MEDECINE
gine des maux les plus cachés ; et, malgré la prolixité de ses histoires, personne n'avait encore aussi bien associé que lui Tanatomie à la pathologie >.
L'anatomie ne fil pas de médiocres progrès. Le Hollandais Camper, qui périt dans la révolution de 1787, démontra l'existence de Tair dans les cavités du squelette des diseaux; il signala aussi les variétés naturelles de Tespèee humaine, et les caractères tirés de la conformation des os de la tête et de Tangle facial, d'après lesquels Blumenbach classa ensuite les races humaines. Tylor fit de belles observations sur la structure de Tœil et sur la cataracte ; l'Écossais Hunter, sur Tutérus dans l'état de grossesse. Blanchi, de Turin, opposé à Haller, étudia le foie^ et engagea à ce sujet une controverse avec Mascagni. Malacarne, de Saluées, porta son attention sur le cervelet humain, et reconnut l'un des premiers l'importance de l'anatomie comparée, science à laquelle s'appliqua aussi Rezia, professeur à Pavie. Une école pratique de chirurgie fut instituée dans cette ville par Antoine Scarpa (1767-1882), du Frioul. Il se lia à Paris avec frère Côme, le célèbre lithotome ; à Londres avec les deux Hunter, avec Pott; et il observa les injections opérées alors dans cette capitale sur les sujets lymphatiques. Félix Fontana, qui étudia le venin de la vipère, suggéra au grand-duc Léopold l'idée du musée physique de Florence ; et il fut appelé en Autriche pour établir celui de Vienne , dont on admire encore les préparations en cire.
Beaucoup de médecins, à la fin du dix-huitième siècle, pour; suivaient les investigations physiologiques de Haller. Les travaux de Sœmmeringet de Monro sur le cerveau et la moelle épinière, de Vicq-d'Azyr et de Scarpa sur l'ouïe et l'odorat , sont classiques en ce genre. Duverney, Rezia ,'Gruikshank et Mascagni s'occupèrent du système des vaisseaux lymphatiques , découvert par Aselli; Rudbeck et Bartolino prouvèrent qu'ils existent dans tout le corps, qu'ils absorbent le chyle et la lymphe. Ou
* Le sénat de Venise porta sa pension jusqu'à 2,200 sequins. On trouve dans le cours de ce siècle d'autres exemples dé rémunérations généreuses , surtout de la part de la république vénitienne.
publia, aprèi la mort de m dernier, mmAn^êêMê è Pwai^de «^ eeiu qui étudient la sculpture et la peintnre, ataaf-^qwr la Pro-
^ ' drome de la Grande AnaUmie, où il lapiéa—ta >néiu <«Maifde,
et de grandeur naturelle, toutes les partlêf 4o>coffpfe. l/«oipositibn euocinete de Tanatomie de Langenbeek mit «Me adenoe i ia portée de tout le inonde; les- planches de flcBiaicfipg , de Rosenmûller, de Maseagni* offirfaentlom TeiiieinMa de laik animale ; les travaux de Blumenbaeh , de Govier,' de Geofliny SainMlilaire, établirent le principe rationnel sur leqwl aelbB- ' dent les rapports des animaux entre eux. ^ BenéNos enanm diimiquement les parties eonstitutÎTesdHBang, et INelttt démontra que le sang se colore par le contact ai^NM Tair .uespiré; Bréra, Duméril, Alibert, étudièrent la médMm tatrolepliqiw, fondée sur la faculté absorbante de la peau; et-Richernndii" gnala Faction des vaisseaux artér^ls et veiaeox sur iea nov* vements du cerveau. Les Exer^taikmeê^tkoêogieis^ék Paletta sont riches de faits et de vues nouveHea. Vtmomêl^ Gharitf Bell fit des découvertes remarquables sur les isnetions du qvtème nerveux. Ainsi, on vit se développer d'abord la physiolégie générale avec Haller; puis Tanatomie descriptive, ranatomie pathologique; ensuite Tanatomie comparée , après laquelle vinrent, comme conséquence , la paléontologie et t*organographie.
Jusqu'au siècle dernier on n'avait obéervé les phénomènes que dans leur généralité, sans descendre aux détails; et, M ^chant point fouiller profondément le tissu organique de 4*homnie, on se contentait d*observer en lui la manifestation f itale. Le regard pénètre plus avant, et même dans oe si^ûne magistère' on prétend trouver une unité d'action qui tient de la mécanique. Les Annales de la médecine de F.-J.-G. Sebetllng, et le Traitéde la vie de J.-F. Schelling, méritent de figurer eu première ligne dans la philosophie naturelle. Oken fonda un système panthéiste, en faisant du monde une sorte d'animsl; mais ni la chimie ni l'anatomie ne sauraient donner l'homme : . il y faut la pensée et la réflexion. Bicliat ( 1771-1808) dlstialB;ue la vie animale et la vie végétative ou organique, et prétend établir la phys\o\o^\e ^wt X^Wsé^rie des propriétés vitales; il
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voit entre les phénonièDes vitaux et les phénomènes physiochimiques, non-seulement des dissemblances , mais encore de Topposition. On lui doit les plus admirables obsijervations sur les agonisants, dans lesquelles il décrit la manière dont cessent les fonctions des deux vies. Dans Tanatomie générale, il peignit à grands traits les caractères des êtres organiques ; et lorsqu'il a établi les caractères anatomiques d'un tissu , il le suit dans toutes ses transformations, tant que les procédés d'une investigation sévère peuvent lui suffire. En s'appliquant h observer les lois normales, il les voit se produire même irrégulièrement ; d'où il résulte que les propriétés , et en conséquence les fonctions, en restent modifiées ; de là les maladies. Celles-ci sont donc attachées aux transformations de l'organisme ; et , considérées en elles-mêmes ou par rapport aux modifications xies fonctions , elles produisent Tanatomie pathologique , science préparée par Linné et par Morgagni, et élevjée par Bayle, Corvjsart, Mackel, Otto, Cruveilher, Serres, Abercnunbie, Andral, Louis, et Isidore Geoffroy Saint- Hilaire,
Dupuytren (1775-1835), qui écrivit peu, pratiqua beaucoup c^mme chirurgien en chef de l'Hôtel -Dieu, eton lui est redevable d'un grand nombre de méthodes nouvelles d'opérations. Il a légué, en mourant, 200,000 francs à la faculté de Paris , pour la fondation d'une chaire d'anatomie pathologique. Boyer (1757- 1 833 ) publia, sur les leçons de Desault , son maître , un traité complet de chirurgie. Moins orné que Bichat, il résuma et con> pléta les travaux de l'Académie royale de chirurgie : ce ne fut pas un inventeur, mais un grand anatomiste et un sage opérateur. Le traitement des blessures et le régime des hôpitaux s'améliorèrent pendant les guerres de la république, et le nom de Larrey sera béni partout où l'ambition et la nécessité de se défendre mettront des armées aux prises.
