HI8T. DE CENT ANS. — T. IV. S
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moment où il u'était question partout que d'union italienne. Alors que toutes les forces étaient nécessaires sur TAdige, le roi de Napies se vit forc^ de dëtacher une partie de son armée pour mettre à la raison les Siciliens: Le reste fut acheminé vers la Lombardie, sous le commandement de Guillaume Pépé, général malheureux de la révolution de 1820, et infatigable auxiliaire de toutes les tentatives qui se sont succédé deptiis 1796 jus* qu*à ce jour.
Cependant, comme il s*agissait de mettre en pratique la constitution, les chambres furent convoquées à Naples. Mais dans la première réunion (14 mai) quelques députés refusèrent de prêter serment à la nouvelle charte, vu que le programme du 3 avril attribuait aux chambres le droit d'interpréter la cons* titution , d'accord avec le pouvoir exécutif ." d'où ils voulaient conclure que les chambres étaient constituantes et non constituées. Le roi se résigna à changer la formule : mais l'assemblée, dont ou entretint la déflance par des contes perfides, ne se tint pas pour satisfaite , et répondit au roi qu'il n'était qu'un , tandis que les députés étaient cent. Ce débat intérieur retentit bientôt au dehors, où éclata un mouvement qui fut provoqué, selon les uns, par les républicains pour aller en avant , et, au dire des autres, par les réactionnaires pour sévir : chacun imputant, selon l'usage, à ses adversaires les imprudences ou les méfaits dont il redoutait les suites. Ceux que tour Itour l'on adulait sous le nom de peuple, ou qu'on vilipendait sous celui de lazaronni, prirent parti pour le roi. Ce fut en vain que celui-ci obtempéra aux demandes et prit un nouveau ministère ; ce fut en vain que les députés se mêlèrent à la foule , et recommandèrent de détruire les barricades, puisque le but de la démonstration était atteint. S'il est aisé d'imprimer le mouvement, il est difficile de le diriger. On incendia, on égorgea; puis les baïonnettes et les prisons finirent par calmer la révolte. La nécessité de réprimer le désordre rendit au gouvernement Tanne de l'arbitraire, que la raison avait arrachée de ses mains. On donna pour prétexte que ce mouvement avait été l'œuvre d'un parti qui visait à placer l'Italie sous un seul sceptre ; et comme le premkt \viç,\\wç,v d^ Iqus les êtres est de se conserver,
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et qu^aussi le premier besoin de tout gouvernement est de maintenir le calme intérieur, le roi rappela son armée , qui était eampée sur le Pô. C'est ainsi que la cause italienne perdit ce renfort important, à Texception de qMclques récalcitrants qui suivirent l'exemple de Pépé, et passèrent à Venise. Le ror, après avoir dompté Témeùte, déclara que c'était sa fçrme et immuable volonté de mitiptenir la eonstihition , voulant « que Ton se fiât à sa loyauté , à sa religion ^ à ses serments libres et spontanés. »
Cétait un temps où la haine aussi bien que l'enthousiasme ne connaissait plus de mesure^, et on put voir alors combien la popularité réduit ses fétiches à Tétat d'esclaves. Pie IX, adoré la veille, fut dénoncé partout comme un traître. Avec tout autant d'imprévoyance on avait adoré Charles-Albert ; on l'avait acclamé roi d'Italie : dans ce but on avait prêché, intrigué; qû avait remué tout le pays. Le prince de Monaco s'était prononcé pour lui ; le parlement dç Sicile lui avait demandé pour roi un de ses 411s. En conséquence, lies princes crurent qu'on les poussait à combattre, non plus pour l'indépendance, mais pour enrichir un seul homme de leurs. dépouille3. L'accord une fois rompu , les récriminations des prînces mirent les peuples en fureur ; et Charles-Albert se trouva lui-même embarrassé par l'extravagance de ses admirateurs.
Déjà ce roi, chargé de la conduite d'une guerre d'insurrection, sentait vaciller dans ses maiiis Tépéequi promettait de délivrer l'Italie. Ses efforts échouaient contre ces terribles obstacles de Fart et de la nature; et rien ne décourage comme l'inutiFité des efforts. Les vivres mal distribués introduisaient la faim au milieu de l'abondance. Les volontaires de la croisade italienne fii:ent preuve de bonne volonté et de courage à Helvio, à Touale, à Curtalone; mais ils ne firent jamais preuve d'union, d'obéissance, de persévérance, ce qui est indispensable pour vaincre. Le chef d'ailleurs n'en sut point profiter. Confiné dans les limites de la stratégie officielle, il repoussa le puissant secours de l'insurrection populaire. L'ambition d'être le héros de la rédemption italienne lui fît refuser 4me autre épée mieux fourbie que la sienne pour une guerre qui n*était,pas une guerre de roi. C'est ainsi qu'en poussant les choses trop loin , on compromit
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tout. Tandis que, d'un côté , on éloignait les sympathies du dehors par ce mot tant répété, V Italie fera tout elle-même, de l'autre, on ne se prétait à nul accord au dedans ; et quand FAutricbe en vint à offrir, sous la médiation de FAngleterre, de cbnstitiier un État indépendant sous le sceptre d'un archiduc, qui aurait Parme, Modène et la Lombardiejusqu'àrAdige,.oiine voulut pas même s'y arrêter : on répondit que l'épée une fois tirée pour la cause italienne, on ne pouvait plus s'arrêter qu'à l'entière délivrance.
