‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 72 sur 82 · III8T. DE CENT A.%8. — T. IV · texte numérisé non relu

III8T. DE CENT A.%8. — T. IV

tal0,où.Ur0préieDtekfiiidaferfaie et la eonqiitedct droits fliflls. Mais si ee noble eeotiiiMiit t'y eit pât jour au mitievdtt eang et d« nrisci, ee fat aouf dt plot hesmui ayipieea qa*9 germa m Italie. Appelée à Faoilé par sa poeitkm bim délem née, et parla papauté qui^a oeeope leeentae,eetleeiiKiiiéie $M eonduite aa moroeUenieiit par aa baaoté mtea, par aaeoafgnllatioagéograpb^1le, et eiirtoitt paipeqiie liai eooqii^^ pot a> aBMW eonine Im FteiMi daM la Qaole, et lea N^Nn^^ en Angletttrre. Elle n'en atteignit pat moîna aux deatioéei Im phis proapères , alon qii*aiiewie ville ne rempettait anr ki autreiy qœ diaeone d'dlea, enn<^parragrioaltiire,lee(pi* meree, la adenœ, aa aentait anei forte dJmtélligaBee et de eoorage pour devenir une eapltale. La nationiriitté a'anèta doae au]i ecmfina de diaque paye : Gênes n'épronva IN» le JbeeoÎB de alunira Naples ; Milan ne deinanda rien àElorenoej leaguent» entre Yeniie et la Romagne, entre laToscane et la Sidle n*élai«at pat plui dee guerres civiles que rooAMregardait omnaaa teUcs les luttes entre k Franoe et la Bourgogne, entre la Gastiitoell'Aragon. Mais ie pressoir unit les matières séparéek ; c'est ainsi que, sous le poids de roppression étrangère-, Fltalie s'est sentie une; elle 8*est sentie une dans les arts , dans la langue , dans sa littérature déjà nationale depuis le Dante, et dans laquelleiMm noms survécu alors que Tépée Tefiaçait de la diplomatie. Ce sentiment ne survivait pourtant que parmi les classes cultivées; il s'accommodait assez de la domination étrangère, contre laquelle on pourrait à peine trouver une plainte chez les écrivains du siècle pa&<é. Cela tenait aux gouvernements d'alors, qui, respectant encoreles formes historiques, laissaient beaucoup à faire aux corps naiunieipaux et provinciaux. Ainsi, dans ce partage de Tautorilé, beaucoup jouissaient du noble plaisir de travailler pour la patrie. Bonaparte apparut en Italie , et déclara que nous ne serions ni Allemands, ni Français, mais Italiens; puis il divisa, démembra ou vendit, sa conquête, eonstitua un royaume d'Italie, formé seulement de quelques provinces, et organisé à la française*. A sa chute, l'Italie demanda Tindépendance et la liberté

» Le graud homme <\>ieXl. C. Gaatu est si enclio^à |>IAfncr» n^avail il

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-è ceux qui avaient vàÎDCu Napoléon au nom de la liberté et de rindépendance ; mais ils lui répondirent par dnHouveau partage en la divisant entre d'anciens et de nouveaux maîtres ; et la Lombardie ainsi que Venise furent livrées à l'Autriche comme une conquête sans condition.

Ainsi le despotisme, chose nouvelle, s'implanta eu Italie; avec lui vînt la haine dés gouvernants. En confisquant tout ce qui avtiit survécu des antiques libertés , en revendiquant pour eux toute l'action publique , ils assumèrent aussi la responsabilité de tous les maux, et' se trouvèrent en butte aux exigences même exagérées. L'Autriche ayant proclamé bien haut qu'elle soutiendrait les gouvernements absolus , la haine de tous se réunit sur elle, et se traduisît par le vœu de délivrer l'Italie des étrangers. Ce sentiment éclata dans les révolutions de 1821 et de 1831 , et dans les divers complots qui suivirent , mais qui influèrent peu sur l'esprit public. Les plus impatients parlaient de la liberté avec l»rage du prisonnier. En les exagérant avec maladresse , ils arrivaient à Caire excuser presque les torts des oppresseurs : bien loin d'aviser aux remèdes possibles , et de conseiller surtout le plus efficace de tous, la concorde, ils s'emportaient eontre ceux qui, trop sincères pour être mobiles , différaient d'eux sur quelque point , ou qui refusaient de se jeter tête baissée dans des périls certains , préférant arriérer au même but