Le système des humoristes allait toujours déclinant , depuis que les découvertes anatomiques et physiologiques avaient paru faire résider l'action vitale dans les parties solides, et en faire dépendre la circulation du sang ainsi que la sécrétion des humeurs. Ce système donna naissance à -la doctrine du docteur i^rown , d'Edimbourg, que Christophe Girtanner répanditsur le
continent, en le faisant passer pour son oimi|pÉw La'aaBlé,sAn Brown« consiste dans une qiiaiititértglëe4eforn¥ilÉle;tet rexcès on le défaut produisent les itaaladfes. GéUeiHei «oat ^ftne de deux espèces seulement : les maiadiee 'gikédqmë < ptaàaàn pn un excès de force ?itale), et. les maladiiBS «uCMpi^wf (produites par le dé&ut contraire ) ; Foplum est ffeniA pour tts dernières conune un remède souversku. Conidériiit la plupsn des maladies comme générales, et provenant da reouièa M de l'insuflisance du prindpe Tital ou d'irritabilité , œ prAtisiBi bornait le traitement à observer JnsquTan point éà le miliài pofivait supputer le remède opposé. Rasori (1706-1M7) coanul I Florence te doctrine de Brown dix ans après an pcdMIcatîM ( 1 788 ), tant les communications étaient lentes à eelta dpo^w; et il commença sa réputation en traduisant cet oovm9»-(l7i8X pub en prenant sa défense contre cenx-quirattaqaaieat^ Yi Berlii^ieri le réfota par des ngnoMUts de ban aena;' Rasorf opposa te déclamation et remportement à ton qui prédisaient te chute de cette doctrine, il te ttiodUla pourtant lui-même par sa théorie du contre-stimuiant , d*aprèt te» quelle l'excitabilité et TactioD des puissances extérieures seraient le principe niéme de la vie; à tel point que le sentiment, la contraction musculaire, les phénomènes de l'esprit et de te pas* sion, ne seraient plus que des modes d'excitation. Les r^nèdes, selon Rasori, se distinguent en stimulants et en oontre-stimutents, et, comme tels, ils s'appliquent aux maladies qui, à l'exception dé celles qui naissent d'irritations, proYiepnent tou» tes d'un excès ou d'un défaut de stimulant. La couenne du sang est produite par la phlogose et constituée par la fibrine. Or, la phlogose résulte d'un développement des vaisseaux veinem qui sont engorgés , et elle ne détruit ni n'engendre de parties organiques. La théorie du contre-stimulant fut modifiée par Tomasini ( 1769-1846 ), qui voulut l'intituler Nouvelle Docmm médicale italienne
Déjà Rasori, Tomasini etPinel avaientsapé la doctrine de Brown, et substitué le solidisme local au solidisme général i de manière qu'on étudiait Taction vitale de chaque organe tout en rechercVisiulVe^Vé^e. v^articulier des maladies. Broussais
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part de Tirritabilité de Haller, et c'est sur elle qu'il fonde la physiologie, la pathologie, la thérapeutique, et jusqu'à la phi^ losophie médicale : cette unité de principe flatta les esprits par une apparence scientifique. Une force vitale préside à la formation primitive des tissus et à leur conservation, qui s'opère au moyen de l'irritabilité , mise en jeu par les agents extérieurs, et consistant en un mouvement de contraction qui appelle les liquides organiques sur le point excité. Si ce stimulant jest excessif ou- insuffisant, les fonctions des organes sont troublées , et la maladie en résulte : la maladie est donc ou l'effet de l'irritation et inflammation, ou d'un défaut contraire. Elle commence par un organe, et peut s'étendre à tous, et entraîner la mort ; or, le plus exposé de tous est le viscère digestif, siège des principales irritations. Le traitement consiste à accroître et bien plus souvent à diminuer l'irritabilité, à l'aide de stimulants ou de débilitants. Il fallait, diXrW^ partir (ff un point quelconque pour étudier les maladies internes ; et f ai pris pion point de départ dans la chirurgie, V inflammation doit être à ^intérieur du corps ce qu'elle est à V extérieur. De là ses théories de la localisation primitive de toutes les maladies , de leur caractère sthénique presque général, de l'inflammation des organes digestifs substituée à tant dé maladies diverses, enfin de l'emploi du traitement semblable à celui qu'on dirige contre les inflammations externes : savoir, les saignées , les sangsues , les boissons gommeuses. Il triompha ; mais bientôt sa théorie fut examinée , et comparée avec les résultats obtenus. Or, si on lui reconnut le mérite d'avoir étudié les inflammations, et d'y avoir fait admettre aussi comme telles les maladies chroniques, d'avoir rendu le diagnostic plus sûr en le localisant, et mieux observé l'appareil digestif, on lui reprocha de n'avoir établi qu'un seul genre de maladies, une seule opération organique , un seul traitement. \ Broussais étendit son système aux faits intellectuels en traitant de la folie, et combattit l'ontologie pour faire revivre l'expérience matérielle : il fit de la sensibilité un produit nerveux, de la passion un acte des viscères-, de l'intelligence une sécrétion cérébrale , du moi une propriété générale de la nature vivante, de la liberté des déterminations humatn.es une
mi MEllKCinf..
(Iiiiucrf , a'y loyant rien que l* réiailial fdtal d'unrewiiM <li)iniuattle.
