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était retenu par mille craintes : il craignait que FAutriche ne tirât prétexte de ses concessions libérales pour jappesantir son joug davantage; il craignait les mouvements populaires, comme sMI eût pressenti les extrémités auxquelles il serait poussé un jour. Mais s'il ne manquait pas de gens-autour de lui pour Tobséder de leurs préjugés politiques et religieux, il n'en manquait pas pour l'exhorter à donner à son pays une constitution qui le rendrait l'exemple et l'envie de l'Italie entière: A ceux-ci il répondait que la mission de la maison de Savoie était de chasser l'étranger^ et que, pour y arriver, il avait besoin de toute sa puissance et d'un gouvernement absolu, puisque, la cause'^nationale une fois victorieuse, on fonderait la liberté.
Mais les années s'écoulaient et l'occasion ne venait pas vite; la jeunesse commençait à le maudire. La mésintelligence édata enOn entre lui et l'Autriche au sujet du sel, et des taxes sur le vin. La patrie comme la religion ne connaît pas de fautes inexpiables. Cela suffit donc pour que Charles-Albert grandît à tous les yeux, et apparat comme l'épée de l'Italie , tandis que Pie IX en était l'âme.
(Octobre 1847. ) Ces applaudissements touchèrent son cœur, et le décidèrent à quelques réformes : les applaudissements redoublèrent,alors. Elles ne dépassaient pas cependant l'organisation administrative : ce fut l'établissement d'une cour de cassation ; la publicité accordée aux débats dans les causes criminelles; la presse rendue plus lil)re ; la police restreinte, et passée des gouverneurs militaires aux intendants ; la sûreté individuelle mieux garantie ; les conseils municipaux basés sur l'élection. Enfin, le mérite fut substitué à Fancienneté et à la noblesse dans les promotions militaires.
Dans la Toscane, nous l'avons dit, le pouvoir était doux, Fobéissance paisible; mais là, point d'impulsion vers les réformes. Le savant Fossombroni eut pour successeur au pouvoir Neri Corsini. A la mort de Cempiui, il fut appelé aux affaires, et prit pour conseiller intime Baldasseroni, moins populaire que lui, et î qui on imputait d*avoir livré au gouvernement pontifical le réfugié Aenzi. Pourtant, dès que parurent les réformes de Pie IX, le grand-duc se dm^;y '^ V\\wvler : il institua ( 24 juillet) un
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conseil d*État, prit un ministère libéral ; de sorte qu'il sembla que ritalie s'acheminait paisiblement vers le bien, conduite par des princes en parfaite harmonie avec les peuples. Au milieu de cette douce illusion, les jours se passaient en fSties; les opinions les plus divergentes avaient des bravos pour quiconque ▼oalait se les attirer par des paroles sympathiques ; ou Ton ne ▼oyait pas les difficulté , ou Ton s'en faisait un jeu ; des chants patriotiques échauffaient les esprits, quand il ^ût fallu les éclairer. Ces transports retentissaient aux oreilles de rAutriche attentive, dont la haine était le seul sentiment commun entre tous ces poètes italiens. Mettemich adressa aux cours alHées (3 août) un mémorandum; il y prophétisait un soulèvement universel, demandant qu'on garantît de nouveau les possessions aotrichienties, et qu'on l'aidât à étouffer les premières étincelles'. I^es cabinets consentirent au premier article, laissant pourtant à la disposition de chaque Ëtat la question de réforme intérieure, tans inteirvention étrangère. Metternich, par un coup de sa politique habituelle, tenta de détruire la popularité de Pie IX, en simulant entre eux un complet accord. Cette tactique hii ayant mal réussi , il s'en vengea en occupant t*errare ; mais la prestation du pape, efficace comme toute parole ferme, appavée sur le bon droit, prouva que le règne de la force était fini.
Je dis le règne de la force armée; mais il en est une non moins tyrannique , celle de l'opinion. Sa puissance se faisait jour dans ded écrits menaçants ou adulateurs ; des* écrivains, fort experts à juger des danseuses et des chanteurs, donnaient leur avis sur la politique; ils agissaient sur ce bas-fond ^de la popur
< Dépèche de lord Palmerston, du 1 1 septembre. — Guizot, alors ministre, écrivait, le 11 septembre, que la France respecterait et ferait respecter Pindépendahce des États, et çn conséquence le droit de régler eux-mêmes leurs propres affaires, parce qu^il importait au bon eflet des réformes* qnV'IIes se fissent' d'accord entre les princes et les peuplés, régulièrement, progressivemenl. Le pape, disait-il, montrait un profond sentiment de ses droits comme souverain, et il obtiendrait par là Tappui et le respect de tous les gouvernements européens.