C'était au moment où l'Autriche, assaillie de tous les côtés à la fois , semblait près de succomber, que le ministère Fiquelmont s'était résigné à de t^lles propositions; mais bientôt l'Autriche reprit le dessus. Une nouvelle armée descendit des Alpes, sous le commandement de Wolden et de Nugent ; elle reprit la Vénétie ville par ville (avril et mai); elle força l'armée pontificale, qui était sous les ordres d'un général piémontais, à capituler et à repasser le Pô. Puis Radetzky, délxmchant de Vérone, et tombant avec ses masses sur lalfaible armée piémontaise, la rejeta de l'Adige sur le Mincio, puis sur I'OIIOy et enfin sur l'Adda. Cinquante mille hommes avaient commencé la retraite a Goïto ; il en parvint à peine vingt-cin^ mille à Milan, et ce fut pour l'abandonner immédiatement et repasser le Tésin ; si bien que tout le royaume lombard-vénitien , à l'exception de Venise, se trouva reconquis.
La catastrophe porta l'irritation au comble ; et, comme il était plus facile de répondre par des outrages que d'en apercevoir les causes, on jeta de nouveau l'épithète de traître à la tête de ce roi qui venait d'exposer sa vie et celle de ses fils.
Les Autrichiens s'étaient arrêtés au Tésin , acceptant l'armistice offert par le Piémont; mais ils entrèrent dans les duchés, en donnant la parenté pour prétexte à cette invasion. Ils entrèrent "aussi dans la Rômagne , en dépit des protestations que le pape renouvela, répondant à cela que ce n'était point à lui qu'ils faisaient la guerre, mais aux bandes qui avalent pris les armes malgré lui. Bologne résista avec courage (8 aoât), en faisant entendre encore, à travers le fracas du canon et de la fusillade, le cri de rive P Italie et Pie IX! Ce fut la dernière fois que ces deux nom^ ^^ \XQ\sîs>.\«ûX^^<ft<ilés.
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' Aiasi ritalie retombait an pouvoir des Autrichiens. Les esprits s'aigrirent, se soulevèrent, et l'on tint conseil au milieu du vertige et de la confusion. Un congrès italien ouvert à Turin (10 octobre), sous la présidence de Gioberti, de Mamiani, et du Calabrois Romeo, voulut prehdre en jnain les affaires.de Tltalie ; mais ce ne fut qu'tm tournoi académique^ une affaire d'éloquence et de bravos, comme si Ton eût été encore aux premiers jours delà révoltitidn. Cette assemblée ne tarda pas à se dissoudre , attendu que le ministère toscan de Montanelli , qui avait remplacé Guio Capponi , déclara qu'il voulait se placer à la tête d'une fédération^ et invita les divers États à envoyer à Florence leurs députés pour une constituante italienne.
Pellegrino Rosèi était un publiciste émii^ent, qui avait associé à la science du droit les études économiques. Il avait longtemps résidé en Suisse, et y avait proposé une nouvelle constitution ; il avait depui;s quitté ce pays pour se fixer en France, où il professa le droit constitutionnel et se vit élever à la pairie. Quand Pie IX fut entré dans la voie des réformes , Louis-Philippe envoya Rossi à Rome en qualité d'ambassadeur, chargé à la fois comme praticien consommé, de guider la marche du gouvernement pontifical, et, comme réfugié, de gagner la confiance des libéraux. En tout cas, il sut gagner si bien celle du pape, qu'au milieu de ses perplexités, il le fit chef de son propre ministère. Il mit à la tête de l'armée Zucchi, vieux soldat des guerres de l'empire, condottiere de l'insurrection de 1831, qui était demeuré depuis lors enseveli dans une forteresse autrichienne, d'où la présente révolution l'avait fait sortir. Rossi s'appliqua à rétablk les finances, à donner l'essor aux travaux publics, à préparer une statistique, . à constituer cette association italienne dont Pie IX s'était fait j de lui-même l^nitiateur et le promoteur zélé. Il s'attacha enfin à contenir les factions furieuses, et aussi la réaction qui travaillait dans l'ombre.