IM Buaianiistc»|KitlialogwlM M l'école iJe Broussauèi» trnt rulieremeol leurs rectierches sur la matière nr^ni4*'& («ndant relW école «t bientôt s'élever contre elle l'w* "» lisie. qui vicDt de se tvtremper dans l'étude de l'embrynt»
Ij loealisjl ion de» maladies eut alors pour elle la \o (1rs farull^a du cerveau. Gall (1758-1838), fondateur de ta m niulogU^ soutient ()ue les facultëe et les disposilion«derimr soDt innées eo lui, et que leur manifesta lion dépend ilel'*»! iiisatiou spéciale de l'encéphale. A ua cerveau Kénêral. d ligcuce générale unique , il en substitue une foule d'iuditidué I et autant d'orguues qu'il y a de facultés : celles-ci , ru vsir-' loppant, upèrenl sur les portions de l'encépltale qui leu> r» reitpoiitient , et produisent certaines protubérances ou dtwl sites du erilne auxquelles leur énergie est proporlioniK*: * I manière que uos Cieultés fondamentales peuvent être Urk I ment reconnues. Le nftDtbre , seJon lui, s'en élève à lia^*^ I diaeune -ayant la faculté de percevoir, de se souveotr . dejii^. I irimnginer, eti-,; mais ellrs n'agiésput (jue c Ir» r^iL'ulles générales de b pereeptioi) et de la t rlierclia à se disculper de l'accusation de malérialis: lalisme, et à tirer de son système une idée de la perfeclibiB' 1 luimaine, ainsi f]u'nne tolérance illimitée pour toutes les <^ I niiins, comme étant le résultat de l'organisme.
t'ersonne ne refusera à l'école plirénologique le mérite d'unt 1 ol-rervation sagaeedu système nen'eux. George Combe, il'l dimboura, lit faire des progrès à la doctrioe de Ciall . en si- UTiulant il la surface du crilne le siège positif de chaque culte, et en inventant le craniomètre. Quelques-uns ont voul" appliquer celte science naissante a l'éducation des enfants et I) recoimaissance des criminels. Ils disent, pour échapper à conséquence de la doctrine de« f;iinlistes, que les prédisposiliov naturelles et innées peuvent se vaincre à l'aide de la volonté, cl en s'efibrçant d'en faire prévaloir il'autres.
I-'lioniceopatliie, flndropatliie. cl d'autres systèmes encore, sont portés au\ nues par qneli|iie:i-nns . tandis que d'autres
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' Ksur nient jusqu'à la qualification de scientifiques. Or , s'il fut imais permis de révoquer en doute Tautorité de l'expérience , Eâ*est à regard de ces doctrines, dont les partisans et les dén^cteuFS se sont appuyés sur les mêmes faits. Les esprits sages ^es recueillent , et attendent leur explication du temps. rjg Le magnétisme animal, que les adeptes de Mesmer laissèrent ^^niber dans le ridicule , se releva en 1813 avec Thistoire de Degr'euze, ouvrage écrit avec mesure et avec esprit. On afïirme qu'un ^omme peut opérer matériellement de loin sur d'autres indivi- idus, par le seul intermédiaire d'un fluide différent des impondérables connus. Ce n'est donc pas In théorie physique de Mes- ^mer, mais une théorie physiologique, puisqu'elle n'a beâoin ^que de l'action libre de la volonté , et de ce qu'on appelle des ^passes; ce qui ne produit pas de convulsions, mais un changement de circulation , le somnambulisme , la lucidité de l'intelligence. Le magnétisé devient insensible aux impressions ex- ' térieures , à moins qu'elles ne soient produites par la personne avec laquelle il est mis en communication ; il obéit au magnétiseur : doué d'une seconde vue , il perçoit l'intérieur de sou propre corps et de celui d'autrui , la nature dçs maladies et les remèdes qui leur conviennent; puis, une fois réveillé, il ne se souvient de rien. On cite à l'appui les somnambules , les acataleptiques, les loghiSy les trembleurs, les devins; et comme on trouve à toutes les époques de la société des miracles , des visions, des prophéties, qu'on ne saurait nier sans abolir toute certitude humaine, on espère les expliquer physiquement par fe magnétisme.
Nous ne sommes que trop habitués à la guerre que la science officielle livre à celle qui apparaît nouvelle et excentrique, à «l'esprit défiant et serviïe des savants de profession. Ceux qui admettent uniquement ce qu'ils comprennent, et rejettent ce qui ne peut ni se manier ni se tailler , trouvant les théories physiologiques impuissantes à embrasser et à expliquer les faits magnétiques , les nient résolument ; mais cette sdenoe , qui peut-être est destinée à jeter une grande lumière sur l'action nerveuse, est*plu8 compromise par les exagérations de ses partisans que par ses ennemis eux-mêmes.
' Qaelle que soit la valeur des doetrfaMa,. la plnpati eniflrt toiyoura que la médecine doit ptocéder de ptéiteMM» par km voles expÂrimeotales. On a va enltilia flsfffmrini ItîhMr à l'ootolo^^e les erreurs de eette sekaieei GlaeomimaQaitattn la doctrine diétésique, et Pueinotti pMMr.la médaeine-bip-^ poeratique, qui se ecmfleàla natnévOoauiiala^aBkar te médecins.
li'étode de la hature, en Cûsant des progrès, a flBia4a aoaveaux médicamenu à la dispositloii.de rart dihgBéiir,etls mécanique en a perfectionné les iiMlruuieuti,. Lea «Ofàis #»* naljTse multipliés sont venus ^oflMr à ranaUmM^* qai a -m grandement à profiter des sections el des injeetfona das fladavm, des expériences sur la nature vivante, de Tniage dd-mierteepi et des anal3rses chimiques.- La stétfaooeopw aida à anivsa li «érie des maladies des organes de la dreidalioD et dalanafl* ration; des vies entières ont été consumâes labqriauaeassBft i étudier une seule maladiCi Le système nerveuzf' a été avec l'importance qu*il mérite ,01 ron a reebirelié. par la loi de réflexion , des maladies locales deviemient générales. L'action des agents pondàtibles ou impondérables^ mesurée et dirigée à Taide dMngéoieax appareils, a donné naîaBanee à la nouvelle chimie organique et animale; et Ton espère que cette science répandra la lumière sur les affections psychiques, point de contact de la médecine avec les sciences morales.
