe de la sécularisation ne fut point explicitement inséré dans le traité de Lunérille. ( ah. R. )
* Princes médiatisés , c'est-à-dire dont les principautés cessèrent de relever de l*Enpire immédiatement, et furent réunies à d'autres États plus poienats. Cette atteinte portée en isoe au système féodal qui couvrait r Allemagne d*aae foule de petites principauiés , avait pour justificMion nntérél direct des peuples; elle s'appuyait en outre sur des cas antérieurs. I/hIstoire germanique offrait plus d'un exemple de feudataires immédiats de l'£mpire qui s'étaient vus médiatisés. Les traités de Vienne * en iSlS, consacrèrent d'ailleurs l'opportunité de cette mesure, en ajoutant plusieurs maisons, telles que Salm , Isembourg, Leyen, à la Hste des princes médiatisés en tsoô. En perdant leurs droits de souveninetéy les princes médiatisés conservèrent , outre leurs propriétés» certaines prérogatives « teUes que la basse et moyenne justice, les droilsdepécfaeetdecbaaK,etc. La situation et les droits de ces princes fiircat définis de nouveau aux congrès de Vienne : ils furent réputés égnix en nsissanee aux princes souverains, et aptes à contracter alliance avec eui. (An. R.)
eiST. I)E CEM ANS. — T. II. 19
918 CCnFÉDBRATION DU ABIV.
au profit du despoUsme^ el dierehevent» àfovoede serviUlé , de présents^ à conserver leur existence ou à s'agiandk. Uarehicluiiioelier prit le titre de prknat et d'alteaae émiunitissîme > ; l'électeur de Baden , Je duc de Beig et ie landgrave de Heese lurent faits graod8^iues ; le chef de la maison de Kasau devînt duc, et le comte de Leyen , prince. Ces petits souverains s'arrangèrent entre eux au moyen d'échanges ou de nouvelles réunions de villes indépendantes, de cooMiiandencs leulonMiaes, ou d*autres territoires d'importanoe secondaire. Le droit de souverainelé resta aux membres de la confédàation; les pa)'S enclavés ou contîgus, et non désignés dans Tacie, perdirent leur iod^^endance. IKap^éon contracta des alliances de fiMttiUe «fecles prinœs germaniques; une fille da roi de Aavière épousa le ncenroi d'Italie , son ûh adoptif ; et partout U 5*atiaclia à «néler ses homofies nouvieaux au^E anciennes rae». Il traversa ea tôomphe cette foule de petits pdnoes, et revînt^ i^aris, où Tattendaient des honneurs inouïs. Alors il ne se crut phis un homme , mais le héros invincible et divin, comme le jiraolainawpt les poètes. Il songea à «'entourer 'd'wie âMale, en eiéant des duchés et des seigneiRte.
* Gil électeur de Haience , puis de iletlsbonue , qui éai le des princes eodésiastiqueB, éeriveil dem ees tenues i KapoMou : « Le fluie de Nepelèeu ne se borne pas à créer le lK>oheur de Ja Fiuuee, la PiovUaaoa aaeocde l*iioiBnie supérietir à fammn. ta uatieu •ique aéBMt dana les «lalheure de l'anarchie poUHqne H
aayet»alK, leffécènéralenrdasacoDalitetîDii! » Et aiHeuta : « <|ae
temftin d'êeeidoÊi rauuifse eu i'emperevr Napoié/m^ Mf uV dtatf «eus^^AurieMa^iie, ooa^poatf de laFrmtee, de fAHtmmpu étde^J- Mi».'»
