‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 27 sur 82 · UI8T. DE CEKT ANS. — T. III · texte numérisé non relu

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â-dire, à remplacer un roi qui considérait la cliarte eonin concession, par on autre qui se reconuaitrait redeval trône à la charte et à la chambre.

Le ministère Villèle devait succomber, et il ne laissait: qui lui succédait que des armes éinoussées, avec la né de coDcessionsqui devaient paraître autant de faiblesses. 1 de s'appuyer frandiement sur on parti quelconque, Cha se confia àM. deMartignac, plein de bon vouloir, m résolu, et n'ayant derrière lui aucune influence puissant même le roi . Il démontra la nécessité de proposer des gai administratives et constitutionnelles, pour recouvrer I fiance perdue, et de substituer la loyauté à l'intrigue. La la presse fut modifiée ; le droit de fonder des journaux fut r en même temps que leurs délits encoururent des punitif vères. Le ministre lui-même eut l'art de s'entourer de i; lettres. Des ordonnances hostiles aux jésuites el à l'ens ment religieux furent de nouvelles concessions s l'espi temps : aux termes de ces ordonnances , le nombre di ves fut limité dans les petits séminaires, avec défense < cevoir des externes. Ce fut une faiblesse dont les pcres mille eurent droit de se plaindre. Les évéquess'en plaig aussi, comme d'un Irioniplie pour les philosophes et d'une de ruine pour l'Église catholique : quant aux jésuites, ils n lurent pas se soumettre a l'université, ni subir l'obllgatif posée aux prof esseurs de déclarer qu'ilsu'appartenaient à a congrégation; et ils demeurèrent exclus de l'enseignement, un roi plein de scrupules se trouva exposé aux anathèni cerdotaux. Le ministère, sans amis, se traîna languissa milieu des ambitions desdeux partis extrêmes, jusqu'au j( Charles X le coi^édia, pour appeler à son aide le priuee <l lignac. «

Le nouveau cabinet (1829) chercha franchement â reC une majorité monarchique, non pas en détruisant la cou tion,maisen la confiant aux royalistes : ce que Wellî avait fait en Angleterre. La bourgeoisie ne vit dans le no cabinet que le vengeur des émigrés, et protesta bruyan de toutes parts en faveur des idées de 1769. On songea

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en restant dans les voies légales , à réduire le gouvernemeut à Textrémité, par le refus de Fimpôt. Les journaux jetèrent feu et flamme, la déGance entra dans tous les esprits; le gouvernement y vit un outrage que les tribunaux refusèrent de punir ; et le ministère se crut dans l'impossibilité de se soutenir autrement qu*en violant la charte.

L'opposition légale , en quelque sens que ce fût , se reportait toujours à la charte. On lisait, en juin 1830, dans le National y le journal le plus hardi du temps, dont M. Thiers était un des fondateurs, cette phrase signiGcative : « Les peuples « sont le plus souvent contraints de s'insurger pour avoir la « liberté ; aujourd'hui, grâce à la charte , qui met la légalité de « notre côté, c'est au pouvoir de se révolter et de s'exposer aux « risques de l'insurrection , s'il veut nous arracher la liberté. »

Ce fut dans de telles dispositions que s'ouvrirent les chambres ; et la discussion de l'adresse-révéla l'état des esprits. Le roi avait dit : « Si des manœuvres coupables suscitaient à mon gouver- « nement des obstacles que je ne puis, que je ne veux pas prévoir, « je trouverais la force de les surmonter dans ma résolution de « maintenir la paix publique , dans la juste confiance des Fran- « cals, et dans l'amour qu'ils ont toujours montré pour leur roi. » 'Paroles imprudentes, qui fournirent à la chambre une occasion de déployer son drapeau; elle dit, dans sa réponse : « Le concours permanent des intentions politiques de votre « gouvernement avec les vœux de votre peuple, est la condition « indispensable de la marche régulière des affaires. Sire, notre « loyauté nous condamne à vous dire que ce concours n'existe « pas. Une défiance injuste des sentiments et de la raison de a la France est aujourd'hui la pensée fondamentale de l'admi- « nistration... Entre ceux qui méconnaissent une nation si « fidèle , et nous qui venons déposer dans v^e sein les dou-

* leurs de tout un peuple jaloux de l'estime et de la confiance

• de son roi, c'est à la haute sagesse de Votre Majesté qu'il ap- « partient de décider. »

Un grand débat s'éleva dans la chambre; on alla aux voix , et deux cent vingt et un membres , sur quatre cent deux , se prononcèrent contre le ministère Polignac. Ce chiffre de ^deux

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cent vingt et un devint la terrear du cabinet et la joie du peuple. Mais Charles X répondit, du haut de son trône : « Je « comptais sur le concours des deux chambres pour faire le bien M que je méditais ; je regrette d'entendre les députés déclarer « que ce concours n'existe pas. Mes résolutions sont immua- « blés. » Et la chambre fut dissoute. Les événements se précipitaient vers une solution ; tous le sentaient, et la couronne espéra un instant la retarder, en portant l'attention ailleurs.

