QUATRIEME COALITION. — ROYAUME DE MAPLES. 21Î
La Porte se rapprocha aussi de lui ; elle lui envoya un ambassadeur, et reçut àr Constantinople le général Sébastian!. Saint-Pétersbourg entama également des négociations , et un traité fut conclu , traité qui demeura secret , sauf la condition imposée à la Russie d'évacuer les bouches du Cattaro : Napoléon consentait cle son côté à reconnaître Tindépendance de la république de Raguse , sous la protection de la Porte , et celle de ia république des Sept-Iles. (Tétait s'acheminer adroitement à séparer la Russie de l'Angleterre. La. Prusse, qui avait déclaré à la cour de Londres qu'elle ne consentait à prendre le Hanovre qu'avec l'intention de le lui restituer, l'accepta alors en le déclarant réuni, et en exclut les bâtiments et les produits anglais.
Ces agrandissements et ces manques de foi excitèrent les plaintes des whigs et des torys ; on déclara Vembargo , et des lettres de marque furent données pour courir sus aux bâtiments prussiens ; mesure que prit aussi Gustave dé Suède. La mort de Pitt (23 janvier 1806), dont les derniers regards virent les triomphes delà France, fut un coup désastreux pour l'Angleterre. On le remplaça par un ministère de coalition, dans lequel entrèrent Grenville , l'orateur Erskine et Fox , dont l'élévation donna beaucoup d'espoir à Napoléon , attendu qu'il s'était toujours montré opposé à la guerre.
Talleyrand penchait vers l'alliance étroite de la France et de r Angleterre , qui avait été l'objet de ses vœux dans les temps de liberté. Fox ayant dénoncé à Napoléon l'offre qui lui avait été faite de l'assassiner, Talleyrand saisit cette occasion pour entainer des négociations. Mais Fox mourut bientôt ( 13 septembre 1 806 ), et Grenville lui succéda : ce ministre étant hostile à la France, les négociations furent rompues.
Napoléon laissait apparaître de plus en plus son système de domination. La Russie ayant demandé un dédommagement pour le roi de Sicile , il offrit les îles Raléares , sans même consulter r Espagne.
Frédéric-Guillaume III, lorsqu'il monta sur le trône de Prusse ( 1799 ) , avait trouvé la paix affermie ; son patronage s'étendait sm une partie de i'A//emagne; le commevee A^Vc^w^xV^ ^^a^i'^
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ji la liberté, y était florissant. Une habileté inconnue à Salut- Pétersbourg et à Vienne , c'est-à-dire la fidélité à remplir ses engagements, présidait à Tadininistration des finances ; le pays comptait neuf millions d'habitants , et le revenu s*élevait de trente et un à trente-six millions de tbalers (133 millions de francs). Napoléon devait ménager un pareil allié, et le fortifler contre la Russie; mais il le ruinait au contraire, tout en le caressant; et ses manœuvres démontrèrent clairement à la Prusse combien était onéreux le système de la neutralité. Elle n'avait que trop de motifs de se plaindre de P^apoléon , qui avait opéré de nombreux changements en Allemagne sans même la consulter, en la traitant comme une puissance du second ordre, sur des points qui la touchaient de si près. Puis arriva le moment où il invita les princes de TAllemagne septentrionale à entrer aussi dans la confédération , et où il offrit à la Grande- Bretagne de lui rendre le Hanovre. Il faisait vivre rarmée française sur le sol prussien comme en pays conquis ; et les réquisitions, les impôts, n'étaient pas ce qui faisait le plus sentir au pays Toppression qui pesait sur lui , et Tatteinte por tée à sa dignité.
Les peuples et les gens de lettres, occupés de livres et d'abstractions, avaient fait peu d'attention aux changements imposés parla force; ils se réveillèrent à l'outrage de rétrangcr; le vieil esprit allemand se souleva contre cet esprit français à qui tous avaient sacrifié un moment. La jeunesse surtout y était pleine d'ardeur, et l'idée de la nationalité allemande circula dès lors dans de nombreux écrits. Partout éclata un ardent désir d'effacer la honte infligée à l'Autriche et à tout le corps germanique. La reine Louise- Auguste, qui était adorée de toute la nation ; encourageait ces dispositions. Belle et noble héroïne, dame de la chevalerie et de la jeunesse universitaire , elle communiquait le sentiment et l'enthousiasme à la politique positive de la Prusse. Les sarcasmes que Napoléon faisait insérer dans les Journaux contre les princes allemands, augmentaient encore l'irritation nationale : elle ne se contint plus lorsquMl eut fait arrêter à l'improviste dans des villes libres , et condamner à la peine de mort par des commissions militaires, six libraires^