‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,)Chapitre 28 sur 61 · LIS XIHISTSRB8 BT LES PARTIS EN FRANCE · texte numérisé non relu

LIS XIHISTSRB8 BT LES PARTIS EN FRANCE

fÉ^te, déclarant que la soumission au prince est de foi , que toale asBodatioQ est interdite entre hommes de religion dififé- RBie, et que la séparation de l'Église et de TÉtat est contraire M bien de tous deux'.

Vjévenir se tut de?ant cette condamnation inattendue. Mon* tilembert s^ soumit, et , entré par Thérédité à la chambre des paiis, il j derint , au nom du christianisme et dans les limites de la foi , le champion ardent de la liberté. Lacordaire , après de longues épreuves, se fit dominicain et prédicateur, laissant soof ent percer le Tieil homme sous Tobédience et l'orthodoxie, en traitant du haut de la chaire des rapports de TÉglise et de FÉtat, bien qu'il subordonne la raison individuelle à Tautorité. T^mwinaMi hésîta uu pctt avant d'adhérer à l'encyclique, voulant faire des réserves pour ce qui lui paraissait d'ordre purement temporel : il se résigna pourtant, à la fin. Mais il éclata bientôt dans les Paroles cTun croyant, pleines du courroux que lui mspiraient les gémissements de la Pologne et de l'Italie : pre- DÛer anneau d'une chaîne d'écrits dans lesquels cet esprit puissaat, cet écrivain admirable sortit du christianisme. Celui qui atait soutenu l'infaillibilité dans le pape, comme le représentant de la raison générale, transféra cet attribut à la souveraineté populaire , et se fit Tapôtre de la démocratie absolue. Plus ré- Tolutîonnaire que rénovateur, il peint les souffrances des peuples, les désordres de la société, avec une éloquence sans égale ; mais des remèdes efficaces , il n'en propose pas; car ce n'est pas là an remède que dédire au peuple : « Soyez unis, armez-vous, anacbez des mains de ceux qui sont rassasiés le pain dont vos eo£uits ai&més ont besoin. »

liusieurs sectes, conduites par d'autres motift, prêchaient ose réforme sociale, et parlaient de substituer, au système négatif et destructeur du libéralisme , des idées organiques qui, an lieu de diviser et d'affaiblir les forces sociales, pussent les combmer dans leur ensemble : il en résulta de grandes pensées et des folies. Au moment où le corps social se trouvait attaqué par la concurrence individuelle dans l'économie commerciale ,

' Sncfclique du IS septembre 1832,

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par le soepUdsine dans la morale, par l'anarchie dans la politique, les saint-simoniena proclamèrent le principe de Tautorite, une religion sociale, Fassociation des intérêts et Torganisation de l'industrie. Il ne s'agissait donc plus de questions politiques , mais sociales : abordant les problèmes les plus délicats et les plus profonds, ils prirent pour principe : « Rétribuer chacun selon sa capacité, et chaque capacité selon ses oeuvres. > En conséquence ils nièrent non-seulement tout droit héréditaire, mais jusqu'à la famille; ils firent la guerre à la coneurrence, et donnèrent aux passions un libre cours.

De l'élan, un apostolat chaleureux, des sacrifices pécuniaires, des efforts gratuits, le culte de la firatemité et de la suprématie du père, voilà ce qu'offrirent les saint-simoniens. Les chefs néanmoins n'étaient pas d'accord entre eux : Bazard n'arrivait qu'à une conclusion politique ; Enfantin voulait une religion , c'est-à-dire embrasser tous les problèmes , et refondre la société, non avec les éléments qu'elle fournit, mais en créant au milieu de nous des mœurs et des habitudes nouvelles. La question do mariage et du sacerdoce divisa l'école; la morale s'effraya lorsqu'on osa parler de la communauté des femmes; puis arrivèrent les excentricités fanatiques et les scènes ridicules. Rodrigues prétendait être l'Esprit-Saint incarné ; Elnfantin soutenait qu'il n'appartient qu'aux mères de déclarer la paternité des nouveau-nés ; et la secte tomba au milieu du ridicule et de l'indignation. Mais toutes les idées qu'elle avait émises ne périrent pas avec elle ; ses prosélytes s'adonnèrent principalement à l'économie politique et h l'industrie. La dignité de riiomme avait été hautement proclamée ; l'attention se porta davantage sur la classe inférieure , et l'on commença à croire qu'il peut y avoir quelque chose de plus sérieux que l'opposition politique systématique, et de plus profitable que l'émulation mercantile abandonnée à une liberté désordonnée.

