‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 26 sur 82 · FRANCS · texte numérisé non relu

FRANCS

sibiiité. La désolation dé la famille royale et de ses partisans fut adoucie par la grossesse de la duchesse de Berry. Mais Févénement servit de texte aux ultra-royalistes pour déclamer contre la faiblesse du gouvernement. Les deux chambres exprimèrent leur indignation servile en demandant la répression des « doctrines perverses qui menaçaient d'un bouleversement complet la religion , la morale^ la monarchie, la liberté. » On enchaîna la presse et la liberté individuelle, punissant ainsi la nation 4*un forfait qu'on ne voulait pas crobre isolé. La chambre élttéious ces influences entraîna le roi hors des voies de la modération et le nouveau ministre, M. de Yillèle, résolut d'étouffer lentement la Révolution.

Les esprits les plus ardents, réduits au silence par les entraves apportées à la presse, concentraient leur haine dans les sociétés secrètes, et propageaient le carbonarisme. Dès 1820, une conspiration s'étendit de Paris sur différents points. Cinq insurrections éclatèrent en 1822, et elles échouèrent, n'ayant ni la force que donne la prudence, ni celle qui naît de l'audace. Les chefs de la conjuration de la Rochelle portèrent leurs têtes sur Téchafaud ; le général Berton mourut à Saumur avec ses compagnons, en criant f^ive la république! Mais le peuple laissa faire , car ces trames ne regardaient que la bourgeoisie, et non le peuple entier ; et la monarchie, poursuivant la réaction , se crut plus forte en punissant.

La Fayette, Manuel, Benjamin Constant, le général Foy, le banquier Laffitte , étaient désignés dans les procès politiques sous le nom d'archimandrites ; et Ton croyait qu'une main si élevée que personne n'aurait osé l'atteindre , répandait des encouragements et de l'argent. D'un autre côté, on dénonçait à la tribune le comte d'Artois comme chef d'un gouvernement occulte ^ qui envoyait de tous côtés des agents royalistes pour rétablir la monarchie absolue.

Nous avons déjà parlé de l'expédition contre les libéraux d'Espagne, des faciles triomphes que l'on voulut exagérer en France pour en faire une auréole au duc d'Angoulême, et donner au pacifique drapeau blanc une couronne de lauriers. C'est en vain que Chateaubriand voudrait abuser les contemporains et la pos-

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térité, en appelant cette expédition « Tacte le plus politique ei le plus vigoureux de la Restauration. » Les libéraux ne voulurent y voir qu*une basse condescendance pour la politique des alliés^ et le désir d'établir le despotisme de l'autre côté des Pyrénées pour le ramener en France, et imiter ce que les étrangers avaient fait avec la France en révolution. Manuel alla jusqu'à dire : « L'esprit de révolution est dangereux ; mais celui de « contre-révolution l'est aussi. Les révolutions qui marchent en « avant peuvent commettre des excès ; mais au moins en allant « en avant on arrive. Si vous croyez que Ferdinand soit en pé- « ril, ne renouvelez pas les circoDstances qui entraînèrent à l'é- « chafaud ceux qui vous inspirent un si vif intérêt. C'est parce « que les étrangers intervinrent dans la Révolution française , « que Louis XVI fut précipité du trône... » Ces paroles prononcées avec une froide impassibilité excitèrent l'indignation des royalistes; et, sans respect pour l'indépendance des représentants du peuple , Manuel fut entraîné hors de la chambre par des gendarmes ( mars 1823). Après avoir réprimé la presse, on voulait aussi enchaîner la parole. Le droit était foulé aux pieds par la force; il devait se relever victorieux.

Cependant la victoire et des coups énergiques donnèrent, comme il arrive toujours, quelque popularité au gouvernement, et au ministre Yillèle l'espoir de ramener la France à l'absolutisme. Il se décida à dissoudre la chambre, afin d'en avoir une à sa dévotion. Les manœuvres des royalistes eurent un plein succès ; mais tous ceux qui se trouvèrent exclus formaient ua corps d'ennemis nombreux et redoutables.