Comme il montra dans cette œuvre delà force et des ressources, il n'en fut que plus exécré. Pour les prêtres, e'était un sacrilège ; aux yeux des AlËertistes, c'était un obstacle à leur fusion ftoitastique : les déclamateurs le signalaient à la colère du peuple. C'es^ que, dans ces moments difficiles où deujc partis ennemis spnt aux
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fera tout etie-méme, on la vit bientôt enrôler un ramas d'étrangers. La décliéance du pape ne pouvait rester un fait isolé dans la chrétienté : indépendamment du respect, de l'amour des fidèles, et des sympathies que le monde tout entier avait témoi* gnées pour Pie IX, on vit apparaître, dans cette république romaine ( inaugurée par un assassinat que tous les partis se jetaient mutuellement à la tête ), comme le fantôme d'un grand complot européen travaillant à renverser tout ordre quelconque, à ruiner toute idée de subordination. En Sicile, rassemblée constituante manifesta le vœu de voir réintégrer le pape dans ses États ; l'Espagne, empressée de reprendre rang dans la diplomatie européenne, invita les^ souverains à ouvrir un congrès dan^ ce but. Le pape s'adressa à l'Autriche, à la France, à l'Espagne et à la Sicile, les conviant à renverser la république romaine (20 avril ). Ainsi Jes destinées de l'Italie devaient encore une fois être remises aux mains des étrangers.
Charles-Albert brûlait du désir d'effacer l'af&ont de sa défaite, et de se jeter à corps perdu dans les hasards d'une nduvellé tentative : mais son armée était désorganisée, et le pays était épuisé. Les discordes civiles retentirent plus fort quand le bruit des armes cessa de se faire entendre; un héroïsme qui ne tient compte d'aucun obstacle poussait sans cesse àdsquer le sort de l'Italie. Ce que le peuple veut, Dieu le veut, répétait-on . Les moteurs, qui avaient déclamé alors que les autres eombattaient, criaient plus fort, depuis qu'on ne pouvait plus leur répondre : Pourquoi ne vous battez-vous pas? Des milliers de réfugiés lombards is*agitaient dans le saint désir de relever leur patrie v les braves s'agitaient pour venger leur désastre, les peureux, pour cacher leur peur en faisant peur aux autres. Les républicains surtout s'agitaient, criant qu'on avait tout perdu en se confiant à un roi ; les calomniateurs s'agitaient, accusant ministres, généraux, fournisseurs; et quiconque avait eu quelque bribe de pouvoir faisait planer des soupçons sur ceux mêmes qui s'étaient le mieux conduits; on les crut, comme on croit toujours à ce qui peut ravaler le caractère italien.
Tout cela tournait au profit de cette faction qui se disait démocratique, et qui demandait à- grands cris que l'on se jetât sans
JCJft K£T1U bis ITALflBS.
éeliàdau KoeiiovvcUesQeiTeaoatmiee. CdtpfictiGo porta an mi^ïjrjtt^ G»rA.<T*S 16 décembre 154^ .afin que edui-b «sa per^>. fioa icr^jlt La cikambre fut dissoote, et les nooreilcs «)<esIcQS. qxii eurent lien soos la preaion des cîreonstanccs, rrasire&t seion le» yocox de ee parti. Le roi ouTrit la sessioD I ^ ît-rner , émettant le ^fxn d'une confédération entre les princes luliens : il se montra toot prêt a rétablir rarmée sor le pied de ini«rre, poor pea que Us nesociaticus entamées arer T Autriche n'aioQtiâsent pas a un arrangement bonoralde; mais ee que h plus ÇTjQd nombre entendait par ce mot, c'était la consenration des proTînees qui s'étaient fusionnées avec le Piémont : soiution d'autant moiis probable qu'il s'agissait déjà de ùire restaurer le pa^« et le çrand-doe au moyen d*ane interventioc étrangère. Pour tâcher de se soustraire à la honte de tw encore les étrangers disposer des destinées de l'Italie, le ministère Giob«rti crut qu'il senit opportun que le Piémont se chargeât luimême de restaurer ces pnnces : la démonstration pourrait suffire, pensait-il. pour faire tomber toute résistance, et Tltalie s'habituerait a voir ses enfants résoudre par eux-m^mes les questio!;s intérieures. Le Piémont reprendrait par là vis-à-vis des pfiissanciES Tattitade qu'il avait perdue. Ce serait un moyen de de*.«jurcer les esprits dune guerre avec rAutriche, laquelle ne !:• Usait entrevoir qu'un desastre inévitable. Mais la chambre acoueiilit le projet de Gioberti comme un fratricide. Celui-ci dep<:>sa aussitôt s<3n portefeuille .20 f6\Tier}; \ili pende et oublié bientôt, il reçut le salaire ordinaire de la popularité; il le reçut toutefois avec une di^të dont bien peu avaient donné l'exemple *. sans fortune et sans titres, il retourna paisiblement à ses études.
Le ministère Clûodo qui remplaça Gioberti promit, pour son début, la guerre contre T Autriche. Préparé ou non à entrer en campagne . on donna le commandement en chef de Tarmée à un général polonais; on dénonça l'armistice; mais il ne fallut qu'une journée pour donner à TAutriche une victoire complète. Charles- Albert vit son armée mise en déroute: il abdiqua, et gagna l'Espagne, où il succomba bientôt à ses chaî^r'uis. Ce àéiio\lvs\«u\ précipité fut encore imputé à la tra-