QUATRIÈME COALITION. — ROYAUME DE MAPLES
ses sujets, dont il avait cicatrisé les plaies; il se rendit aussitôt à Posen, OÙ il 8igna un traité avec ?Japoléon : il entrait dans la confédération du Rhin avec le titre de roi, devait fournir un contingent de vingt mille hommes, et placer le culte catholique sur le pied de Tégalité avec le culte luthérien dans le pays où ce dernier avait pris naissance.
Dix jours après la bataille d*Iéna , Napoléon entrait à Berlin, et sMnstallait dans le Sans-Souci de Frédéric II. Ses généraux l>oursuivirent les débris de Farmée prussienne , multipliant les faits d'armes les plus inattendus <. A Lubeck, on combattit jusque dans les rues ; et les femmes , qui avaient excité avec tant de patriotisme le courage des habitants , furent abandonnées à In brutalité des soldats >. Blùcher, le capitaine Schill , le duc de Brunswick-Oels , battus dans les armées , se firent chefs de bandes; et un nouveau courage se réveilla, non plus à Tappel des rois , mais à la voix des peuples.
Napoléon agit en conquérant : il condamna Berlin à payer cent cinquante millions ; partagea la Prusse en quatre départements , proscrivit les familles qui se tinrent à Técart , exigea le serment de fidélité, traita de rebelles ceux qui gardaient leur foi à leurs princes malheureux, et déclara, en propres termes , qu'avant dix ans il voulait que sa famille fât la plus ancienne des maisons régnantes de FEurope. INIais il semble qu'à ce moment il commença de décliner. La France apprit avec joie cette nouvelle gloire, mais elle n'en désira pas moins vivement la paix. Le sénat osa se rendre l'organe de ce vœu dans ses félicitations; Napoléon s'en irrita, et déclara que cette manière de s'interposer entre la pensée du souverain et les besoins du
' A renlliousiasine excessif et trop présomptueux des Prussiens sucroda bientôt une déinoralisalion si complèfte, que Ton vit des villes fortifiées telles que Stettin se rendre à des détachements de cavalerie ; la forte place de Custriu capituler devant une poignée de fantassins ; vi Magdebourgy avec vingt-deux mille liommes, tomber presque sans résistance. ( Am. R. )
' Lubeck , comme on le sait , n'était point une ville prussienne; ie général Blùcher , dans sa fuite , s'y jeta, malgré l'opposition do8 magisf rats, et compromit la neutralité, qu'il avait violée le premier. Am. R. )
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peupk tenait de la félonie; qae loi seul eooipraittt ce qui eoDvenait à la France. Il invita en coniéqpieiioe le sénat à te ■ooTenir que rien ne Tempécheiait de réaliier lee-grandeB destinées qu*il réservait à la nation.
Ces destinées étaient de nouvelles guerres. Il repoossi tout arrangement avec la Prusse; et un déeret, daté de. Berlin, déclara le blocus des tles Britanniques « (91 novambre 1S06). Il ordonna en France une levée nouvelle, et la nu^nliaation des gardes nati(males. Les pleurs des mères el des épouses aeeompagneront désormais des triomphes qui seront les siens, et nos plus ceux de la nation et de la liberté. t . .
Restait à vaincre les Russes , dont les forées étalent intaelei, et qui seuls désormais se trouvaient libres d*opérer à leer gré. Alexandre, qui, animé d*une piété vive, se serrait, deb rsUgion pour exciter ses peuples à dâfendre leur indépepdaniee, avait fait appel au zèle religieux. Iiiq[K)léon, de son eôté^ igvt échoué pr^ d'Alexandre, qu'il regardait comme le seul pamii les souverains qui fût à son niveau , travailla à loi. susciter rinimitié de la Turquie et celle de la Pol(^pie« La Turquie avait offensé la Russie en destituant, sans la consulter, les hospodars de Moldavie et de Valaehie. Le czar* attribuant IVmtrage à lïnstigation française , s^en montra irrité ; la satisfaction qu'il en reçut ne Tempécha pas de faire marcher des troupes, en même temps que la flotte anglaise vint assaillir Gonstantinople 1 (février 1807). Le général Scbastiani, ambassadeur près b Sublime Porte , organisa la défense , et sauva la capitale ; mais la flotte turque n'avait pas moins été brûlée par les Anglais, toujours prêts à Tœuvre dès qu'il s'agit de détruire des forces maritimes.
L'arrivée de Napoléon à Posen avait réveillé toutes les espé-
I L'emperenr accorda tin armistice à la Prusse.
Le décret relatif au blocus défendait tout commerce arec PAngieterre,
«portait confiscation de toute marchandise d'origine anglaise , et détatf
à tout- bâtiment ayant touché un port anglais d'aborder dans les ports
de Trance ou ceux de ses alliés. Ce fut ce qu'on appela le bloeut eon-
'^Hnerital, acte de représailles dirigé contre le blocus tnaritimê des
Anglais, et qu\ ré^TidtiH k \^ violence par la violence. ( Am. R. )
QUÀTBIEHE COALITION. — BOYAUME DE NAPLES. 225
rances des Poionais (l^*^ décembre 1806). « L'amour delà patrie, « dit-il dans un de ses bulletins , et le sentiment national ont « été retrempés chez ce peuple par l'infortune. Sa principale « passion est de redevenir une nation. Les riches sortent de « leurs châteaux pour venir m*en prier, et m*offrir leur in- « fluence, leurs richesses, leurs enfants. Spectacle touchant! « déjà partout ils ont repris Tancien costume , les anciens « usages. »
La gloire de relever le royaume de Pologne sourit un moment à Tesprit de Napoléon ; mais on n'y pouvait arriver sans blesser rAutriche. L'homme qui détruisait partout les nationalités pouvait-il attacher un grand prix à réparer c^tte énorme iniquité? Mais il savait que les Polonais étaient de vaillants soldats, et il espérait d'eux une bonne armée pour s'en servir dans l'intérêt de sa gloire, ou pour opérer un^ puissante diversion en Russie. Une proclamation parut, au nom de Kosciusko ; l'empereur convoqua à Posen une réunion d'ofûciers polonais y pour l'aider à insurger le pays. Dabrowski, ancien soldat de la Révolution , fit des proclamations pour annoncer ce libérateur, qui s'avançait à la tête de trois cent mille hommes pour écraser les oppresseurs de la Pologne. Napoléon lui-même flatta cet espoir si cher aux Polonais , en leur disant de combattre et de se montrer dignes d'être reconstitués en nation.
Au milieu de décembre, il emmena les soldats de la France et de l'Italie sous ces climats sans soleil , sans routes frayées , exposés à d'obscures souffrances, sans autres ennemis-à combattre que la nature. Pour ranimer leur enthousiasme, Napoléon décréta l'érection de la Madeleine en un temple de la Gloire, en l'honneur de la grande armée; il accorda double solde, il prodigua les décorations. Mais la maladie atteignait de tous côtés les soldats , que fatiguaient de misérables engage* ments avec les Cosaques. Les maréchaux étaient soutenus par l'espoir de gagner un royaume , tout en voyant de mauvais œil l'empereur ne songer qu'à ses frères. Lannes , Ney , Murât , réussirent mal dans les expéditions qui leur furent confiées ; les mouvements manquaient d'unité quand l'empereur n'était pas là. La bataille d'Eylau (8 février 1807) contre le général