‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,)Chapitre 37 sur 61 · BUS8IB · texte numérisé non relu

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veoiioi des puissanees rivales. Forcée de conclure un arrai^eiMotiTccles Turcs, la Russie s'en dédommagea en attaquant les tribus do Caucase, dont elle s'était frayé le passage en s*empnnt de la Géorgie ; si bien que de Tiflis elle peut longer tonte la dntoe de TArarat.

La Adigbes , que les Russes appellent Circassiens , habitent le pays qui s'étmd au nord jusqu'au Kouban , h l'orient jusqu'à laUba, à l'occident jusqu'à la mer Noire, et au midi jusqu'au pindesAbazes; c'est-à-dire, b majeure partie de la région noDliieiise qui sépare la mer Noire de la mer Caspienne, en tnrenaat diagonalemtint l'isthme caucasien. Chasseurs toujours vn^i aventurien intrépides , ils mènent aux combats même les enfants et les femmes. Le Koran est toute leur science. Chez nx lesseigoeurs féodaux ont succombé depuis deux sièdes; et il ne reste plus dans le pays que deux classes , les hommes 11lira et les serfs. Ceux-ci sont humainement traités ; les hommes libres foraient des confréries héréditaires depuis vingt jusqu'à ^ et trois mille, qui sont présidées par un ancien, et dans lesquelles tous les membres sont égaux. Ils accueillent sous leur toit rétraoger, épousent la veuve de leurs frères, et se chargent df leurs rengeances; ils payent en commun les amendes et la composition pour les crimes commis par l'un d'eux ; une partie de ces usages leur viennent de l'islamisme ; le reste provient do christianisme, qu'ils ont pratiqué avant.

U teadance de la Russie vers la mer Noire l'entratna à se j^ter sor ces populations; et la paix d'Andrinople, en repoussuit la Turcs des pays du Caucase, lui a livré tout le rivage orie&tal de la mer Noire ; de sorte qu'elle s'avance sans inter- "iptioD, par l'istbme caucasien, jusqu'au cœur de la Turquie d'Asie. Mais les Circassiens ne se croient pas enchaînés envers ^ Rusne par les traités qui les liaient à la Perse auparavant. 1« Tares, les Guèbres, les chrétiens, la race métée du Dast)«stan et de la Cireassîe, refusent de lui obéir. Les habitants i^iachaloe orientale sont soumis à un chef redoutable, Chamill ; iisprofeasent le muridisme, doctrine venue de la Perse il y a trente ans, laquelle se réduit aune sorte de méthodisme musulmam, qui fait une obligation du martyre. La Russie s'évertue à plier ces

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peuples a la servitade ; mais elle n*a enoore abouti qu'à mnn vanter ses victoires, et à sacriQer en même temps one année tous les ans. Peut-être réossirait*elle mieux en disséminant des garnisons dans le pays. Les Caucasiens, slis se sentaient protégés par elles, pourraient s'y habituer, et subir paisiblement la domination russe. En procédant par la violence, au contraire , on les éloigne; et la Russie ne reste maîtresse que des places fortes , qui ne peuvent communiquer entre elles que par mer, et à Taîde de forts détachés que protège le canon de la flotte ; elle surveille une étendue de cent soixante lieues géographiques, pour empeclier le traQc des armes et des esclaves avec la Turquie , lequel pourtant n*en a pas moins d'activité; aussi, après avoir essayé de tous les genres d'attaque, du blocus, de la défense, de la civilisation, la Russie s'aperçoit-elle que la nationalité de ce peuple est aussi résistante que le premier jour.

L'Angleterre voit s'avancer lentement vers la Perse la seule puissance capable d'inquiéter ses possessions en Asie. Déjà la Russie a tenté de s'emparer de Kiva ( 18S9) ; et Tinsucoès de cette expédition a paru venir de l'Angleterre , qui a encouragé la résistance des chefs tartares. Mais la Russie reviendra à la charge; déjà les Anglais rencontrent ses ambassadeurs et ses généraux dans les cours de tous les raîas, leurs ennemis; et c'est en vain qu'ils stipulent dans leurs traités l'exclusion du commerce et des armes russes : le colosse moscovite ne tardera pas à s'avancer jusqu'à Uérat, à cinq cents milles du Caucase et à sept cents milles de l'Indus.

Du côté de l'Europe , le traité de Kainardji ( 1774 ) n'accorda à la Grimée qu'une indépendance éphémère et illusoire; car, neuf ans après, Catherine II la réunit à ses États. Par la paix de Jassi, l'empire s'étoulit jusqu'au Dniester; le traité de Bocharest, en 1813, détacha la Bessarabie de la Moldavie; eo 1829, celui d'Andrinople rendit momentanément Tindépendance à la Moldavie et à la Valachie; en 18SS, celui d'UnkiamScbelessi reaserra de plus en plus l'empire turc Appuyée sur ces traités, la Russie occupe le triangle du Danube avec des lazarets , qui en réalité sont des casernes «t des forteresses ; déjà elle domine ce fleuve de l'tle deSolina. Elle ne signe point de

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