‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 77 sur 82 · BE^EBS DES ITALIENS · texte numérisé non relu

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comme le gouvernement de l'avenir, beaucoup trouvaient que le pays n'était point façonné encore à ce Respect de la loi qui est la première des vertus républicaines, et que Ton ne pouvait y arriver qu'en passant par le régime constitutioi^nel. D'un coté un roi qui venait de tirer l'épée pour la cause commune, un centre de gouvernement déjà établi , et qui n'aurait besoin que d'étendre ses attributions, l'béroïsme des Piémontais , qui n'avaient peint reculé devant les hasards de ialutte^ l'avantage qu'il y aurait pour la guerre dans l'unité de commandement, toutes ces considérations militaient en faveur de la monarchie.

La dynastie de Savoie représentait aux. yeux du Piémont la puissance et la gloire ; tous ses intérêts se rattacliaient à cette dynastie ; cependant il y avait là des factions qui s'agitaient. Isa Savoie venait de repousser une bande d'ouvriers venus de France , et qui avaient tenté d'y proclamer la république. Sans être possédée d'enthousiasme pour la cause italienne et pour les sacrifices imposés par la guerre, elle en acceptait de bonne grâce et bravement sa part. G<énes, de son côté, ne bornait pas ses vœux à un ministère libéral à Turin ; là, bien des gens espéraient remplacer la couronne.pat la toque , dès que la cause nationale serait en état de se passer de la première. La cocarde tricolore dont le patriote décorait son front servait de passeport aussi à l'intrigant, qui , pour en ramasser quelque chose, aime voir à tomber le pouvoir dans la fange; au sophiste, qui met les. mots à la place des choses ; à l'intolérant, qui n'aime de la libre discussion que l'occasion d'injurier ses adversaires. Outre la presse, qui était affranchie de toute entrave , ils trouvèrent le champ libre dans les chambres , qui s'ouvrirent le 8 mal 1848. Turin s'y montra très-préoccupé de la crainte de se voir enlever par Milan S9 suprématie ; d'un autre côté, on espérait obtenir d'ilne assemblée constituante à laquelle participeraient les nouvelles provinces un meilleur équilibre entre les deux pouvoirs législatif et exécutif.

Le ministère piémontais ayant à diriger une guerre qui était une affaire d'honneur plus que de raisonnement, se voyait forcé de recourir à l'élément révolutionnaire et d'en réprimer en même temps les excès; il fit des représentations au gouverne-

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ment provisoire- de Miitn , qid se résignait à ohéb, alon qu'on raceusait de eommander ind. Ceat ainsi qn'flfit appel an. vote imWeiwl d*après le mode leplua illibénd et le plos nudlÎBanni : eeliii des registres. Puis on demanda la fiadon immédiate do l>témont et de la Lombardie. Les filles tdnitienilei y aoeéAènnt ; Venise elle-même se résigna. Cette teioD eonaentie^ dès le dÀut, sans autre condition que ealkr de wnera, edt rsppiôcbé toutet les forces dans un but coombûb; «Ile wmÊXq» les désunir, au contrairer, au grand profit de Vemieaii* Tons e» manèges n'avaient donc pour résidiat que d'en^inr la staatioû. La victoire de Milan avait iait tressaillir la péninaiiie tout entière; Modèoe et Parme s*étantaouIeféea, lemaidoea partirent, laissant le gouTememênt àqui voudrail en preMlrela ns* ponsabillté; on y vît'bientdt se former des gowemeiuertapwh viioires, quidemandèrent^ eu aussi, la fuaioii anrae kPiénBoat Le graiid-duc de Toscane dal mettre do eftié aea tHxea satri-cfaiens et finre choix de ministres en ddiors de aea sgroBqpsiUes, car le mourementd'éjà, ne se lalisant plus diriger pTiosprinsM^ se tonmait contre eux.

