‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notes (volume 2)Chapitre 79 sur 82 · BE^BS DES ITALIENS · texte numérisé non relu

BE^BS DES ITALIENS

hison ; mot commode qui couvre toutes les fautes , et qui prêt vient le découragement, en le convertissant en fureur. Qu'un homme soit l'auteur des ruines sous lesquelles il se trouve enseveli, cela se rencontre fréquemment ; mais on ne satirait imputer qu'à un fou des crimes inutiles. -On en vit pourtant qui ne craignirent pas de répandre des bruits, des soupçons que le peuple, en de tels moments, traduit en insurrection. Gènes se souleva au <^i de PHve la république (80 mars 1849)! et les ennemis de l'Italie eurent encore le plaisir de voir tourner contre des Italiens ces armes qui venaient de se briser contre l'étranger. Le mouvement de Gènes fut vite comprimé ; puis on donna satisfaction aux cris de trahison en faisant fusiller le général I\amorino,'et eu ordonnant une enquête sur les causes du désastre de Novare. La fureur dès lors se changea en pitié, puis on entonna des hymnes en l'honneur du magnanime Charles* Albert. L'Autriche, au prix de 70 millions, vendit la paix à son fils Victor-Emmanuel, à qui échut la noble tâche de fermer les plaies de son pays, d'affermir ses institutions, et de donner l'exemple au reste de l'Italie.

Le royaume lombard-vénitien fut livré, comme il l'est encore aujoutd'hui, à l'arbitraire militaire. Venise seule, après que la fusion eut échoué avec le Piémont, déploya l'héroïsme des derniers moments, comme Milan avait eu celui de l'initiative : elle déclara qu'elle résisterait à tout prix, sous les bannières de Sâint-Marc et sous le gouvernement de l'avocat Manin. Abandonnée alors par la flotte sarde , privée de subsides et d'assistance, soumise à un blocus de plus en plus étroit, elle seule, en de telles extrémités, trouva le courage de discuter, de négocier sur le fait des franchises constitutionnelles promises au royaume lombard- vénitien. Lé ministre autrichien de Bruck en fit l'offre, en effets aux envoyés de Venise; mais ceux-ci les rejetèrent, en ce que, 1^ les charges n'étaient pas conservées int^ralement aux Italiens , 2° que l'Autriche se réservait la faculté d'abolir les droits fondamentaux ei^ temps de guerre ou de révolution ; 3"* qu'elle entendait réserver la partie la plus importante de la législation au parlement viennois, au détriment du parlement italien -, 4"" qu'elle ne créait ni armée ni flotte

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■aiiraib* xiu rif r^crfr slis ^ ?s?^ L'EuEope appîaudit z fiffu Jine umincu» « le ±c r^ai f»:cr li »?«:«iiir. tmdis ine ' kjzrjTOiR Mn'fLr tne aniaer» firciiiiiîÀe pour ccnser !a ?«îiitf Xiï 7 A ir jorie Li tâiûïn j ^ : .^£3:1 ses nri^es à ?«:: ie a isLn . f^. puni &!** ^^.^ : :«t «pc2sé. Teciâe capitula 2: B2il7 . isr*« 1-:^ ilt n aaresscffs-y îi &rur ^ ses e&fants.

2 l-inze. -aniLi r:#* 5içus Ain k rete« d^ t^ms >s piinces dé- ?*ise«&9 Ui r:r7s Tir^ee B3Ç<<r:3Li. tz rciie poa* la SidJe, bfrousria M-ssji*. « rïci: rist trc; eiticre sc«5 le Joas. L'irîr* f T riOCf-c kcl^.* l. Ti-iii eie sor la itm fence. au Bir^w i« *n:3rscci2«=:«i3 ■*€ i« exeraâoQS. Les chambres. na-^'îrrM > i^ ,»l1-«- f-js;: iresq^e aositôt dsasontes« et Je rjiiT'anfflwnt 3«wc^ reçrî ses cood^'es franches. Le raisÊsr» Bij^ze-JL 'irirs^c «xi > cofcpcliieiir de la constitution . se rt «rïosBtf KCT-^.» "nî^re ec infinie, ainsi qu'A arriTe à tous eeQ3 ^ ccl: irçr^rûe en ooocDe&t de leurs letres la coupe UEO* à ro-'Tir

