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oo dirail que l'âi^e d*or règne dans ce pays. Le Ckou-Aing recommaede aui magistrats lajoatioe, le désinléreneiiie&t , la recherche de la vérité. • Après que les parties ont prodmt leurs preates , les juges écoutent ce qu>lles ont à dire. S'il n'y a point de doute , ils appliquent Fun des cinq sup^ioes «. S'a y a doute , il faut recourir aux cinq modes de rachaL Dans le cas où Ton pourrait hésiter sur Topportunité dn rachat, il conviait de juger selon les cinq sortes de ùutes. Celles-ci ont pour causes la crainte d*un homme en place , la vengeance ou la reconnaissance, la séduction des femmes , Tamour de Fai^^t , les recommandations. Ces fentes peuvent être commises par les juges ou par les parties : pensez-y bien, et, s*il y a doute, il feut pardonner. Quand un homme est accusé, il feut r^arder aux circonstances et aux motife. Ce qui ne peut être vérifié ne saurait offrir matière à procès. Il feut être, sdon le cas, indulgent ou sévère. Ceux qui savent feire de heaux discours ne valent rien pour juger des procès ; il feut pour cela des hommes doux et sincères , droits , et d'une modération éprouvée. Expliquez et publiez le code des lois. Que dans le procès on n'ait point égard à l'intérêt. Les richesses ainsi amassées sont un trésor de feutes qui attirent malheur. »
C'est ainsi que le code abonde en belles maximes, mais qui malheureusement se perdent dans rapplication , par Fignorance de Tinterprète ou la vénalité des organes de la loi.
La religion se réduit à peu près à un règlement d'État et de discipline. Trois religions sont en présence dans ce pays , grâce a un esprit de tolérance qu'il conviendrait mieux d'appeler apathie : celle des savants, qui est la loi de Confucius, se réduit en somme au déisme et à l'indifférence : ils considèrent qu'à la mort, l'âme passe en d'autres corps, ou se décompose dans l'air, sans qu'il reste autre chose de l'homme que son sang dans ses enfants , et son nom dans sa patrie. Dieu seul est immortel. Les tao-tsées suivent la religion des esprits, avec toutes sortes de superstitions. Confucius ayant déclaré qu'il n'avait
* La marque sur le visage, Tamputation du nez , des pieds, Téviration, la mort.
pour tâche que de relever les doctrines primitives, et qu'il n'était que le précurseur d'un grand personnage qui viendrait de l'Occident , le roi Minet envoya une flotte à la rencontre d6 ce Messie.
L'expédition s'engagea assez loin , mais n'osa pourtant prolonger le voyage ; elle aborda dans une île, où on trouva une statue de Boudha, qui fut rapportée en Chine trente-trois ans avant le Christ. Son culte se répandit dans les basses classes qui, l'adorèrent sous le nom de Fo ; mais il fut repoussé des savants.
Les Chinois sont donc tout à fait libres dans le choix de leurs opinions religieuses ; mais la loi, comme dans tout le reste, sans s'occuper des choses intimes, règle minutieusement les rites, les formes extérieures , les cérémonies. Tout cet ensemble de mœurs caractéristiques ; ce cérémonial compassé et invariable , cette hiérarchie sans fin ; cet amour du beau, plutôt puéril que grand; cette gravité pédantesque des lettrés; tout ce grand vide, recouvert d'une élégance mesquine, a cependant résisté à l'action des siècles, et a fini par absorber les conquérants barbares. De la vivacité grecque et méridionale , on n'en trouve pas l'ombre dans ce pays, où on affecte de faire tout avec calme , temps et mesure. Les Chinois savent adroitement profiter de la vivacité des Européens pour les faire tomber dans tous les pièges que leur imagination invente ; si bien qu'il n'est .point de marchands assez adroits pour y échapper. Ils savent cacher. sous des dehors tranquilles la haine et la colère la plus violente : offensez-les, et ils vous paraîtront ne rien sentir; mais leur vengeance vous atteindra quand vous-y penserez le moins.
La seule passion qu'ils laissent éclater est celle du jeu, dont \e» émotions conviennent si bien à une société vieillie : riches et pauvres «'y abandonnent malgré toutes les défenses de la loi, et ils jouent sur un coup de dé leur fortune, leurs maisons, jusqu'à leurs enfants et leurs femmes.
