‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,)Chapitre 27 sur 61 · G LES MINISTERES ET LES PARTIS EN FRANCK · texte numérisé non relu

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et de miséricorde infinie, » comme Tévénement le plus prospère pour les institutions sociales et religieuses. Il fonda alors le journal l'Avenir, avec cette épigraphe : Dieu et la liberté! l\ eut pour collaborateurs des hommes d'une grande inlelligence et d'un grand cœur, radicaux en politique, papistes en religioD, qui , du même principe d'où de Maistre avait fait découler le pouvoir absolu, faisaient dériver la liberté , et s'élevaient eontre les entraves apportées par l'Église gallicane au pouvoir pontifical. Les concordats n'étaient que des schismes déguisés : le prêtre, disaient-ils, ne doit vivre que des offrandes des fidèles; l'État n'a à s'ingérer ni directement ni indirectement dans les choses ecclésiastiques. Liberté absolue de conscience , d'association , de presse; suffrage universel dans les élections; plus de centralisation , plus d'intervention de l'État dans les affaires de la commune, des cantons, du département ; en un mot, libertfi entière et pour tous. Ces novateurs ouvrirent une école au nom du libre enseignement, prochimé par la charte ; elle fut fermée par la police, et ils se virent traduits en justice; le tribunal retentit de discours antigallicans qui respiraient la liberté, et où figurait le Christ coiffé du bonnet républicain.

11 s'agissait donc de ressusciter Grégoire VU , le patriarche du libéralisme , disaient ils , qui vit le véritable moyen d'instituer même ici-bas le royaume de Dieu : il s'agissait de faire du pape le tuteur des nouvelles libertés des peuples, de mettre le saint-siége à la tête de tout le progrès moderne, et d'en faire le centre delà politique, comme il l'est de la religion. Mais le pape accepterait-il ce rôle nouveau ? Le trouverait-il selon la mission qu'il tient de Celui dont il est le vicaire ? L'auditoire se demandait : « Est-ce là vraiment la religion catholique.' » comme le disait Lacordaire dans sa défense.

Et beaucoup disaient que non. Aussi les rédacteurs de VJvenir, qui cherchaient de bonne foi à fonder la liberté au nom du Christ, déclarèrent-ils qu'ils suspendaient leur publication, pour aller à Rome interroger l'oracle infaillible. Ils s'y rendirent en effet comme des députés du peuple , pour offrir au pape cette nouvelle suprématie; mais il réprouva leurs doctrines quant à la liberté de conscience et de presse , q«iant à la restauration de

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