Déjà le système brownien avait simplifié les méthodes cur^ tives; et cette simplification a été poussée encore plus loin par rhydrothérapie, Thomœopathie et la doctrine de firouasais; et non-seulement la polypharmacie, se trouve aujourd'hui condamnée, mais la chimie a rendu les médicaments supportables^ plus efficaces; en outre, la série des remèdes héroïques s'eâ, étendue. A peine Sertuemer eut-il découvert la morphine, Toa des principes essentielsderopium, que Pelletier et Caventoulroa* vent une quantité d'alcalis végétaux, au nombre desquels la qui* nine tient le premier rang : c'est une véritable quinteasenee des substances vitales, et la réalisation scientifique du aonge de Paracelse. Les miasmes délétères sont décomposés par las cbkH rures alcalins \ \e& méihndea désinfectantes sont non-seuleoitBt
appliquées aux hôpitaux , d'où disparaissent les fièvres nosoeo> miales, mais on voudrait en tirer parti pour abréger les quarantaines , si nuisibles à la rapidité du commerce. De même que la chimie, la chirurgieupient en aide à la médecine interne, en coordonnant ses opérations avec la physiologie et Tanatomie pathologique. La section des nerfs et des tendons , les ligatures des artères, Tart de pénétrer profondément dans les chairs pour en extraire des os cariés, en extirper des tumeurs ou en dégager des liquides, la cure radicale des hernies, Textraction ou le broiement de la pierre, Tobstétrique régularisée, Part de l'oculiste perfectionné , sont autant de services rendus par la chirurgie. Enfin, elle est parvenue à diminuer ou à supprimer les douleurs par rinhalation de Téther ou du chloroforme. On s'est occupé de la santé des équipages maritimes et de celle des armées ; on a remédié au péril des sépultures précipitées ; bien des maux ont été prévenus par la police médicale ; des mesures ont été prises pour assainir les logements des classes pauvres. L'art vétérinaire s'exerce avec zèle sur les animaux qui partagent et allègent les travaux de Fhomme. On a donné une attention scrupuleuse aux maladies des enfants; une multitude de faits ont été recueillis , faits qui éclairent une pratique sage , s'ils ne fondent pas encore de nouvelles doctrines.
L'un des caractères les plus saillants de la science contemporaine , c'est son application aux besoins et aux jouissances de la vie. La chjmie, à son enfance, s'était appliquée «^ faire de Tor, et à découvrir le secret de prolonger la vie;'C'est encore le but qu'elle se propose aujourd'hui par les applications usuelles. Jusqu'à Lavoisier, elle avait cherclié des notions dans les procédés empiriques des arts techniques ; à partir de la fin du dixhuitième siècle, elle ouvrit des routes inconnues aux vieilles industries, et en créa de nouvelles. L'extension des manufactures
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de produits chimiques montra qu'elles ii6Mihr«itii| |^l«s. «ûr quem wt à ;la médeciae. Pendant les gmmi delà Mtohrtleli). la potasse étant devenue rare, ony substitua bi mnàfi^mVttil»' du sd maon. Lorsque le blocus emi^âeba. la wmt9i A*ntiiMt OD y suppléa par la betterave. . . ■/. ;..-\
Chaptil (1766-183S) rendit populaira cfUtêmma&^wtàég^ naguère dans 1^ pharmacies. 11 établit des âdniqiiBaytoIradil*. sitdes manuâM^es, encore ignorées* d*aeide avlfiiriqa^i A*alutif de nitre, et de soude artificielle ; il enseigna à HeM^mt IV cétate de cuivre, à teindre lefcotODSfi eaH^ywicn tels de fer. Appelé en tain par le roiil*£spagneetpar WMuBgloBiil nie vpulut pas abandonner sa patrie, etil lui vint en iddfl.4aas tel besoins de la Révolution. Sous le piredrâe, il rédàgbàém lè* glements pour lea ^briques, fit établir une ebansbna dft.^on^ merce, des conseils d'arts et mandÛMrturea» etc. Jl At twîr des ouvriers anglais avec leurs machines, encoon^^ l«e '^f^hryr par des concours, créa au Conawvatoire des «la t méitera^— a école spéciale de chimie appliquée anz ails ; il a'oooopadarlbBderies, des mines, des salines, des tourbières, de la droulatiott des grains, des méthodes pour la culture de la vigne, pour la fabrication du vin , pour l*élève des mérmos ; il introdoisit dans ses propriétés les procédés nouveaux de la science, et ne diasiAHH lait ni ses gros bénéGces , ni les moyens à Taide desquels il les obtenait '.
Berzelius exposa , dans VÂrt de teindre, des vues et des applications nouvelles. Il étudia les phénomènes de la manipulation du sel de nitre, trouva le chlorate de potasse, et tenta de le substituer au nitre dans la fabrication de la poudre ; mais ce chlorate, trop explosif, ne s'emploie plus que pour la préparation des allumettes chimiques. Le Blanc et Dizé trouvèrent le moyen de fabriquer la sonde, qui remplaça la potaase d*A« mérique, ce qui délivra les verreries, les' blanchisseries, les pa-
' Ayant donné sa démission lors du conronnenieat de^^^Napoiéoa, Clufptal revint aux affaires en 1813, aus jonra dés revers; et en tSte il Bignala à Napoléon la nécessité de donner dés .institutions, g^|i d'une mutuelle coafiaitce. ,
peteries , les savonneries, du danger de rester en~ chômage par l'interruption des communications. Dartigues parvint à extraire le soufre des pyrites ; d'autres chimistes perfectionnèrent la fabrication de Tacide sulfurique et de l'alun. La science trouva encore le secret de préparer des fumiers qui convertirent en richesses les débris organiques ; elle multiplia les moyens les plus commodes et les moins dispendieux d*allumer le feu ; elle perfectionna la poudre et les procédés pour faire partir les armes à feu.
A peine Chevreul eut-il fait connaître la véritable nature des corps gras, que les bougies stéariques remplacèrent celles de cire, beaucoup plus coûteuses. Les lampes d'Argand furent perfectionnées en 1801 par Carcel et Carreau, qui firent monter rhuile de manière qu'elle arrivât froide à la mèche, et l'imbibât continuellement; depuis lors, on y apporté de nouveaux perfectionnements. Dans le Ihermolampe, imaginé en 1800 par le Français Lebou, le gaz hydrogène carboné, produit par la distillation du bois, servait déjà comme moyen d'éclairage ; mais il ne devint d'un usage général qu à dater de 1806, époque où il fut employé dans les fonderies de Watt et Bulton. D'autres perfectionnèrent cette invention, qui se répandit bientôt , à tel point qu'elle fournit aujourd'hui l'éclairage à des villes entières.
