CONSTITUTION DE L'ETAT BELGE
La fatale issue de rinsurréction polonaise venait de montrer combien il est difficile de briser par la force le joug d'un gouvernement régulier, si abborré qu'il puisse être. L'intérêt des autres gouYernements devait-il être un moyen plus sûr de délivrance.^ La justice parviendrait-elle à arracher quelque réforme à ceux qui avaient refait l'Europe en 1815.^
Lorsque le pontife romain lança le blâme d'une encyclique sur la révolution polonaise, sorte d'anathème jeté sur un cadavre, les catholiques belges, craignant de trouver aussi le pape pour adversaire dans une cause entreprise au nom de la religion, renvoyèrent consulter ; mais le saint-père établit une distinction en leur faveur : ils avaient été poussés à l'insurrection par les obstacles apportés à leur religion, ce qui justifiait la révolte. Cette révolution est en effet la seule qui ait réussi, et d'où suit sortie une constitution , une dynastie nouvelle , un nouveau peuple même , et cela sans guerre ni au dedans ni au dehors.
La conférence de Londres déclara (30 décembre 1830) que les puissances avaient réuni la Belgique a la Hollande en vue dé l'équilibre européen, et avec la confiance qu'elles se fondraient ensemble ; mais l'expérience venait de prouver que cette fusion était impossible : elles devaient donc, dans l'intérêt de la paix , chercher d'autres arrangements. On accueillit les envoyés du gouvernement provisoire , ce qui plaça tout à fait la Belgique dans le ressort de la diplomatie.
Mais quelles bases donner à la séparation , et quel gouver* nement préférer ?
Les hommes sages voyant bien que si l'on tentait une république, l'Europe, effrayée d'un tel exemple, les aurait bientôt écrasés, et que s'ils se décidaient pour un roi, il leur serait iniposé de l'étranger; ils pensèrent donc que mieux valait se réunir à la