La plupart des priooas aUeiuaads opprimés se tauraaiiiit ainet vas Kapeténa. C'étaient eux qui faisaient reteutir sans «kc à «eaanUks ce dangeseux uoan de Cbarleniagne. On lit aussi ce enrieux p«bj^ dans nue kMredn maséchal tauaes à l'emperaor, ^>rès U bataille dléaa : m tf'ai4ktt Un Uer la prodauiafoi de V. M. à btèle deseroopeL^ ib se ao«t toos^ife àcrier : Vàpei'^empenmr d^OocédmiS Je firle Ve«K M^ie^de M ftioe asiteir si eUeveot qu*à l'arevr fadasMe aoea dè-
Çf<:lMft à reoipereur d^Ocddeut, et je le desMude an aem de
d'armée,- ( A«. R. )
QDÀTBIEIIB COALITION. — BOYAUUB DR NAPLES. 219'
La Porte se rapprocha aussi de lui ; elle lui envoya un amliaasadeur, et reçut à Constantinople le général Sébastian! . Saint-Pétersbourg entama également des négociations, et un* traité fîit conclu , traité qui demeura secret, sauf la* condition* imposée à la Russie d'évacuer les bouches* du Cattaro : Napoléon consentait de son cdté à reconnaître llndépendance de la républiqne de Raguse, sous la protection de là Porte, et celle' de la république des Sept-Iles. C'était s'adieminer adroitement à séparer la Russie de TAngleterre. La Prusse, qui avait déclaré à la cour de Londres qu'elle ne consentait* à prendre le Hanovre qu'avec Tintention de le lui restituer, Taccepta alo^s en le dédarant réuni, et en exclut- les bâtiments et les produits anglais.
Ces agrandissements et ces manques de foi excitèrent le» plaintes des ^\.\^6 et des torys ; on déclara Vem^rgo y et dey lettres de marque furent données pour courir sus aux bâtiments pmssiens ; mesure que prit aussi Gustave de Suède. La mort de Pitt (28 janvier 1800), dont les derniers regards virent le» triomphes de la France, fut un coup désastreux pour P Ainglèterre. ^ On le remplaça par un ministère de coalition, dans lequel en* trèreot Grenville , l'orateur Erskine et Fox , dont Pélévation donna beaucoup d*espoir à Napoléon , attendu qu'il s'était toujours montré opposé à la guerre.
Talleyrand penchait vers Palliance étroite de la France et de TAngleterre ; qui avait été Pobjet de ses voeux dans les temps de liberté. Fbx ayant dénoncé à Napoléon roflfre qui lui avait été fiaite de Passassiner, Talleyrand saisit cette occasion pour entamer des négociations. Mais Fox mourut bientôt ( 13 sep* tembre 1800 ), et Grenville lui succéda : ce ministre étant hos* tile à la France, les négociations firent rompues.
Napoléon laissait apparaître dé plus en plus son système de domination. La Russie ayant demandé un dédommagement pour le rot de Sicile , il offrit les Iles Baléares , saiïs inéme consulter PEspagne.
Frédério-Gulllaume m, lorsqu'il monta sur le trône de Prusse ( 1709 ) , avait trouvé la paix affermie ; son patronage s'étendait ime partie de PAllemagne; le commerce de transit, grAoa
S20 CONFÉDKA/kTION DU RHIN.
à la liberté, y était florissant. Une habileté inconnue à Sahit- Péiersbourg et à Vienne , c*est-à-dire la fidélité à remplir ses eogageroents, présidait à Tadministration des finances ; le pays comptait neuf millions d'habitants , et le revenu s'élevait de trente et un à trente-six millions de thalers (138 millions de francs). Napoléon devait ménager un pareil allié, et le fortifia contre la Russie; mais il le ruinait au contraire, tout en le caressant; et ses manœuvres démontrèrent clairement à la Prus» combien était onéreux le système de la neutralité. Elle n'avait que trop de motifs de se plaindre de Napoléon . qui avait opérp de nombreux changements en Allemagne ^sans même la ooosulter, en la traitant comme une puissance du second ordre, sur des points qui la touchaient de si près. Puis arriva le moment où il invita les princes de TAllemagne septentrionale à entrer aussi dans la confédération , et où il offrit à la Grande* Bretagne de lui rendre le Hanovre. Il faisait vivre l'armée française sur le sol prussien comme en pays conquis ; et les réquisitions, les impôts, n'étaient pas ce qui faisait le plus sentir au pays l'oppression qui pesait sur .lui , et l'attdnte portée à sa dignité.
