‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 10 sur 82 · BÉGÉNÉRÀTION DE LA GRÈGE · texte numérisé non relu

BÉGÉNÉRÀTION DE LA GRÈGE

le talent des capitaines; Maurocordato , Thabileté politique; et autour d'eux se pressèrent les héros et les martyrs. Ils décidèrent que le pouvoir exécutif ne pourrait faire de lois , et que la constitution serait modifiée : mesures incertaines , dictée par des jalousies mutuelles , et par la manie de dénigrer tour à tour les hommes politiques et les soldats.

Le sultan, s'obstinant à recouvrer Missolonghi et tout le Péloponnèse, mit en campagne cent mille hommes et quatre-vingtdix-huit voiles en mer. Mais Colocotroni battit les TÎircs dans la Phocide ; T infatigable Miaulis tint en respect avec sa flotte celle des Ottomans , et Marc Botzaris se niontra un nouveau Léonidas. Un étranger lui disant , P^otre vaillance fait C admiration de ma patrie y et nos journaux rapportent vos actions magnanimes ; — Dans mon pays, répondit-il , on écrit aussi les faits extraordinaires, et ce sont les noms des lâches seulement qui sont gravés sur le marbre. L'assemblée nationale lui envoya le brevet de gouverneur général de la Grèce occi' dentale ; informé que ce titre lui était envié par d'autres , il baisa la dépêche et la déchira : Dorénavant, dit-il, nous écrirons nos brevets avec notre sang. Que ceux qui veulent mériter celui-là viennent le prendre avec moi dans les tentes de Mustapha, Il se dirigea en effet vers le camp du pacha , dans rintention de le surprendre , avec deux cent quarante Souliotes, à qui il donna cet ordre : Si vous me perdez de vue y marchez droit à la tente de Mustapha , vous m'y retrouverez ! Dieu nous voit et nous guide. Et tous répétaient : Dieu nous voit et nous guide; que Dieu nous soit en aide! Ils pénétrèrent en effet au milieu des ennemis ; et Botzaris devança les plus intrépides , jusqu'au moment où , frappé à mort , il tomba sur un monceau de cadavres , en s'écriant : Amis, vengez-moi!

Le célèbre poëte anglais Byron , imbu des préjugés de son pays et de sa caste , blasé par les jouissances et mécontent de tout , proposa enfin à son activité un noble but , et alla combattre pour la Grèce. Bien qu'il arrivât avec une faible suite et peu d'ai*gent , il fut reçu avec enthousiasme, comme la Fayette l'avait été en Amérique. Il dit à Maurocordato : Si la Grèce veut être comme la ralachie ci la Moldavie y elle le peut rfe-

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mutin; si comtne ntalie ^ après-demain. Si elle v^ul devenir libre, Ufavt qu'elle se décide aujourd'hui.

En efifel, il s'en £aliat depeu que Fllellade ne redevint Uir qoe, on ne se changeât en une province européenne. A lexandre, chez qui la froide politique avait amorti, sans les éteindre, losi scutioients généfeux, proposa aux cours un traite de pâciflcation qui consistait à diviser la Grèce en trois principautés soumise» à la Porte , comme les deux hospodarats : la première comprc" nant la Grèce «rientale ; la seconde , la Grèce occidentale ; la troisième , la Grèce méridionale : on aurait laissé les tics de rArebipel se gouverner municipalement. Mais, d'un côté^ les cabinets européens voulaient que rien ne fût obtenu par Finsurrectîon ; de Tautre, la Porte sMrritait qu*un souver.iin proposât un traité qui lésait les droits d'un autre prince. Les Grecs voyaient hi&a. qu'ils auraient ainsi prodigué leur sang en pure perte, et que leur indépendance allait être compromise dans les m.ains des diplomates. Ils persistèrent donc, et combatlirenl la quatrième armée dirigée contre eux , après en avoir détruit trois. Byron^avec une ardeur qui trouva enfin à se déployer noblement, leur offrit sa fortune et négocia un emprunt; niais il mourut ( 19 avril 1824 ) presque aussitôt, pleuré de toute riMirope.

Le sang des braves coulait , mais il assurait le salut de leur patrie et humiliait Torgueil de Mahmoud. Les pachas cherchaient à éluder ses ordres ; les janissaires refusaient de s*aventurer sur une terre qui engloutissait ses ennemis. H ne lui resta plus qu'à s'adresser aux rois de TEurope, leur demandant d'arracher b croÛL du front de ceux qui avaient osé secouer son joug de fer; mais ceux-ci commençaient à voir que la tâche pourrait bien surpasser leurs forces.

Méhémet-AU, pacha d'Egypte, réussissait dans ce pays, ou il cherchait à introduire la civilisation euro|)éenne. Il avait transplanté sur les rives du ISil le colon du Drésil et Tindiffo ; il établissait des collèges , des télégraplies , des bibliotliequci» , une imprimerie; faisait le lever des cartes ; il disciplinait les nt^grès de la Kubie. Après avoir extenniué les Mameluks, il ^^n çea à réorganiser son aniiée à iVuropé^nne. Comme, le« lunti

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