Nous avons dit le rôle 'que le cabinet tonçais avait joué dans la politique extérieure : voulant mettre un terme au long différend de la France avec Haïti , il y expédia une forte escadre , mais eu proposant de reconnaître l'indépendance de l'île moyennant un traité de commerce avantageux et une indemnité pour les colons. En effet , la convention fut conclue (juillet 1825 ) , et 150 millions furent promis à la France.

L'île Bourbon lui avait été restituée à la paix : dès lors elle fit de nouveaux efforts pour consolider son établissement de Madagascar; mais elle y fut traversée parles Anglais, qui avaient gardé l'île de France ; et les choses allèrent si loin , que la France fut forcée d'y faire une expédition en 1829.

Dans les affaires de la Grèce , la France s'était piontrée à la hauteur des autres puissances ; et , dans le remaniement de territoires qui semblaient devoir résulter de cette guerre , elle était peut-être à la veille de recouvrer ses frontières du Rhin.

I/expéditipn d'Alger vint lui offrir une nouvelle occasion de déployer ses forces. Les remèdes dont on fit l'essai après le congrès de Vienne contre la piraterie des Barbaresques , n'avaient point réussi. Le dey d'Alger, Hussein, réclamait de la France une dette qui remontait à l'expédition d'Egypte; et le gouvernement entendait eu retenir une partie destinée à rembourser les négociants de Marseille , créanciers de sujets algériens. Pendant la négociation , Hussein irrité frappa au visage, avec son éventail, le représentant de la France. Celui-ci s'embarqua aussitôt , et la France envoya une escadre devant le port d'Alger. Le blocus , très-difficile à maintenir sur des côtes souvent battues par la tempête , dura deux ans , un débarquement paraissant aux hommes du métier présenter de trop grands

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risques. Enfin , la France somma le dey de se décider entre une réparation, ou la guerre (août 1829). Comme Hussein répondit à coups de canon, il ne resta plus qu'à faire de même. Cette expédition plaisait fort au cabinet; elle donnerait de l'occupation aux braves, un texte de discussion à tous, et la France se laisserait prendre, comme toujours, au prestige de la victoire. Le comte de Bourmont , ministre de la guerre , obtint le commandement; et cent trente bâtiments armés, auxquels on joignit cinq cent trente-deux navires de charge, partirent de Toulon sous les ordres de Tamiral Duperré, avec trente-sept mille hommes, quatre mille chevaux, et soixante-dix pièces d'artillerie. Alger fut contraint de capituler ( 5 juillet 1830 ) : c'était le plus beau fait d'armes assurément que l'on eât vu depuis quinze ans.

Charles X crut avoir trouvé dans ce triomphe l'occasion la plus propice pour effectuer ce qu'il méditait depuis quelque temps , et pour affermir la monarchie , en sortant des voies légales. 11 était incapable de juger des progrès de l'opinion, dont les libéraux ne se rendaient pas compte eux-mêmes. Ce gouvernement n'avait d'attention que pour les deux partis aristocratique et bourgeois, et ne s'était point préoccupé du peuple ; 1^ libéraux , de leur côté, n'avaient pas fait davantage.

Les royalistes avaient toujours foi dans l'éternité de la dynastie de samt Louis, et croyaient le moment venu d'extirper les pousses menaçantes de l'arbre révolutionnaire. Les mécontents , associant la prévoyance à l'irritation de la disgrâce , s'étaient serrés autour du duc d'Orléans, qui, sans tramer avec eux, profitait des erreurs du gouvernement. Les doctrinaires, qui voulaient la légalité , et dont il ne tenait qu'à la couronne de se faire des serviteurs dévoués , s'étaient aussi jetés du côté des libéraux.

Mais le libéralisme n'avait songé qu'à la classe commerçante et à celle des propriétaires; ses progrès ne profitaient pas aux masses. Par ses attaques systématiques, justes ou non ^ par cette défiance obstinée qui ne permet ni le bien ni le mal , ili la faiblesse ni l'énergie , il avait enlevé au pouvoir la force nécessaire pour se faire respecter. Pour se rendre un certain parti favorable, il mit la religion sous ses pieds. L'économie polr-

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