Les peuples et les gens de lettres, occupés de livres et d'ab&> tractions, avaient fait peu d'attention aux changements imposés par la force ; ils se réveillèrent à l'outrage de l'étranger; le vieil esprit allemand se souleva contre cet esprit français à qui tous avaient sacrifié un moment. La jeunesse surtout y éûit pleine d'ardeur, et l'idée de la nationalité allemande drcuia dès lors dans de nombreux écrits. Partout éclata un ardrat désir d'e^ facer la honte infligée à l'Autriche et à tout le corps germanique. La reine Louise- Auguste, qui était adorée de toute la natios, encourageait ces dispositions. Belle et noble héroïne, dame de la chevalerie et de la jeunesse universitaire , elle communiquait le sentiment et l'enthousiasme à la politique positive de la Prusse. Les sarcasmes que Napoléon faisait insérer dans les Journaux contre les princes allemands , augmentaient encore rirritatiou nationale ; elle ne se contint plus lorsqu'il eut fiait arrêter h l'improviste dans des villes libres , et copdamner à la peùie de mort par des commissions militaires, six libraires.
QUATBIÈMB COALITIOll. ^ BOYACHB DB NAPLES. 221
romme eouimbles d'avoir répandu des écrits contre lui. Un frémissement d'indignation remplit tonte F Allemagne, elFrédérie-Goillaonie ne put s'abstenir de prendre les armes. Ses soldats étaient brûlants de patriotisme et conGants dans le sou- Tenir de leurs anciennes Tîctoires; mais il ne restait que de vieux généraux de l'école classique. Le duc de Brunswick, alors Hgé de soixante-dix ans , et qui avait combattu dans la guerre de Silésîe, conservait seul sous ses cbeveux blancs une organisation vigoureuse.
I^ guerre éclata donc de nouveau. Le roi de Prusse ne demandait à la France que de retirer ses troupes de l'Allemagne, qu'elle avrait occupée sans motif, et de prendre le Rhin pour Irniite, eonformément aux traités'. Mais Napoléon avait une armée insatiable de victoires; il avait des parents et des géoérsvx à qm souriait l'espérance d'un trône. Ses finances étaient médiocres; mais n'importe : l'Allemagne était là, et fournirait à la subsistance des troupes ( octobre 1 806 ). 11 dit donc dans une proclamation : Je rCai pas 'provoqué les Prussiens; ils m'en- Joignent de repasser le Rhin ; fai vite tête de fer^ et Je ne cède pas OMsH facHement. Français , vous seconderez votre empereur pour briser la colonne de Rosbachl
L'empereur de Russie, entouré de jeunes conseillers et animé de généreux sentiments, considérait alors Catherine et Paul comme des tyrans, le partage de la Pologne comme une iniquité , la guerre avec les Français comme un acte impolitique ; il croyait qu'il était de son devoir d'empêcher la France
• Ce refus de Napoléon fut motivé alors par des rJrconstaoces subite», q«i forent : la mort de Fox, qui allait (aire préTaloir de nouveau le parti de la guerre ; le refus imprévu de l'empereur Alexandre de ratifier le traité que son amliassadeur venait de conclure à Paris ; puis enfin les tergiversations de la Pnuse. Napoléon dut croire à une coalition nouvelle; et craignant d'être surpris, comme Tannée précédente, il refusa de retirer aes troupes de la Franconie. L'historien , en rappelant ces circonstances , devrait faire voir aussi combien la Prusse , acceptant Je Hanovre tantôt d'une main, tanfôt d'une autre, tint une coodnile éqnivoqne, et mérita d'attirer sur elle, par ses fautes , l'orage qui allait Taccaliler. An. R. )
la.
32Î COEIFÉ0BBATIO1I DU BHllI.
et TA n^etem d« s'écarter de la jonîee , et de les oUignr à m* peeter les natkmalîtés. C'était là le motif qui loi avait fait prendre les armes la première fois; il n'avouait pas sa dé&iie, et disait que les Autriehieoa ravaient abandonné. Uni maintenant h ia Prasse, il préparait mie nouvelle campagne, dans la confiance que rAutriche en profiterait pour se relever de sa chute, d'autant plus que leprinoe de Meltemieh, caiaetèie opiniâtre dans ce qu'D avait luie fois entrepris , eoDuneacait à diriger la politique de Vienne.