pa^ ao contraire, secondé les tendances de son pays vers l'unité, en créant ce n^yaome d'Italie qai comprenait déjà la meiUeore moitié de la Péninsule, et dans lequel étaient venus s'atMorber une parUc de ses États morcelés? Ce n'est point au morceUement, à coup sûr, que t^dait te génie de Hapoléon : ritaKe ne fut point traitée par lui comme une conqaéle; pins qu'ancoa de ses nattrcs précédents^ U a respecté sa natio- ■alilé; il Fa ytanée et administrée par ses nationaux. Ce n'est pas sealeoMaft tm eonvrant ritalie d'utiles monuments, y laissant de grands travMx, des éCablissesMnts précieox, des exemples fiéconds que, Napoléon a mérité sa reeonaaiisanee : c*est surtout en j rappelant le sentimeat d'une nationalité endormie, en y ravivant Us% «oovenirs, en y retrempant les âmes, en hâ rendant les occasions de ^lire, qu'elle ne connaissait pins depuis lonj^lemp^. L'Italie en aurait die prrdu U mémoire? ( Aw. H t

338 nPÎAÀHCIft m L^ITAUB.

|MirdetnM>yeDilégMii. ToiiteieetjakMti€tdtoiiiikNi,4e«iiiditkMia d'iotelligeiieefCCf aDimoMtét caM eoncilofoos, m lnduiniMut «o aeeuMkms lédpfoqiMf , eontndwlQins, mmrnà alqaetes ; d*où l'on ainsit pu eopdun que not 1]nnns nos doi^ étaienlmaiifaif , inaiBiioiiS|HKtttèon,elqiieiioiisiieiiiéniMMis pat k liberté, oa B'étMos pM eqpidte d« raeq^^ aot dîsoofdes, iMt hânef îniaiifléet ont été k SMif^^ nneinis. A qoelçMt lyrtta ae Joignaunl «ne fiM^ qui, par amour poor lltalk, poonnifaiait TltaKodk km pkintfls H, de leurs imprécadona. Toot eea ^erili n*anifaMDt pas an peapk, mais seokment à la cksie qid lil poor ne pu penser, et maÎDtenaît en dk mie Mie de fièfre qui aimukitk vie. Il a'eosmvit plnsienrs sonlèvemenla parties , tenl^ am rintr^dité de l'ineipériaioe', et par ee besoin qoi ponase eartatos bommet-à protester an nom d'an pmipk entier, ou même contre un peuple entier.. Deux frères yéoitiens, dû nom de Bandiera, ayant déserté h marine àutridiienne, déharqoètent avec un petit nombre de eomplioes ep Gakbre ( 24 j^illet 1844), où ils furent pris et mis à mort..

D'autres, profitant de la paix| tentaient pendant ce temps des amélioratioDS partielles, etts'efforçaient de ûdre passer da côté de ropinion une partie de la prépondérance attribuée aux baîoonettes. £q garde contre la tentation des plaisirs, cootre cette mollesse qui cherche ses excuses dans la difficulté , en ces temps, funestes à la vertu , ils travaillaient, solitaires , méconnus , outragés même , mais persévérants. Surtout dans les derniers temps leur activité se portait sur des recherches historiques, des travaux littéraires et statistiques , où les fûts anciens servaient de voile aux choses présentes. Ik appelai/eat Tattention sur les problèmes politiques et .sociaux, répétant sans eesse le nom de l'Italie, réveillant ses espérances : la éensure y effôiçak des mots et des phrases , mais l'esprit échappait à ses atteintes ; les associations s'appliquaient aux écoles ,. à la bienfaisance ; sous. la forme frivole et surannée des académies, oo trouvait des prétextes pour rapprocher les Italiens, et leur donner rhabitude de Tordre , de la parole , de k légalitç. Les chemins de ter fut^DX u\i i^ouveau moyen de contact ; dé méine

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les congrès scientifiques. A côté des sciences naturelles, les questions économiques arrivèrent bientôt ; et si ces assemblées serraient de piédestal aux éharlatans qui profitent de tout pour attirer les yeux , ce fut beaucoup aussi de voir des Italiens se réunir en comités nationaux , discourir d'autres choses que de frivolités , mettre en commun le fruit de leurs recherches solitaires et, applaudir autre chose que des baladins et des chanteurs.