Comme tous les peuples ignorants les Chinois sont fatalistes : les incendies fréquents-dévorent leurs villes sans qu'ils cessent pour cela de brûler des papiers^et de l'encens, de fumer, de tirer des feux d'artifice au milieu de leurs maisons de bois et de paille. Le feu une fois allumé, ils regardent Id maison comme destinée
à briller, et ne font rien pour l'eleiudre. On peut juger de leurs MjpvrMitioDS a tous les lalisniaus , les amulettes répandus das) leurs demeures. Ils suspendent surtout à la [été de leurs Ulsdf vieilles pièces de monnaie de eulvre, enfilées daus un étui de fer en forme d'epée , aliii ijue les souverains dont elles portent l'effigie en élois^nent les esprits malins, tels que les spectres de ceux qui ont péri de mort violente, et qui reviennent , pensealils, dans les maisons pour en effrayer les liabitaats.
A ta première apparition des Européens , dont les clieiou roux et le nez proéminent s'éloignaient tant de leur type de beauté, les mères et les nourrices les montraient aux enfants comme des ogres el des démons : aussi leur douDa-t-on le nom de Fan-Konel, ou démons étrangers.
Oiez un pareil peuple tout semble calculé à dessein pour éterniser l'enfance : des pieds difformes à force d'être comprimés, des ongles qui gênent raulîon des doigts, des ventres énormes, des bains continuels; toujours des boissons chaudes qai énervent l'intelligence comme le corps. L'obéissance y e^se d'être une vertu, inspirée qu'elle est par la crainte du fouet L'amour de lafamille n'est pas davaotJi^'i' nue vertu, n'étant pratiqué que par crainte de la loi. et dans une rertaine mesure; la mère, vénérée tant que le père vit, est méprisée et abandonner sitôt que la mort de son mari ne lui laisse plus d'autre litre que celui de concubine.
Comment le progrès , ce caractère distinclif de riiumanitê. pourrait-il exister là où une chose doit se faire de telle manicre parce qu'elle a toujours été faite ainsi ? 1,'élronger y sera suspect, entouré d'espions et d'obstacles, car il-pourrait introduire des innovations : aussi la nation, privée de points de comparaison, et mesurant tout d'après ses cérémonies rituelles et les complications artificielles de son organisation, verra des barbares dans tous les autres peuples. Aujourd'hui encore les Chinois répondraient à ceux qui voudraient les instruire ; ■ Que voulez-vouii nous enseigner? Nous cousaissons tous les arts utiles; uouï cultivons le blé, les légumes , les fruits ; nous savons employer pour nos tissus et nos étoffes non-seulement la soie, le coton et le chanvre, mais toutes sortes d'écorces el de racjiies encore ;
personne n'exploite les minesmieux que nous^çt ne connaît mieux Fart du charpentier, du potier, de Tébéniste; nous sommes charrons et sculpteurs ; nous savons teindre, faire le papier, la porcelaine, mieux qu'aucun peuple du monde. ^
Il est vrai que les besoins matériels depuis un temps imniémorial ont trouvé chez eux toute satisfaction; mais il n'en est point ainsi de ceux de Tintelligence : là une hypocrisie systér matique et une obéissance passive ont comprimé cet élan qui pousse l'homme vers des destinées meilleures. L'imprimerie, la boussole, la poudre à canon étaient connues en Chine bien avant de l'être en Europe ; mais tandis que ces trois découvertes transformaient le monde occidental, elles ne- trouvaient en Chine aucun perfectionnement, et n'y restaient qu'un objet d'amusement. La boussole ne leur est d'aucun usage , puisqu'ils né voyagent pas; la poudre à canon ne sert qu'aux feux d'artifice; l'imprimmey est astreinte à des préceptes inviolables, et n'a pas même servi à simplifier leur écriture, dont les complications sont inextricables. £n somme, toute étincelle d^enthousiasme a manqué à l'originalité futile de ce peuple, et sou intelligence glacée n'a donné que des fruits artificiels.
