QUATRIÈME COALITION. — ROYAUME DE NAPLES
romme coupables d*avoir répandu des écrits contre lui. Un frémissement d*indignation remplit toute l'Allemagne, et Frédéric-Guillaume ne put s'abstenir de prendre les armes. Ses soldats étaient brûlants de patriotisme et conGants dans lé souvenir de leurs anciennes victoires ; mais il ne restait que de vieux généraux de Técole classique. Le duc de Brunswick, alors dgé de soixante-dix ans, et qui avait combattu dans la guerre de Silésie , conservait seul sous ses cheveux blancs une organisation vigoureuse.
La guerre éclata donc de nouveau. Le roi de Prusse ne demandait à la France que de retirer ses troupes de l'Allemagne, qu'elle avait occupée sans motif , et de prendre le Rhin pour limite, conformément aux traités*. Mais Napoléon avait une armée insatiable de victoires ; il avait des parents et des généraux à qui souriait l'espérance d'un trône. Ses finances étaient médiocres; mais n'importe : l'Allemagne était là, et fournirait à la subsistance des troupes ( octobre 1 806 ). Il dit donc dans une proclamation : Je rCai pas provoqué les Prussiens; ils m'enjoignent de repasser le Rhin ; fai une tête de fer y et je ne cède pas aussi facilement. Français , vous seconderez votre empereur pour briser la colonne de Rosbach !
L'empereur de Russie , entouré déjeunes conseillers et animé de généreux sentiments, considérait alors Catherine et Paul comme des tyrans, le partage de la Pologne comme une iniquité , la guerre avec les Français comme un acte impolitique ; mais il croyait qu'il était de son devoir d'empêcher la France
> Ce refus de Napoléon (ut motivé alors par des circonstances subites, qui furent : la mort de Fox, qui allait faire prévaloir de nouveau le parti He la guerre ; le refus imprévu de l'empereur Alexandre de ratifier le traité que son ambassadeur venait de conclure à Paris ; puis enfin les tergiversations de la Prusse. Napoléon dut croire à une coalition nouvelle ; et craignant d^étre surpris, comme Tannée précédente, il refusa de retirer ses troupes de la Franconie. L'historien , en rappelant ces circonstances , devrait faire voir aussi combien la Prusse , acceptant le Hanovre tantôt d'une main, tantôt d'une autre, tint une conduite «équivoque, et mérita d'attirer sur elle, par ses fautes , Torage qui allait l'accabler. (An. R.).
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rlTAiipleltTre de s*«»carter de la justice , et de les obliger à respecter les nutionalités. C'était là le motif qui lui avait fait prendre les armes la première fois; il n'avouait pas sa défaite, c*t disait que les Autrichiens Tavaient abandonné. Uni maintenant h la Prusse , il préparait une nouvelle campagne , dans la conflance que rAutriche en profiterait pour se relever de sa chute , d'autant plus que le prince de Mettemich , caractère opiniâtre dans ce qu'il avait une fois entrepris , commençait à diriger la politique de Vienne.
Les Prussiens se mirent en campagne, sans attendre les Russes ; malgré le concours de la Saxe et de la Hesse , ils étaient encore inférieurs à ?ïapoléon pour le nombre , ébmme pour raccord des volontés >. Après divers engagements partiels, la plaine d'Iéna fut le théâtre d'une bataille décisive ( 14 octobn 1806 ) : quarante-quatre mille Prussiens y furent écrasés par cinquante-quatre mille Français , et la déroute de Rosbach fut vengée ».
Ce ne devait point être une journée décisive, et pourtant la monarchie de Frédéric, fondée sur Tarmée, s'aifaissc sur le coup ^. Une terreur panique s'empara des Prussiens , dont les principaux chefs, et Brunswick lui-même, avaient été tués ou blessés. Napoléon se plut, dans ses bulletins, à insulter aux vaincus , pendant que ses journaux traînaient dans la fange le nom vénéré de la reine, qui, « dans son délire, avait mis, nouvelle Armide , le feu à son palais. » 11 tint aux Saxons prisonniers un langage propre à les détacher de Falliance prussienne, et leur proposa de faire un royaume de leur électorat. lieur prince, satellite de la Prusse depuis le règne de Frédéric 11, s'était montré constamment économe de l'argent et du sang de
' Le total (les forces prussiennes sVlevnit à cent quatre-vingt-trois mille hommes; Tarmée française, à cent quatre vingt-dix mille. (An It.)
* L'armée prussienne comptait soixante-dix mille hommes sur le champ de bataille d'Iéna , où cinquante mille Français seulement coin- 1)attirent. ( Am. R. )
^ A quatre lieues d^Iéna, se livrait dans le môme moment la bataille d'Awerstaedl, où le maréchal Davousl se trouva aux prises avec ^ restv. de Tarmôo pTV\s.î^\otvuv* , ri rôcrasa. ( Am. R. )