La physique a trouvé aussi des applications utiles : les presses hydrauliques de Bramah tassent sur les bâtiments les fourrages militaires , les étoffes de laine et de coton ; d'autres foulent la tourbe pour en faciliter la combustion. On doit à Philippe de Girard la filature mécanique du lin à Leistenschneider, la machine pour fabriquer le papier. Les perfectionnements apportés aux moulins, aux charrues, au fléau abattre le grain, égalèrent, en Angleterre surtout, l'invention du tissage mécanique. Les théories deFourier ont été appliquéesà améliorer les voiesdc communication; celles deRumford, à l'alimentation des classes pauvres; les progrès de l'astronomie, à faciliter la détermination des longitudes ; ceux de la mécanique, à perfectionner les vaisseaux.
Les lois de là catoptrique ont été appliquées aux phares. D'abord la lumière y fut concentrée au moyen de miroirs ^tafe<v-
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liques en métal ; mais il en résultait qu'on ne la voyait que dans les directions des rayons parallèles aux aies de lames paraboliques , et de grands espaces en restaient privés. Bordier corrigea ce défaut au Havre en 1807, en faisant tourner l'appareil ; et IVclipse qui en résulte sert en outre à faire distinguer eette lumière de toute autre. Mais comme cette espèce de miroir peni facilement son poli, on songea à y substituer la réfraction, à Taide de laquelle la lumière se dirige à volonté. C'est à quoi réussit Fresnel en se servant des lampes Garcel améliorées, et de lentilles décroissantes entourant comme d'anneaux la Oamme, qui, en se réfractant, se trouve dirigée le plus convenablement
Davy appliqua Time des particularités du phénomène de la combustion à la lanterne des mineurs, en l'entourant d'une toile métallique, pour les garantir des explosions produites par le contact de la flamme avec les gaz inflammables. 11 chereha aussi à préserver de Toxydation le revêtement en cuivre des navires, en ôtant à ce métal, au moyen de clous, la tension électrique produite par le contact avec l'eau de la mer. Mais Félectricité négative y fait déposer une croûte de carbonate calcaire, sur lequel s'attachent des zoophytes et des mollusques, au point de rendre cette doublure inutile. La galvanoplastique est venue offrir de nouveaux procédés de dorure, surtout depuis le perfectionnement apporté à cette découverte par Ruolz et Elkington. On s'en est servi pour frapper des médailles ; et dans les établissements de Saint-Pétersbourg on a vu fondre, par ce procédé , des statues n'ayant pas moins de trente pieds.
L'électricité a été appliquée aussi à la médecine ; elle l'est aujourd'hui à la métallurgie. Wheatstone l'a employée, à l'aide de mécanismes très-ingénieux, à transmettre des signaux à une grande distance, avec la rapidité de la pensée. Un télégraphe électrique vient de s'établir à travers la Manche , et Ton ne désespère pas d'en voir un prochainement entre Londres et New-York. L'électro-magnétisme met le feu à une mine, même sous l'eau, et peut-être le verrons-nous éclairer nos villes. Bunsen, dans ses recherches sur la lumière hydro- électrique , a démontré qu'avec 300 grammes de zinc , 4G6 d'acide sulfurique et 608 d'acide azo\\qu%^ ou \^toduit pendant une heure, pour un
prix minime , une lumière égale à 572 bougies de stéarine.
Toutes les barrières parurent s'abaisser devant Taudace humaine, quand les frères MontgoIGer traversèrent Fespacedans ces Lalions, où ils raréfiaient Tair à Taided'un brasier attaché au-dessous. Le physicien Charles et le mécanicien Bobert y adaptèrent un gaz plus léger, Thydrogène, et substituèrent le taffetas à la toile : lors de leur ascension au Champ-de-Mars, les canons annoncèrent à la capitale de la France que la science venait de prendre possession des champs de Tair. En 1 785 , PUâtre et Romain cherchèrent à combiner les deux systèmes de la fumée et de rhydrogène ; mais ce dernier prit feu , et ils furent précipités du haut de l*atmospbère. Arnold et son fils firent une ascension à Londres; mais la machine s'inclina, et le père fut lancé dans Tespace ; le filsse retint aux cordes jusqu'à ce qu'elle se fût redressée : elle se releva enfin ; mais le feu y prit , et il tomba dans la Tamise, dont il gagna le bord à la nage. Ces expériences malheureuses firent considérer alors cette découverte comme un jeu périlleux ; mais si quelque sceptique demandait, A quoi est-ce bon ? Franklin répondait : A qvoi est bon P enfant qui vient de naître f Et aujourd'hui même, malgré la -fin déplo* rable de Blanchard, Zembeccari, Garnerin, Gale, et de tous les hardis aéronautes, nous voyons les savants, les mécaniciens poursuivre le secret de diriger les ballons ; et le temps n'est peut-être pas éloigné où ce jeu téméraire réussira à bouleverser toutes les conditions de la guerre et de nos systèmes de douanes.