Les Prussiens se mirent en canipagiM, sans attendre le Russes; malgré le ooneonrs de la Saxe et de la Hesse, ils étaient encore inférieurs à Napoléon pour le nombre, eoomie pour raccord des volontés '. Après divers engagements partiels, la plaine d*Iéna fut le théâtre d'une bataille dédsive ( 144Mlë»i« 1806 ) : quarante-quatre mille Prussiens y furent écrasés par cinquante-quatre mille Français, et la déroute deRosbaeh fitt vengée *.
Ce ne devait point étreune journée décisive, et pourtant la manarcliie de Frédéric, fondée sur Tarméé, s'afhissL sur le coup K Une terreur panique s'empara des Prussiens, dont les pria* cipaux chefs, et Brunswick lui-même, avaient été tués ou blessés^ Napoléon se plut, dans ses bulletins, àiasulleraux vdincus, pendant que ses journaux traînaient dans la &ngele nom vénéré de la reine , qui , « dans son délire , avait rais, nouvelle Armide , le feu à son palais. » H tint aux Saxons prisonniers un langage propre à les détacher de Tallianee prussienne , et leur proposa de faire un royaume de leur électorat I^eor prince, satellite de la Prusse depuis le règne de Frédéricll, s^'était montré constamment économe de l'argent et du sang de
* Le total des Uircn tirnssiennes s^élevaii à cent quatre-vingC-tmis mf IHs lioimneê ; Parmée (Vançaise, À cent qaatre viogt-dix bmIIo. ( Ab R.)
* L'armée prussienne cemptait soimate-dix m9ie liooimes svr le cltamp de bataille d'Iéna, ob cinquante nritte Fraliçai& sealeoMOl oeA> baUirent. (An. R. )
^ A quatre lieues dléna, se livrait dans le même moment la balaiHe d'AwersIaedt, où le manédial Davonst'setnniva aux prises avee la rcst« <lc rarméc pnissiemie , et récrasa. ( An. R. )
QUATBiiMB COALITfOlf. — BOYAfllfE DE NAPLES. 223
sujets, dont il avait cicatrisé les plates; il se rendit (Aissitdt à Poaen, où il signa un traité avec Napoléon : il entrait dans la confédération dii Rhin avec le titre de roi, devait fournir un contingent de vingt mille homnies, et plaoer lemiHecatki^liqtie svr le pied de Fégalité avec le culte luthérien dans le pays où ee dmier avait pris naissance.
DÎT joars après la bataille d*Iéna ^ Napoléon entrait à'Beriia, > et s^instaHatt dans le Sans-Souci de Frédéric II. Ses'^^énénittx > poorsoÎTirent les débris de Tarmée prussienne, multipliant les &ils drames les plus inattendus*. A Lubeck, on conibattit jusque dans les rues ; et les femmes , qm avaient excité aveo tant de patriotisme le courage des habitants , furent abandonnées à la bnitalité des soldats *. Blûd^er, lé capitaine firhill , le dnc de ^ Bnmswick-Oels, battus dans les armées, se firent chefs de bandes; et un nouveau courngese réveilla, non plus à l^appel des rois , mais à la voix des peuples,
Napoléon agit en conquérant : il condamna Berlin à paj'er cnt cinquante millions; partagea la Prusse en quatre départenents, proscrivit les familles qui se tinrent à Fécart, exigea le ' ferment de fidélité, traita de rebelles ceux qui gardaient leur foi à leurs princes malheureux^ et déclara, en propres termes , qu'avant dix ans il voulait que sa famille fÛX la plus ancienne des maisons régnantes deTEurope; Mais il semble qu'n ce moment il commença de décliner. La France apprit avec joie cette ' nouvelle gloire, mais elle n^en désira pas moins vivement la faix. Le sénat osa se rendre Torgane de ce vceu dans ses féli* citations; Napoléon s'en irrita , et déclara que cette manière de ^terposer entre la pensée du souverain et les besoins du '
' A rcatboafliasme exceisif et trop pré$omptueux des Pnitaiene miccéda bientôt oiie déinpraJisalion si complète, que Ton vit des vili(*s fMtiliéeB telles que SIeHio se rendre à des détaeliemeots de cavalerie \ la Me plaoe de Castriii capituler devant une poignée de fentSMins ; f t Mafdebettf^ «vec vingt-deax mille hommes, tomber presque sans ré- • «Manoe. (Aa. RO
' Lubeck , eomàie on te sait, n^étaît point une ville prussienne ;. le géaérai Btoeher ; daas m fuite , 8> jeta, malgré roppoeilioa des magMratSy Hcomp«omittaaettli«tMé,qiiMlavmttvioléet» premier. Aw R.)