La nouvelle loi électorale qui portait à sept années la durée* de la législature, dont le renouvellement devait se faire intégralement, parut une violation de la charte; car le droit électoral est la légitimité des peuples, et ceux qui y attentent les poussent à attenter à la légitimité des rois.

Les intérêts religieux venaient se mêler aux intérêts politiques. II n'avait guère été possible , sous Napoléon , de discuter sur les privilèges de l'Église et sur ses rapports avec l'État. La charte, en déclarant la religion catholique religion de FÉtat^ avec protection accordée à tous les cultes , enlevait au catlic*-

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lioisine la liberté qu'elle laissait aux autres, et l'alliance du trône avec Tautel rabaissait le dernier, au lieu de relever. Le concordat avec la France coûta plus de peine à la cour de Rome que jamais traité passé avec les autres puissances. Le gouvernement penchait du côté religieux ; mais il n*osait se déclarer &*anchement. En même temps qu'il lui arrivait de réprimander les évéques comme d'abus au sujet de leurs pastorales , et qu'il les obligeait à se disculper, il tolérait des livres non-seulement irréligieux, mais immoraux, qui répandaient l'incrédulit&'jét le libertinage plus qu'on n'eût osé le faire au temps même des encyclopédistes. De 1817 à 1824 , il fut publié douze éditions de Voltaire et treize de Rousseau; 2,741,400 volumes de ces doctrines furent mis en circulation ; et le philosophe Jouffroy écrivait, en 1825, un article intitulé Comment les dogmes finissent, où il soutenait que cette recrudescence du catholicisme était une pure affaire de mode , et que bientôt il retomberait dans l'oubli.

Les consciences timorées s'effrayaient ; on essaya de neutra- ' liser l'effet de ces publications avec des missions ou des associations pour propager les bons livres. Tant de bouleversements, qui avaient jeté dans les esprits le découragement ou la haine , conseillaient d'élever la jeunesse dans des idées différentes, avec d'autres habitudes que celles qui avaient enfanté le désordre au milieu duquel elle était née. Or, comme on n'avait pas su accorder l'éducation publique avec les besoins de l'intelligence et du cœur, un grand nombre de familles envoyaient leurs enfants aux collèges tenus par les Pères de la Foi : c'était sous ce nom que se cachaient les jésuites , qui cherchaient à recouvrer, à l'ombre des libertés nouvelles, leur influence sur l'éducation et dans l'État, et qui se répandaient partout , jusque dans les prisons , pour s'ouvrir accès dans les âmes. La haine conçue contre le clergé se tourna tout entière sur ceux qui étaient ses représentants les plus zélés ; et tout ce qui se faisait dans le sens religieux était attribué aux jésuites. Leur nom était devenu une injure , et on l'appliquait à quiconque riait haï ou redouté ; on faisait aux jésuites les reproches les j>lus divers. La peur d'encourir celte terrible accusation ren-

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dait timide à professer les vérités catholiques , et beaucoup de chrétiens sincères se tenaient, pour y échapper, dans une pénible irrésolution.

Quelques scènes de ce temps parurent arrangées pour reporter les esprits vers un passé dont on ne voulait plus. Un nommé Martin, de Chartres, eut des révélations dont il fit part au roi. Une croix apparut dans Tair à Migné. Ce n'était partout que missions et litanies; aussi Tirréligion parut-elle un moyen de résistance. Quelques-uns réveillaient les traditions parlementaires, quoique la Révolution les eût effacées, pour demander rintervention de TÉtat dans certains faits de discipline religieuse. D'antres, aux yeux de qui c'était lâcheté , sinon mensonge, que cette crainte des progrès et des envahissements du clergé, quand on avait liberté complète de le contredire et de le bafouer à l'aide de la presse, soutenaient , au nom de la liberté, qu'il fallait laisser aux prêtres des divers cultes une indépendance entière dans leur discipline ecclésiastique; que c'était aux fidèles à régler leur croyance , selon l'impression produite en eux par les dogmes et par la discipline ; et de là une opposition religieuse. Louis XVIII crut donner satisfaction à cette opinion en nommant au ministère des cultes l'évéque d'Hermopolis, Frayssinous. Ce prélat, qui appartenait à l'ancienne école, vénérait les libertés gallicanes , d'après lesquelles le jubilé de 1825 ne put être publié sans l'autorisation du gouvernement. Une nouvelle Sorbonne fut créée , pour servir de centre aux études ecclésiastiques dans le sens gallican, et Frayssinous voulut la soustraire à la juridiction du pape et de l'archevêque ; mais ce dernier (de Quélen) fit valoir ses droits en menaçant de Texcommunication , et ce projet fut abandonné. Quand le cardinal de Clermont-Tonnerre , archevêque de Toulouse , dénonça l'incrédulité du siècle, qui tournait en ridicule toute question religieuse, et demanda le rétablissement des synodes diocésains et provinciaux, et de divers ordres religieux, Tindépendanoe des ministres de la religion, de plus des lois sévères contre les sacrilèges, enfin la restitution des livres de l'état civil au clergé, sa pastorale fut supprimée, comme entachée d abus ; le parti religieux en poussa les hauts cris ; et de ce

