‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 46 sur 82 · EUSS · texte numérisé non relu

EUSS

le langage d*oiie profonde tristesse que celui de Tautorité, qu'il lui appartenait de prendre en élevant la voix au nom d'un peuple opprimé, cette allocution n'eut pour résultat que d'augmenter les rigueurs impériales. Cependant quand le czar se rendit à Rome en décembre 184S, il eut un entretien avec le pontife, et montra une modération qui rendit l'espoir aux catholiques et laissa respirer l'Église.

Ce fut aussi en vue d'établir cette ufiité religieuse que la per- >y - ... sécution se tourna aussi contre les juifs. Plus d'une tentative a ' ^^ été foite dans ces dernières années pour réunir cette nation. On a songé même à relever le royaume et le temple de Jérusalem, comme une barrière entre l'Egypte et la Turquie. Mais on a cru reconnaître que tout effort pour réorganiser la société juive serait inutile avant sa conversion. La Pologne compte deux millions d'Israélites. Depuis Casimir (1334) , ils ont été déclarés idonei et fidèles , avec de grands privilèges, peu irespectés depuis , par les antipathies populaires. Ils ont pris une grande part aux derniers mouvements de la Pologne , car ils avaient de bonnet raisons pour déplorer la chute de ce royaume. En conséquence , Nicolas les a forcés au service militaire , dont Alexandre les avait exemptés moyennant une certaine contribution , tout en prenant leurs enfants de douze à quatorze ans pour la marine. Une école qu'ils avaient à Varsovie a été supprimée à la révolution. Depuis lors Nicolas a obligé aussi les juifs à la loi religieuse de Tempire (1844); on dit même que son projet serait , s'il est maître un jour des provinces occidentales de l'Asie, de les transférer tous audelà du Taurus, sur quelque point de leur ancienne patrie.

Ces maux intérieurs, et la guerre interminable du Caucase, sont la plaie d'un empire qui joint à tant de ressources matérielles les liens invisibles dont il enveloppe la conscience des Grecs , des Arméniens , des Bulgares , des Serves , et l'affection de toute la race slave , qui vénère dans le czar le futur rédempteur de sa nationalité : ce sont ces embarras qui rendent moins effrayantes les menaces que , du fond de ses frimas, la Russie fait, de temps. à autre , gronder sur l'Allemagne et la France.

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