Le peuple ne connaît point la langue écrite, dont il ne pourrait surmonter les difficultés. Les livres classiques lui sont donc fermés ; on n'y trouve rien d'ailleurs qui parle à son imagination et à, son âme; mais, avec le genre de ruse dont il est doué, il sait mille supercheries pour éluder les lois, sans exposer sa chère tranquillité etson argent, qui lui est plus cher encore. Ëtes-vous riche ? Payez la justice, et faites à votr« guise. Êtes- vous marchand.' Payez, et vous pourrez frauder à votre aise sur le poids et la mesure. Êtes-vous lettré? Flattez, oourbez-vous pour monter, et entendez-vous tous pour tenir en brid^ un peuple mou et divisé. Que si ce peuple, mourant de faim , s'attroupe par bandes et attaque les marchands sur les grandes routes, l'empereur lapcera des escadrons sur ces brigands : s'ils sont pris, on les pendra; s'ils ont le dessus, oh traitera avec eux ; on les laissera maîtres dans la contrée, en se bornant à en tirer de l'argent. Si un voisin puissant envahit le pays, quel intérêt le peuple a-t-il à se défendre? Il mourra de faim sous le
nouveau maître, comme sous l'ancien. Les envahisseurs trioii> phent donc, et s'aceommodenl on ne peut mieux des traditiom despotiques de l'empire. [Is prennent pour eux les richesses, partagent le pouvoir avec les lettrés, afin qu'ils lesaident à maiolenir le peuple dans l'obéissance. Celui-ci travaille d'abord pour enrichir ses maîtres, et pour subsister, si le cas se trouve possible.
Ainsi il y a la paix sans la justire, des richesses saus Témulalion, des cérémonies sans amour, une morale sans pratique. Aux frontières toujours la guerre imminente, au dedans les séditious.
En 1648, la ChiuB fut conquise par les Tartares, qtd adoptèrent tous ses usages et la forme de sou gouvernement. Cette dynastie décréta que tout corps militaire dans les prvviib ces serait composé par moitié de Chinois et de Tartares; aiiiii des tribunaux : de façon que ces deux peuples se tiennent réciproquement en respect; ni l'un ni l'autre n'est entièremeDt privé du pouvoir civil et militaire; et le peuple conquérant peut s'étendre ainsi sans s'affaiblir, et faire tête aux troubles civils comme aux invasions étrangères.
Les missionnaires, et principalement les jésuites , formèrent le premier lien de communication entre la Chine et l'Europe; ces derniers nous ont fourni les meilleurs doeuinents que nous ayons jusqu'à ce jour sur ce pays. Ayant eu l'adresse de capter les bonnes grâces de l'empereur et des mandarins, il leur fut permis d'en espérer les plus grands avantages pour la religion et pour la civilisation. Mais les jésuites avaient en Europe des ennemis puissants alors et implacables qui les attaquèrent auprès du saint-siége, leur reprochant de tolérer de certaines superstitions inhérentes aux coutumes chinoises : de là une lutte qui entama leur crédit près des Chinois , désireux par-dessus tout de la tranquillité, et qui aboutit à leur expulsion. Avec eux disparut de la Chine le christianisme, qui, «lans lessièclesprécédents, y avait déjà été apporté par les Arméniens.
L'empire russe a une telle étendue , qu'il touche aux confins de la Chine : ce qui décida Pierre le Grand à y enrayer, en 17S0, une ambassade dont lit partie le voyageur anglais Bell
d'Antermong, qui nous en a laissé la description. Ce fut un speotacle inouï pour les^ Chinois que ce cortège, vêtu à Teuropéenne, et faisant son entrée dans Pékin. L'étiquette exigeait que tout ambassadeur se prosternât en frappant neuf fois la terre de sba front ( A'ot^-^ott); et cela non-seulement devant Fempereur^ mais encore devant les princes du sang, les vice-rois, les mandarins, et les ministres. L*ambassadeur Ismaïlof redoutait d*un côté le courroux du czar s'il se prétait à cette humiliation, et il pouvait de l'autre , en s'y refusant , mettre la mésintelligence entre les deux empires , et faire manquer ainsi le bat de sa mission. Mais l'empereur heureusement désirait que ces étrangers fussent témoins des. fêtes que l'on allait célébrer pour le soixantième anniversaire de son règne; et il aplanit la difficulté « en fiiis^nt rendre en son nom un hommage semblable, par un mandarin, à la lettre du czar que l'ambassadeur était chargé.de lui présenter.
L'envoyé russe accomplit alors sans scrupule les actes de respect indispensables.