Le pays, agité par ces doctrines , ne pouvait dejneurer en repos ; le mouvement et la résistance étaient oilx prises : Laflitte était tombé; Dupin et Sébastiani, les chefs de la chambre, étaient impopulaires. Le ministre Casimir Périer, Tun des plus fermes qui ait gouverné la France , effraya les républicains et

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dissipa les associations. Cet bomme d'État fut Tune des notabilités que le choléra moissonna dans Paris. On rendit à sa dé- (lywille de grands honneurs, auxquels le peuple ne s'associa pas; et ee dont Royer-Collard le loua principalement, ce fut de n afoir ni provoqué ni désiré la révolution de juillet

Od vit alors des républicains traduits en justice contester à leurs juges le droit de les condamner, étant redevables de leur poste à une révolution victorieuse. Dans ce procès et dans c^Iui des saint-sîmoniens la foule entendit soulever, devant elle, ks questions sociales les plus brillantes.

Un mécontentement qui se traduisait par des émeutes et des tentatives de régicide encouragea les légitimistes, et la Vendée pit Us armes en faveur du duc de Bordeaux , proclamé sous le Dom de Henri Y ; la duchesse de Berry , sa mère, s'y montra elle-même, et enflamma le zèle de ses partisans. Le ministère Thiers, plein de ressources et d'expédients, réussit à éteindre la goerre civile par l'arrestation de la duchesse, qui fut livrée par » traître. Un soulèvement républîoein ayant éclaté à Lyon , il le réprima , et refusa une amnistie. 11 demanda cent millions aux chambres pour les travaux publics, et Gt terminer l'église de la Madeleine, l'arc de l'Étoile, et d'autres monuments; il flt replacer la statue de Napoléon au faîte de la colonne , pour ressusciter le culte de la force, moins redouté que celui du droit. La prise d'Anvers le mit à même de conduire à fin la question belge.

11 voulait aussi que la France intervint en Espagne, afln d>mpécber les puissances du Nord d'y prévaloir ; mais Louis- Philippe s'y refusant, Thiers déposa son portefeuille (15 avril 1837). Le roi trouva plus de condescendance dans Blolé, son successeur, qui faiblit dans les questions extérieures d'Orient , d'Espagne, de Cracovie et de Belgique. 11 évacua même Ancôoe, et laissa ainsi sans contre-poids la puissance qui était pré* pondérante en Italie (décembre 1838).

Ce ministère succomba sous une coalition ; après la courte présidence du maréchal Soult (12 mai 1839), le roi fut contraint, bien qu'à regret, de rappeler Thiers ( l^*" mars 1840 ). *

Guizot était resté le représentant du parti doctrinaire ; il avait

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combatta sous la restauration avec l*opposition conservatrice. Il voulait, dans Tintérét de la liberté, de la dignité nationale, de l'ordre publie, que le gouveroement s'affermît, le pouvoir n'existant qu'à la condition d'être respecté. Il avait en conséquence préparé cette loi sévère qui fîit rendue contre la presse, et exercé la censure avec Royer-Gollard ; mais il avait combattu le miaistère Villèle, parce qu'il compromettait rautorité en provoquant la réaction. La révolution de juillet accomplie , il s'employa à en modérer la fougue , à rétablir l'ordre , comme pour faire oublier que c'était l'émeute qui l'avait mb au pouvoir. De ce moment, Guizot et Tbiers représentèrent les deux idées du progrès et des faits accomplis; et la politique intérieure se ré* duisit presque au gouvernement alternatif de ces deux iiommes. Aucun d'eux ne sortit toutefois des limites convenues; aussi se trouvèrent-ils d'accord sûr les questions importantes, principalement sur ce qui était à leurs yeux l'objet capital , l'affermissement de la nouvelle dynastie.