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duits à milliers par la lithographie , moyen incomparable pour répandre le ridicule et le mépris. Les Messéniennes de Delavigne ranimaient l'héroïsme tombé , et cet amour de la patrie qui s'enflamme lorsqu'elle est menacée, et qui s'endort lorsque son repos est assuré. Paul-Louis Courier, qui s'était fait pamphlétaire après de sévères études, comme Pascal et Montesquieu , assaisonnait d'une causticité charmante les préjugés et les passions de son parti, et criblait de ses traits les aristocrates, les courtisans et les oisifs.

Tout ce que la littérature comptait d'illustre finit par se tourner contre les Bourbons. Chateaubriand lui-même, ce chevalier du drapeau blanc , sitôt qu'il fut jeté hors du ministère par Villèle , se rangea dans l'opposition ; et s'il ne fit pas une guerre à outrance , il ne manquait pas de dire : f^oici ce que f aurais conseillé au gouvernement

Des gens de lettres qui n'aspiraient qu'à des succès de presse ou d'enseignement, finirent par porter ombrage au gouvernement, qui, se voyant impuissant à rétablir la censure, se mit à sévir contre les délits de presse, et en attribua le jugement aux tribunaux correctionnels. Plusieurs feuilles furent suspendues, d'autres achetées; des professeurs furent expulsés de leur chaire.

Il ne faut point se mettre à dos les gens d'esprit dans un pays où il n'est pas permis de les ensevelir au fond d'une tour, attendu que, si on les abat, ils se relèvent plus redoutables. Ces professeurs, offensés ou mécontentés par le gouvernement, faisaient tourner en polémique leurs enseignements ; toute histoire devenait allusion. La louange ou le blâme étaient distribués en sens inverse des sympathies d'en haut ; la question politique se traduisait en théories philosophiques sur Torigme du pouvoir : vient-il de l'homme ou de Dieu , d'un contrat social ou d'une révélation ? Le langage même a-t-il été révélé à l'homme? ou Dieu ne lui a-t-il donné que la faculté de parler? L'homme a-t-il commencé par parler ou par pensera L'idée est-elle antérieure à la parole ?

Bonald, champion.de l'école renaissante de de Maistre, soutenait la théorie d'une langue révélée , ainsi qu'une loi primi-

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tive, dont découlait Tabsolutisme ; il battait en brèclie le jury, la liberté de la presse, renseignement populaire, le droit de pétition , le divorce , l'abolition de la peine de mort. Ballancbe , partant des mêmes principes , soutenait que Tbomme est né pour la société , au sein de laquelle seulement il se complète. Ainsi rbomme dut parler dès Forigine, et la parole lui fut communiquée avec ridée , et non pas seulement comme signe de ridée. Cette parole règne avec une autorité suprême ; mais la pensée tend à se dégager de cette tradition, qui Tenchaîne ju«qa*à ce qu'elle se produise libre et spontanée. C'est alors que la raison individuelle apparaît; à la fatalité succède la liberté; un contrat se fait à l'aide des lois écrites; c'est la pensée qui alors gouverne la parole , compromis entre le droit divin et le droit humain. Dans cette succession de formules sociales, l'avenir se dégage toujours du présent; la restauration elle-même n'est « qu'une formule, dont l'inconnue se dégagera. »