La T.'S-'ai'î t::L:: :: -.rzrs «1 r^:-.te contre son prioce: mais rf :«.:rirî iCTi^iîN:-: ::u:. ^iisisie il advient là ou la force r-trL-i z*£cs:f ;g3. FiL^-es d'un arti'j^îre que le nom du dic- "ar-fvir i-îÇ'-js!:: =.1:. les Fl-rreiitbs se soulcTèrent ; et, vengeant pzr i-is issdifZJti les desrrdres qui avaient ensanglanté la paiaz-.-i T:s!az.-! . Ls r2pç^ier«nî leur çrand-duc. Ils espéraient ^ar h se scGStnire 2 ."jinsion autrichienne : mais ils n y éehappST^^' râs. En vertu de la invention du 23 ami 1S52, une partie de l'irrree imc^njle cweupâ le zrmd-duché pour un temps illimi'ji. On espvrRit que les ôranchises constitutioanelles. que le snrd-duNr avait de Im-fsëme octrovees en les déclarant méritées f* r'X'-iises, seraient conservées à un peuple resté fidèle, par un prince qui avait en la chance unique d'une restauration {K^pulaize: mais eiles turent suspendues pour un temps indéfini.

Restait donc la republique romaine, contre laquelle s*agitaient Autrichiens et Français. Espagnols et Napolitains. Les premiers prirent pied dans les légations : les Espagnols occupèrent un moment VOïû\)tw-, \« N^'^Vxv^vas ne tirent que paraître; les

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Français débarquèrent à Civita-Vecchia, en déclarant qu'ils venaient pour rétablir le gouvernement pontiGcal , moins les abus dont on avait déjà fait justice. Ils marchèrent sur Rome (le 25 avril 1849), et restèrent fort étonnés de la résistance quils rencontrèrent après les désastres de Custoza et de Novare. On répétait partout que la promptitude de la défaite n'avait pas laissé aux Français le temps de venir à notre secours : Rome était dans la persuasion que quelque événement pouvait éclater en France et faire abandonner Tentreprise. Mais cette résistance ne fît que multiplier les victimes, sans autre résultat que de donner un démenti à ce mot tant répété alors, que les Italiens ne savaient plus combattre. Sans troupes régulières, sans généraux expérimentés, ces soldats improvisés firent payer cher au vainqueur Toccupation delà ville éternelle, qui ne se rendit (3 juillet) qu'après vingt-six jours de tranchée ouverte.

Après s'être fait longtemps attendre, le pape rentra (avril ] 850), trouvant le pays en ruines, toute obéissance effacée, l'autorité religieuse compromise dans la haine que le pouvoir temporel soulevait sur ses pas. A ces plaies profondes les palliatifs habituels ne suffisaient plus ; la force était devenue une nécessité. Aux égarements des peuples on vit succéder alors les égarements des princes : ne voulant pas reconnaître qu'on peut toujours gouverner en marchant d'accord avec les intérêts, les idées, les sentiments d'un peuple , ils s'autorisèrent de l'excès des exigences pour manquer à leurs promesses et se refuser aux plus justes concessions. Ils mirent de côté tout esprit d'initiative, écartèrent ceux qui. pouvaient exercer quelque action modératrice; et le progrès se vit représenté dès lors par ces hommes d'opposition violente, qui se montrent d'ordinaire si inconséquents ou si impuissants, une fois qu'ils sontà l'œuvre. L'arbitraire, les vengeances furent abandonnés à la force brutale , -qui se plaît à multiplier les occasions de se montrer nécessaire ; le pays déchut, en un mot, autant du côté moral que du côté économique. Resté en dehors de toutes les conditions normales d'une société civilisée, ne voyant plus quand et comment la lumière renaîtrait du chaos, il ne trouvait, au bout de ses espérances, que l'affermissement du pouvoir et des abus qu'il avait voulu déraciner.

113 l'autbicbe.