224 coufedeaatiok du bhiîi.
peuple tenait de la félonie; que lui seul comprenait ce qà convenait à la France. Il invita en conséquence le sénat à w souvenir que rien ne reropécheiait de réaliser les grandes destinées qu*il réservait à la nation.
Ces destinées étaient de nouvelles guerres. Il repoussa tout arrangement avec la Prusse; et un décret, daté de Berlin, déclara le blocus des ties Britanniques ' ( 21 novembre 1806). Il ordonna en France une levée nouvelle , et la mobilisation drs gardes nationales. Les pleurs des mères et des épouses aecompagneront désormais des triomphes qui seront les siens, et noa plus ceux de la nation et de la liberté.
Restait à vaincre les Russes, dont les forces étalât intactes, et qui seuls désormais se trouvaient libres d*opérar à leur gré. Alexandre, qui, animé d'une piété vive, se servait deU religion pour exciter ses peuples à défendre leur indépendance, avait fait appel au zèle religieux. Piapoléon, de son coté, ayant échoué près d'Alexandre « qu'il regardait comme le seul panni les souverains qui fdt a son niveau , trj^vailla à lui susciter 1 uûmitié de la Turquie et celle de la Pologne. La Turquie avait offensé la Russie en destituant, sans la consulter, les hospo> dars de Moldavie et de Vs^achie. Le czar, attribuant Toutrage à rinstigation française , s'en montra irrité ; la satisfaction qu'il en reçut ne Tempécha pas de faire marcher des troupes, es même temps que la flotte anglaise vint assaillir Constantinople (février 1807). Le général Sébastian! , ambassadeur près la Sublime Porte, organisa la défense, et sauva la capitale; mats la flotte turque n'avait pas moins été brûlée par les Anglais, toujours prêts à Fœuvre dès qu'il s*agit de détruire des forces maritimes.
L'arrivée de Napoléon à Posen avait réveillé toutes les espé-
< LVmperenr accorda nn armistice à la Prusse.
Le décret relatif an blocus défendait tout commerce avec VAm^^tkatt, portait confiscaUcn de toute marcliandise d*origine anglaise » et déitjue à tout bAtiment ayant touché un pori anglais d*alK>rder dans les porta de France ou ceux de ses alli^. Ce fut ce qu'on appela le U»aa cb^ finenfni, acte de représailles diri^ contre le blocus ffkariUme da Anglais, et qui répondait à la violence par la violdioe. { A«. B )
QUATBIEMB COAUTIOlf . — BOYAIIMB DB NAPLES. 2)5
raocesdes Polonais (t^' décembre 1806). « L'amour delà patrie, dit-il dans un de «es bulletins , et le sentiment national ont été retrempés chez ce peuple par l'infortune. Sa principale passion est de redevenir une nation. Les riches sortent de leurs châteaux pour venir m'en prier, et m'offrir leur influence, leurs richesses, leurs enfants. Spectacle touchant! déjà partout ils ont repris Tancien costume, les anciens usagn. >
La gloire de relever le royaume de Pologne sourit un moment à Pesprit de Napoléon ; mais on n'y pouvait arriver sans Uesser rAutriche.~L'homme qui détruisait partout les nationalités pouvait-il attacher un grand prix à réparer cette énorme iBiquîté?Mais il savait que les Polonais étaient de vaillants soldats, et il espérait d'eux une bonne armée pour s'en servir dans intérêt de sa gloire, ou pour opérer une puissante diversion en Kosae. Une proclamation parut, au nom de Kosciusko ; l'emp^reor convoqua à Posen^une réunion d'officiers polonais , pour r»der à insurger le pays. Dabrovski , ancien soldat de la Révohition , flt des proclamations pour annoncer ce libérateur, fn s'avançait à la tête de trois cent mille hommes pour écraser kl oppresseurs de la Pologne. Napoléon lui-même flatta cet espoir si cher aux Polonais , en leur di^nt de combattre et de se montrer dignes d'être reconstitués en nation.