Mais aucune application n'est comparable à celle de la vapeur. Les anciens n'ignoraient pas que l'eau, en se transformant en vapeur, se dilate, et acquiert une grande force élastique : en effet, Aristote et Sénèque attribuent les tremblements de terre à une évaporation subite de ce liquide, produite par la chaleur terrestre. Un siècle avant J.-C, Héron d'Alexandrie décrivait une machine correspondante à nos machines à réaction; et c'est peut* être à la connaissance de cette force qu'il faut attribuer quelques-uns des prodiges à l'aide desquels les prêtres païens abusaient de la crédulité du vulgaire. Salomon de Caus , ingénieur normand, a décrit une machine où la force élastique de la vapeur iicrvait à soulever l'eau (les Raisons desjorces mouvantes. Franc-
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fbrt,l615). Maiftdéjà, auparavant, Jeaii*BapliftePor|aiTaittnilé de la manière d'évaluer les ?oluiiieirelatî& dapoidÉégBVi d'eau etde vapeur, bien qu'on n'y voie pas l'intention d'obteniniiielBia motrice. Un nommé Branca propoÏM, à. Rome, d* dirigeraor la aubes d'une roue horizontale le courant de vqmr développée par un éolipyle ; et, en 1663, le marquifrde Woicesaer, d'ébmr l'eau à ratde de la vapeur. En 1600, François Papili déerivît,daDi les Âeiei de F Académie de le^Miek, la prendèn mft^mnM ofa un piston 8*âevait et s'abaissait par l'eipansion fit In rutnikasi lion qltemative de la vapeur, à l'aide du froid. Il ne rappii^nit qu'à puiser de l'eau ; mais il comprit eombien die pouvait an^ de puissauee, et eiposa la manièrede l'utiliser pour faire mouvoir un axe ou une roue. Il inventa la machina à double eflct, et il en fit l'application à la balistique, k la navigation , à d'an^ ires usages encore. Il avait imaginé avant 1710 la machineà haute pression sans condeittateurs, la davetle à quatre fins, te fUgesteur^ si précieux pour l'industrie, et la soupape deadrelé. Savery, capitaine anglais, exécuta an grand, en 1695, unemi^ chine à puiser, dans laquelle la vapeur se précipitait, au moyen du jet d'eau froide, sur les parois extérieures du vase métallique. Le serrurier Newcomen, s'étant associé à lui et au vitrier ôwley, apporta quelques perfectionnements à la machine de Papin ; et, dans celle qu'il exécuta en 1705, la condensation était effee^ tuée par un jet froid dans le corps même de la pompe.
La soupape destinée à obtenir l'alternative d'expansion et de condensation se fermait et s'ouvrait encore à la main. Henri Potier, jeune garçon employé à cette manœuvre fastidieuse , ajouta des verges de fer au balancier, servantà ouvrir et à fermer la soupape au moment opportun ; ce qui donna à l'ingénieur Brighton l'idée du triangle vertical se mouvant avec le balancier, tel qu'il est usité aujourd'hui dans les grandes machines. Le volant, inventé par Fitzgerald , vint compléter les ihoyeos proposés par Papin pour changer en circulaire continu le moU' vement rectiligne de va-et-vient. La nécessité de refroidir le cylindre à chaque condensement de la vapeur entraînait encore une grande déperdition de chaleur. Enfin, Watt songea à ajouter au corps de pompe une chambre où passe la vapeur-,
«près avoir produit soa effet et reç» le jet froid, sans que la température s*abaissât dans le corps de la pompe. £n 1769, il obtint un brevet pour cet appareil essentiel du condensateur isolé, et il construisit ainsi les machines à effet simple; puis la machine à double effet en un seul corps de pompe. En 1784, il inventa le parallélogramme détaché pour la machine à double effet, et y appliqua le régulateur à force centrifuge. Lorsque ensuite Murray exécuta, en 1801 , les tirants, mus par une excentrique, les organes mécaniques de cet appareil se trouvèrent complets.
Tout cela ne servait encore qu'à des machines fixes, lorsque, quarante-deux ans après que la première idée s'en était offerte h Papin, Jonathas Hull (1737) obtint un brevet pour construire un bateau remorqueur avec la machine de Newcomen. Ce projet n'eut pas de résultat. Mais le Français Perrier en 1776 , et le marquis de Jouffroy en 1778, construisirent des bateaux de ce genre : ce dernier en établit même un sur la Saône, ayant quarante-six mètres de long sur quatre mètres cinquante de large, et mû par deux machines. La Révolution l'ayant forcé d'émigrer, les Anglais prirent les devants; et Miller en 1791 , lord Stanhope en 1 795, Sy menton en 1801, continuèrent les tentatives avec succès.
Dès l'année 1543, le capitaine Blasco de Garay avait offert à Charles-Quint une machine destinée adonner l'impulsion aux navires sans le secours du vent et des rames. L'empereur en autorisa une expériefice qui fut faite dans le port de Barcelone. Bien que l'auteur ne voulût pas publier son important secret, on sait (|ue l'appareil consistait en une chaudière d'eau bouillante, qui faisait mouvoir deux roues sur les flancs du bâtiment. On loua le résultat obtenu ; mais le trésorier Ravago objecta qu'un navire de cette espèce ne pouvait faire plus de deux lieues en trois heures ; quïl coûtait beaucoup, et qu'il y avait en outre le danger de l'explosion delà chaudière '. Les hommes pratiqua émirent
* Les documents à ce sujet ont été publiés par Navarrète et par Dezos clo la Roquette, Recueil des voyages et découvertes des Espagnols depuis la fin du quinzième siècle.
une opinion toute contraire; mais Charles-Quiut, oeeupé à ses guerres, n'avait pas le temps de songer à une invention qui aurait hâté de deux siècles et demi la révolution dont nous sommes les témoins dans Tart de naviguer.
Un autre mécanicien se présenta, de nos jours, à un empereur animé des idées de Charles-Quint « et lui proposa aussi des bateaux pouvant marcher contre le vent parla force de la vapeur. Or ce gueiTier, qui pourtant cherchait tous les moyens d'abattre l'Angleterre, méconnut celui qui lui aurait donné une supériorité infaillible. Napoléon, malgré son génie, ne comprit pas l'Ingénieur Fulton, et il dut le regretter amèrement aux jours de ses revers.
lia liberté accueillit ce qu'un conquérant avait dédaigné : cette Amérique, que nous appelons encore le nouveau-monde , et qui aspire, comme un vaillant élève, à surpasser son maître, appliqua à la navigation cet agent, qui produit d'incalculables effets; et, grâce à la vapeur, les mers sont aujourd'hui traversées avec sécurité et avec une rapidité jusque-là inconnue. Robert Fulton ( 1765-1815), né de parents irlandais en Pensylvanie, fit naviguer en 1807 le premier bateau à vapeur sur riiudson ; à peine obtint-il deux lieues à Theure. Cependant sa découverte se propagea. L'Angleterre eut en 1812 ses premiers bateaux réguliers, la France, en 1816; les autres nations les suivirent. Cène fut qu'en 1841 que Tocéan Pacifique fut sillonné pour la première fois par des bateaux à vapeur ( le Pérou et It Chili)^ construits en Angleterre pour un service régulier entre Valparaiso et Lima.
