IIIST. DE CENT ANS. — T. IV
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iU* i!\ace, des omîtes creusées dans la ueigp, tel Maïi Tabri où ils K4» reposaient. Ils attelaient des chiens à leurs tratneam. Les noms de IVmthie et de Félix éterniseront dans ces réjjnoiis le souvenir de Thoinnie généreux ( Félix Bootli ) qui avait fourni les moyens de réaliser cette expédition. Ross pensa alors quil n^existe point de passage au nord-ouest, une langue de terre s'étendant entre le détroit dû Régent et la mer au nord. Elle est étroite et entrecoupée de lacs, ce qui rendrait ftKàle d*y ouvrir un canal : mais à quoi servirait une pareille entreprise, quand les périls de la navigation l'emportent tellement sur les avantages qu'on en pourrait espérer?
I/été suivant fut tellement court, que la f^ietoria put à peîoe avancer de trois milles au milieu des glaces. Alors Ross se mit h la reclierclie du pôle magnétique, c'est-à-dire du lieu où l'aiguille ne dévie aucunement de la ligne perpen^^eulaî«e : il le trouva à 70" 5't7" de latitude et 99* 46'45" de longitude ouest de Paris. T.e btlHinent restant emprisonné dans les glaces^ malgré Tété de 1831, il fallut ^abandonner, pour gagner, sur dM traîneaux tires à bras, Tendroit où ils avaient laissé les embarcations sur lesquelles ils espéraient passer à la baie de Baffin; mais ils furent surpris par un autre hiver encore plus âpre et plus tempétueux que les précédents. Heureusement la pèche amena , Tété suivant, un bâtiment qui les recueillit et les rendit à leur patrie.
Ils y rapportèrent des reconnaissances plus précises des hautes terres Isabelle et Alexandre, et l'opinion qu'il n'était pas possible de passer au nord-ouest par le détroit du Régent, ni au sud , à la latitude de 74®. Ils avaient en outre déterminé la posirion véritable du pôle magnétique , fait des observations thennométriques 1res -importantes , et établi une nouvelle théo* rie des aurores boréales.
Ce George Back , qui avait accompagné Franklin dans son voyage, avait été expédié par terre sur les traces de Ross (1833). Malgré le retour de ce dernier, on rengagea à poursuivre sa route, pour se livrer à des études géographiques qui eurent de bons résultats. On l'envoya ensuite par mer pour tenter de nonve.iu le passajze, mais sans succès (1835) .Pierre William, Dease
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et Tiiomas Simson furent plus heurrax (1837). Envoyés par la compagnie de la baie d'Hudsou sur la rivière de Cuivre, ils remontèrent le fleuve Richardson , découvert en 1838, et reneontfèrent trente Esquimaux, dont ils ne purent tirer aucun renseignement. Poursuivant leur route , ils touchèrent les caps Sarrow, Franklinv Alexandre, arrêtés à cbaque instant par les iKNnbreuses langues de terre qui y forment des baies, et rencontrant partout des Esquimaux, qui, vivent là de rennes et de tfions^ Après avoir doublé aussi le cap Hay , le dernier que Back eût reconnu, ils en touchèrent un autre qu'ils appelèrent Bretagne; et, du côté occidental du fleuve des Poissons, ainsi Bommé par Back, ils s'assurèrent que Boothie était entièrement séparée du continent américain.
De ce voyage, le plus lointain qui ait été fait dans les mers fK>laires, ils rapportèrent donc la certitude que TAmérique est séparée deTancieii continent; mais en. même temps les difficultés de ce passage détruisirent Tiliusion, longtemps caressée par nos pères, de pouvoir ouvrir par là une nouvelle route au commerce vers la mer Pacîflque. Et pourtant les entreprises ne cessèrent point pour cela : Franklin partit pour la troisième fois en 1845, avec les bâtiments l-Érébeet la Terreur^ pour s'assurer 4e nouveau de la réalité de ce passage ; mais ils n'ont point reparu, et plusieurs expéditions, envoyées depuis lors à leur recherche, n'ont rien appris sur leur sort.