La Russie demandait la liberté du commerce entre les deux États, et à établir des comptoirs; mais Kang-hi n'y consentit que pour Pékin et quelques points. La Russie obtint aussi de laisser un agent dans cette capitale ; mais il y fut gardé comme prisonnier , et on le renvoya à la première occasion. Les négociations se renouèrent plus tard ; on régla la question des frontières. Pierre 1®^, qui s'était agrandi aux dépens des Mongols du Kaptchak , et avait envahi la Sibérie , se trouva limitrophe de-^ la Chine , au nord du pays occupé par les Mongols Khalkha. D'autres Mongols s'étant réfugiés , après une défaite , dans le pays situé au sud-est du lac Baïkal , implorèrent la protection de la Russie , s'offrant à elle pour vassaux. Comme ils allaient en pèlerinage à Ourga, résidence de leur pontife suprême ÇKou-touk^tou), il en résultait des conflits fréquents qui attirèrent l'attention des gouvernements russe et chinois. Des conférences se tinrent sur le Sclenga ; on marqua de nouveau les frontières, on éleva des colonnes, et l'on posa des sentinelles. Kiakta fut désigné comme marché commun au commerce des deux nations. Les Chinois ont gar(ié le monopole de la rhubarbe, dont les Russes n'ont jamais pu obtenir la vraie semence; Us
échangent eu outre le W\é contre de Targent, des fourrures et des draperies. Le gouvernement chinois permet aux marchands étrangers de Kiakta de venir tous les trois ans h Pékin, mais point au nombre de plus de deux cents.
Le Portugal aussi envoya en 1722 un ambassadeur, don IVletello, pour réclamer protection en faveur des Portugais répandus dans Tempire. La cour admira la gravité, de l^ambas^deur,et son exactitude-dans Taceom plissement des cérémonies; mais s'apercevant qu'il était scabreux de parler de religion, il évita d*aborder ce sujet. I^iCS Hollandais envoyèrent aussi une ambassade en 1796; elle fut mal reçue, Tempire n'ayant plus besoin d'eux. La même année, TAngleterre y expédia lord Macartney, diplomate habile, qui cependant ne put rien obtenir. Kn 1806, la Russie mit en campagne une nouvelle légations ^^ se composait, au départ, de cinq cents individus ; mais, arrivés à la grande muraille, ils étaient réduits à soixante-dix, et, n'ayant pas voulu se soumettre au Kou-touy ils se virent fermer l'entrée de la capitale.
L'Angleterre envoya de nouveau une ambassade en 1815, pour arranger les différends qui s'élevaient chaque jour entre la Chine et la compagnie des Indes. Elle était conduite par lord Amherst,qui ne put se résigner au Kou-tou; et, arrivé aux portes de la demeure impériale, il fut congédié, sans avoir pu lever les yeux sur le Fils du Ciel.
Cependant les marins qui portèrent en Chine l'ambassadeur Amherst en étudièrent soigneusement les cotes; plusieurs pénétrèrent dans riûtérieur avec la légation. Cène sont point les relations qui manquent sur ce pays; nous avons les voyages de George Staunton (1797), John Barrow ( 1804), de Guignes (1808), Henry Ellis (1817), Abel Clarke (1818), Timbovski (1827), Davis (1837) : mais les étrangers peuvent-ils atteindre à la vérité, trompés qu'ils sont par les indigènes, et, ainsi que l'avouait un Chinois, reçus comme des mendiantsf traités comme des prisonniers , renvoyés comme des voleurs. T^a Chine passa d'abord, sur lo foi de Marco Polo, de Jean de Carpin et de Mandeville, pour le pays de Ter et des pierreries; puis les missionnaires, qui espéraient la trouver docile à leurs
enseigiienieuts, eu parlèrent favorablement : Voltaire et son école n'y virent que des Mencius et des Confucius. Aujourd'hui , au contraire , les négociants de Macao et de Canton , non moins exclusifs dans leurs jugements, et concluant sans doute du particulier au général , nous donnent tous les Chinois pour désfourbes et des voleurs. La guerre Onira peut-être par déchirer le voile dont la Chine s'obstine à s'envelopper.
Quant au commerce, pendant longtemps il n'y eut que Canton qui fût ouvert aux Européens ; mais le temps de leur séjour était limité, de même que le nombre des marchands avec qui. ils pouvaient traûquer. Jusqu'en 1792 ces ras^rchands n'étaient qu'au nombre de douze, puis ils furent portés à dix-huit : connus sous le nom de Hanistes , ils servaient à toutes les transactions con^merciales, «t répondaient de tous les risques comme courtiers» Les Chinois se répandent, pour faire Iç négoce, sur toutes lé^. mers d'Orient et dans les principaux ports de' la Malaisie et de l'Inde transgangétique. Ils se sont emparés depuis quelque temps du commerce de Siam et de l'empire d' Annam.