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lation des villes qui usurpe le nom. sacré de peuple : ils ne louaient pas Pie IX, Giarles- Albert, Léopold te réformateur, et d'autres idoles du jour, sans y mâler des imprécations contre le despote sanguinaire de Naples et les jésuites ; et chacun appelait jésuite son adversaire , son rival, son bienfaiteur, quiconque excitait son envie. Les diatribes des journaux se traduisaient en cris et en émeutes. Cbarles^Albert laissa bannir les jésuites, qu*il eût voulu garder ; etaprèsavoir déclaré que la garde nationale était inutile dans un pays où Farmée est considérable, il fut obligé de la laisser armer ( février 1848 ). Ces exemples ne manquèrent pas d*étre suivis. A Rome, on trouvait déjà que Pie IX procédait trop lentement. On avait répandu le bruit d'un complot contre sa vie ; et en conséquence, on avait demandé que le peuple fût armé pour le d^endre, comme s'il avait eu des ennemis ( 16 juillet ). Le pape avait décrété un conseil des Cent, sur lesquels il aurait à élire un sénat de neuf membres, puis une consulté d*Etat présid^ée par un çardin^L 11 entama des négociations avec le Piémont et la Toscane ( S novembre) pour une ligne douanière italienne, qui devait conduire à Tunion politique. Mais déjà il s'effrayait d'un mouvement trop rapide; et, en instituant un patriarche à Jérusalem (4 octobre), il protesta contre Fabus qu'on faisait de son nom : en ouvrant ia consulte d'État ( 26 novembre), il déclara qu'il n'avait jamais eu l'idée de mettre en doute la souveraineté temporelle du saintsiège, ni de favoriser les utopies que d'autres appuyaient impru- (lemmentsur les actes de son gouvernement. Ceux qui se promettaient de tirer parti des réformes du pape pour amener la guerre, prétendirent que ces déclarations n'étaient que des sacrifices faits aux exigences étrangères; le caractère commun des agitateurs étant de nier l'évidence et les faits.
Ce fut à ce moment que le roi des Deux-Siciles , après un mouvement vigoureux de Ttle et une démonstration de la capitale , donna, malgré les protestations des cours du P^ord , une constitution avec une amnistie pleine et entière (27 janvier 1848). Son nom, jusque-là maudit, fut exalté de telle sorte, que les autres princes se virent forcés de Timiter. Charles- Albert, après avoir luUé conlTe\ft^«iWNem¥s et peut-être contre les promesses
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donnas, promit une constitution sous le nom de statut ( 8 février ). Le grand-àùc Timita ( 11 février ) , rappelant que déjà Léopold 1^*^ s*était proposé d'octroyer une constitution à la Toscane ; que même il l'avait fiaiit préparer par le sénateur Gianni. Ferdinand I^% alors que les membres du conseil général de Florence le félicitaient de son retour ( 7 janvier 1815), avait dit aussi qu'avant « peu de temps son peuple posséderait une constitution et une irepjcésentation nationale. * » Le ducdeLucques, qui avait succédé à Marie-Louise comme duc de Parme ( 18 octobre 1847) , promit aussi une constitution. Pie IX restait encore : il avait déclaré qu'il ne restreindrait pas la puissance dont il était le dépositaire ; on répétait autour de lui que la domination pontificale né pouvait soufifHr d'en|;raves parlementaires, n assembla le consistoire ( 14 février 1848 ), et» d'après son avis unanime, il se prononça en ces termes : « Pourvu que la religion soit sauve, nous ne refuserons aucune innovatioii nécessaire ; » et il donna à son tour sa constitution.
il eât été bon, dans l'intérêt de l'unité italienne , que toutes ces constitutions fassent uniformes. Elles différaient peu les unes des autres, il est vrai, toutes étant calquées sur la charte fî'ançaise : deux chambres, des ministres responsables, le sénat nommé pîar le toi, les députés nommés par des censitaires, la liberté de la presse et le droit de pétition. A Rome seulement, on maintenait comme troisième chambre le consistoire des cardinaux, qui devait prononcer en secret sur les résolutions du parlement, et se réserver les affaires mixtes, comme tout ce qui concernait les canons et la discipline ecclésiastique.
Ce fut. un enivrement général ; partout on discutait sur la liberté, sur les constitutions ; l'on demandait et l'on obtenait aussitôt des ministres , non plus au goût du souverain , mais au choix des. citoyens; partout l'on célébrait cet heureux accord entre les princes et les peuples , .ce concours du pouvoir et de l'opinion daiis la conquête jde la liberté et de l'indépendance;
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