Le papei dont le nom d'abord avait servi de drapean à IltaKe, se plaignait qu'on en fût venu jusqu'à violenter aa^oonscienee: il s'était vu contraint d'expulser de ses États les Jésuitèa, tout en déclarant qu'il les avait toujours regardés comme d'ioûftigables auxiliaires de Rome. Aux conseillers qui avaient sa confiance on en substitua d'autres qui voulaient l'enchafner aia idées d» Globerti . On lui imposa des ministres,des généraux, etl'obligation de prendre part à une guerre contre laqudierAIlemi^e proti» tait jusqu'à menacer d'un schisme. Il avait béni d'une voix pleine d'autorité et d'amour les espérances de l'Italie ; il envoya le plus cher de ses cardinaux comme son représentant dans le camp italien.; il avait mis ses propres troupes sous-le conunandement de généraux piémontais, leur prescrivant de marcher d'un parfait accord avec Charles- Albert; il invita lea princes à envoyer à Rome des députés pour conclure une ligue politique entre eux. Mais Charles-Albert, au lieu de cela, ne pa^ lant que d'une ligué militaire, Pie IX, vo}'ani bien que l'on visait à réumt YWaVx^ 4wû& d'autres vues , déclara qu'il ne

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favoriserait point un prince italien aux dépens des autres^ Désarméyentouré d'opinions divergentes, voyant que la barque qu'il était chargé de diriger était en péril , il dé^voua toute . participation de sa part au mouvement révolutionnaire; il protesta qu'il n'avait rieii fiait que ce que les puissances ellesmêmes avaient déjà, suggéré à Pie VII et à Grégoire XVI, et ce qui lui avait semblé avantageux à ses sujets ; qu'il gémissait de ée qu'Us n'avaient pas su rester dans les bornes de l'pbéissaqce, de la fidélité, de la concorde; que ce n'était pas à lui qu'il fallait imputer les convulsions de l'Italie , à lui qui abhorrait la guerre; enfin il désavoua ceux qui osaient parler d'une république italienne avec le pape pour président.

En attendant , Rome, qui obéissait au pape k condition que le pape lui obéît, menaçait de noyer dans Je sang « Texécrahle ' gouvernement des prêtres ; » et le pouvoir populaire abandonna le pape au moment qu'il importait tant de' le sojitenir et fle le pousser &i avant. Pie IX cependant n'avait pas encore renié la cause italienne; il écrivit à l'empereur d'Autriche pour l'exhorter a « convertir en d'utiles relations de bon voisinage un pouvoir qui ne serait jamais ni noble ni prospère tant qu'il reposerait uniquement sur les baïonnettes, » le conjurant « de mettre fin à une guerre qui ne lui reconquerrait jamais le cœur des Lonibards et des Vénitiens, qui avaient le droit d'être fiers de leur propre nationalité. » Puis, voulant se faire le médiateur de la paix, il songea à se transporter à Milan. Qui ne voit combien sa présence eût exalté le courage des patriotes italiens et découragé l'ennemi? Mais déjà le démon de la dé^ fiance avait aveuglé les esprits. On soupçonna le Piémont, qui sollicitait impatiemment la fusion, de vouloir abaisser la cause italirane aux proportions d'un intérêt particulier. On soupçonna le roi de Naples de chercher à s'assurer d'Ancône , et de viser à quelque agrandissement territorial ; on soupçonna le gouvernement romain de vouloir recouvrer là Polésine et faire revivre d'antiques prétentions sur les pays de Parme et de Modène; on se défia du prélat que le pape venait d'envoyer à TempéTeur; on se défia de la flotte que le roi Ferdinand avait expédiée dans l'Adriatique pour renforcer celle de Sardaigne , et les Si«

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ciliens la eanonnèrent au passage do détroit; on' se défia an ministère romain quand il mit aux mains de Ctorles'Albort toutes les forces pontificales. I/bésitation du pouvoir nognientait partout ta prop^ande aubirersîve qui se fiiisait dans ks journaux» dans les cate, sur kft plates publiques. Le noufcan ministère ronmin , présidé par le philosophe Manriani, déâm catégoriquement que Pie IX se bornait à prier, à béiiir, ) pa^ donner, mais qu'il laissait les affaires à rAssembiée; Celait dh^ qu*oÉi ravail destitué dLe- tout poufoir tempmnl/ Le pape= protesta , comme il af«it protesté contro PAiytriclièv'lonqu'dle avait occupé Ferraro, en dispersant im coipB de trooper pou* tificales; mate d^à sa.paroie atait perdu tout crédit.