Leur principale exportation est celle du thé , que la Chine fournit seule à l'Europe et au reste du inonde. Cette feuille , dont l'usage est très-ancien parmi les Chinois, fut apportée en 1610, pour la première fois, en Europe par les Hollandais. Les ambassadeurs moscovites en offrirent au czar en 1638» et en peu de teipps le thé se répandît dans toute la Russie. Il était à peine connu en Angleterre en 16ô0; mais il y fut bientôt soumis à une taxe, comme le café et le cacao. La compagnie des Indes crut pourtant faire au roi Charles II un beau présent, en lui en offrant en 1664 deux livres de thé. Dans le cours du siècle dernier, il a pris place- en Angleterre parmi les denrées de première nécessité. De 1710 à 1810, la compaguie en vendit à Londres 750,219^000 livres, qui rapportèrent 129,804,095 livres, sterling ; et, de 1810 à 1832, au moins 848,408,000 livres; elle en a placé 51 millions de livres en 1837; et le thé produit à l'échiquier une recette annuelle de 75 millions de francs.
L'einpereur Kien-long (1736-1796) établit sa domination sur les Ëleutes, de sorte que l'empire détendit jusqu'aux confins de
M u chih;
la Perte. Il Mminit le TiMt (I7S7) , et ne laina «a dtto!-lam, chef suprême de la religion de BooddlMi, fie l^(|iaoKité vé& g^use, 8008 la soprématieda FUa duCM. Kiwi loèg-ftt le pii» grand.prinee de 8a dynastie: caractère foma, mg^géôétnaAt il visitait ses provinces et se plaisait à. soulager asi peuples. IL
maintint te paix à l'intérienr, et poossa ses conqdilea an deliocs. Il composa des poésies et plodeors histoires ^ et reeneflUI ks monuments littéraires de tous les siècles.
Kia-King (1796-1833), son successeur, eut k lutter œntre &m cm^urations et des révoltes. Ce prince disait que le peu'dtinlMt que' ses sujets lui avaient montré dans sis dangers 'ra£D^eiit plus que les projets homicides -des assassins , et U pfomit de ae r«idre plus digne de leur flympathie. Les cfties roérîdioiiales tarent alors ravagées par les pirates, qui en rançonnaiekit lesb»hitants et les bâtiments. Des sociétés sècrèles se fomèreot a« dedans pour expulser letf Tartares et recouvrer riAdépendatoee nationale^ En 1916,. le gouvernement en devint plus rigomeux. Toute réunion de dnq personnes fut défendue; on. eut jmouis à des tortures atiroces pour arracher des aveux; et. 10,370 individus, condamnés à la peine capitale, attendaient dans les prisons la vie ou la mort, de la volonté de F empereur. Les lettrés ne cessaient, il est vrai, de rappeler à Tempereur ses devoirs, surtout 4ans les grands désastres , à l'occasion d'une sécheresse qui désola le pays, d'un débordement du fleuve Jaune (1818), qui noya cent mîDe personnes , d'un ouragan qui dévasta Pékin, et poussa la mer sur unègrande étendue des cotes^
Tao-Kuang, son successeur (1821-1850), se montra très-hostile au christianisme, elsonrègne fut agité par plusieurs révolutions. La dynastie tartare, attentive à empêcher l'empire de se dissoudre, devait voiir d'un œil jaloux les compagnies européennes, qui , sous un titre commercial , sont de véritables puissances, ayant des armées , des possessions , des lois et des ambassadeurs. Déjà lorsque, dans le siècle passé, les Népaulais conquirent le Tibet, le dalaî-Iama avait eu recours à Ki^i-long, empereur de la Chine, qui en effet les chassa, et -réunit le Tibet à ses États. Il passa même l'Himalaya , et entra dans le JVépaul. Mais la compagnie anglaise, craignant un soulèvement
dans l'Inde, dirigea son armée contre les Cinnois, et les obli* gea de battre en retraite. La mésintelligence s'augmenta encore (1808) lorsque lord Minto, sous prétexte d'empéclier que la marine française ne s'emparât de Macao, se jeta sur cette place : les Chinois toent forcés de l'évacuer après une lutte. Les Anglais envahirent ensuite lèNépaul (1814-1816), et successivement se substituèrent, dans l'Assam et dans l'Afghanistan, à ces Birmans que la Chine avait voulu conquérir en 1767 ; ils se trouvèrent ainsi limitrophes de la Tartarie chinoise. Vers 1820 ils colonisèrent Singapour, dans le détroit de Malacca; et en la déclarant port franc ils y firent affluer bientôt les navires du monde entier; mais cette ville ^t encore à vingt degrés de là Chine.
