‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,)Chapitre 14 sur 61 · S0 HISTOIRE · texte numérisé non relu

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traction du monde germanique. Guillaume démontrait , dans ses Recherchée sur les ruines ( 1821 ), Texistenoe de Técritnre alphabétique parmi les anciens Allemands , et il rassemblait dans la Tradition héroïque ( 1829) les fragments d*uiie grande épopée septentrionale, dont les Aiebelungen ne seraient qu'un épisode. En même temps Gens , Philipps , Klenze , Zôpff , Waitz, approfondissaient le droit germanique, et lui trouvaient les mêmes fondements qu^à celui de Rome , de la Grèoe et de rinde; enGn la lumière portée par Rask et Geyer sur les antiquités Scandinaves réfléchissait une clarté nouvelle sur celle de TAllemagne et sur les émigrations des peuples. Plus d*un cependant se laissa égarer par le patriotisme jusqu'à peindre comme autant de héros accomplis les Genséric, les Alaric, les Odoacre, et jusqu'à regretter la sauvage grandeur de la race germanique, détournée par l'invasion romaine et par le christianisme de ce libre développement , de ce génie propre, qui peul-^élre aurait amené une civilisation supérieure à celle d'Athènes et de Rome.

On en a vu d'autres encore, au milieu d^une érudition déréglée, introduire dans l'histoire un scepticisme qui n'a pas encore fait grâce aux faits qui ont le plus influé sur rimmanité. Eichhom et Spittler, l'auteur de V Histoire eeelésieuiiqueel de celle des Étais européens, suivirent les traces deGatterer. Woltmaon et Menzel ont continué Y Histoire du monde de Becker , avec plus de solidité ; Schlosser les a surpassés pour la connaissance des faits et l'élévation des idées. Les vues philosophiques et politiques émises par Pôlitz, Hapfer, Mayer, de Eggers, Jeniscb, Gruber, Carus, Breyer, Luden, Schneller et autres, ont été recueillies par Heeren. Rotteck , dans son Histoire unioerseile , réimprimée tant de fois , considère la vie des peuples au point de vue du droit naturel et des réformes politiques , c'est-à-dire de la liberté et du bien public; mais il est plein de sécheresse et de préjugés. Comme Dahlmann, il veut le trône héréditaire, mais avec des assemblées délibérantes. Beaucoup ont remué le moyen âge : Wilken s'est attaché aux croisades ; Ranke, aux peuples germains et tudesques du seizième et du dix-septième siècle ; Raumer, aux Hohenstaufen et a l'Europe depuis le seizième

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âèek. Lliîsloire modcnie a été traitée par Saalfeld, Hormayr, Mâaeh; la Rérofailion française et les évéDements oonteniponîDsoot fourni la matière de beaaeoap de travaux. Les An* ■afes emnpéemÊeê depuis 179â, publiées par Posset, fondatnr de la Ga%etU wUverâeiie d*Augsbourg, et supprimées par b diète eu 1813, mériteat d'être citées comme documents hatoriqoes; de même la Chratiique de Venturini, la Mi^ iKmr, le Jourmai hisioriquê et polUique de Buchloz, le AToarfe primiii/ par Malten , les Mélanges sur Tétat présent du moade par Zschokke , suivis des TradMom sur notre époque. Miefael Selimidt (1 786) manque de solidité et de portée dans sa iiMJiimincinr iiUioire des JUemandSt aussi bien que Krause, RidMck, Henrich, Westenrieder, quelque reoommandablesqu'ils loient dans eertaines parties. Mais après la réaction qui suivit le despolisaie de Napoléon, on cessa de s'occuper exclusivement de U hiiarre constitution de TEmpire et de la gàiéalogie des maisons régnant», pour éttidier la vie du peuple sous ses divers aspects; ce qui ranima l'esprit national allemand. L'histoire de Wolfang Meaid, qm respire la baine des Français, est vive, mais déclanaloire. Le verbeux Lnden pousse l'exagération patriotique jusqu'à trouver tout parfoit. Pfister, qui dans son Histoire de Suéde révnit un jot^enent droit h de grandes recherches, n'a pas aussi faim lénssi dans son Histoire d^AUemagne, où il vise trop à remeigacment. 11 n'y a pas de villes, de villages même, de ebâlemx, de corporations, qui n'aient leur historien. Juste Moser, mctaéiant, dans son Histoire dOsnahiÊek, un petit pays, dirign d'abord sm recherehm sur le droit national. V Histoire de iaComfêiiUruUomstrissef entreprise par Jean Mûller, réunit, au ploi patient examen d« sources, une grande richesse d'idées et «a Boble amour de la liberté. Zschohke, écrivain populaire, a tnîté aussi le même sujet, et nous a donné une histobre de Bavière qui a été continuée par Monard et Guilleroln. VHistoire ^Ai JliàaaedeSanorius,celiedela Prusse par Voigtel et par lansind, celle de l'origine des différents États germaniques (laOQ, rUstoire de la finmation des ligues libres du moyen âge ( 1837) par Kortum, et beaucoup d'autres, nous révèlent la condi* «iongénéiile des vittea ou ceUe de quelq|iies««nesen particulier.