Les cfaoeet allaient à flapies es eaipirtaft. LâSleile couvait 'de profondes ramiDttes contre llBples,et aeplufgiMdttDtqours de lut être sacrifiée. Elle tenut au souvenir-de «du anden parlement, que la constitution de fBIS atuit fiûtremre; èUese rappelait la prospérité ^*elle avait due, pendant un osrtaia temps, à la dominaëcMiane^se'i-proopÎMéqni Imaità des cnreonstanees tontes spéciales :.à-ce que la paix n*extetait que \hr pendant les guerres de Napoléon : que là seulement on échappait au blocuà continental, et que la Sicile était le centre de la contrebande anglaise, qui s*y élevait à cent cinquante millions par an. Mais cette constitution éphémère laissa subsister la féodalité; les droits de main-morte, d*aânesse, et tous ees abus sur lesquels une révolution peut bien passer son éponge sanglante, mais qu*un gouvernement régulier, si bien inspiré qu*il soit, ne peut réformer que pas à pas. Les Bourbons une fois de retour à Naples^ la l^dle resta comme un pays d'exception, où Ton ne trouvait à la vérité ni conscription , ni monopole de tabac, mais 4rès-peu d'institutions, de mauvaises routes, et tous les inconvénients d'un gouvernement lointain. On avait vu , en 1821, les Siciliens refuser de donner la main à la révolution de Naples, et accélérer ainsi sa chute. La réaction qui en fut la suite ne fit qu'envenimer les plaies. Le nouveau ror protesta de son désir d'y remédier; mais elles étaient trop invétérées pour que le bon vouloir y pût suffire. Le mécontentement ealreXml ^iv^Vax de fermentation qui éclata plusieun

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fois, et parliculièrement en 1837, à roccasidn du choléra qui ravagea Palerme et Catane. Il fallut recourir aux moyeus violents pour rétablir la paix dans ces deux villes. 11 parut à cette occasion des décrets qui abolirent Fadministration spéciale , les juridictions patrimoniales , la féodalité ; oi;l projeta de nouvelles routes, un nouveau cadastre, le partage des biens communaux au proGt des pauvres ; mais ces décrets sont encore à exécuter.

Quand on parcourt cette île qui fut jadfs le grenier de l'Italie, aujourd'hui dépeuplée, couverte de ruines, n'offrant que des campagnes incultes ou marécageuses, nourrissant à peine quelques chétifs troupeaux ; quand on voit en regard de cela la vive intelligence de ses habitants, rattachement qu'ils ont pour leur patrie, leur désir d'amélioration , on ne peut que souhaiter le moment où la Sicile redeviendra le centre du commerce méditerranéen. Mais ces lointaines espérances ne sufGsaient pas aux patriotes ardents. Les sociétés secrètes , dans leur activité souterraine, s'entendaient avec celles de Naples pour demander à tour de rôle quelques franchises , et de réforme en réforme arriver à obtenir une constitution. Les impatiens n'obéirent pas longtemps à ce mot d'ordre : à Messine d'abord, puisa Palerme, ils se soulevèrent (9 janvier 1848), élevèrent des barricades, et restèrent victorieux.. Ils formèrent des compagnies d'armes, sous la présidence de Pruggiero Settimo, et donnèrent à la Sicile un gouvernement séparé, avec la (institution de 1812. Le roi y consentit; mais les Siciliens ne voulurent pas recevoir, à titre de don, ce qu'ils tenaient déjà à titre de conquête. Les libéraux de Naples s'agitaient, de leur côté , pour obtenir des réformes , à l'exemple de Home et du Piémont; bientôt ils eurent une constitution. Il semblait que tous les amis de la liberté allaient se montrer satisfaits : bien loin de là ! la Sicile protesta contre cette constitution , et redemanda à grands cris sa charte de 1812 , déclarant que, si le roi n'adhérait pas complètement à la demande , la Sicile se détacherait de Naples. Des forces furent envoyées ; on les repoussa (6 mars), et la déchéance des Bourbons fut prononcée le 13 avril. Ce fut un mal incalculable que cette séparation , qui arriva au

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