Nous avons vu que les nations étrangères ne* peuvent trafi- ■ quer avec la Chine que par mer, à l'exception de la Russie , qui communique avec ce pays par la Tartarie , et entretient-à Pékin un archimandrite et une légation. Canton était ouvert aux Européens, mais avec force restrictions : ils ne pouvaient entrer dans la ville , il leur fallait se servir d'intermédiaires chinois, tenir les gros bâtiments à douze milles, et se soumettre à la surveillance la plus minutieuse.
L'Angleterre s'en plaignit à plusieurs reprises : en 1816, elle envoya Macartney et Amherst, puis Napier en 1834, avec des propositions qui furent repoussées : non pas que les Chinois aient de l'éloignement pour le commerce avec les Européens, ils en sont même les intermédiaires dans toutes ces mers ; on en trouve par milliers dans la Malaisie, surtout à Java, à Singapour , à Calcutta : mais les histoires anciennes et modernes ne leur offrent que trop de motife de se défier des Européens , qui ont massacré tant de fois les Chinois dans les Philippines et dans les Moluques, et qui ne cherchent qu'à s'étendre dès qu'ils y ont un pouce de terre.
Les Américains du nord font un commerce très-actif avec la Chine, sans toutefois soulever de plaintes, parce qu'ils n'ont en vue que l'intérêt privé. Les compagnies commerciales politiques des différents pays de l'Europe inspiraient peu de défiaince, vu leur faiblesse, et leur docilité à se soumettre à toutes les me-
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mm praeritM. Mais il en étail antnnMiit 4a la *ft«Tir^ anglaiie, qui allait grandiiiant loiifloiin.' QiM^ hm Am^ aurait eonqoii la Kaboul et rÀnuDarapomah, îai CUnoia wâr vant daa garniaona dana le Tibrt, eonuna ik aafoyiwl ém ftlneaiii pour défendre la Gocfaiiiehina apièa la cieaqpfltadi Pempire birman. La Ra«e, trèa-attaotiTe à contreeaRW la domination de rAngletene en Aaie etanrtont eaChiM, aoûtait lea craintea et rirritatîon de Fempereur. . La Grande-Bretagne, ^ tire des Indea' oiienlalai éx bi3- KoM etdemi de H?rea aterling ( 103,^0,000 fr.)« aurait bianlik ^niaé le. paya ai elle ae fiulaait payer en argent. Elle pséUte cela en optom , obligeant lea indigènea à aemer, bob dn Ué, maia des pavots, dont elle reçoit la graine en icÂoiir du fioÉoenl qu'elle Coumit. Cet opium est échangé en Chine oontre da thé, que l'Angleterre revend à FEurope moyennant argsot. JH plua, 70 milliona de eoton et d'olijets manuftotméa danaPliila aervent-à payer d'antres produite de la Chine; al il vaata an* eoreSOou 36 millions en espèces. C'est ainsi une f^alna pa^ pétuelle d'échange de blé,'d'opium, de thé , d'argent, dontûn anneau, s'il venait à se briser, causerait de grands dommages.
L'opium fut introduit en Chine d'abord comme simple médicament ; puis l'usage s'en répandit au point qu'il devint un beaoin irrésistible. L'empereur Kia-Ring, en 1799 , en défendit l'in* troduction sous des peines sévères, telles que la strangnktion, l'exil, la prison^ mais, comme il arrive toujours, l'usage s'en augmenta d'autant. L'opium ne sert qu'au vice, c'est-à-dire à enivrer les Chinois : donc l'empereur, qui se proclame le pèse de ses sujets , devait les prémunir contre le danger, et voir de mauvais oeil les Anglais introduire, malgré lui , un poison dans ses États. Les Anglais, au contraire, attachaient une grande importance à continuer ce trafic, attendu que les deux n^onopoies du sel et de l'opium, comme le déclara lord Glenelg à la chambre des communes (juillet 1833], rapportaient déjà plus de go millions.
