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moment devint tout à £ait un parti ; tous les intérêts de la foi se mêlèrent aux intérêts politiques. Le clergé , qui se rappelait son ancienne position , la préférait de beaucoup à une protection qui ne lui attirait que des embarras du côté de ses protecteurs, et des attaques furieuses de la part de ses ennemis. Pendant qu'il se plaignait de ses entraves, Ton se récriait contre ses progrès, contre sa tendance à s*arroger sans cesse une plus grande autorité. Les chambres , les tribunaux même retentissaient de censures amères contre « cette épée dont la poignée est à Rome, et la pointe partout. » Montlosier fourbissait ses vieilles armes pour combattre les jésuites renaissants, Tultramont^i^îsme, les corporations, qui osaient encore se réunir dans la solitude pour la prière et la pénitence, contre l'outrecui* danoe desévéques, qui prétendaient, dans leurs pastorales, mettre leur troupeau sur ses gardes ; et, tandis que les sociétés secrètes s'étendaient impunément, Ton surveillait, avec Tinquiétude de la défiance, les frères de la Doctrine chrétienne et œux de Saint- Vincent de Paul , livrés à renseignement ou à la bienfaisance.
Tout devenait ainsi instrument de haine et de résistance. Les opposants, ne songeant qu*à démolir, n'avaient rien de prêt pour le lendemain de la victoire. Leur tactique se réduisait à rexclusion, à la haine, à la raillerie, sans amour, sans aspiration, sans lien fraternel.
La part qu'y prit la littérature fut grande et active. Napoléon ^ tout en la tenant enchaînée , avait habitué les journalistes à faire , eux aussi, la guerre aux gouvernements étrangers et à ses ennemis, ils se formèrent ainsi ; puis, à peine libres d'entraves, ils déployèrent une grande hardiesse, et constituèrent véritablement un quatrième pouvoir dans l'État. On cherchait avec ardeur tout ce qui pouvait déplaire aux Bourbons ; Napoléon, naguère maudit, r^evint populaire. Les chansons de Béranger, véritables armes de combat <, rappelèrent l'intérêt et Tadmiration sur ces vieux soldats , qui ne pouvaient plus , hélas ! ui tuer ni se faire tuer. Vemet représentait leurs types , repro*
' Combien ta musc a fabriqué de poudre !
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dttitsâ milliers par la lithographie, moyen incomparable pour répandre le ridicule et le mépris. Les Messéniennes de Delaf^nie ranimaient Fhéroîsme tombé , et cet amour fle la patrie qui f'enilamme lorsqu'elle est menacée, et qui s'endort lorsque son repos est assuré. Paul-Louis Courier, qui s'était fait pamphlétaire après de sévères études , comme Pascal et Montesquieu V assaisonnait d'une causticité charmante les préjugés et les passions de son parti, et criblait de ses traits les aristocrates,. les eourtîsans et les oisifs.
Tout ce que^la littérature comptait d'illustre finit par se tovmer contre les Bourbons. Chateaubriand lui-même, ce chevalier du drapeau blanc, sitôt qu'il fut jeté hors du ministère par Vlllèle , se rangea dans l'opposition ; et s'il ne fit pas une guerre à outrance , il ne manquait pas de dire : yoici ce que îauraU conseillé au gouvernement*
Des gens de lettres qui n'aspiraient qu'à des succès de presse ou d*enseignemerit, finirent par porter ombrage au gouver- Dément, qui, se voyant impuissante rétablir la censure, se mit à sévir contre les délits de presse , et en attribua le jugement aux tribunaux correctionnels. Plusieurs feuilles furent suspendues, d'autres achetées; des professeursfurent expulsés de leur chaire.
n ne faut point se mettre à dos les gens d'esprit dans un pays où D n^est pas permis de les ensevelir au fond d'une tour, attendu que, si on les abat, ils se relèvent plus redoutables. Ces professeurs, offensés ou mécontentés par le gouvernement, faisaient tourner en polémique leurs enseignements ; toute histoire devenait allusion. La louange on le blAme étaient distribués en sens inverse des sympathies d'en haut ; la question politique se traduisait en théories philosophiques sur l'origine du pouvoir : vient-il de l'homme ou de Dieu , d'un contrat social ou d'une révélation ? Le langage même a-t-il été révélé à l'homme.' ou Dieu ne lui a-t-il donné que la faculté de parler? L'homme a-t-il commencé par parier ou par penser? L'idée est-elle antérieure à la parole ?
Bonald, champion de Técole renaissante de de Maistre, soutenait la théorie d'une langue révélée , ainsi qu'une loi prinii-