QUATBIEME COALITION. — ROYAUME DE NAPLES
renouvelaient contre le gouvernement; et Caroline envoyait aux assassins des diplômes et des mitres, tandis que Fancien jacobin Saliceti , ministre de la police , les réprimait avec une . effrayante rigueur. Une fois le palais qu*il habitait fut miné ; mais il échappa au danger. Quoi qu'il en soit, la masse des Napolitains se façonnait aux nouvelles institutions; Joseph était aimé , ou plutôt plaint ; car on savait qu'il ne pouvait qu'exécuter les irrésistibles volontés de l'empereur, substituer une féodalité à une autre, imposer des taxes, lever des conscrits , et déployer des rigueurs au gré du maître. En quittant ce trône pour celui d'Espagne, il donna, de Rayonne, une constitution aux Napolitains ( 20 juin 1808), mais seulement par ostentation y sans aucune espèce de garantie.
Le traité de Lunéville ( 1801 ) avait bouleversé dans ses ra* cines la constitution germanique. L*Empire y avait perdu un neuvième de son territoire ; l'existence politique, rautonomie , iiit enlevée à plus de la moitié de ses membres ; la plupart de c^ux qui la conservaient virent leurs domaines agrandis par l'effet des indemnités qui furent réglées à Ratisbonne entre la France et la Russie. Pour cela, les puissances séculières se partagèrent les États ecclésiastiques ; acte de violence par lequel furent distribués, selon le gré de la France v^ provinces et des électorals qui (chacun le comprenait) ne devaient plus avoir bientôt aucune signification. Quatre électeurs nouveaux furent ajoutés aux électeurs séculiers, savoir : Ie<luc désormais roi de Wurtemberg , le landgrave de Hesse-Cassel, le margrave de fiaden et le grand-duc de Toscane , pour Pévêché de Salzbourg. Parmi les électeurs ecclésiastiques , celui de Mayence conserva seul son siège dans la diète ; trente et un évéques et abbés furent rayés de la liste des princes, et les villes libres, réduites de cinquante et une à six. Sur les dix votes électoraux , six appartenaient à des protestants, ce qui rompait l'équilibre entre les deux croyances ; de même, les protestants se trouvèrent les plus nombreux dans le collège des princes et dans celui dos villes.
On avait espéré que la Révolution amènerait le renversement des petits seigneurs héréditaires et la domination de la
SM CO.^rÉOBBATION DU BHIlf, • ^
-bourgeoisie : elle aboutûnait , aa contnire, à la d«tlnielMHi dei •républiques et à raffermiaseniMit dei prineei; Tuiii^ éL l'indè- .peudance germaniqaes furent si peu iai»r«gardées, que eeui qop yeo étaient sépajréi les premiers y avaient le plus gagné. Li •uppression des évéehés fermait au peuple la voie par laqaeiie il montait au rang des dominateurs. La destruetion deasoniexainetés ecclésiastiques était une iniquité , car elle n'était ps fédamée par les peuples, que personne ne ibngea à inlerrogar; la Justice aurait voulu que tes pertes imposées par la vieloîR lussent réparties également sur.tous, tandisque c'était on noufwi partage de la Pologne opéré par les membres d*na même eorpi. . Napoléon ne s'arrêta pas dans ses réformes : il sopprâna k nom d'Empire, qui rappelait l'ancienne hiérardiie féodale, et substitua le protectorat de la France à la aupréinatie de VAïïtriohe. A la diète de Ratisbonne, le chargé d'affiiires de 11 France déclara que son maître ne reconnaissait plus FEmpR germanique ; les princes annoncèrent qu'ils se séparaient de TEmpire, avec lequel tout lien était déjà rompu de £ait Tallcf rand faisait traGc des peuples ; et ce nouveau Mazarin élabora avec son maître (12 juillet 1806) un plan de cortfédératk» du Bhinj sous le protectorat de l'empereur des Français. Napoléon domina ainsi de l'autre côté de ce Rhin qu'il wnàn déclaré prendre pour limite '. *
L'acte constitutif portait que les princes allemands se dédiraient séparés de l'Empire, unis en confédération • sous la protection de l'empereur des Français, et indépendants de toute pu»
' « Ce célèbre traité, dit M. Thiers, mit fia à l'ancien empire ger inanique , après plus de mille ans d^existence. Il fournissait le aoafeia modèle sur lequel devait être constituée TAllemagne moderne; il (t était, à ce titre, la réforme sociale. » On pourrait faire remarquer qoeeei acte encore était conforme à Pesprit du traité de Westpbalie, quri élut fk balancer la prépondérance de rAutriclic en Allemagne ^ en doaatfl la France pour appui aux p^iits États. » ( An. R. )
> La France devait fournir 200,000 hommes, et la confédération 63,000; la Bavière, 30,000 ; le Wurtemberg , Bade, S,000 ; Berg, Hesse-Darwfadt, 4,000; et le, reste, des petits États, 4,000. Am. R. )
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sance étrangère. Ils déterminèrent un contingent pour la défense commune , et contractèrent alliance avec Tempire français.' C'était cinquante-trois mille combattants de plus que Napoléon se ménageait ainsi. François II confessa son impuissance en ces termes : Convaincu que nous ne pouvons plus accomplir les obligations qui nous sont imposées par les fonctions impériales y nous' renonçons à une couronne à laquelle nous n^at" tachions de prix qu'autant que nous pouvions répondre à la confiance des électeurs et des États , et satisfaire à nos devoirs; puis il les releva tous du serment qu'ils avaient prêté (6 août 1806).
Beaucoup de principautés et de seigneuries avaient été sécu • larisées ' par la paix de Lunéville ; beaucoup de petits princes aussi furent médiatisés * par l'acte constitutif de la confédération , bien moins pour l'avantage des peuples que pour celui des souverains. Bientôt ces princes le sollicitèrent de changer les
■ Sécularisées f c^est-à-dire rendues à Tordre séculier. Les principautés ecclésiastiques, évéchés, abbayes, furent distribuées, à titre dMndemnités , et passèrent dans les mains des princes laïques; les petits souverains de Tordre ecclésiastique se trouvèrent de la sorte dépouillés par Pacte de 5écuiarisation. Cependant le principe de la sécularisation ne fut point f xplicitement inséré dans le traité de Lunéville. ( Au. R. )
* Princes médiatisés , c^est<à-dire dont les principautés cessèrent de relever de l'Empire immédiatement, et furent réunies à d'autres États plus puissants. Cette atteinte portée en 1806 an système féodal qui couvrait l'Allemagne d'une foule de petites principautés , avait pour justification rintérét direct des peuples; elle 8*appuyait en outre sur des cas antérieurs. L'iùstoire germanique offrait plus d'un exemple de feudataires immédiats de l'Empire qui s'étaient vus médiatisés. Les traités de Vienne , en 1815, consacrèrent d'ailleurs l'opportunité de cette mesure;'. eu ajoutant plusieurs maisons, telles que Salm , Isembourg, Leyen,^i^ la liste des princes médiatisés en 1806. En perdant leurs droits de soitr* Teraineté, les princes médiatisés conservèrent , outre leurs propriëtél',* certaines prérogatives, telles que la basse et moyenne justice, lés' droits de pèche et de chasse, etc. La situation et les droits de ces princes' furent définis de nouveau aux congrès de Vienne : Ils furent réputés é^aux en naissance aux princes souverains, et aptes à contracter alliance avec eux. (An. R.)