Ao milieu de décembre, il emmena les soldats de la France ctdelltaliesous ces climats sms soleil, sans rôtîtes frayées, ciposés à d'obscures souffrances, sans autres ennemis à corn* ^^vttreqoela nature. Pour ranimer leur enthousiasme, Napo- ^ décréta l'érection de la Madeleine en un temple de la Gloire, en l'honneur de la grande armé«; il accorda double ^t, il prodigua les décorations. Mais la maladie atteignait ^toQs côtés les soldats, que fatiguaient de misérables engage- '"CQti avec les Cosaques. Les maréchaux étaient soutenus par ^<*poir de gagner on royaume , tout en voyant de mauvais œil ^empereur ne songer qu'à ses frères. Lannes, Ney, Murât, 'dirent mal dans les expéditions qui leur furent confiées ; ^ inouvements manquaient d'unité quand l'empereur n'était l^là. La bataille d'Eylau (8 février 1807) contre le générar
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Benningsen, où il périt plus de trente mille hommes, ne fat qu*uu massacre inutile sur la neige; pais les deux armées, lasses de carnage, se reposèrent tristement Biais on voyait que Napoléon aussi pouvait être battu, et qu'une seule défiàiite suffirait pour entraîner sa ruine.
L'empereur, qui s*était enfoncé à cinq cents lieues de sa capitale, demanda de nouyelles levées. Pour assurer ses oDinma* nicatioRS, il fit attaquer Dantzick par le maréchal Lefebvre, qu'il créa duo, quoiqu'il fût de la plus basse naissance et dépourvu de toute éducation.
La bataille d'Heilsberg resta aussi sans résultat ; maïs quatre jours après, les Russes furent battus à Friedland( 10 juin 1807), a grand renfort d'artillerie, avec une prodigieuse efFusioD de sang. Le général Victor, qui eut Thonneur de la journée , fiit promu à la dignité de maréchal ; mais plus de trente mille blessés gémissaient dans les hôpitaux, et Napoléon, comprenant quH n'avait plus af&ire à des Autrichiens et à des Prussiens , se décida à entrer en arrangements. Napoléon et Alexandre , Fus âgé de trente-huit ans, Tautre de vingt-neuf, comblés de pwssance , et faits pour s'estimer mutuellement parce que tous deux régnaient despotiquement, eurent une conférence à Tilsitt (33 juin). Les deux empereurs y remanièrent le monde à leur gré. Napoléon ne s'inquiéta point de la Porte, qu'il avait mise en avant, et laissa Alexandre se consolider dans la Moldavie et la Valachie. En échange, leczar sacrifia la Suède, qoi lui était restée fidèle , et laissa Napoléon disposer de la Poméraaàe suédoise , à la condition quMI ne s'opposerait pas à la oonqnAe de la Finlande par la Russie. Alexandre domina ainsi sar la mer Noire, la Baltique et le Danube ; aequisttions régies, en retour desquelles il reconnut les titrés de Napoléon et oeux des autres princes ses satellites ; il entra dans tous les projets du conquérant sur la formation d'un grand empire dX>ccident, tandis que l'Orient serait abandonné à Alexandre,
et que FAlIemagne demeurerait comme vassale entre enx deux.
Le roi de Prusse s'humilia devant son yainqâear; aoo bénuque épeuse aussi tenta de le fléchir. Napoléon se oomi»liit
QDATBIÈUB COALITION. ~* SOYAVMV DE NAPLE9. iXTI
dans ce triomphe de son orgueil , ce qui fit dire au prince de Hardenberg : // est implacable vis-à-vis de P infortune; il ne saura pas supporter le malheur avec dignité.
Après avoir tenu quelque temps les suppliants dans Tmcertitode , Napoléon déclara qu'il rendait au roi de Prusse la moitié de ses États , mais seulement en considération d'Alexandre ; comme si la nation et le roi avaient cessé d'exister,, et que la propriété légitime fût inhérente à la conquête.