L'Angleterre et ses colonies, qui ne possédaient en 1814 que deux bateaux à vapeur de 456 tonneaux, en comptaient en 1824 cent vingt-six, jaugeant ensemble 15,739 tonneaux ; en 1834, quatre cent soixante-deux , du port de 50,734 tonneaux. Ils dépassent aujourd'hui mille. Le premier bâtiment de guerre à vapeur anglais fut construit en 1828, et la marine anglaise en compte aujourd'hui plus de cent. Les théoriciens et les praticiens avaient déclaré cependant qu'il serait impossible dVn faire usage pour traverser TOcéan; mais le Great-fresterUy parti de BnsVo\ îvu \x\qU d'avril 1838, arriva à New-
York en quinze jours, après avoir fait douze cents lieues.
Ce fut alors que Ton songea à substituer au bois le fer , qui est plus fort, plus léger, et qui n'a rien à craindre des insectes. Doll imagina en 1818 les cales à plusieurs compartiments, système-qui, si Tune fait eau, laisse les autres intactes ; C.-W . Williams mit cette découverte en pratique. On construisit, d'après ce système, le Tigre, l'Evpkrate, VÀlburkha, le Quorra, CAl' hert^ le fVilberforce et autres , pour servir à l'exploration des fletrves. Ces navires purent pénétrer plus avant vers les pôles, en brisant les glaces et en tirant moins d'eau. On remonta des fleuves jusqu'alors inaccessibles. Maintenant l'Orénoque, l'immense Missouri, le mystérieux Mississipi, servent, grâce à ces pyroscaphes, à rapprocher les populations les plus éloignées. On les emploie maintenant à explorer le Niger, afin d'arriver à l'extirpation entière de la traite des nègres. Deux vapeurs ont remonté TEupbrate jusqu'à Belès l'espace de plus de trois cents lieues pour ouvrir de ce côté une nouvelle voie plus favorable nu commerce que celle de Suez ; car l'Angleterre n'y serait en concurrence ni avec les Arabes ni avec les Banians.
Bientôt après, le gouvernement général des Indes songea à utiliser la Vapeur pour faciliter ses relations avec la mère pa- . trie. Ce projet fut longuement discuté. Enfin le capitaine Johnson partit, le 16 août 1825, de YdXmoxjXhdy^^r Entreprise ^ bâtiment de 4G0 tonneaux ; et, le 7 décembre, il touchait au Bengale. Quand trois mois ne suffisaient pas à un navire ordinaire pour faire sur le Gange le trajet de Calcutta à AUahâbâd',«euxci y arrivèrent en huit jours , bien qu'ils ne marchassent pas la nuit. D'autres se dirigèrent vers la mer Rouge; et en 1830 le Mug-Linclsay passa de Bombay à Suez en vingt et un jours. Ceux qui le suivirent y mirent moins de temps encore. Le parlement résolut donc d'établir des communications par cette voie, et Ton espère que la malle de Bombay pourra arriver à Londres en un mois. Ainsi s'effacent les distances. Déjà la nouvelle Société anglaise entretient, à l'aide de quatorze steamers et de trois goélettes à voiles, le service de la poste, à raison de deux courriers par mois, entré la Grande-Bretagne, toutes les parties des Indes occidentales, la côte voisine de l'Amérique méridio-
Si8 APFJLUZftXlil».
nate, et Hondum; elle expédie deux bb {ilrfBmdpftiiimtt « la Havane, à Nattau, aai porta de>ÉltttfrUMaa«rA<ili^iii. et jusqu'à Halifiu dans la Nouvelle-Ëcoaai. Laaerviaa ait^oiginisé de manière à faeiUter leaoommuitaatioiis «nlMi iirtiftiii ttea et les contiocnls, de Surinam à roiieat, ymfofmf, Miifw à Tocddeat, et du golfe de Paria et de OnirèaJinqBB'àBalita. On vannai et Ton révient en salxante Jours del*ÀAériq0Bà*Liadres, après avoir touebé à la plupart deatlea oeddantakBrCt visité les principaux ports de TAmérique, sardes bitsans «ù 4*on trouve toutes les commodités de la vie. . Le grand déâut des bateaux dis Fulloii était àiB ii*a voir-d'auln moteur que la vapeur, et de ne point profiter des graadea fiorea ^aturell^s. En effet , la machine se trouvant f^aeée aia ceaMct aur le^ flancs du navire empêelie d'y élever une aaâtun'paiisante, capable d'alTronter les plnsgrandes^tempÉlea. On vîart«. dans la construction du Great^BrUaU^ de remédier à ee déiNt en remplaçant les aubes des roues par la via d*Ardiiaiè4e, en plutôt par une vis ordinaire de aeise pieds de dinniètre, aaqnl appareil de propulsion que les Français attribuent « Detisle , et les Anglais à M. Smith. Ce mécanisme allège le navire de cent tonneaux , et donne au bâtiment de la commodité et de Télégance , en même temps qu'il lui rend plus aisée l'entrée des eanaux. Si ce procédé s'étend , eomme il est à présuneri il ûuïilitera beaucoup les voyages dans l'Inde , ralentis d^ordinaire psr les calmes alternatifs, par les courants, et par les tourtMUons.
Tels sont les résultats que Ton a atteints, depuis que Toii n'abandonne plus la construction des pyroscaphes à une pratique aveugle. La remonte d'un fleuve , que Ton avait toujours considérée comme un obstacle au commerce , est maintenaat une spéculation aussi lucrative qu'une autre. Mais aussi la éè' rcou verte d'une mine de charbon de terre est plus estimée aujourd'hui qu'au seizième siècle l'était celle d'une mine d'oc; et il n'en faudra pas davantage pour enrichir quelque rochor déieft de la Polynésie. L'invention ne date pourtant que d'hier ; mais qui pourrait calculer les perfectionnements dont elle estausee^ tible , et les conséquences qu*elle aura ?
JVotre siècle a élé carafitérisé gar la rapidité des voies de àNo-
nmnications : ses premières années ont vu, en effet, les anciennes routes s^améliorer et de nouvelles s'ouvrir, par ce besoin croissant de se communiquer les produits du sol, de la pensée, de Texpérience ; puis , dans une proportion extraordinaire, par rétablissement des chemins de fer. Les routes impraticables sur lesquelles il fallait conduire le charbon des mines de Newcastie suggérèrent Tidée de flxer dans toute leur longueur deux lignes de poutres , sur lesquelles les chariots couraient plus facilement. Vint ensuite la pensée de couvrir ces madriers de lames de fer, puis d*y attacher des listeaux aussi en fer (1767), à bord extérieur relevé, aGn que les roues ne pussent pas dérayer. On en construirît ainsi plusieurs; mais, depuis 1808, on cannela les roues elles-mêmes, qui s'emboîtèrent sur l'ornière en relief, de fer battu, soutenue par des coussinets assujettis sur des socles en pierre, auxquels on substitua ensuite des poutrelles avec plus d'avantage.