Cévùl pourUnl ia preuiipj-e fois que llUlicSD jetée dans une vcritabte lutte contre TAutridui (trifajJ déployé assez de valeur pour faire laire les r^mùte p d'habitude au caractère italien. Ce □ étaieat [k troupes disciplbées c'était la jeuuesse inhabile a nuuskil mes, c'étaieat des populations paciliques , de^ \ï\ict m Milan, Venise, Vicence, Trévtse, Bresciâ, Bo vDuroeelEome.quiavaieniaflrontéreimenii dans l'ardeur irréllêchie des premiers élans, mais aieeiui tance plus méritoire et plus rare, et alora que la coo&imiI vaincre n'e<iistail plus.

NnuSDOUESommesarTétésquetque temps sur les éréMiiM' l'Italie, parce <]u'ud pays qui nous a vus naître oblientd;^ nus préfère II ces, et enfin parce que Ips vices et les vertt>JrevolutioQ se retrouvent dans toutes les autres. Mjiidest" ineuU plus considérables encore éclataient aussi dans le rew» I l'Kurope , et particulièrement en Autriche. Nous avonsdfii^f de quel amalgame de peuples se comtmfie l'empire d'Anin** I adjonctions qui datent de tous les temps en vertu de conrenliis I très -diverses, rattachées à l'Empire par des conquêtes succsi"' I Toutes ces rates s'y sont perpétuées sans mélange. Les priofif-- 1 les possédaient des eonslitutions dout la source était dW ' trndirion. La liaute et basse Autriche, la Styrie, la l^arin*' 1 la Bohême, la Moravie, la Galicie, avaient leurs diètes « sées des quatre ordres : clergé, noblesse, gentilsbomnws . -^ paj'sans. L6 Tyrol aussi possédait, depuis le 24 mars lSie,dt> I ^itats constitués surun pied semblnlile, ayant droit de remoii* 1 Irauces à l'empereur , mais n'ayaul de vote ni en matière let- ] lalive ni ea matière d'impôt. Dans la Silésie aulricbienae, l^ | étuis se composaient de princes, ducs, seigneurs (s/a iu/W<em>) ('.eiitilsliommes {ritterschaft), relevant im média temenl i I

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•mpereur. La constitution hongroise présentait une originalité Hurt, en ce que divers peuples se trouvaient soumis les uns aux très, sans qu'il en r^ultât ni fuàion ni unité, et cet état de Mes se maintint après que le peuple vainqueur se trouva sou- B à la maison d'Autriche. Les Magyars, race dommante, comanait les magnats, grands propriétaires, grands dignitaires de ;tat; les nobles, possesseurs de terres, et les simples gentilsmmes qui, tombés dans la pauvreté, n'en conservaient pas uns leurs privilèges héréditaires. Ces trois classes, réunies au utclergé, aux villes libres royales, aux bourgs privilégiés, consuaient le peuple hongrois : c'est à eux qu'appartenait Télec- •n du roi, le privilège de faire la loi conjointement avec lui,

voter l'impôt au sein de la diète triennale , où les députés :uraient armés, éperonnés, et s'énonçaient en latin. Quant au ste de la population, elle payait l'impôt, et ne jouissait d'aucun oit politique (muera contribuens plebs). Si le roi a vaille oit de déo^der la paix ou la guerre , il fallait le vote de la natn, c'est-à-dire des nobles, pour ordonner la levée en masse; il rait de respecter la constitution, de faire exécuter les arrêts des ors de justice ; et, si ces privilèges étaient violés, la nation honoise pouvait recourir aux armes. Le noble pouvait posséder rtout le royaume, le bourgeois dans le territoire seulement

la cité où il résidait. Au premier les hautes magistratures, is les emplois des conlitats, le droit de rendre lajustice« etc. ss paysans recevaient du propriétaire, moyennant le service rsonnel et certaines redevances, une terre à cultiver. Cette vaste contrée renferme quatre millions de Magyars et de ^ngrois, cinq millions de Slaves ; les Allemands, les Valaques, \ Grecs, les Albanais, les Arméniens, les Juifs, les Bohémiens, ntévaluésà environ deux millions. Les Magyars opulents habintles châteaux ; pauvres, ils gardent les troupeaux et mènent la. e nomade; les Allemands font le commerce; les Valaques tienmt auberges ; les Croates vivent d'agriculture et d'industrie; les \\is et les Arméniens y sont marchands et fermiers ; les Zinzares

les Bohémiens sont maquignons, forgerons, chanteurs ambunts ; les Slaves chasseurs et bateliers. Ces différents peuples conrvent leurs mœurs, leurs costumes, leurs privilèges particuliers ;

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chaqoe Etat, chaque née ▼ possède ses lois , ses magistrats, et ckKvn j est joçe par ses pairs.