Une jeunesse pleine d'ardeur, qui venait de voir déjouer ses complots révolutionnaires, se jeta dans Tétude avec toute la flamme qu'elle avait apportée aux questions politiques, mais sans oublier ses premiers projets. Cette jeunesse faisait donc par la plume une opposition en sens divers : tels étaient de Broglie et de Barante, parmi les doctrinaires ; Yillemain , qui faisait applaudir dans la littérature ancienne les idées que la censure effaçait dans la nouvelle; Guizot, qui suivait à travers les débris du passé les traces de la liberté constitutionnelle; Laromiguière, qui restait sensualiste avec Locke; Royer-Collard, qui répudiait , au contraire, le joug du sensualisme , et voulait réformer la philosophie dans un but pratique, positif et social , aOn de rendre à la France sa dignité morale , à l'intelligence ses prérogatives, régénérer l'esprit public, et, par ce moyen , le gouvernement ; Cousin , qui remaniant la philosophie allemande, semblait donner une certaine vigueur aux pensées et à la volonté, et inaugurait un éclectisme qui savait trouver pour chaque opinion l'excuse de l'opportunité. Les historiens, pleins d'allusions, laissaient voir l'espérance et la possibilité d'un état de choses meilleur. Augustin Thierry disait : a Hommes de liberté, nous sommes avant tout la nation des libres ; et ceux

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qui, loin de notre pays, lutleut pour l'indépendance et meurent pour elle, sont nos frères , nos héros*. » Beaucoup ne soupçonnaient pas ce que Ton gagne en force à être modéré , et les lois eurent à réprimer plus d'une fois l'opiniâtreté et la violence. Mais quoi I les procès de presse devenaient de nouvelles occasions de scandales. Un mélange d'idées de l'Empire et de rémigration , avec ce qui s'y rattachait d'espérances ; des rêves de gloire militaire associés à des calculs de prospérité agricole et industrielle ; des passions tout ensemble chevaleresques et mercantiles , donnent à cette époque une physionomie dramatique, assez rare dans l'histoire moderne.

Cest au milieu d'une pareille fermentation que mourut Louis XYin (16 septembre 1824) , en s'attribuant le mérite d'avoir su louvoyer entre les factions. Charles X , son successeur, était désigné dès longtemps comme le moteur caché de toutes les mesures illibérales de son prédécesseur. La sainte ampoule se retrouva pour son sacre, où il toucha des scrofuleux : ce fut un sujet de risée pour les libéraux. Mais , pour la première fois, il ne fut pas question , dans cette cérémonie , de l'antique serment d'expulser les hérétiques , de respecter les immunités ecclésiastiques, de ne pas faire grâce aux duellistes. Charles X jura « de consolider, comme roi, la charte qu'il avait promis de maintenir comme sujet; » et il supprima la censure. Mais il ne tarda pas à montrer quel était son système de gouvernement.

■ Censeur européen, 17 avril 1820. Il écrit ailleurs : « Une association secrète, empruntée à Tltalie, réunit et organisa, sous des chefs placés haut dans Testinie du pays, une grande partie et la partie la plus éclairée de la jeunesse des classes moyennes. Mais nous ne tardâmes guère à nous convaincre de rinutitité de nos efforts pour amener des événements qui n*étaient pas mArs ; et alors les afGliés , renonçant à PactioDy retournèrent à leurs comptoirs ou à leurs livres. Ce fut un acte de bon sens et de résignation civique ; et, chose remarquable, le plus beau mouvement d'études sérieuses succéda , presque sans intervalle, à cette effervescence révolutionnaire. Dès l'année 1823 , un souffle (le rénovation commença à se faire sentir, et à raviver simultanément toutes les branches de la littérature. » Dix ans d'études historiques.