On fut plus heureux du c6té des mers du Japon et des îles Kouriles, toujours difficilement explorées, soit par les dangers de la navigation, soit par la jalousie des Japonais. Une fois que hi cdte de la Tartarie eut été bien reconnue par la Pérouse, le capitaine Broughton en compléta l'exploration.
Le commerce des pelleteries appela de nouveau l'attention sur le Japon: les Hollandais seuls avaient pu y conserver quelques relations en s'avilissant eux-mêmes et en dénigrant les autres ; les étrangers en restaient donc exclus f et ce fut avec peine que l'Allemand Kœmpfer et le Suédois Thunberg purent obtenir d'accompagner l'ambassade hollandaise, ce qui nous a valu quelques détails sur ce pays. Il est probable néanmoins qu'il y pénétrait quelques bâtiments russes. Un navire japonais
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8*étant brisé contre une des lies Aléootiennes, l^équtpàge fîit sauvé par les Russes, et retenu dix ans en Sibérie (179S). Au bout de ce temps, Catherine II les renvoya avecunnégoeiateoret des présents, non pas en ^n nom, pour ne pas paraître se rendre tributaire de Tempire, mais au nom du gouverneur de la Sibérie. Il fut reçu avec des égards ; mais il ne put rien obtenir de plus pour le commerce que rentrée du port de Nangasaki, le seul accessible aux étrangers. Ce ne fut que dix ans après ( 1803) que Résauof fut envoyé au Japon en qualité d'ambassadeur, avec deux bâtiments, par le cap de Bonne-£spéranee répétait la première fois que le pavillon moscovite se montrait dans rhémisphère austral. Mais lorsque les Russes touchèrent à Nangasaki, on ne voulut pas les recevoir à terre, et il neleurtîit permis de communiquer ni avec les indigènes ni avec les' Hollandais. L'empereur, au lieu de les admettre dans sa capitale, envoya un plénipotentiaire, devant qui l'ambassadeur russe ÙA obligé de quitter son épée et sa chaussure, et se tenir accroupi les pieds sous lui, pour s'entendre refuser et ses dons et Ten^ de l'empire.
Krusenstern, habile marin qui commandait cette expédition, objet de grandes espérances, tourna ses voiles vers le Kamtchatka. Après avoir exploré les côtes de l'île Sakhalien et de la Tartarie, il rapporta d'utiles renseignements. Plus tard, le capitaine Golownin fut expédié par le gouvernement pour explorer les mêmes côtes et les îles Kouriles ( 1811 ) ; mais il fut arrêté par les* Japonais , et retenu prisonnier avec son équipage. Us réussirent à s'enfuir ; puis s'étant laissés reprendre , ils furent enfermés dans des cages, et n'obtinrent leur liberté que deux ans après, par échange. Leur délivrance fut fêtée par les Japonais, qu^ils trouvèrent extrêmement humains et polis, aimant la lecture, l'instruction et les commodités de la vie ; mais ils ne purent se procurer de connaissances sur le pays.
On continuait avec non moins d'ardeur les explorations des terres antarctiques, surtout après la paix de 1815, qui permit de poursuivre les recherches avec plus de sécurité. Le capitaine Philip Parker-King étudia les côtes de l'hémisphère austral entre les tropiques; Bothwell trouva, en 1820, le Sud-Orknej's;
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Palmer et autres chasseurs de phoques virent de loin les terres qui reçurent le nom de Palmer et de la Trinité. Bougainville, le fils du célèbre navigateur, et du Camper parcoururent en 1823 l*Océanie. Le capitaine Bellingshausen, en poussant jusqu'au 70^ 30' de latitude sud, découvrit en 1819, avec des vaisseaux rus- Sfes, plusieurs lies nouvelles, entre autres Tîle de Pierre V^^ la plus méridionale que Ton connaisse ; et auprès, celle d'Alexandre r^. L'Anglais Weddell pénétra, en 1824, de 3° ^' dans iecercje antarctique , c'est-à-dire de deux cent quatorze milles plus avant qu'aucun autre voyageur; il trouva dégelée la mer à -laquelle il donna le nom de George IV, et constata que la boussole y faiblissait, comme au pôle arctique.
Mais n'y a-t-il véritablement que des glaces sous le pôle? ou y existe-t-il un continent?