Dès 1769, Watt avait conçu l'idée de faire mouvoir une voiture, par la vapeur. L'année suivante, le Français Cugnot en exécuta une dahs l'Arsenal de Paris ; mais comme il ne connaissait pas la manière de diriger ni de modérer le mouvement de la machine, elle renversa un mur. £n 1805, Trévithick et Vivian, appliquant Tidée bien connue d'une machine à haute pression sans condensateur, firent les premiers essais d'une locomotive sur des rails en fer; l'invention se perfectionna ensuite peu à peu jusqu'à George Stepheuson, qui établit eu 1814 des locomotives régulières. lia première application en grand fut faite en septembre 182ô, sur la route qui conduisait des mines de Darlington au port de Stockton, à une distance de vingt-cinq milles anglais, durant une grande partie desquels les charrois descen-* dent d'eux-mêmes. Le chemin de fer construit entre ATancliester et Liverpool réussit mieux encore. Ces deux villes communiquaient auparavant par deux canaux qui, bien que très-incommodes, avaient rapporté de gros bénéfices aux actionnaires; les nombreuses difficultés que présentait l'exécution furent vain« eues, et l'ouverture s'en fit le 15 septembre 1830, sous la direction de Stephenson : les machines, dociles à l'impulsion du conducteur, faisaient de quarante à cinquante kilomètres par heure.
Sept années après, une locomotive de Sharp et Roberts parcourait cent kilomètres dans le même espace de temps.
La France a commencé par le chemin de Saint-Ëtieime à Lyon, dont la longueur est de quarante-cinq milles; et les chemins de fer maintenant sillonnent toute la surface .du pays. La K< Igique, rendue à son indépendance, a fait de ses différentes villes autant de faubourgs de sa capitale ; la Prusse réunit par un réseau du même genre les États de TAllemagne; TAutriche se rattache la Hongrie, la Bohême, le royaume lombardo* vénitien; la Russie s'en sert pour effacer les immenses distances de son empire. En Amérique, les chemins de fer auront à la fois facilité et ouvert des communications entre des provinces isolées ; ils y ont été construits dans des proportions gigantesques, comme sur un sol vierge; et, depuis que les diverses compagnies ont confondu leurs intérêts, une seule route conduit de Portsmouth ( New-Hampshire ) à la Nouvelle-Orléans, sur un espace de dix-huit cents milles sans interruption.
Depuis lors, Stephenson conçut le hardi projet d'établir un chemin de fer sur un bras de mer, en le faisant passer au travers d'un immense tube de fonte. En somme, il a sufQ de vingt-cinq années pour créer une source de chemins de fer qui pourrait faire le tour du globe.
Là encore se manifeste l'utilité de la paix, de la liberté d'industrie, de la sûreté des relations. "Les États-Unis ne commencèrent qu'en 1 817 le premier canal d'Érié ; et au commencement de 1843 ils avaient terminé 25,380 kilomètres, tant en canaux qu'en chemins de fer. A la fin de 1842 , on parcourait librement 7,000 kilomètres de canaux, et autant de rails-ways^ distribués sur 24,700 myriamètres carrés , peuplés de dix-huit millions d'Ames. La Grande-Bretagne, qui a commencé depuis un siècle ses travaux publics, a, sur 3,120 myriamètres carrés, habités par vingt-sept millions d'âmes, 4,500 kilomètres de canaux et 4,000 de chemins de fer ; la France, 4,350 kilomètres de canaux et l ,750 de chemins de fer sur 5,277 myriamètres, avec une population de trente-quatre millions d'habitants. Ces deux pays ensemble , avec la Belgique et la Hollande, n'arrivent donc pas a ^%;y\ftt les travaux faits en vingt-cinq
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années par les Américains pour leurs voies de communication. (Cependant le fer est rare chez eux, car ils doivent tirer les barres d'Angleterre; la main d'oeuvre est chère, et les capitaux peu abondants ; mais ils ont su y apporter une économie extrême, et s'occuper de Futilité beaucoup plus que de la beauté des constructions.
Les voitures à vapeur sont encore une invention récente; on peut donc y espérer des amélipratiôns qui obvieront aux dangers les plus graves, leur feront franchir les pentes, et parcourir des courbes d'un faible rayon ; elles ne seront éminemment sociales qu'autant qu'elles pourront être employées sur les routes ordinaires, et servir même aux particuliers.
On a fait beaucoup de recherches sur l'effet de la vapeur engendrée par d'autres liquides, ou sur les gaz permanents soumis à l'action de la chaleur. Une machine mue par l'acide carbonique a fonctionné à Londres, dans le Tunnel, sous la direction de l'ingénieur Brunel ; mais l'économie qu'elle procurait ne compensait pas même le prix des métaux qu'elle usait. Il paraît en outre que les vapeurs qui proviennent des liquides exigent une quantité de chaleur égale pour produire la même force motrice, et que, par suite , ce n'est pas la peine de changer, du moins en grand, le liquide qui, ne coûtant rien, comme r«au, est cxNnmun partout, et généralement répandu '.
Ainsi l'homme puise dans un réservoir intarissable et universel une force motrice beaucoup plus considérable que celle qui est nécessaire pour obtenir le charbon et l'eau qui la produit, ce qui assure son empire sur le globe.
Que dire des étonnantes applications de la vapeur aux machines ? En 1792, on calculait que toutes les machines qui existent en Angleterre faisaient le travail de dix millions d'hommes;
' Ceci n'est pas exa<'.t : les liquides-dont le point d'ébullition est peu élevé, s'ils sont plus cbers que^ l'eau , n'exigent pas autant de combustible pour produire la même force expansive. Ainsi , ott a bit tout récemment à Toulon l'essai d'un navire mu par la vapeur d'éliier, et cH essai a parfaitement réussi : il donne une économie de plus d*un tiers sur le combustible.