Mais approfondir et raisonner ses sentiments est chose peu commune en Italie ; la plupart les acceptent de l'éducation, de la mode , de l'habitude. Qu'on leur demande &i quoi consistent les doctrines libérales , presque tous répondront : Dans la haine de l'étranger. Mais ce sentiment négatif ne suffit pas, il est sans relation avec la vraie liberté ; au lieu de l'étudier et de s'élever jusqu'à elle , on s'en détourne , en se contentant de railler, de mépriser, d'éluder la loi, et de regarder comme un trait d'héroïsme tout acte d'opposition au gouvernement. Ceux-là qui prétendaiient à la liberté et la regardaient comme chose sacrée se divisèrent d'opinion ; et comme il faut des noms au vulgaire , on exhuma les vieilles bannières des Guelfes et des Gibelins.

Les Gibelins, se rattachant à Dante, à Machiavel, voire même aux jacobins, proclamèrent la nécessité d'avoir des gouvernements forts, quels qu'ils fussent : ils jetèrent les yeux sur quelqu'un des maîtres de l'Italie , pour la placer tout entière dans ses mains; peu leur importait que ce fût Gharies- Albert de Savoie, François de Modène, ou même l'empereur d'Autriche. « I^ premier besoin d'un peuple, disaient-ils, c'est l'être , c'est l'unité; le reste viendra après. »

L'autre parti, brûlant surtout pour la liberté , lisait dans l'histoire qu'elle eut toujours les papes pour défenseurs, et qu'opposant l'Église universelle à l'universel empire, la papauté avait créé politiquement la grande unité catholique : c'était donc elle qui avait préservé l'Italie , sauvé les restes de l'antique civilisation, et empêché les barbares de prévaloir tout à fait. Les papes , il est vrai, avaient appelé un étranger pour l'opposer à un autre ; mais c'était en leur nom que s'étaient faites les tcu-

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à regard des papes, ^*ils ont été en Foutant le iHogiès rame ieS'itiaÛES iffittm|«» et W mvil dn sentiment rdigieiB k» ne ait mptéet ^an ancra ad : si cette piété ches qael-

imauw <c a paaiait ponr n en pas nonuner d*aaaras Ann âws ^ «aft dmaat popnlaiiei jasqn*aa delà

qne le BMillenr mq^ nrievcr 1» pcafàs cfàt éeialcffrleBpaBtaan;ilseatie-

le|a««ovspintnel«eoinBBa le mieux fût poar PefeaMir 1» mptet ée Fairiterilê. si atceaMiie dans les gon- Twinwaente Rfcias»c> il i dni ewp oè il B>a plus d*aotiafreiD «|wla BMnle. GtooHnnt « craîndrp tes abus quand les goûteroemnite jviieiLt en main la Mve, et les écnTaios Topinion ? Ainsi , pn^oatic la rnii.cioa A ililâtoire pour guides, on projeta une ligue vie» ^upltfs itaiknsw avee le pape pour dief. Restaurer Tltalie dans rvnite uoa du poufoir, mab des intérêts et des sentiments; unité de drapeau . dTeflarânement, de douanes , de diplomatie.

Maè cette lisue, T Autriche loudrait-elle t entrer? Voudraitdie isoler aiiei des autres ses provinces italiennes? ou bien sa puissance . dans ce cas. ne hn donnerait-elle pas la prépondérance aa\ dépens de riodependance? Grande difficulté, que l'on croyait éluder, ce mme il arrive trop souvent , en n^en tenant pas compte.

Cependant le parti des Guelfes noodemesrencontra pour opposants tous cea\ qui reçardaîentle pape comme le plus grand obstacle à h réçéncration de ritalie, discernant mal Paecident de la substance « les personnes des principes , le pape de la papauté. Mais beaucoup de ccpurs droits et ik bons esprits nourrissaient le culte de cette idée; Fabbé Gioberti fut son représentant le

us fameux. l.e sa\^a\ d« lltalie , selon lui , est impossible sans

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le concours des idées religieuses ; la Péninsule ne peut être libre et forte, si Rome, son centre et son chef moral , ne se relèvent pas. Si les tentatives politiques n'-ont pas'réussi jusqu'à ce jour, c'est que dans ces entreprises on n'a tenu nul compte du clergé et des croyances; c'est que la religion est la base du génie italien ; que Rome est sa métropole ; que la seule grandeur possible de l'Italie ne peut résulter que d'une confédération de tous ses Ëtâts , présidée par le pontife romain.