Bieaque l'Angleterre eût. à ménager un pays où elle faisait un conimerce de 400 millions par an, et qui lui foumissttt ce thé qui est devenu pour elle d'un usage indispensable , elle
foula aux pieds lois et coutumes , et s'adouna à ia contrebande en bravant toutes les autorités. En 1838, elle introduisit en Chine 4,375,000 livres d^opium, d'une valeur de 105 millions ' au moins , payée comptant , comme tout ce qui est de commerce prohibé. L'empereur dut s'indigner de l'audace de ces barbares , qui venaient sans pudeur violer ses lois , ses frontières, et encourager les vices de ses sujets : en conséquence il prohiba le commerce de l'opium , et envoya Lin à Canton en qualité de commissaire, avec de pleins pouvoirs pour faire exécuter ses ordres (décembre 1838).
Les. actes du gouvernement chinois en c«tte occasion montrent autant d'ignorance du caractère des Européens, et de leurs usages, que les Chinois en trouveraient chez nous sur leur compte , s'ils prenaient la peine de lire nos livres. Lin procéda avec vigueur : il ordonna des arrestations; il reprocha aux Européens tout ce qui avait été fait pour eux, et l'ingratitude dont ils l'avaient payé; il menaça de soulever le peuple contre eux, et se fit livrer tout l'opium. Elliot, qui commandait la marine britannique dans ces mers , avait déclaré le commerce de Topium illégal , et annoncé que l'Angleterre ne le protégerait pas. En conséquence, il en fut détruit 20,283 caisses. Mais le gouvernement anglais déclara que l'honneur de la nation était engagé , et , justice ou non , qu'il devait soutenir les négociants. Il désavoua donc Elliot, qui leur avait garanti , au nom du gouvernement britannique , la valeur de l'opium livré à Lin.
De là des collisions : tous les négociants anglais s*embarquèreut dans un monient où il ne se trouvait pas même un vaisseau de guerre pour les protéger. Au commencement de 1840 arriva la flotte anglaise , forte de trois vaisseaux de 74 canons, de deux frégates de 44, de douze corvettes ou bricks, et de quatre bateaux à vapeur. La supériorité de celle marine rendait le succès non douteux. Les bâtiments à vapeur et l'artillerie européenne écrasèrent les lourdes jonques chinoises , et bravèrent de grosses batteries mal servies, ainsi que des murailles de porcelaine. Cependant si les Chinois tombaient par milliers, il en revenait par milliers, et ils résistaient par le nombre. Les négociations et les attaques se succédèrent jusqu'à
Tannée suivante. Pendant ce tempe , les Anglaûi continuèrent la contrebande de Topium , d'autant plus recherché qu'il était prohibé, lis bloquèrent le fleuve de Canton, prirent ille de Gliusan, et pénétrèrent assez près de la capitale. Mais Tastuee diplomatique des mandarins suppléa à leur inexpérience militaire. Les succès furent balancés par dea revers , jusqu'au moment où TAngleterre , voyant son honneur compromis vis-à-vis de barbares dont on se raillait, prit le parti de s'avancer jusqu'au cœur de Tempire.
Henn Pottinger remplaça avec de pleins pouvoirs Elliot» qui fut rappelé (août 184L] ; et il occupa , sans perdre plus de vingt hommes , trois grandes villes de la côte (juillet 1842), ainsi que le canal Impérial , en remontant la rivière Bleue. Les Chinois se défendireiit avec une valeur inattendue; ils étranglèrent dans les villes prises leurs femmes. et leurs enfants, et remplirent les puits de leurs cadavres. Partout où Fautorité cessa de les tenir en bride , ces populations dans Fenfanee se livrèrent à tous les excès. Des provinces qui depuis des siècles jouissaient d'une paix profonde se trouvèrent en proie à tous les maux d'une guerre faite à outrance , et par des ennemis tout à fait inconnus (29 août 1842). L'empire cessa de se croire invincible , et se décida enfin à traiter de la paix. Elle fut conclue aux conditions suivantes : la Chine eut à payer 21 millions de dollars ; elle dut ouvrir à tous les Européens les ports de Canton, d'Amoy, de Fo-tchou-fou , de Ning-pou, de Sing-haï ; céder à l'Angleterre Ttle de Hon-Kong , et donner une amnistie à ses sujets. Quant à Topium , il n'en fut pas dit un mot.