Les peupies d'onsioe slave conserrcnt fous, soos le joug de leurs divers osaitres . une nrande uniformité de croyance et de oicnus. Travaillés sourdement par les rivalités des cabinets de Vienne et de Saint-Pétersbourg , eicités par l'ambition des nobles, par rimpatience des démagogues, ces peuples cédèrent plus on moins à la secousse de février. La Bohême s'agita la première, et prit les armes contre f Autriche '12 juin 1^48; , sous prétexte que sa nationalité se trouvait menacée si rAutriche venait à se fondre avec TAlIema^e. Le cabinet de Vienne fut forcé d'emplover b force pour ui réduire, et le prince de Windîs^aétz éteignit dans le sang finsurrection de Prague. Puis . quand la constitution autrichienne vint à prodamer l'égalité des diverses races, les Bohèmes trouvèrent que les Slaves en seraient lésés; aussi se tournèrent-ils dès lors vers Tempereur ; ils protestèrent contre riosurrection de Vienne, et s'offrirent pour comliottre tes révoltés.

La secousse fut plus profonde en Hongrie. La maison d\Autn^rhe s'était de tout temps appliquée à se Tassenir, en entamant ses privilèges . Joseph II par la force, au nom de la philosophie, ses successeurs par des moyens détournés. La diète, qui devait être convoquée tous les trois ans, ne l'avait pas été une seule fois de ISI :î à 18^5 ; et. pendant cet intervalle, le roi François F' avait levé hommes et impôts selon son bon plaisir, sans oser cependant faire ce que >~3poléon lui a^-ait conseillé . conquérir résolument la Hongrie. Réunis enfin le 1$ novembre 1825, les nobles hongrois profitèrent de cette occasion, attendue longtemps, pour revendiquer leurs anciens droits, pour se plaindre que leur inviolabilité n'eQt point été respectée, et qu*oneùt appliqué à leur pays les règlements faits pour les provinces héréditaires. Le roi promit de ne plus lever ni impôts ni soldats sans le consentement de b diète, et, tout en déplorant la manie de constitutions chimériques qui s'était emparée du monde, il fit l'éloge de la constitution liongroise. et protesta de son amour pourelle. >!ais les nobles hongrois avaient pris vis-à-vis du souverain une attitude hostile, allant jusqu':i prétendre <\\\\\ Tçsv^^v Y^\\w\^vi\, qu'il [>arBt la Innguf

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nationale, qu'il lui fût interdit de conduire Tarniée hors des entières, sauf le cas d'invasion ; enfin , ils semblaient ne pas reculer devant Tidée de détacher la Hongrie de Fempire d'Autriche. Mais, quand la révolution de 1830 éclata, les Magyars prirent l'alarme, plus inquiets encore des idéesd'a£franchissement populaires qu'ils ne l'étaient des exigences de rAutriche; ils consentirent à -envoyer des troupes pour contenir les Italiens et tenir tête aux menaces de la France. Tout étant rentré dans l'ordre , ils élevèrent de nouveau la voix. A partir de 1840, un mouvement de réforme et de progresse manifesta en Hongrie ; la noblesse même se prêta à la formation d'un tiers état; on s'appliqua à créer des routes, des moyens de navigation intérieure, à développer l'agriculture, à introduire d'utiles innovations. Certaines communes obtinrent dans la diète leur représentation ; l'usage de la langue magyare s'étendit ; la noblesse se soumit à l'impôt. Puis, par un sentiment exagéré de patriotisme, on proposa de refuser à l'avenir les subsides de 1* Autriche , et d'augmenter pour cela l'impôt de douane établi entre les deux États. La ville de Pest se vit réunie à Bude par un pont admirable. On améliora l'éducation publique; la publicité commença pour la pensée ; on réforma la procédure ; on prépara un code pénal ; des conventions furent arrêtées entre les jpaysans et les seigneurs pour le rachat des dîmes, ainsi que du servage; dans le choix des juges, on commença à tenir compte du mérite, indépendamment de la naissance vdeux simples bourgeois prirent place à la table des septemvirs, cour suprême de justice. Bref^ le droit individuel se rapprocha de la raison, et de l'humanité; et futilité publique tendit chaque jour davantage à supplanter le privilège.