Mais Globerti, tout -en voyant dans le pape l'éternelle gloire, l'anlique sauvegarde , la nouvelle espérance de la nation , prônait aussi Charles- Albert, se figurant qu'il se ferait le centre de la restauration italienne. Quant à T Autriche, il n'en parlait pas. Ces idée» eurent peine à se répandre, renfermées qu'elles étaient dans deux gros volumes .imprimés à Bruxelles ; elles ne comptèrent d'abord qu'un petit nombre d'initiés, jusqu'à ce que César Balbo en tirât un livre plus pratique, plus simple, plus bref. Il fut le premier ^ui osât pietrler sans voile en Italie die.la politique italienne , et sous un prince qui ne Taurait pas persécuté , mais peut-être même défendu. Le livre se répandit ; ce fut un thème offert aux réflexions de ceux qui pensent, et aux discours de tous ceux qui ne font que répéter.

, Le but suprême de Balbo, c'est l'indépendance ; au point qu'il n'hésite pas à lui sacrifier les formes de la liberté. Il ne croit pas possible « la formation d'un royaume d'Italie avec tant de variété d'opinions, de projets, de provinces; » mais bien une confédération ddnt le Piémont serait l'épée et Rome le cœur, et dans laquelle on referait aux peuples de telles concessions , que le dominateur étranger s'en trouverait désarmé, jusqu'à l'heufe où la Providence le forcerait d'abandonner l'Italie, et lui offrirait dans la Turquie un dédommagement.

Mais la France , où la presse et la tribune alors se jouaient de tout, feignit.de s'ef&ayer de ceux qui , à l'ombre de la liberté , avaient cru pouvoir se réunir pour prier, enseigner, prêcher. Les livres, les gravures, les chansons , les romans soulevèrent l'opinion contre les jésuites , feignant de croire le monde assez insensé pour se laisser bouleverser par quelques prêtres sans force contre lut. j

StS ttPilAlIClS DB L'ITALIB.

Cette polémique , eee écrits péoélrèmit maû:m Italley ooki gp«f «rnemeots aimenl aiMi que rattentioo le détoimw d'eux, poar M porter sur le clergé. Ce fàt afee h nyidité d'iiii» me^ kieomoiodité d*un nom^que, dans uapayi qui afail dai eoneoiii iMe à combattre, on r^^anditja haine coutiw leajéfiiitea,4éngMÎnt aiofi, non M reetes dec dîidpleBde Loyola, jiiak^demiqueapportaitdo zèle dans le ministère ecclésiastique, qniconqBe foTorisait les idées pontificales^ et tous ceux enfin qu'on foulait 'discréditer par une qualification qui n'admettait pua d*iaxcoBe,et qui danssa vaguedéfinition embrassait tous les-degrés du mérite et de rinfamie ; et, comme la pire des infeunies éM% de- prend» parti pour l'étranger, on ne manqua pas de dire que les Jésmtw étaient les amis de T Autncbe : et cependant rAutriehe as In admettait qu*à graod*peine ^ en petit nombre dans ses pitvinces, et muselés par la jalousie adnunistratiTe. En Piémont, m contraire, il»étaient tout-puissants, au dire de Gioberti, qui, mgnant aussi sans doute de se foir esompromi» par.kslouaBin qu'il leur avait données, réimpriina eacinq gro» iroliiniea tsirt« qui avait été dit contre eux , en y ijoutant enoore des ftitsi ■H' veaux et personnels.