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Une indemnité fut votée aux émigrés pour leurs biens confisqués par la Révolution, malgré les efforts de Toppositioii Jibérale, « afin de récompenser la fidélité malheureuse, et de montrer que les grandes injustices obtiennent, avec le temps, de grandes réparations. » Un milliard, en rente trois pour cent , fut affecté à cet objet : c'était condamner la Révolution à rembourser ceux qui l'avaient désertée. La répartition qu'il y eut à faire entre les intéressés mit à la disposition du parti royaliste de nombreux emplois. Cette mesure accrut sa force, en même temps que la valeur des propriétés immobilières. Ce fut aussi un habile expédient financier, qui créa des rentes trois pour cent destiniées à rembourser les autres. Mais la classe très -nombreuse des rentiers , habitant Paris pour la plupart , à qui l'on enlevait d'un coup de filet environ cent vingt millions de revenu, en fut trèsmécontente.

Les idées nobiliaires se réveillèrent de plus en plus : on alla jusqu'à proposer de rétablir le droit d'aînesse et les substitutions, alors que le code civil consacrait l'égalité d« partage entre les enfants. M. de Barante avait raison de dire : « Les lois qui ne sont pas en rapport avec les habitudes et les opinions d'un peuple ne sont que des mots , et rien de plus. » Les communautés de femmes furent rétablies , ce qui était un acheminement vers les couvents d'hommes. Des lois furent votées contre le sacrilège; et Chateaubriand ayant rappelé que « la religion chrétienne aime mieux pardonner que punir ; qu'elle doit ses victoires à ses miséricordes, et n'a besoin d'échafauds que pour ses martyrs, » M. de Ronald lui répondit : « Si les bons doivent leur vie à la société comme service, les méchants la lui doivent comme exemple. Oui, la religion ordonne à l'homme de pardonner ; mais elle enjoint au pouvoir de punir. Le Sauveur demanda grâce pour ses bourreaux , mais son Père ne l'erxauça pas; au contraire, il étendit le châtiment sur tout uu peuple. Quant au sacrilège, par la sentence de mort vous l'envoyez devant son juge naturel. » C'est dans le siècle de l'indifférence que l'on osait proférer de telles paroles !

Ainsi se discréditait le gouvernement; et l'aversion se manifestait en toute circonstance, lors des processions du jubilé)

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dans les cérémonies funèbres. Quand le gcDéral Foy, fidèle à une opposition ennemie de tout désordre , viot à mourir, ne laissant d'autre héritage qu'un nom glorieux, la souscription ouverte en faveur de ses enfants produisit un million. La garde nationale cria , pendant une revue : A bas les ministres ! à bas les jésuites ! Le roi, irrité , licencia la garde nationale. C'était un coup hardi dirigé contre la classe moyenne, mais qui supprimait un intermédiaire utile entre le roi et un peuple insurgé.

Il n'était pas possible de continuer à marcher de ce pas avec la liberté de la presse : on proposa donc d'y mettre un frein au nom de la religion, de la pudeur, de la vertu , de la vérité (aviil 1827)* Un frémissement s'éleva parmi les écrivains ; la paisible Académie elle-même protesta, et Charles X frappa plusieurs de ses membres ; ce qui ne lit qu'irriter davantage, et ajouter aux difficultés. Lorsque ensuite le projet de loi fut retiré, ce triomphe de l'opinion fut célébré par toute la France avec une joie bruyante ; et des milliers de brochures circulèrent, déversant le blâme sur tous les actes du gouvernement. Villèle alors se décida à dissoudre la ch^ibre septennale, et à faire appel au pays légal (5 novembre 1827).

Il s'était formé, en regard de l'administration publique, une société ayant pour devise Aide-toi, le ciel t'aidera : c'était un mélange de libéraux et de royalistes , qui se proposaient de combattre les intrigues du gouvernement et de révéler ses fraudes. Cette société travailla les élections, qui envoyèrent à la chambre les principaux chefs du libéralisme. Alors le ministère fut attaqué de toutes parts ; il y en eut qui poussèrent ouvertement le duc d'Orléans « à échanger son blason ducal contre une couronne... civique. » « Courage, prince ! lui disait-on ; il reste dans notre monarchie un beau poste à prendre, le poste que la Fayette occuperait dans une république, celui de premier citoyen de la France'. »

D'autres livres étaient pleins de la même pensée; et Armand Carrel, dans son Histoire de la Révolution d'Angleterre, faisait évidemment allusion à la nécessité d'un nouveau 1688 : c'est-

' Cauchois-Lemaire, Lettre à M. le duc d'Orléans

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