La diète de 1844 mérite une mention particulière : elle abolit les lois urbariales qui pesaient sur la population agricole, laquelle obtint alors la faculté de posséder des terres nobles ; elle établit une banque hypothécaire pour les cultivateurs» leur procurant ainsi des moyens de rachat, et la faculté de devenir propriétaires et citoyens. Elle réclama T^abolition des justices patrimoniales, qui n'étaient, en quelque sorte, que des justices de paix. Elle demanda la publicité des jugements, Tintroduction du jury

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l'autbichs. 377

tête, croyant par là affaiblir la puissance qiagyare, s*eff raya quand elle vit le mouvement s'étendre ; ce fut surtout quand elle entendit les Illyriens s'attribuer le titre de nation. Elle défendit aux Dalmateset aux Slaves de prononcer ce ihot. Louis Gaj, qui avait remué le pays contre les Magyars, persuada aux Croates de renoncer à leur dialecte pour adopter comme langue nationale le ragusien; la langue illyrienne fut adoptée dans la diète comme langue officielle.

L' Autriche, alarmée, tenta d'arrêter cet essor ; et, par un de ces accidents fortuits qui ne manquent guère quand la mine est préparée, une collision sanglante éclata dans Agram. Le peuple se souleva furieux ; Gaj seul parvint à Tapaiser : il protesta que r Autriche était innocente de Févénement. Il adressa alors à Vienne diverses réclamations ; il demanda la destitution du ban Haller (1846). L'Autriche y consentit, à condition que les Croates favoriseraient dans la diète hongroise le parti autrichien.

Mais ce réveil des nationalités gagnait tous les'jpays slaves. Ce n'était pas de l'entraînement politique , c'était un sentiment sérieux, un enthousiasme; c'était moins pour obtenir des droits politiques que pour se voir reconnus comme nation , et cesser d'être inférieurs à d'autres peuples» Tous ces vœux trouvèrent leur représentant dans Joseph Jellachich, officier des colonies militaires, beau, vaillant, chevaleresque comme George Le Noir, érudit, poète, très au fait de l'histoire et de la diplomatie de l'Europe. Elu vice-roi de Croatie , il mit en pratique les idées qui consistaient à s'attacher à l'Autriche, pour rompre tout lien avec les Magyars. Pourtant il se proclama l'ami de tous les Slaves autrichiens; mais les Slaves polonais haïssaient l'Autriche comme complice du démembrement de leur patrie ; les Slaves Cesci de la Bohême Tavaient également prise en haine, ^e croyant sacrifiés aux intérêts allemands ; aussi ne comprirent-ils pas et ne secondèrent*iis pas les vues de Jellachich, qui , en élevant haut la Croatie , méditait peut-être la fondation d'un grand empire slave. ^

Ces mouvements se propageaient sous la pression bureaucratique de l'Autriche. On peut se figurer combien ils prirent d'importance et de violence , quand l'Autriche se vit ébranlée par

hsTS L authiche.

uDc révolutioa ( t848). Ce choc de nationalités contre ua gwvememeut militaire, menaçait de détacher la TIoDgrie de \'mpire. L'arcbiduc Etienne , en ouvrant comme palatin la dieu hongroise (5 juillet 1848), déclara que la volonté du roi élaii ife proùger l'unité et l'inviolabilité de la couronne contre lome agression étrangère et tout déchirement intérieur. Le parti du progrès légal mit alors sa confiance dans l'Autriche, et réalisa des améliorations appelées depuis longtemps. Le servage fiit aboli; de sorte que cinq cent mille nouvelles familles se traDvèrent propriétaires ; tous les emplois furent déclarés accessiblo il tous; fut déclaré électeur quiconque possédait 750 f. enïiron : de même tout porteur d'un diplôme, tout ouvrier ayant uo apprenti ; enfin, la diète proclama la réunion de la Transylfaoit à