Les jésuites n'eurent ni la dignité du silence , ni celle de h réplique ; ainsi les Néo-Guelfes s'accusaient les uns les autrai flk déshonoraient publiquement leur parti, tandis que les GibeiiM les accusaient de républicanisme, et prétendaient que les pepa avaient ruiné l'Italie. '

Ce qui rendait surtout difficile l'entreprise des rïéo-Gtfdti^ c'est .la condition toute spéciale des États pontificaux, léish par une série d'événements, au malheur exceptionnd d'EDI» vernement civil, mêlé à la puissance ecclésiastique* Un srir préjudice encore pour ce^ parti, c'est que les promeaHs' Grégoire XVI et des puissances avaient été bien mal rériUr Le règlement législatif et judiciaire, donné en 18$^^ a^ point introduit de réforme sérieuse. Les anciens njitfSi trouvant épuisés sans qu'on en eût créé de nouveauXfb nances dépérissaient. Les travaux publics tendaient toqîeai fasle , non à l'utile ; et le voyageur, gémissant sur ces fti \jdx^\t^ v\\VA% , ^^\awv^^\\ ^Qurquoi les plantatioM '

ESPÉRANCES DE l'ITAJLIE. 833

culture n'assainissaient point les alentojors de Rome ? pourquoi ]a vapeur ne remontait pas le cours du Tibre ? pourquoi des chemins de fer ne joignaieiit pas aux deux mers lai capitale de la chrétienté? Le c6té moral était pire encore. Une police inqui* sitoriale feignait ou suscitait des complots, pour assouvir des vengeances privées ; elle rendait ainsi les sujets suspects à Tautorité, et celle-ci odieuse à tous. Le mécontentement des légations, déjà prévu par la diplomatie en 1831 , obligeait à solder des Suisses, et à se-tenir servilement attaclié à la politique étrangère.

Un code civil et criminel, avec le jury et des débats publics ; la confiscation et la peine de mort abolies pour crimes politiques, .et ces crimes déférés aux tribuJDiaux ordinaires ; là juridiction sur les laïques enlevée au saint office; les conseils municipaux et provinciaux constittaés, ainsi qu'un conseil d'État délibérant sur les recettes et les dépenses, et consulté sur le reste; les dignités et les emplois civils et militaires donnés aux laïques , la censure limitée, le renvoi des troupes étrangères : telles étaient les réformes raisonnables qui, d'abord prononcées à voix basse, finirent par être réclamées à grands cris. Mais bientôt les tentatives d'insurrection répétées donnèrent raison aux répressions vigoureuses , d'autant que la cause des insurgés se confondait souvent avec celle' des bandits, ce mal chronique des pays romains. A la fin , Rimini , pour se soustraire aux exactions financières, se souleva : Benzi, le chef du mouvement, ayant étévaincu,seréfugiaen Toscane, puis fut envoyé en France, qui le repoussa ; la Toscane le livra au gouvernement romam. Il en résulta de nouveaux troubles, qu'occasionnait sans cesse l'incompatibilité des deux pouvoirs (septembre 1845).

Autant Grégoire XVI s'était montré incapable en fait de gouvernement civil, autant il déployait d'activité dans l'ordre spirituel : ardent à servir la cause de Dieu, pénétré de la sainte majesté du dogme , il sortit de la position purement passive de ses prédécesseurs, pour tenir tête à des adversaires acharnés et puissants. Champion de la suprématie pontificale dans son ouvrage, le lYiomphe du saint'Siége , il s'efforça de relever la t|iérarchie, de réveiller la ferveur des fidèles, et d'enrayer le progrès des hérésies.

SS4 IwilAHCn DB l'itaub. .

A la mort, les bffgiMdiploiimtiqQM liaient à pem que le neré eollége éliit< !• Juin iS46) GîoNUBelliaitai.Farreiti, qui prit le nom de Pie pL. Sm «MqrelîqiMiépêtatoiitti let bmentatioBS traditioiimUci : comm^ tel prédéeeiMnni , il «^eva eonlre rindiffénMe, le nitkmaliime, le» loeiéfeés banques, la liberté de la prave; et il saUt toirtes lea eeeaiisBi pour répéter qu'il était pape cathotiqiM avani toat, pM les fidMes, Jaiousdes drolla du safait-aiéga. Nouobolast eila, ropioiOD fit de lui wm idole, luia|tiilNiaiUdeÉfiiea,ikspp^ rôles, des aetesi des espérmoesauiqaelaii était dtraBgw.L'aministieL restreânto jqu*a aMorda fat plus applaudie que d'iMini beaucoup plus larges; dans les réftiniies qu'il «ssaja, ou foyalfc un aebeminenieBt à ties.téfonnes. bien plus imporlanisa; on il eourir toutes sortes d*aneedptea pour démontrer que loaonisnj liape réuniSBBdt en lui la piété de Pie IV, In-ismielé deSIdeV, le géfue de Jules II; il en résulta une «dmiratioii univeMlis. FivePle IXl devint un cri à la mode, auquel tant d:*emiénneiF fi^âàient écho.

