‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,)Chapitre 42 sur 61 · EMPIRE BRITANNIQUE · texte numérisé non relu

EMPIRE BRITANNIQUE

La vraie, la plus constante ennemie de la Révolution française fiit rAi^leterre; et les torys conquirent dans cette lutte persérém&te Tadmiration de tous ceux qui sont à genoux devant le saceès. Napoléon espéra triompher de son ennemie, en défendant à FEurope de recevoir ses navires et ses marchandises ; et son ennemie au contraire n*en prospéra que mieux : sans rivale nr les naen» elle s'empara de ce trident de Neptune que l'on a appelé avec raison le sceptre du monde. Les énormes emprunts contractés par le gouvernement enrichissaient les particuliers. La prospérité de Tagriculture, de la marine, des manufactures, la construction des canaux, de ces docks admirables, capables de recevoir les plus grands vaisseaux, tant d'entreprises dispendieuses, prouvèrent combien le capital national s'était accru. Seule à Tabri des armées ennemies , la Grande-Bretagne fournissait un refuge aux capitaux , ^éme à ceux de Napoléon ; le blocus continental lui procura les énormes profits de la contrebande, et réduisit l'Europe à la nécessité de s'adresser à elle pour obtenir lés matières premières elles-mêmes. Le coton, qui valait 2 f. 50 à Londres et à Manchester, se payait le triple à Hambourg, le quadruple à Paris; et les produits manufacturés que r Angleterre offrait sur le continent s'y vendaient de se à 300 pour cent de plus que dans l'tle : gain énorme, qui faisait braver tous les risques de l'introduction.

niST. DE cairr ans. t. iy. i

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L'Angleterre sortit victorieuse de la lutte, mais greyée de lourdes charges. Pendant le règne de George III jusqu'en 1816, les revenus accumulés s'étaient élevés à 1,386 millions sterling ■ . Cependant on contracta une dette de 581 millions sterl ; et, quoique beaucoup de dépenses eussent été supprimées, Thitérét de la dette absorbait 42 millions de livres sterling de revenu ordinaire, sur 46. Si T Angleterre eut à souffrir , dans la première année de In paix, une disette comme jamais elle n'en avait éprouvé durant le blocus , c'est qu'elle avait cessé d'être l'unique maîtresse des mers depuis qu^elles étaient redevenues libres. Les torys ne jouirent donc pas d'un triomphe qui était leur ouvrage; des idées de réformes surgirent successivement, introduites, l 'une par Canning dans les relations extérieures , une autre par Huskisson dans la politique commerciale, et la troisième par Gray dans la constitution.

La politique anglaise est avant tout commerciale : elle consiste à accroître les produits de l'industrie , ou du moins à les soutenir, en leur ouvrant de nouveaux marchés. Cette politique engendre des traités de commerce et des conquêtes au dehors, nu dedans mille problèmes à débattre entre le gouvernement et l'opposition. Cette continuelle et ardente lutte entre le patri- , ciatdes propriétaires et la plèbe laborieuse, est pour riiomiiie i d'État un champ d'études aussi fécond que peut l'être l'histoire i de la république romaine. i

La dynastie de Hanovre, qui dut son triomphe aux vrighs, et i eut contre elle d'abord l'aristocratie , favorisa le commerre. Walpole chercha en conséquence à dégrever les propriétés, à

> Avant 1816, la livre sterling valait 24 fr. 75; depuis, elle a <H>' de 23 tt. 25. Elle se divise en 20 schellings, ceux-ci en doute pences, et un penny en quatre farthlngs. Avant 1616, la monnaie d*or se comptait par gainées de 26 Ir. 47; depuis 1816, par souverains àt 75 fr. 21; la monnaie d^argent par couronnes, rancienne couronne valant G fr. 16, la nouvelle 5 fr. 81. Le dollar, ou écu de banque"» vaut 5 fr. 41 ; la livre de poids, 453 grammes. Le gallon, mesure <J^ «.apacilc pour les liquides, contient 3 litres 785, et 4 litres 405 povr les firatns. Le pie<l a 0,304. Le mille est de 1,609 kilomètres; la liene marine, de 5,'»n'ï.

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étendre le négoce ; et il basa Tassiette de rimpot^ur les coniributioDS indirectes {excise). La guerre contre Napoléon força de reconrir à Yincome iax sur les revenus qui n*ont pas de apitaJ apparent, comme les pensions et les emplois, et à la property fax sur les revenus de capitaux mobiliers ou immobiliers, comme loyers, fermages, intérêts '. La paix rétablie, 00 aonit bien voulu maintenir cette contribution ; mais le parlement s'y refusa.

Les manufactures anglaises cessèrent de fournir des armes et des vêtements à l'Europe entière, où surgirent, au contraire, des oooeurrents partout; et il s'établit jusque dans l'Inde des filatures et des machines à tisser. Heureusement pour l'industrie britannique, lès colonies américaines, en se rendant indépendantes, vinrent lut offrir de nouveaux consommateurs ; et Tinstmment puissant de la vapeur lui permit d'inonder le monde de ses fers et de ses cotons ', d'occuper ainsi ses populations affamées.

Mais cette guerre retentissante que Napoléon lui avait faite, ses alliés la continuaient sourdement, en opposant les douanes aux marchandises anglaises, et en rétablissant dans les colonies le monopole, que la guerre avait interrompu. L'empereur Alnandre lui-même fut amené, par l'exemple, à « renoncer à celte libre circulatioa qu'il avait considérée en 1815 comme un remède aux maux de l'Europe ', et il recourut au tarif pour protéger les intérêts de l'industrie nationale.

Le prix élevé des denrées , au temps où le continent était fermé, avait engagé les propriétaires h des dépenses énormes sardes terrains ingrats; mais à peine commençaient-ils à rapporter, que la paix rouvrit les mers ; la valeur des denrées baissa,

' Avant 1&43, en prenant la moyenne de dix années , le produit des tlooanes était de 587 millions et demi ; celui de Vexcise sur les objets >W consommation immédiate, de 375 millions; celui du timbre, de 177 millioa<i et demi ; tandis que Vincome and property iax ne don* tiûit alors que 12 millions.

' De 1 803 à 1 8 1 3 , l'Angleterre en exporta annuellement pour 42 mil- •) ms de livres sterling ; et pour 54, de 1815 à 1822.

^ Molib du nouveau tarif de douanes; Annuaire à» 1822, page 317.

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