LES TROIS JOURNÉES DE JUILLET
A la première nouvelle des ordonnairces , Paris fut consterné. Thiers, Châtelain et Caucbois-Lemaire rédigèrent une protestation contre la violation des libertés publiques. Les bureaux des journaux devinrent des centres de résistance. En dépit des ordonnances, qui soumettaient leurs articles à une censure préventive , ils furent publiés , et l'autorité fut ainsi obligée de recourir à la force pour les supprimer.
Les hommes compromis s'efforçaient de propager la résistance. Les imprimeurs fermèrent leurs ateliers , et répondirent aux ouvriers qui vinrent pour travailler, que c'en était fait de la liberté ; que le gouvernement avait décrété la tyrannie et toutes ses conséquences. La rente baissa , des faillites devinrent imminentes; la fermentation s*accrut jusqu'au tumulte (27 juillet 1830).
La cour, étrangement abusée , s'était retirée à Saint-Cloud , sans même donner avis de rien au corps diplomatique. Outre les Suisses, il n'y avait, pour protéger Paris, que peu de troupes, ayant à leur tête Marmont, sur qui pesaient les souvenirs de 1814. La garde nationale avait été dissoute; et ce peuple, à qui Ton n'avait pas songé , se souleva terrible. Les mouvements commencèrent le soir du 27 juillet. Les élèves de l'École polytechnique se jetèrent dans ce tumulte , et ces officiers improvisés dirigèrent l'élan désordonné de gens qui n'avaient d'autres armes que celles que le hasard leur fournissait , principalement les pavés des rues. Les barricades s'élevèrent de toutes parfi|| le drapeau tricolore fut arboré, et l'action s^engagea au^x cris de Nivela Charte! Chaque détour devint une embuscade, chaque fenêtre une meurtrière, d'où les tirailleurs 2J}attirent les lanciers et les gendarmes; des actes de courage, de férocité, de démence, de générosité, de sang-froid , se produisirent pêle-mêle, comme il arrive au sein d'une foule passionnée qui n'a d'autre guide que sa fureur. Bien des victimes tombèrent de part et d'autre. La colère du peuple se tourna sur la religion, qui était représentée comme l'instrument du despotisme. Les croix fureat abattues, des églises dévastées; l'archevêché fut saccagé. I-.es troupes, trop peu nombreuses , n'opéraient qu'avec hésitation i et la révolution en peu de temps fut maîtresse dw\^xt\y\\\.