La lutte engagée entre les bourgeois et l'aristocratie , entre le gouvernement représentatif et le vieux système monirchique, en un mot entre la constitution et Fabsolutisme, se transforma, à partir de 1830, en un conflit entre le gouvernement représentatif et la république , entre la {>oui^eoisie et la démocratie turbulente, qui plus d'une fois en vinrent aux mains. Une fois la victoire obtenue , grâce à la fermeté souple déployée par le roi, il ne resta plus qu'à équilibrer la monarchie avec les dasses moyennes, toutes également désireuses de repos. L'agriculture et l'industrie prirent donc un essor qui ne s'était jamais vu, et la France put recouvrer sa liberté d'action au dedans et au de hors. Les rois lui pardonnèrent sa liberté, en voyant de quel poidf pesait Louis-Philippe pour maintenir l'assiette de l'Europe, en dépit de tant d'occasions de guerre, qui se multiplièrent plus en dix ans que dans tout le siècle passé. Les grandes puissances purent donc remanier à leur gré les petits Ëtats , et tout rentra dans le cercle de l'ancienne diplomatie.

Quanta l'intérieur, la faction légitimiste dut se croire perdue, du jour où les hommes religieux professèrent une liberté plus étendue que ne la formulent les constitutions : celle des crovances

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Cl «le de renae^nemeiit, par exemple. La charte de 1830 , eu lapprimaiit la nlîgloii de TÉtat^ isaugiarait la liberté des cultes : fegovreniem«Dt voulut poortaul encore y mettre la main , et, poar eourtûer le; vieux libéralisme, il renouvela les défenses portées eo&tre certains ordres religieux; il mit des entraves à ee droit sacré, qui appartient à chacun, de £aire élever ses enâimcomaie il Tentend. C'étaient là les questions vitales, et peu^ léeW seules importantes qui eussent été agitées depuis plu- Mnamiées dans les chambres françaises; et c'estlà que se portait rattention de ceux qui voyaient dans la politique quelque dans de mieux que la charte et la frontière du Rhin , et que lu déplofables tracasseries de Popposition systématique, qui s*en sfiasoulever tout un pays, pour une nidemnité donnée à un prétkmr, ani^aii au fond de TOcéanie.

Un antre soin du gouvernement fut de consolider la conquête d'Alg^. On hésita d'abord à la conserver malgré TAngietene, et cette hésitation fit perdre du temps et des hommes, et laisn s'effacer l'impression de la victoire sur ces races barbares. Sa conservation une fois décidée , c'est alors qu'apparut Tinha- Uilé des Français à rien fonder au dehors. Le sang et les tré* son y furent dépensés à profusion ; toutes les expériences de eolonisation , de civilisation, d'utopies même, n'ont eu pour réndtat que de transporter plus ou moins de Français dans les vite afrieaiiies , sans tirer d'autre parti d'une contrée si vaste st riehe en ressources, sans autre avantage que d'ouvrir un éânoehé aux ardeurs militaires, d'exercer l'armée pendant la paix, et de luire briller la marine. Si Alger n'est rendu un jour eomme l'a été Saint-Jean d'Acre, attestant une nouvelle recrudescence de l'islamisme, une guerre pourrait bien la &ire tombtf dans les mains de l'Angleterre ; et les Français n'auraient Mrvilà encore qu'à leur frayer la voie, comme dans les Indes.

Les pays le plus spécialement travaillés par l'influence fran* eâse étaient les trois péninsules méridionales, tant à cause du voisinage que par sympathie. PIous verrons plus loin comment h Grèce se constitua. En lulie, le drapeau tricolore, après avoir flotté quelques instants dans Ancône, finit par s'éclipser ( dé* cembre 1S38 ) , en livrant de nouveau le pays au protectorat de

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