La constitution n'admettant point de fonctionnaires étrangm au royaume, les décrets de l'empereur, devenu roi constitutionnel de la Hongrie, ne purent plus Être acceptés sans le conb^seing des ministres. D'un autre côté, les Hongrois, fa^oonà depuis longtemps aux manœuvres parlementaires, piàqoi seuls de lous les sujets dp l'Autriche ils avaient le privile^f d'uue constitution , entcevireul le djinger de la direction de lani de pays différents par un seul ministère, lequel pourrait obleair de l'un des troupes et de l'argent pour opprimer l'autre. Ils formèrent donc un ministère de leur nation , distinct el responsable. L'Autriche, menacée d'une séparation complète, sévit forcée d'y acquiescer et le roi prêta serment à la nouvelle constitution-

Ainsi réduite à caresser la Hongrie, l'Autriche devait voir du |j1us mauvais œil tes efforts tentés par Jellachirh en faveur de la nationalité des Slaves. Celui-ci cependant se laissa per suader que si l'Autriche pouvait sauver son uuite, les Sla^es Uniraient par prévaloir, en raison de leur supériorité numérique Aussi le ban, qui ne voyait rien que sa propre nation, mit ba^ les armes, et se rapproclia de l'empereur, dans le but de ri^ Kénérer l'Aulriche, en mettant toutes les races de l'empire sur h pied de l'égalité.

Kn Hongrie, le comte Szeclieni el d'autres nobles illustre.^, qui

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depuis longtemps déjà travaillaient à doter leur patrie des progrès industriels et sociaux dont Texpérienee était faite ailleurs, ne songeaient qu'à y affermir Tordre et le régime constitutionnel ; mais là comme ailleurs ces vétérans de la liberté déjà étaient traités de rétrogrades,d'oppresseurs par les néo-libéraux, lesquels, tout en faisant sonner bien baut chez eux les mots de liberté, de générosité, de patrie, voulaient maintenir sous le joug les Croates, et ne fiaisaient nul doute d'en venir à bout facilement. Ce parti avait pour chef Tavocat Kossuth , d'origine slave , qui , comme Jellachich, et tous les révolutionnaires de cette race, étaient persuadés alors qu'il fallait maintenir F Autriche puissante, chacun d'eux se figurant que sa nation y aurait la prépondérance ; Kossuth avait mis toute son éloquence à obtenir des Hongrois qu'ils fournissent des troupes pour écraser l'Italie, ne s'apercevant pas que c'est un mauvais moyen pour retrouver une nationalité, que d'en égorger une autre. Puisque la Hongrie voulait continuer d'opprimer les Slaves , il fallait d'abord s'affranchir des Allemands. Elle l'eût pu aisément, si elle eût profité du soulèvement de l'Italie; mais elle resta hésitante, ne sachant alors à quoi se résoudre. Pendant ce temps, l'Autriche reprenait son prestige, sa force, rapprochait d'elle les Croates, qui, ne voyant de salut pour eux que dans l'unité autrichienne, se firent ses champions, et Jëllachicb marcha sur la Hongrie.

Tous ces mouvements partiels s'accélérèrent bientôt de celui qui éclata dans Vienne, où la révolution prit un aspect inattendu ; des mains de ceux qui lui avaient donné le branle et espéraient le contenir, il passa aux mains de la démocratie pure, te" présentée par la légion universitaire. On réussît enfin à soulever le peuple, en faisant circuler contre la cour toutes sortes d'accusations. Le ministère capitula (26 mai), et Vienne se vit transformée en une quasi-république, tombée aux mains des étudiants, et gouvernée par un comité de sûreté publique. L'ébranlement se communiqua à toutes les provinces ; chacune y voyait une chance de recouvrer sa nationalité : c'était comme autant d'héritiers qui s'arrachaient les dépouilles d'un mort. L'Autriche, en effet, semblait à l'agonie ; elle tâchait de gagner du temps, et ne se faisait faute de promesses. Une assemblée constituante fut

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