Quelques navigateurs avaient remarqué , en s'approchant au sud, des indices de terres. Le capitaine Biscoe en aperçut une en 1830, sans pouvoir l'atteindre à cause des vents contraires. L'Américain Morrell en 1830, et Kaempfer en 1833, confirmèrent le &it, et pensèrent qu'en franchissant la première barrière déglaces, on pourrait arriver aux terres antarctiques. Cette découverte fit naître une nouvelle ardeur; et la France expédia le capitaine Dumont-d'Urville, l'Angleterre le capitaine Aoss, et les États-Unis Wilkes , pour tenter d'y parvenir.
Dumont-d'Urville explora avec FMtrolabe (1826-1828) quatre cents lieues de côtes de la Nouvelle-Zélande, et une infinité d'autres lies ; il en rapporta de nombreux renseignements. 11 y fut envoyé de nouveau en 1837, pour vérifier les découvertes de Weddell, et s'assurer si, en dedans d^une ceinture de glaces formée le long des îles entre le S0° et le 70'' de latitude , il existait une mer libre, dans laquelle une baleinière anglaise eût pu gagner jusqu'au 70'' 15'. Repoussé d'abord parles glaces, il atteignit en 1840 la plus haute latitude australe où l'on fût encore parvenu. Cerné par les glaces, il réussit toutefois à déterminer la position de quelques îles qu'on n'avait vues jusque-là que de très-lom; et il aperçut la terre à laquelle il donna le nom d'Adélie , au 66*" 30 de latitude sud, et au 158'* 21' de longitude orientale. Elle fut vue aussi , le même jour , par l'Américain Peaeock , qui
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la côtoya. D'Urville, à qui les A nglais^ contestent tout mérite^ allait entreprendre une nouvelle campagne et reeueilltr de nouvelles informations ; mais celui qui était revenu sain et sauf de voyages si périlleux périt, brûlé mîsérablenient, sur te chemin de fer de Versailles h Paris.
Cependant un navire baleinier, expédié en 1889 ^us le oonbmandementdu capitaine Bal]eny,vintapporter de nouveaux fait» à Tappui de la dminée en question , bien qu*il eût été arrêté aussi par les glaces, après avoir poussé jusqu'au 69®. Wilkes affirma s*étre approché à la distance de quelques milles, sous le 67° 4- de latitude sud et le 140^ 30' de longitude orientale de la terre qu'il appela Continent Antarctique ; mais il ne recueillit que des pierres , seul tribut qu*il pût arracher à cette nature glacée. '
Le 29 septembre 1839, le capitaine Ross partit pour un nouveau voyage au pôle austral avec FÈrèbe et la Terreur , en» faisant route par Sainte-Hélène, afin de déterminer le minîhnuni^ d'intensité magnétique sur le globe. Il aborda (janviet 1840) h la terre la plus méridionale qu'on eût encore touchée , à 70* 47' de latitude sud, et 174" 16', de longitude est, de Greenwich; puis s'avança jusqu'au 78^ de latitude et 187 de longitude. Desglaces de cent cinquante pieds de hauteur, sur une étendue de trois cents milles , l'obligèrent à s'arrêter pour se remettre eu marche l'année suivante, après avoir navigué longtemps où Wilkes et les cartes américaines avaient placé la terre ferme. Le 22 février 1841, il se trouvait à cent milles du pôle magnétique. Il crut pouvoir affirmer que s'il existe au nord deux pôles magnétiques verticaux , il n'y en a qu'un seul dans riiémisphère austral. L'Angleterre vit ainsi flotter son pavillon tout près du pôle ; et le nom de sa jeune reine sera éternisé par la terre Victoria, à l'extrémité de laquelle s'élève le volcan Érèbe, comme un phare naturel pour les futurs navigateurs.
Les Anglais sont toujours ceux qui profitent le plus des découvertes et des colonies nouvelles. Une partie des conquêtesqu'ils avaient faites pendant les guerres de la Révolution furent restituées, il est vrai, en 1815; mais ils conservèrent la péninsu\e (le Malaca et Vîlc de Suigapour, qui , plai'ée à rextrémilc