Le commerce ainsi ouvert avec trois cents millions d'habitants, on s'imagina que l'on allait d'un seul coup verser dans le pays l'excédant des manufactures de Bristol et de Liverpool ; mais un peuple dont les habitudes sont si tenaces n'adopte pas , du jour au lendemain, les modes de Londres et de Paris, et il ne change pas ses étoffes de soie pour du coton. Quoi qu'il en soit, cette guerre de l'opium, hideuse dans son principe , a eu pour résultat d'affranchir des défenses qui leur fermaient le Céleste Empire tous les bâtiments des nations européennes. Voilà l'An-
gleterre maltresse d'une île en face de la Chine , comme elle Tétait , il y a cent ans , d'une forteresse sur la lisière de Tlnde. Qui peut prévoiries événements réservés à TOrient?
Dans les quatre premiers mois de 1844, la compagnie a expédié en Chine huit mille cent quatre-vingt-dix caisses d'opium pour une valeur de 26,252,000 francs, produit annuel d'environ 78 millions '. Uempereur a eu recours aux exhortations, aux défenses, aux traités , contre une habitude meurtrière. Pottinger lui conseillait d'autoriser le commerce de l'opium, iet, en le soumettant à un droit raisonnable, de procurer à ses financesd'abondantes ressources. Mais , au lieu d'adopter ce parti lucratif et honteux, l'empereur proposa à la compagnie une indemnité de 37 millions et demi par an, si elle voulait renoncer à cultiver l'opium. C'était une proposition absuirdé; mais de quel côté se trouvaient la noblesse et la moralité * ?
Une connaissance plus exacte du pays et des idées mieux entendues de liberté ont fait voir combien s'abusaient les savants du siècle passé , lorsqu'ils proposaient le gouvernement chinois à l'admiration des hommes. Véritable type du gouvernement de famille, prodigue d'ordres et de promesses , il envahit le sanctuaire domestique, et enchaîne par des prescriptions arbitraires tout développement , toute spontanéité; son premier soin , c'est
' Pendant la guerre de la Chine, on publia à Calcutta le bilan suivant du commerce du Bengale :
IropnrtaUons. Exportations.
Années. Liv. aterl. Llv. sterL
* La France a fait aussi un traité de commerce avec la Chine le 24 octobre 1845.
( Juillet 1847 ) , de nouvelles hostilités furent près d^éclàter entre la Chine et l'Angleterre , qui nourrit évidemment l'intention de s'établir dans ce pays. o
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de répiimar les révoltes, et de eonserver un ordre qui n'est mtiç ehoeè qoerimmobilité. L*éga]itéde ce paysn*eiûte qae devant le bambonf; leremède an paupérisme est Teipeaition dee en&nts, oomme le nombre immense des malheureux réduits à mourir deiiiim. Les peines ontunearaiotère matériel, àee point ^'on peut s'en racheter pour de l'argent ou lesftire snbiràd*autres, même le dernier supplice. Les mandarins sont les agents d'une administration frivole et vexatoire , qui assure l'immôbÂiité an sein d'une barbarie él^nte « issue d'un égo^e peureux. Une eoncurrenee que ne limite aucune eonsidération nsorale , et emeentrée sur certains points « stimule l'activité « et procure aux arts une prospérité apparente* Mais le goût du mesquin s&ériUse l'imagination; un cérémonial inflexible enchat&e toute afSéetiôn franche et cordiale : les traités de moralesont des textes loiiores, rédigés par des lettrés panthâstes, aJbaolus, pédants* qidne s'adressent qu'à la iném<Hre, ne visent qu'à Teffiet et ji l'artan* gsmentdiBS paroles, et ne connaiaBent point le pei^ple, qni^à son tour, ne sait pas les lire; ilsnes'^drenentniàsoaftmo.mlson fmagination. En un mot, la civilisation, l'instruction, le gouvernement , fout est matériel ; tout est dominé par là nécessité terrestre : on ne sent nulle part l'influence d'un principe spiritltaliste , d'une loi religieuse, où le mystère réchauffe l'imagination , jusqu'à ce que la raison s'éveille à son tour. En effet, le culte dé Bouddha, tout grossier qu'il est, a réussi beaucoup mieux que n'avaient fait jamais tous les lettrés ; il a agi sur les individus; mais, dépouillé de ce mysticisme qui faisait sa force sur le Gange , et qui ne saurait être compris sur le fleuve Jaune , où il n'a conservé que les idoles et quelques cérémonies extérieures, le bouddhisme a perdu toute valeur sociale. Aussi ne réussitil qu'à engourdir, en le fatiguant, un peuple qui n'est initié àaucune espérance d'avenir, et qui ne vit que dans la vénération du passé.
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