‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,)Chapitre 36 sur 61 · BUS3IB · texte numérisé non relu

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BgDée à Gulistan, Alexandre se fit céder par la Perse plusieurs proTînees du Caucase : le Kouban, le Daghestan , la Mingrélie (Colchide)f le Derbend^ le Cbirvan et la Géorgie. De plus^ en l'oUigeaDt à soutenir le prince que Feth-Ali désignerait pour 800 sueeesseur, il s'assurait une ingérence permanente dans les af&ires intérieures du pays. Les frontières avaient été mil délenninées : aussi les Russes ayant occupé un pays qui donnait accès dans la province d'Érivan , les Persans s'en émurent, el les mollahs, ainsi que les grands , poussèrent Feth-Ali à la guerre. En effet, à la mort d'Alexandre, croyant l'armée rosse entièrement désorganisée, les Persans coururent aux armes; le midi de la Géorgie s'insurgea , ainsi que la Mingrélie et rimirette; et Abbas-Mirza, fils du roi, s'avança avec cinqiBDie mille combattants (1825). Mais les Russes les mirent en déroute sur les bords du Djébam , et le général Paskewitch porta le carnage jusque sur la droite de l'Araxe. Il passa ce fleuve sur un pont formé d'outrés gonflées , battit eomplétement les Persans (17 juillet 1837), prit la forteresse d^Érifan (13 octobre), boulevard avancé de l'Asie, et assiégea Taoris. Alors Abbas-Mirza , à qui il restait à peine trois mille soldais pour défendre cette place, se décida à traiter. Mais ayant cherché à se soustraire aux conditions qui lui pesaient pendant que fticolas était aux prises avec Gonstantinople , il fut contraint, à la paix de Turcmancial (28 février 1829), de céder à la Russie les provinces d'Érivan et de Nakchivan, de payer vingt millions de contributions de guerre , et de consentir à la libre navigation delà mer Caspienne. La Russie acquit ainsi une frontière excellente pour se défendre elle-même et pour inqoiéter ses ennemis ; car de là elle peut à volonté marcher sur b Turquie d'Asie, sur la Perse, ou sur l'Inde. Elle agit, en outre, sur les provinces limitrophes de la Perse , en intervenant dans les actes de ce gouvernement, en protégeant les habitants qui veulent recouvrer leur nationalité , en étudiant les voies et les besoins du commerce. Si la Russie s'est arrêtée aux fleuves Arpason et Araxe, ce n'a été que pour reprendre haleine avant de se lancer dans une nouvelle campagne qui peut la conduire jusqu'à rindus. Déjà elle menace toute FArménie turque de la

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vaste forteresse d'Aiexandropol. Puis, ayant en sa possession l'Ararat, le mont Sacré , et le siège patriarcal d'Etchemiatzin, elle travaille à gagner à sa cause les Arméniens, en exploitant à son proflt leurs sympathies nationales, et en exerçant, avec cette habileté qu'on lui connaît, son prosélytisme religieux.

On dit que ces deux guerres ont coûté à la Russie cent quarante mille hommes et cinquante mille chevaux : perte peu sensible, après tout, dans ce populeux empire. La Perse, si florissante jadis, n'était plus qu'un désert , comme tous les pays masulmans : elle possédait à peine cinq à six millions d'âmes, et son revenu ne s'élevait qu'à cinquante*buit millions; elle n'avait ni industrie , ni marine , ni instruction ; car les célèbres universités d'iapahan, de Schiraz, de Mesched , se bornent à enseigner l'arabe, le Koran et ses commentateurs. Le gouvernement semble avoir renoncé à ces violences instinctives qui sont le symptôme de la force parmi les musuhnans. La Russie et l'Angleterre, rivales jalouses, tâchent d'asseoir leur domination sur les contrées voisines du golfe Persique. Lors donc que Abbas-Mirza, héritier désigné, eut précédé son père dans la tombe, et que Mohammed-Schah fut monté sur le trône C1S33}, l'Angleterre se hâta d'envoyer en Perse des officiers , et promit monts et merveilles au nouveau souverain pour le détacher de Talliance russe , sans lui demander aucune cession de territoire. Grâce aux efforts du grand visir Mirza- Agassi, l'ordre se rétablit en Perse, l'agriculture s'y releva, l'administration reprit une certaine régularité. On vit renaître la discipline dans l'armée, qui fut portée à 120,000 hommes; l'Hérat, leCaudahar, le Caboul reconnurent la souveraineté de la Perse; on fit venir d'Europe des officiers instructeurs, et l'on envoya de jeunes Persans faire leur éducation en France ; c'était peu de chose pour un empire en pleine décadence , tant déchu de son antique splendeur, resserré étroitement entre lea possessions de la Russie et de T Angleterre, et devenu un cliamp d'intrigues pour ces puissances, qui en feront bientôt peut être un champ de bataille.

1^ paix avec la Perse avait laissé le champ libre à la Russie pour se jeter sur la Turquie , qu'elle eût subiuguée , sans Tinter-

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