Des archéologues fumeux ont interprété Pantiquité, surtout les deux Pîiebuhr, dont l'un nous a fait connattre T Arabie, Tautre la constitution primitive des Romains, il n'y a pas de nation étrangère, pas d*époque que les Allemands n'aient prise à partie et étudiée; pas de question d'art, pas d'inventîen sur lesquelles ils ne se soient exercés ; et ils ont dans les monographies la supériorité qui revient aux Français dans les mémoires. L'histoire ecclésiastique a une importance particulière là où se trouvent chaque jour aux prises des universités , des peuples , des lois , qui appartiennent à des cultes différents.

Les matériaux historiques et diplomatiques abondent en Allemagne, aidés encore par des Hegesia qui mettent à la p(Hrtée de l'historien tous les faits mémorables d'un temps, d'une &• mille, ou d'un pays. S'il est des écrivains qui se noient dans de menus détails par affection de clocher ou par curiosité archéologique. Tes historiens généraux sont là pour juger du parti que l'on en peut tirer. Mais l'esprit rêveur et systématique de l'Ai* lemagne a fait plus d'une fois évaporer la valeur positive des plus laborieuses recherches en abstractions et en chimères. * Et maintenant que resterait-il à souhaiter? C'est que de tant de travaux partiels^ il pût sortir une histoire vraiment universelle, où le chemin que l'humanité a parcouru se déroulât tout entier ; c'est qu'à travers tant d'événements on découvrit la loi qoi donne l'impulsion au progrès, et celle qui lui sert de giAÎde; que l'on dégageait l'idée éternelle de l'idée passagère , la justice immuable des mille formes Tsriables sous lesquelles elle ixNis apparaît; en un mot, que l'on nous donnAt enfin la vraie philosaphie de l'histoire. C'était une opinion universellement répandue, dans les siècles qui nous ont précédé, que la décadence de l'humanité allait toujours croissant*: de là le devoir de remonter au passé, de se reporter aux principes des choses, de rétrograder vers notre berceau. A cette croyance a succédé aujourd'hui celle du progrès, qui ne conduit point à mépriser ce qui a été , puisque ce fut uue amélioration sur un état antérieur, mais qui nous donne la certitude de continuelles conquêtes en frit de bonheur et de liberté. Chez les peuples arriérés , rétrogrades, morcelés oa^ompri-

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aéipr ia force, plongés dans un bien-être matériel sans dignlé, chez Its nations où l'exercice de Tautorité est le pri- Ton maître, l'amélioration an monopole, et rabaissement on système , où les erreurs de rintelligenoe ne sont mais pnnies, où Ton inflige à des gens avides ifactîQB le suppliée de l'oisiveté , c'est une difficile conquête 9» «elle de la liberté. Là, l'enthoMSiasme ne s'enflamme qoepovles dansauis et les eantatrioes. Malheur aux peupis fâ plaisantent avec leurs chaînes, ^i ne savent pas oppoKT le droit an pouvoir oppresseur, et 4|ui ne savent protester i|it par une raillerie frivole ou par une soumissîott hargneuse! Uifoir n'est pas pour eux. Les peuples corrompus appar* tieBDcnt à la tyrannie, comme les cadavres aux corbeaux. Llâitotre n'aura à raconter que leurs humiliations. Les gens de ooBor qui se rencontrent dians une société pareille , injuriés «néeonnus parce qu'ils sont austères et convaincus, ne se nagusnt pas au joug du despotisme , par cela qu'ils respectent lo boas gouvernements; ils savent se soumettre à l'ostracisme , « repliant sur eux-mêmes comme le fort resté sans appui ; ih avcnt comblai il £sut d'efforts , de vertu , d'héroïsme pour cm et perpétuer un peuple ; combien il est difficile de conserter le désinléresBement au milieu des calculs de la vie ma- (oidie, l'amour du travail au milieu de la pasçion des jouisaoecs, la vie du cœur, de Fintelligence, de l'imagination , au Qiiiai de la préoccupation absoloe des affaires et des plaisirs. Ibsafent que les grandes choses ne s'improvisent pas; ils moderau Timpatience fébrile qui aspire au mieux. Dans la lutte des principes absolus avec des faits inévitables , ils cherchent à foitificr le sentiment moral et cehii de la dignité personnelle, (S seatiment qui porte à connaître, à vouloir son droit, et à sâerer vers le but suprême ; enfin ils sont convaincus que le soleil dore le nuage même qui intercepte ses rayons.

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