EnréaHté, c^était un prêtre pieui, qui omisaemitiini partie de ses heures à la prière ; qui se jetait aux pieds de la Madom quand un doute s*élevaifc dans son âme; qui voulait le bien sincèrement, et n'entendait diminuer ni augmenter lé pouvok qai lui avait été transmis. Entraîné pourtant par la plus douce dci aéductions^ celle de la faveur populaire , il crut s^en faire «a appui ; il la reçut comme une aide à ses saintes intentioDS. Pendant Quelque temps les fêtes ne cessèrent pas à Rome; c'étaient des bravos, des hymnes, des sérénades, des réjouissances, guand le pape s(»tait, qtiand le pape rentrait. Cet enthousiasme gagna la Romagne, le reste de Tltalie, puis TEurope et le monde entier ; les protestants comme les eathdiqoei répétaient FioePierxt et, -pour les fils de Voltaire, le nom de ce pape était devenu le symbole de to.ut ce que les peuples peuvent demander et les princes accomplir de mieux.

Il était pourtant difficile d'assigner une cauae à cet enthousiasme : chez le plus grand nombre, c'était intitatioB, mode; diez beaucoup d'autres, sinc^té irréfléchie^^ Gsax qui avaient coiisd«i\ci^ dA l'Uoliucination y voyaient avec joii

XSPBBArîGBS DE l'ITÀLIB. 335

une impulsion qui serait sanctiûée aux yeux du peuple et modérée par le nom du pape. £0 Italie surtout, ce fût le rayon des plus douces espérances.. Tous ceux qui « appelaient le retour de la sainte liberté, en dépit des déclamations furibondes, du dénigrement folliculaire et du despotisme révolutionnaire, » ceux-là répétaient qu'on verrait ce que vaut un prince qui , ré^lu à faire le bien, se fie à ses sujets, et ose résister à ses propres amis. C'est ainsi qu'on se plaisait à élever Pie IX aux dépens des autres souverains. Ceux-ci sentaient pourtant l'opportunité d'améliorer la condition de leurs sujets > sinon en les faisant participer au pouvoir, du moins en anoblissant l'obéissance. Charles- Albert, voulant réparer ses premières erreurs, se mit à l'oeuvre^ multiplia les institutions de bienfaisance, de prévoyance , les pénitenciers, les essais d'éducation, les routes nouvelles, très-coâteuses dans ce pays sillonné de torrents ; il entreprit les chemins de fer au compte de l'État, et il sut éviter par là les scandales de l'agiotage. Il substitua aux statuts locaux le code civil;il fortifia son armée, si nécessaire à la défense des Alpes; il tira parti de l'admirable position de Gênes, si rebelle qu'elle fût à son obéissance; ifenvoya le premier vaisseau de guerre italien faire le tour du monde ; il mit tous ses soins à aeerettre la prospérité de la Sardaigne, dont la population s'éleva, sous son règne, de 851} à 525 mille âmes. Déjà son prédécesseur avait ottvert^ entre les deux caps une route importante. Charles- Albert attaqua la féodalité, abolit le droit d'asile des églises, la servitude du pabarile; -il rendit à la culture les trois quarts du sol encore inculte ; il utilisa la splendide végétation et Texcellent bétail de l'île; enfin il la préparait à reprendre sa prépondérance dans la Méditerranée.

Charles- Albert était peut«étre le seul des princes italiens qui se préoccupât du mouvement de l'opinion publique : il connais* sait les écripins, et cherchait à se les attacher par des places ou des décorations. C'est ainsi qu'il attira l'attention et devint l'espoir d'une foule d'iuUens, qui se rappelaient l'ambition séculaire de sa maison, de se mettre à la tête de l'Italie. Uflottait pourtant entre le bien et le mal, entre l'impulsion et la résistance. Ne s'appuyant jamais que sur les conseils d'autrui, il

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