La Pruase |ierdit donc tout ce qui se trouve entre le Rhin et rilbe avec toute la partie polonaise, indépendamment de kMurdes coDlributioiis et de l'obligation ôe fermer .ses porta aux Anglais. Napoléon était bien le maître d'imposer à Alexandre la rântégration de la Pologne, et de la négocier aivecT Autriche, qui aurait gagné à rechange de la Gâllicie contre la Silésie; mais Q se contenta du territoire dont se composait la Pologne eo 1772; il en forma le duché de Varsovie, qui fut donné héjréditairement au roi de Saxe et aux siens. Un statut^ rédigé IKur uae commiseîQn de Polonais, décida qu'il y aurait un sénat eompœé 4e six évégues, de six palatins et de six châtelûns; «ne. chambre où siégeraient soixante nonces nommés par les diétioes des nobles , et quarante membres élus par te vîfles : ce qui laissaît dominer raristocratie. Le servage f^ aboli, fégafitédes droits proclamée, et les personnes mises sous la protection des tribunaux.
Kapoléon tira aussi de ce démembrement de la Prusse et des antres fiays germaniques le royaume de Westphalie, qu'il érigea .pour son frère Jérdme. Le servage et les, privilèges y furent abolis ; cm y oonstfva pourtant la noblowe t mais 'Sans attribuer aaeun droit particulier aux titres ou aax dignités. Les étals furent admis au vote de l'impôt; le nouveaa Heaume reçut, comme d*usage, le code ainsi que le système administratif fran^is.
Ainsi tous les États intermédiaires furent sacriGés aux deux grandes puissances qui s'étaient attribué Tune le nord , Tautre le midi : mais Alexandre s'agrandira par l'acquisition de la Finlande ; Napoléon devra sa chute à la guerre d'Ejspagne, et à son dissentiment avec Alexandre sur le partage de
126 CONFÉDiBÂTfON Dtf JlHIir.
Tenipire ottoman , dont il fut alors questkm pour la premièR
fois '.
' « Dans cet aveugle panégyrique de Napoléon et de lajàrce» ^ publie M. Tbieis sous le titre ^ffisloire du ConsuleU et de FEmpin, on lit : « Daas Tenivrement produit par la prodigieuse f^mpagFu» M « 1805 , changer arbitrairement la face de l'Europe , et, an lien de» « borner à modifier le passé (ce qui est le plus grand triomphe acoorié • à la main de Tliomme), vouloir le détruire ; au lieu de continuer à aoln « profit la vieille rivalité de la Prusse et de rAutriche par des avantags « accordés à l'une sur l'autre , arracher le sceptre germanique à PAih « triche, sans le donner à la Prusse ; convertir leur antagonisme en me « haine commune contre la France; créer sous le titre de conlédéntMa « du Rhin une prétendue Allemagne française» composée de priacss « allemands peu reconnaissants de nos bienfaits ; et , après avoir renhit « par cet injuste déplacement de la limite du Rhin, la guerre avec b « Prusse inévitable, guerre aussi impolitique que glorieose, se taiaer « entraîner, par le torrent de la victoire, jusqu'aux bords de la Tb- « tule; arrivé là, essayer la restauration de la Pologne, en aysattar « ses derrières la Prusse vaincue mais frémissante, l'Autriche secrète» « ment implacable; tout cela, admirable conune cewMre milUake, « était, comme ceuvre politique, imprudent » eicessil, chimérlqai^* Fin du livre XXVlf. ( Noie de Cauteur. )
Cette note montre une fois de plus combien M. César Cantn syBf** tbise peu avec les historiens français, et particulièrement avec M. TbisA Il serait inutile d'insister sur ce qu'il y a d'exagéré dans le dur reproche que M. Cantu lui adresse : on dirait que le passage même qd ficit d'être cité a été choisi k plaisir pour réfuter son assertion. Bff. Thiers s pi puiser souvent dans son admiration pour l'empereur de savants et iiftnieux motib pour atténuer les premières fautes de sa politique; ash i en a marqué tous les grands écarts; son jRiii^riTiie en tout cas a'«t point aveugle, et l'on vient de vota: que la sévérité de Hiislorien y psrii haut. (An. R.)
DESPOTISMK IMPEBIALV 229
DESPOnSIIB UIPERUL. — BLOCUS CONTlNENTAIi.